Lecteur : Croizat Juliette

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mardi, 20 août 2019

Même les méchants rêvent d'amour, d'Anne-Gaëlle Huon.

Même les méchants rêvent d'amour

L'ouvrage:
Jeannine commence à perdre la mémoire. Alors, elle écrit dans un carnet destiné à sa petite-fille, Julia. Elle veut lui confier son passé. Un jour, dans son jardin, elle tombe. Julia vient la retrouver alors qu'elle est en maison médicalisée.

Critique:
Si j'ai bien compris, l'autrice s'est inspirée de la vie de sa grand-mère pour écrire ce roman. Celle-ci lui a confié un carnet où elle racontait son histoire, et Anne-Gaëlle Huon en a fait ce récit. Quoi que je pense de ce livre, je trouve sa genèse émouvante. L'autrice a souhaité faire revivre sa grand-mère dans cet écrit, a voulu lui rendre hommage, et même si beaucoup d'aspects de l'intrigue m'ont déplu, j'ai été émue par ce qui a poussé à sa création. J'ai d'ailleurs apprécié la complicité entre Julia et Jeannine. Même si cette dernière commence à oublier, entre son carnet et certains moments de son présent, on voit bien le profond amour qui l'unit à sa petite-fille.

L'autrice a usé d'une ficelle qui, où que je la trouve, me déplaît. C'est celle du coup de foudre. En plus, dans ce roman, il y en a deux! Cette ficelle n'est pas forcément mauvaise. Elle me déplaît énormément car je la trouve peu crédible, mais je sais que d'autres l'apprécient.

Outre les coups de foudre, j'ai trouvé certaines choses assez grosses: la façon dont un personnage parvient à s'emparer de ce qu'un autre attend fébrilement; le fait que lorsqu'un protagoniste se présente chez un autre, celui-ci le renvoie sans rien lui expliquer; l'impossibilité de communication entre deux personnages... Certes, il fallait bien des éléments montrant comment tel aspect de l'intrigue avait pu tourner de telle manière, mais cela n'a pas vraiment pris avec moi. Je reconnais, à la décharge de l'autrice, que j'aurais sûrement trouvé n'importe quelle explication bateau, car le thème qu'elles illustrent (les amoureux séparés parce que leurs lettres ont été détournées) a été très abondamment utilisé, ce qui m'agace. De plus, je dois dire que ce genre d'intrigues ne me plaît pas vraiment, d'une manière générale. La quatrième de couverture, pour une fois, n'en a pas trop dévoilé, et je ne pensais pas qu'il s'agirait de cela, même s'il est vrai que j'aurais dû m'en douter.

Outre Jeannine et Julia, d'autres sont sympathiques: Félix, Gisèle (qui est aimable et de bonne humeur malgré ses déconvenues), et surtout Madeleine. C'est un personnage haut en couleur: primesautière et cocasse, elle dispense avec conviction ses citations pleines de bon sens.

Ce roman ne m'a pas trop plu, mais je sais que je suis sévère avec ce genre d'intrigues, et je suis sûre qu'il plaît et plaira à beaucoup de lecteurs. De plus, il est une ode à l'amour d'une petite-fille pour sa grand-mère, donc je ne peux pas le déconseiller tout à fait.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Juliette Croizat.

J'ai d'abord voulu lire ce roman parce qu'il a été enregistré par cette comédienne dont j'apprécie beaucoup le jeu. Ici, j'ai aimé son interprétation de Madeleine: voix douce, ton souvent pragmatique... J'ai moins aimé qu'elle prenne un accent du Midi pour Lucienne, mais je n'ai aucun reproche à lui adresser, parce que c'est bien l'accent qu'a le personnage. La comédienne était donc obligée de le faire. En revanche, lorsqu'elle lit le carnet de Jeannine, elle adopte trop le ton qu'elle prend lorsque le narrateur n'est pas un personnage de l'histoire. J'ai trouvé que ça n'allait pas, que les émotions ressenties par Jeannine n'étaient pas toujours bien rendues, surtout lors du récit de son enfance. Cela m'a étonnée, car Juliette Croizat a toujours une intonation appropriée, d'habitude.

