Lecteur : Delaloye Marie-Rose

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jeudi, 18 août 2011

Ne t'inquiète pas pour moi, d'Alice Kuipers.

Ne t'inquiète pas pour moi

L'ouvrage:
Claire a quinze ans. Elle va au lycée, a des amis... Sa mère travaille beaucoup. De ce fait, elles ne se voient pas assez. Elles se parlent souvent par petits mots collés sur le réfrigérateur.

Critique:
Le concept du livre est original: un livre fait de petits mots. Je me suis souvent demandé, au cours de ma lecture, comment l'auteur ferait pour faire passer ce qu'elle voulait par ce biais. Elle y parvient d'abord parce qu'au départ, Claire et sa mère ne se voient presque pas, et ne peuvent communiquer qu'ainsi. Ensuite, lorsque les deux protagonistes doivent se dire des choses importantes, elles se rendent compte qu'elles y arrivent mieux par écrit. Enfin, plus tard, des lettres expliquent ce que le lecteur doit savoir.

Je me suis surtout attachée à Claire. D'abord parce que j'ai eu l'impression de me retrouver adolescente. Elle essaie de faire de son mieux, de se rapprocher de sa mère, d'être sage, puis se rebelle... et dit elle-même qu'elle n'est pas assez mûre.
J'ai trouvé dommage qu'il ait fallu une crise pour que Claire et sa mère se rendent compte qu'elles ne savent pas communiquer, et qu'elles tentent, toutes deux, de mieux faire. Cela m'a un peu déplu, mais c'est très réaliste.

J'avoue avoir moins facilement adhéré au personnage de la mère... Elle travaille beaucoup, et il lui faut un choc pour réellement se rapprocher de sa fille. Elle est méritante, car elle élève sa fille seule, et tente de tout faire au mieux, mais je n'ai pas pu m'empêcher de lui en vouloir de «laisser tomber» l'adolescente au quotidien.

Remarque annexe: Cette remarque est surtout du pinaillage, et je la fais parce que je sais qu'elle amusera la blogueuse qui tient le magazine Bleue et violette.
Claire et sa mère ont un lapin. Je sais que certaines familles en ont. Pourtant, avoir un seul lapin, ce n'est pas très chouette pour ledit lapin, parce que ces animaux sont plutôt grégaires. Encore un auteur qui ne s'est pas documenté, et a suivi ce qu'elle sait de ce qui se fait. ;-)

Éditeur: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Rose Delaloye, Elisabeth Zuferey, et Jacques Mirily pour l'Étoile Sonore.
J'ai beaucoup apprécié que l'Étoile Sonore ait fait enregistrer les deux rôles par deux lectrices différentes. Étant donné la façon dont le livre est fait, je pense qu'il serait absolument impossible que ce livre soit lu à voix haute par une seule personne. Je serais curieuse de savoir si les deux lectrices ont enregistré chacune dans son coin, ou si elles étaient ensemble en cabine...

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mardi, 19 juillet 2011

Une brève histoire du tracteur en Ukraine, de Marina Lewycka.

Une brève histoire du tracteur

L'ouvrage:
Nicolaï Maïevski est ukrainien. Il vit à Londres. Il a plus de quatre vingts ans. Il vit seul, depuis la mort de sa femme, Ludmila, il y a deux ans. C'est alors qu'il rencontre Valentina, ukrainienne, trente-six ans, dont l'ambition est d'épouser un homme riche, et de rester en Angleterre.
Vera et Nadejda, les filles de Nicolaï, ne s'entendent pas, mais devront faire cause commune contre l'envahisseur.

