Ne les crois pas

L'ouvrage:
Lors d'une conversation téléphonique, alors que la réception est mauvaise, Leoni dit à son fiancé, Yann, qu'il ne devra pas croire ce qu'on pourra lui dire. Alors qu'il lui pose des questions et tente d'en savoir plus, un policier frappe à sa porte, et lui apprend que Leoni a eu un accident de voiture mortel une heure plus tôt.

Huit mois plus tard, un forcené prend une station de radio en otage. Il ne veut négocier qu'avec Ira Sammen. Celle-ci, se reprochant d'être la cause du suicide de sa fille, est mal dans sa peau.

Critique:
En général, Sebastian Fitzek allie suspense haletant et exagérations. D'habitude, pour moi, le suspense compense les improbabilités. Ici, mon sentiment est plus nuancé.

L'auteur crée un suspense qu'il parvient à faire durer en imaginant des rebondissements, surtout au niveau de l'action. La prise d'otage est, par définition, quelque chose d'angoissant. S'y ajoutent des péripéties dues aux règles établies par le preneur d'otage.

Ensuite, on découvre la vie d'Ira. Là encore, Sebastian Fitzek s'arrange pour ne pas tout dévoiler, ménageant le suspense. J'ai trouvé cette façon de faire un peu artificielle, surtout lorsque Kitty (la deuxième fille d'Ira) se demande pourquoi elle ne dit pas la vérité à sa mère. J'ai d'ailleurs eu du mal à comprendre l'attitude de Kitty vis-à-vis d'Ira. Tout est expliqué dans le roman, mais c'est un peu gros. Je pense que cela m'aurait moins gênée si c'était le seul détail incongru. Le romancier les accumule. L'histoire de Leoni, par exemple, est un peu rocambolesque. Les raisons se tiennent, mais la façon de faire est discutable.

Le «méchant» dont on est censé découvrir l'identité vers la fin est un peu trop facile à soupçonner car l'auteur le rend trop aimable aux yeux du lecteur, en noircissant un autre pour qu'il soit soupçonné.
Vers la fin, les événements se précipitent, et on se dit qu'il ne serait pas vraisemblable que tout cela se termine d'une certaine manière. Et pourtant, l'auteur ose agir ainsi. Cela ne m'a pas déçue, mais il m'a semblé qu'il aurait été plus crédible s'il n'avait pas surenchéri dans le spectaculaire.

La psychologie de Sarah m'a intéressée. Un détail en particulier m'a plu, car pour le coup, l'auteur sort des sentiers battus.

Ira m'a souvent agacée. Certes, elle a de quoi se plaindre, mais j'ai trouvé qu'elle se lamentait beaucoup, jouait trop à «je vais me suicider».

Remarque annexe:
À un moment, Yann dit que dans un couple, c'est bien de se cacher des choses. Ça fait partie de la part de mystère que garde l'autre. Je trouve cette théorie trop tranchée. J'aurais préféré qu'il dise que pour lui, c'était une bonne chose, et n'en fasse pas un avis qui devrait être universel.

Éditeur: l'Archipel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Colette Danheux pour la Ligue Braille.

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