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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samedi, 10 août 2019

La Lune est un roman, de Fatoumata Kebe.

La Lune est un roman

L'ouvrage:
Fatoumata Kebe nous raconte la Lune.

Critique:
Ce livre m'a plu parce qu'il a répondu à mes attentes. L'autrice instruit son lecteur sans jamais être pompeuse. Elle prend le temps d'expliquer les choses. Elle raconte les mythes entourant la Lune, expose les théories concernant sa formation en disant pourquoi l'une est plus vraisemblable que les autres... Elle parle également de l'influence de la Lune sur la Terre et ses habitants. Apparemment, si cet astre n'était pas là, notre planète fonctionnerait beaucoup moins bien. L'autrice relate également la formation du mot «Lune» et l'influence que celui-ci a sur notre quotidien. Elle nous parle de la forme de l'astre, des éclipses, du temps lunaire...

Il y a certaines choses qui m'ont fait rire parce que je n'aurais pas imaginé cela. Par exemple, l'autrice explique que les hommes pensaient que la Lune était comme la Terre, jusqu'à ce qu'il y ait des cartes de la Lune. Quant à moi, je ne sais pas trop ce que je pensais, mais je ne me disais pas qu'elle était comme notre planète, sinon, il y a longtemps que les hommes l'auraient colonisée!
Autre chose m'a fait rire. Fatoumata Kebe évoque le big-bang, et dit que s'il a eu lieu, il n'a fait aucun bruit...

Le dernier chapitre raconte comment l'homme a envoyé des sputniks dans l'espace, a marché sur la Lune... Là encore, j'ai appris des choses que j'ignorais, même si j'ai préféré les chapitres précédents.

Dans un genre d'épilogue, l'autrice nous dit qu'elle rêve d'aller dans l'espace, sur la Lune... Toute sa vie est dirigée vers ce but. J'ai aimé qu'elle ait souhaité faire cette confidence à son lecteur. Cela montre pourquoi elle a mis tout son coeur dans ce livre, afin de nous faire mieux connaître la Lune, de nous faire partager sa fascination, sa passion. Je ne peux que lui en être reconnaissante, et espérer qu'elle réalisera son rêve.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Juliette Croizat.

J'apprécie beaucoup la lecture de cette comédienne. Sa voix est douce et agréable, sa diction est soignée. C'est la première fois que je l'écoute lire un documentaire. Ce n'est pas simple, il ne s'agit pas de jouer des personnages. Pour moi, elle n'a pas démérité. Elle n'a absolument pas pris un ton niais du style «je vais vous raconter une histoire, petits enfants», ni une voix soporifique, ni une intonation trop enthousiaste... Comme dans les romans, son interprétation est à la hauteur du texte, et ne le trahit jamais.

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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jeudi, 4 octobre 2018

La femme secrète, d'Anna Ekbert.

La femme secrète

L'ouvrage:
Louise Andersen tient un café sur l'île danoise de Bornholm. Elle vit avec Joachim, un écrivain. Un jour, un homme débarque dans le bar, et affirme à Louise qu'elle est sa femme, Hélène Soderberg, disparue trois ans plus tôt. L'ADN confirme cela. Seulement, Louise ne se souvient de rien.

Critique:
Ce livre m'a beaucoup plu. Avant de le lire, j'avais lu de très bons avis, et je m'attendais donc à un excellent thriller. Je n'ai pas été déçue.