Critique:
J'ai un sentiment mitigé quant à ce livre. Marina Lewycka expose bien les techniques de harcèlement d'une personne sans scrupules. Pourtant, j'ai trouvé cela très convenu. Valentina est une peste intéressée, même pas intéressante. On me dira que des saletés dans son genre existent. C'est vrai, mais j'ai été gênée par son manichéisme.
En outre, tout le monde râle contre la suprématie de Valentina, qui n'hésite pas à se montrer violente et irascible lorsque tout ne va pas comme elle veut. Même lorsque la loi est pour les Maïevski, personne ne se montre assez énergique pour expulser l'intruse de la maison. Même Vera qui parle beaucoup, a l'air de savoir ce qu'il faut faire, et comment le faire, se dégonfle lorsqu'elle est face à la sorcière.
Tout cela m'a agacée.

Il est intéressant de voir la façon dont Dadejda s'implique dans cette histoire. Elle n'aime pas Valentina, mais parfois, tente de voir les bons côtés de la jeune femme, ou, du moins, ne la condamne pas sans avoir la certitude de ses turpitudes.
D'autre part, Nicolaï est un personnage creusé. Esseulé, il veut croire qu'une explosive jeune femme pourrait l'aimer pour lui-même. Ça le rend versatile. Au long du livre, on découvre qu'il peut aussi être impulsif. Il m'a tour à tour agacée et attendrie.
Par petites touches, l'auteur nous apprend le passé de Nicolaï, et on plonge dans la guerre et la précarité qu'elle engendre pour les citoyens moyens.
Outre cela, le lecteur découvre également l'histoire de la famille. Nadejda se rend compte, grâce à cette triste histoire, que sa soeur et elle n'ont pas vécu les mêmes choses, n'ont pas connu les mêmes paramètres, et que Vera a peut-être des raisons d'être si dure.

Je n'ai pas vraiment réussi à m'attacher aux personnages principaux. Pourtant, l'auteur nous en brosse un portrait assez complet et complexe. Il n'y a que Valentina qui soit caricaturale. Malgré cela, les personnages ne m'ont pas assez interpellée pour que je sois vraiment avec eux. Je voulais qu'ils triomphent, mais j'étais également assez distante.

Remarque annexe:
Marina Lewycka a fait un clin d'oeil sympathique à son lecteur. En effet, on retrouve Nicolaï dans «Deux caravanes». Il apparaît peu, mais on le reconnaît bien! Je suis contente de m'être souvenue de ce personnage, et d'avoir pu vérifier que c'était bien lui.

Éditeur: les Deux Terres.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Rose Delaloye pour l'Étoile Sonore.

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mardi, 5 juillet 2011

Les chats ont-ils un nombril? de Paul Heiney.

Les chats ont-ils un nombril?

L'ouvrage:
L'auteur répond à des questions que beaucoup de français se posent. Apparemment, il a rassemblé les questions les plus fréquemment posées. Il a déjà écrit «Pourquoi les vaches ne peuvent-elles pas descendre les escaliers» sur le même principe.

Critique:
Ce petit livre est sympathique. D'abord, il ne présente pas les choses en jargon prétentieux et incompréhensible. Énoncer les choses simplement est justement le but de l'auteur.
Ensuite, il présente ses réponses avec beaucoup d'humour. En général, les choses sont toujours plus sympathiques quand on y ajoute une dose d'humour.

Ce livre permet donc d'apprendre en s'amusant.
Voici des exemples (subjectifs et non-exhaustifs), de ce que j'ai apprécié. J'ai été surprise d'apprendre qu'on avait plusieurs sortes de larmes, et que leur composition changeait selon qu'on pleure d'émotion ou de douleur. J'ai apprécié les passages sur les animaux et les insectes: la communication, le mode d'alimentation de certains, etc. J'ai été impressionnée quant au crocodile.
Je savais que les éternuements pouvaient être projetés loin, mais je ne savais pas à quelle distance. D'une manière générale, j'ai apprécié toutes les informations touchant au corps humain.

J'ai été surprise d'apprendre que certains s'étaient mis en tête de fabriquer un ordinateur ayant des sentiments. Je n'en vois pas vraiment l'utilité.
Je ne pensais pas que certains oiseaux pouvaient voler si vite!
Il y a certaines questions que j'ai trouvés un peu bêtes parce que la réponse est évidente, par exemple, celle sur la valeur de Pi qui aurait pu avoir varié.

