Imperfect birds

L'ouvrage:
Elizabeth est une ancienne alcoolique. À présent, sa fille, Rosie a dix-sept ans et son comportement inquiète Elizabeth et James, son mari. Bientôt, ils la soupçonnent de se droguer...

Critique:
J'ai beaucoup aimé ce roman. Il montre jusqu'à quel point un être qu'on aime peut nous décevoir, jusqu'où on est obligé d'aller.. Si Elizabeth semble parfois trop molle face à Rosie, il est aisé de la comprendre. Elle se débat entre sa culpabilité (son passé contient de grosses erreurs), son besoin de croire qu'elle peut avoir confiance en sa fille, et le fait qu'elle se sous-estime. Rosie sait d'ailleurs où appuyer pour manipuler sa mère. D'un autre côté, l'adolescente n'est pas uniquement la pénible qui fait des esclandres pour rien et tente toutes sortes de drogues. Parfois, on entrevoit que sa duplicité la heurte, mais qu'elle ne se sent pas assez forte pour arrêter la machine infernale. Rosie met mal à l'aise, car elle va loin dans la dissimulation et la manipulation, mais on sent qu'elle est prise dans une tourmente qui la dépasse.
James semble plus dur, mais tout au long de la période des atermoiements d'Elizabeth, on sait que c'est lui qui a raison. Il veut prendre le taureau par les cornes, causer un mal pour un bien, réveiller Rosie.

À partir du moment où Elizabeth décide de se faire confiance, elle franchit une étape, et elle aussi va très loin. Elle fait des choses dont je ne l'aurais pas crue capable, surtout que Rosie se moque d'elle et tente de la tourner en ridicule concernant l'une d'elles. Pendant ce calvaire qu'endure la famille, Anne Lamott rappelle, par de petites phrases, de petits faits, que ses membres s'aiment profondément. C'est justement ce qui apporte une dimension tragique à cette histoire. Ils s'aiment, et ne peuvent s'empêcher de se faire mal. Leur complexité est très bien exposée. Si Rosie fait des choses qui paraissent extrêmes, on peut espérer, au long du roman, qu'elle se rendra pleinement compte de la portée de ses actes. Anne Lamott évoque également, par bribes, des personnes qui, apparemment, ne s'en sortiront jamais. Je pense notamment à l'anecdote du tampax...

Remarque annexe:
J'aime beaucoup la comparaison que fait James lorsqu'il veut décrire l'addiction. Il dit que c'est comme danser avec un gorille de quatre-cents kilos. Au départ, cela prête à rire, mais l'image est très parlante.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Susan Denaker pour les éditions Books on tape.