Au début, je me demandais comment l'auteur pouvait expliquer l'amnésie d'Hélène. J'avais peur de quelque chose de bancal, mais non. Je ne sais pas si l'explication se tient scientifiquement, s'il a existé des cas de ce genre, mais j'ai trouvé que c'était plausible.
Au bout d'un moment, Hélène et Joachim se lancent dans une enquête. Chacun ignore que l'autre cherche. L'auteur alterne les deux intrigues. À chaque fin de chapitre, je voulais poursuivre l'enquête en cours, mais j'étais contente de retrouver l'autre. En général, je n'aime pas trop cette structure, parce que je trouve que les écrivains s'y prennent mal, et la rendent artificielle. Parfois, comme c'est le cas ici, je trouve cela fait très intelligemment. Cela donne du rythme à l'histoire, les chapitres s'enchaînent de manière fluide.

Anna Ekbert aborde un thème avec lequel il est difficile de ne pas faire n'importe quoi: la personne amnésique marchant dans ses propres pas pour comprendre ce qui est arrivé. Pour moi, elle s'en sort bien, notamment parce qu'Hélène découvre qu'elle n'était pas parfaite. À ce sujet, je partage l'avis de Joachim qui dit, en substance, que nous nous forgeons par rapport à notre environnement. Bien sûr, notre caractère entre en ligne de compte, mais il est évident que quelqu'un qui recevra des messages positifs aura davantage tendance à développer ses bons côtés.
D'une manière générale, j'ai apprécié l'analyse que l'auteur fait quant à tel personnage ou tel comportement. Qu'il s'agisse de quelqu'un qui se rend compte que l'essentiel n'est pas d'amasser de l'argent, ou de personnes exprimant leur folie et leur perversité, Anna Ekbert rend le tout crédible... ce qui, concernant certains exemples, fait froid dans le dos.

J'ai été déçue que la romancière utilise une ficelle que je juge mauvaise. Le chapitre 1 est un moment crucial, et à partir du chapitre 2, on revient deux semaines plus tôt. J'ai déjà dit (dans d'autres chroniques) que je n'aimais pas ce procédé artificiel qui est là pour faire saliver le lecteur, et qui me fait plutôt soupirer d'ennui. Ici, il est quelque peu pardonnable, car le moment crucial dont il est question au chapitre 1 ne se situe pas peu avant les derniers chapitres, il est bien antérieur. J'ai d'ailleurs apprécié que la romancière jalonne son récit de découvertes, sans s'embarrasser de fausses pistes.

Si on pinaille, on peut dire qu'il y a quelques incohérences. Par exemple, je n'ai pas vraiment compris comment Hélène avait réussi à se cacher dans un terrier d'animal. J'ai aussi eu de sérieux doutes quant à la vraisemblance d'une coupe de cheveux faite à la va-vite. Il me semble avoir vu d'autres aspérités de ce style, mais je n'en tiens pas trop rigueur à l'auteur, parce que les grands éléments sont cohérents.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Juliette Croizat pour les éditions Lizzie.

J'ai malheureusement eu peu d'occasions d'entendre cette comédienne, parce qu'elle n'a pas enregistré beaucoup de livres, et que peu d'entre eux m'ont tentée. J'apprécie d'abord sa voix claire et soignée. Ensuite, je trouve son jeu naturel. Elle force un peu pour jouer les rôles masculins, mais sa voix n'étant pas très aiguë, elle n'a pas trop le choix. De toute façon, pour moi, elle fait du travail de qualité. J'espère l'entendre davantage.
L'auteur a sûrement fait exprès pour faire une sorte de parallèle étrange: un personnage s'appelle Hélène et un autre se prénomme Ellen. Visuellement, on fait la différence, mais à l'oreille, ce n'est pas forcément facile. La lectrice a modifié très légèrement la prononciation pour «Ellen», prononçant «elloeun» (un peu comme se dit ce prénom à l'anglaise, et peut-être à la danoise) sans affectation.

Pour information, la structure du livre a été respectée à 99%: le chapitre 59 est sur deux pistes.

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jeudi, 27 septembre 2018

Elizas, de Sara Shepard.