Heureusement, on peut passer plus vite sur les passages qui intéressent moins. C'est d'autant plus facile avec ce genre de livres. J'avoue m'être ennuyée lors des passages concernant l'espace (étoiles, planètes, etc), le gaz, le temps... Si le livre m'a plu, j'ai trouvé que ces passages prenaient beaucoup de place. Cela ne m'empêchera pas de lire «Pourquoi les vaches ne peuvent-elles pas descendre les escaliers». D'abord, ce genre de livres m'intéresse toujours. Ensuite, je me dis que si les sujets qui me plaisent moins sont abordés ici, ils le seront moins dans le précédent ouvrage de l'auteur.

Éditeur: EDP Sciences.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Rose Delaloye pour l'Étoile Sonore.

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vendredi, 31 décembre 2010

La sexygénaire n'a pas dit son dernier mot, de Virginia Ironside.

La sexygénaire n'a pas dit son dernier mot

L'ouvrage:
Marisha a cinquante-neuf ans. C'est alors qu'elle décide de tenir un journal.

Critique:
Quelle joie de se plonger dans ce texte frais, plein de tonus, décrivant la vie d'une sexagénaire pleine d'entrain! Marisha bouscule hardiment tous les clichés sur les personnes âgées, les piétine allègrement avec conviction, et montre bien qu'elle ne veut surtout pas qu'on les lui applique! On ne peut rien contre le vieillissement: Marisha, elle, peut en prendre les bons côtés, jouir de la vie, la croquer goulûment! Et elle ne s'en prive pas!%%Quel bonheur de lire ses réflexions sur la vie, les gens, le sport, certains poncifs, etc. Quelle jubilation de lire les excès de mauvaise humeur de Marisha, qui reconnaît elle-même qu'elle est une râleuse. (Mais elle, contrairement à certains, elle grogne pour des choses qui en valent la peine.) Cette mamie, qui met ses défauts et ses gaffes en avant en les montrant bien du doigt, est une bouffée d'oxygène.

Outre ce personnage haut en couleur, Virginia Ironside aborde avec délicatesse, et en évitant les clichés, les thèmes de la vie. Comment ne pas rire et compatir au récit des aventures de Penny? Comment ne pas être attendri par la façon dont Marisha couve son petit-fils, alors qu'elle ne s'inquiétait pas autant pour son fils? Et pourtant, elle les aime tous les deux. Mais l'état de grand-mère n'est pas le même que celui de mère. Et bien sûr, on a aussi peur que Marisha, James, et Huggy (qui l'expriment tous trois différemment), quant à l'échéance de la toux d'Huggy. Là encore, l'auteur évite les clichés tout en dépeignant avec brio les aléas de la vie.

Tout ce que nous raconte Marisha est généreusement arrosé d'une bonne dose d'humour. Outre les situations amusantes (le coup du thermomètre, par exemple), il y a la façon de s'exprimer de notre sexygénaire. Même lorsqu'elle se compare à une mégère (notamment lorsqu'elle met la distance nécessaire à une bonne cohabitation entre elle et Michèle), c'est le rire qui prime.
Il est assez dur de faire rire. Beaucoup d'auteurs se fourvoient en créant des situations énormes et attendues. Ici, ce n'est pas du tout le cas. Ce livre est un vrai régal! À savourer, et à consommer sans modération!
Il va de soi qu'aucune longueur n'est à noter. Certaines choses sont un peu attendues, mais elles sont finement amenées, et la plupart du temps, avec bonne humeur, donc on ne les reprochera pas à Virginia Ironside. Par exemple, je savais qui serait le nouveau petit ami de Michèle, et le lecteur se doutera de l'issue du roman.

Éditeur: Nil.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Rose Delaloye pour l'Étoile Sonore.

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