Dans les limbes

L'ouvrage:
Voilà un an que Danny, le fils de Sweeney est dans le coma. Ce dernier vient de faire entrer Danny dans la clinique du docteur Peck. Celui-ci promet des résultats positifs. Pour payer l'hospitalisation de son fils, Sweeney accepte de se charger de la pharmacie de la clinique. Lorsqu'il rend visite au garçonnet, il lui lit des extraits de «Limbo comics», sa BD préférée.
Mais dans la clinique, le danger guette Danny, Sweeney l'apprendra vite. Il devra se méfier de tous.

Critique:
Voilà un formidable roman, envoûtant, mystérieux, aux multiples facettes, un roman qu'on n'oublie pas sitôt le livre achevé. Si c'est une espèce de parcours initiatique pour Sweeney, cela l'est également pour le lecteur. On y apprend notamment à accepter ce qu'on ne peut changer.

Sous une apparence banale, ce roman est très riche. Il mêle habilement les genres: énigme, roman noir, science-fiction. On me dira que certaines choses sont prévisibles, comme par exemple, la folie de Peck que l'on devine très vite. Certes, mais le livre ne souffre pas de temps morts, et Peck n'en est qu'un infime élément.

Au premier abord, ce roman semble un peu compliqué. Il entremêle la vie de Sweeney, les agissements du docteur, les frasques de Buzz, et les aventures des «monstres» de «Limbo comics». Au tout début, j'ai eu un peu de mal à assembler les pièces, je n'aime pas trop passer d'un personnage à l'autre selon les chapitres. Dans certains livres, on s'y habitue tout de suite, pour celui-là, j'ai mis un peu te temps. Passé ce petit désagrément, j'ai apprécié cette structure. Tout s'imbrique très bien, et l'aspect labyrinthique du roman fait qu'on entre mieux dans cette ambiance presque magique, tenant presque du merveilleux.
Certains «délires» m'ont rappelé Serge Brussolo. Jack O'Connell ne va pas aussi loin, mais on retrouve des choses que Brussolo aurait pu créer.

Il est amusant de jouer au petit jeu de pistes de l'auteur: en effet, on cherchera les correspondances entre la réalité et Limbo Comics. Certaines choses peuvent paraître un peu grosses (le docteur fou, les monstres...), mais je pense que cela montre que les choses peuvent être vues selon différents angles: il n'y a pas une seule réalité, une seule perception.

En début d'ouvrage, il y a une sorte d'avant-propos de l'auteur qui explique la genèse du roman. C'est, bien sûr, très intéressant. Je vous conseille de le lire après avoir lu le roman (ce que j'ai fait). Je pense qu'il vaut mieux connaître le roman pour apprécier pleinement cette anecdote.

Éditeur: Rivages.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Stéphanie Colin puis Nina Pantic pour l'association Valentin Haüy.
Je n'ai pas l'orthographe exacte des noms des lectrices, je leur présente donc mes excuses si ceux-ci sont mal écrits.
Je trouve dommage que la lectrice qui a commencé le roman ne l'ait pas terminé. Je me doute bien que l'association a fait lire la suite par une autre lectrice car elle n'avait pas le choix, mais je suis déçue de ce changement de lectrice au milieu du chapitre 18.

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