Elizas

L'ouvrage:
Eliza Fontaine (la narratrice) se réveille dans une chambre d'hôpital. Elle se souvient de sa soirée dans un grand hôtel de Palm Springs. Seulement, certains éléments lui ont échappé, car on lui apprend qu'on l'a repêchée au fond d'une piscine, elle qui ne sait pas nager. Ses parents sont sûrs qu'elle y a sauté, car elle a déjà fait des tentatives de suicide. Eliza, elle, est persuadée qu'on l'y a poussée. Mais qui? Avec qui parlait-elle avant cela? Que s'est-il passé?

Critique:
Avant de commencer un livre, j'aime bien le parcourir: voir combien il y a de chapitres, s'il est divisé en parties, etc. En faisant ainsi avec «Elizas», j'ai constaté qu'il avait la même structure qu'un roman que je n'ai pas du tout aimé (je ne l'ai pas fini, tant il m'a ennuyée): «Lies she told», de Cate Holahan. Les deux ouvrages racontent le présent de l'héroïne en alternance avec des chapitres du livre qu'elle écrit. Ayant été échaudée par «Lies she told», j'avais peur de retrouver une intrigue mal ficelée avec des rebondissements qui n'en seraient pas, et des personnages exaspérants. Heureusement pour moi, le roman de Sara Shepard ne m'a pas du tout inspiré ces pensées. Il ma beaucoup plu, même si, en bonne pinailleuse, j'ai quelques bémols à mettre.

Pendant une partie de l'histoire, on se demande si Eliza est paranoïaque et a des hallucinations ou s'il faut la croire. Lorsque je lis un écrit de ce genre, je me range toujours du côté du personnage principal, donc je ne me demandais pas si elle affabulait, je prenais tout ce qu'elle disait pour argent comptant. À vous de voir ce que vous ferez.
L'héroïne est attachante. Elle tente de digérer des événements difficiles, reconnaît certains de ses torts passés (surtout envers sa demi-soeur), ne sait pas en qui elle peut avoir confiance... Le passage où elle doit assister à l'émission de Docteur Roxane montre bien son désarroi.

Pour moi, l'intrigue ne traîne pas. Au début, j'avais peur que passer aux chapitres racontant le livre écrit par l'héroïne serait synonyme de lenteurs, mais cela n'a pas du tout été le cas. Que ce soit le présent d'Eliza ou les déboires de Dot (le personnage qu'elle a créé), je ne me suis pas ennuyée, et n'ai jamais été déçue de passer au chapitre suivant.

L'auteur fait le pari de dévoiler un élément important bien avant la fin. Comme vous vous en doutez, après cette révélation, rien n'est fini. Je me demande (même après avoir achevé le livre) pourquoi cette personne (celle qui se confesse) a fait ce qu'elle a fait. Elle s'explique, mais je n'ai pas été convaincue.

J'ai trouvé l'histoire d'amour un peu rapide. Heureusement, elle n'est pas assortie de la mièvrerie des romans à l'eau de rose, et les protagonistes vivent un ou deux événements intéressants ensemble avant qu'elle surgisse.

À la fin, on est censé avoir toutes les réponses. Cependant, des questions restent. Pourquoi a-t-on vu Eliza à des endroits où elle n'était pas? Pourquoi, le premier soir, l'héroïne a-t-elle eu si peur de la personne venue lui parler? Cette personne voulait lui dire ce qu'elle lui dit dans l'épilogue, donc pourquoi ne l'a-t-elle pas laissée parler, comme elle le fait dans l'épilogue? À la fin, la narratrice décide de croire ce qui vient de lui être dit, mais les possibilités qu'elle évoque quant à la réelle identité de la personne ne sont pas si faciles à rejeter. Seule une chose corroborerait les dires de cette personne: l'attitude d'une autre personne au moment de certains faits. En effet, l'autre personne ne dit pas ce qu'elle aurait pu dire si elle n'avait pas été celle que pense la narratrice. Donc, le lecteur se doit, lui aussi, de croire qu'Eliza n'a pas été mystifiée.

J'ai aimé les conseils qu'Albert donne à l'héroïne, ainsi que son avis quant à ce qu'il est préférable de faire concernant des souvenirs traumatisants.

J'ai relevé deux éléments un peu gros. D'abord, quelle était la chance pour que, dans un endroit public, Eliza croise une personne qui, justement, à ce moment-là, parlait d'elle au téléphone? Le second, c'est le tour de passe-passe concernant les boissons. Comment se fait-il que ce tour ait pu être réussi? Les circonstances sont trop hasardeuses: il faut que cela ait eu lieu en moins de deux secondes, sans bruits...

Je me demande si l'anecdote de la starlette dont le meurtre a été pris pour celui d'une de ses congénères est vraie. En tout cas, comme le souligne Eliza, elle s'imbrique bien dans ce roman.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Juliette Croizat.

J'ai été ravie de retrouver Juliette Croizat. Ici, elle parvient très bien à faire passer l'angoisse et le désarroi de l'héroïne, ainsi que toutes les autres émotions dues aux événements. Elle modifie quelque peu sa voix selon les personnages, mais ne le fait pas à outrance, ce qui fait qu'elle reste naturelle. J'ai apprécié qu'elle ne prenne pas un accent anglophone pour dire «Saint mother Maria» (le nom du premier hôpital où va Dot), ni même pour Palm Springs, Tranquillity, etc. Son interprétation est à la hauteur de mes attentes.

Le titre original est «The Elizas». Dans ce cas, pourquoi le titre français n'est-il pas «Les Eliza»? Surtout que si Eliza avec un «s» pour marquer le pluriel est juste en anglais, c'est une faute en français. Sur la couverture, le «s» est légèrement en-dessous du reste du titre, un peu de travers, comme s'il tombait. C'est sûrement pour montrer qu'il y a une différence, peut-être pour dire qu'il ne faut pas le mettre, mais alors, pourquoi y est-il? Pourquoi ne pas avoir traduit le titre original avec exactitude? Malgré mon désaccord quant à ce choix, je trouve que la lectrice a eu raison de le prononcer comme elle l'a fait. Ce n'est pas elle qui a fait la faute au départ, elle s'est contentée de prononcer le «s» mis à tort par l'éditeur français, afin que l'auditeur n'ait aucun doute.

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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samedi, 2 juillet 2011

Quand reviendras-tu?, de Mary Higgins Clark.

Quand reviendras-tu?

L'ouvrage:
Le révérend O'Brian écoute une étrange femme en confession. Elle explique qu'un meurtre va être commis, qu'elle est complice, et ne peut plus arrêter la machine. Puis elle s'enfuit.

Zan Morland est décoratrice d'intérieurs. À présent, elle est en compétition pour la décoration d'une série d'appartements avec son ancien patron, Barclay Lange. Elle espère bien remporter le marché.
Zan souffre d'une blessure datant de bientôt deux ans: la disparition de Mathiew, son enfant de trois ans, enlevé dans le parc, tandis que sa baby-sitter, Tiffany, s'était assoupie. Alors que l'anniversaire du petit garçon approche, un rebondissement inattendu survient. Un touriste a photographié la scène de l'enlèvement de l'enfant. On voit une femme le sortant de sa poussette. Cette femme, c'est... Zan.

Critique:
Il y a longtemps que je fuis Mary Higgins Clark, trouvant ses romans insipides. Cependant, la présentation de «Quand reviendras-tu?» parlait de vol d'identité. Ayant apprécié (en grande partie) «Talk talk», j'ai voulu savoir comment Mary Higgins Clark aborderait ce sujet. Je me suis même laissée aller à penser qu'elle s'était peut-être renouvelée.

Il n'y a pas vraiment de renouveau. D'abord, le livre fourmille de lenteurs, surtout exprimées par des choses ressassées. Par exemple, Zan larmoie beaucoup quant à la disparition de son fils, et quant au fait qu'on l'accuse, au mieux d'être folle. En général, dans ce genre de situations, le lecteur ne pourra que compatir et partager la peine de l'héroïne. Cela a été mon cas, mais j'ai trouvé que l'auteur s'appesantissait beaucoup trop là-dessus. On voyait bien qu'elle faisait du remplissage.
D'autre part, le «méchant» répète plusieurs fois ses plans. Il les modifie en fonction de ce qui arrive, mais ses répétitions m'ont également fait trouver le livre poussif.

En outre, l'auteur utilise toujours les mêmes ficelles afin de retarder la révélation d'un indice.
D'abord, un personnage est agacé par un détail qui ne colle pas, mais qu'il n'arrive pas à faire émerger de son inconscient. Ici, c'est le révérend. J'ai d'ailleurs trouvé étrange qu'il ne tique pas quant à la voix, puisqu'il a tiqué concernant les mains.
Ensuite, un autre personnage pense détenir quelque chose, mais soit il se dit qu'il se fait des films, soit la personne à qui il veut en parler est exaspéré par lui, et l'envoie balader, même gentiment. Ici, cela arrive avec l'ancien alcoolique travaillant pour Kevin, puis lorsque Penny veut raconter quelque chose à Alvira, et que celle-ci demande à Willy d'aller sonner à la porte afin de lui fournir un prétexte pour qu'elle raccroche.
Tous ces indices éclatés, retardés, dilués, c'est assez agaçant, car on voit bien les gros sabots de la romancière.

Il y a, bien sûr, les fausses pistes. D'habitude, Mary Higgins Clark se donne la peine d'embrouiller le lecteur en envisageant plusieurs coupables, ou, si elle n'en présente qu'un, plusieurs autres sont possibles. Ici, elle pointe le coupable du doigt... en effet, il n'y a pas 36000 possibilités, et comme elle nous dit d'en soupçonner un, on va soupçonner l'autre. On pourra même imaginer son mobile.

Les personnages n'ont rien de spécial. J'avoue quand même m'être attachée à Mathiew, un peu à Zan, et un peu au révérend. Sans oublier Penny, qui, malgré le fait qu'on trouve des personnages de ce genre dans d'autres romans, et qu'ici, rien ne la démarque de ces protagonistes, ne manquera pas de faire rire et d'attendrir le lecteur. Et puis, Bernie et Penny, ça m'a fait rire. ;-)
J'ai eu un peu peur, au début, lorsque je suis tombée sur Alvira Meehan. Je ne l'aime pas. Elle m'exaspère. C'est une espèce d'épigone de miss Marple, et elle n'est pas du tout crédible. Heureusement pour moi, elle n'est pas le personnage central du roman, et est moins pénible que dans ceux que j'ai lus.

J'ai trouvé très gros que Glory parvienne à ce point à se faire passer pour Zan. (Rassurez-vous, je ne vous apprends rien, car on sait cela assez vite.) L'auteur explique certaines choses pour rendre le tout vraisemblable, mais je trouve que cela l'est peu.

La police ne se démarque pas vraiment. Comme dans beaucoup de romans, elle suit les indices qui crèvent les yeux, et ne cherche pas à en savoir plus.

Même si l'auteur renoue avec un topos de ses romans (l'histoire d'amour entre l'héroïne et un gentil jeune homme parfait), ici, c'est un peu moins téléphoné.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Juliette Croizat.
Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib. Il sort en audio le 6 juillet.

Je me souviens que mon appréciation de Juliette Croizat dans «Rapt de nuit» était plutôt tiède. Eh bien, après l'avoir entendue dans «Quand reviendras-tu?», je n'ai qu'une chose à dire: j'espère que ses lectures audio seront plus fréquentes! Sa lecture n'est plus du tout hachée, et ne semble plus forcée. Elle parvient à «pleurer» naturellement, ce qui n'est vraiment pas facile. Elle rend également très bien la colère, et là encore, je ne peux que l'applaudir, car je suis sûre qu'il est très facile de cabotiner quand on veut jouer un personnage furieux. Enfin, j'adore son interprétation de Mélissa, ainsi que celle de Penny. Rien que pour le jeu de la comédienne, je ne regrette pas de m'être laissée tenter, même si le livre m'a déçue.

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