Tout (n')est (pas du tout) sous contrôle

L'ouvrage:
Olympe est photographe culinaire. Ce matin-là, alors qu'elle se rend à son travail, elle empêche un homme de sauter dans la Seine. En représailles, il l'y pousse. Repêchée par la police fluviale qui était sur place à cause de l'homme sauvé par Olympe, la jeune femme appelle son patron, et ne trouvant aucune grâce à ses yeux, est renvoyée. Elle doit rapidement trouver un nouveau travail...

Critique:
J'ai hésité à tenter ce livre parce que le résumé et certains avis me faisaient craindre qu'il ressemble à «Mother's day out», de Karen MacInerney, livre qui se voulait drôle, et que j'ai détesté. Je l'ai oublié en grande partie, mais je me souviens que je me demandais comment ce qui arrive au chat (par exemple) pouvait faire rire les lecteurs. Heureusement, Sophie Henrionnet a été (du moins pour moi) plus fine que Karen MacInerney, même si certaines de ses ficelles sont grosses.

La situation familiale d'Olympe est complexe et hors du commun. Cela fait donc sourire. Il n'est pas très banal, par exemple, qu'un ex mari s'entende très bien avec son ex femme, que sa nouvelle femme soit adorable avec l'ex, que les relations soient toujours bonnes. Cette ficelle n'est pas exagérée, en tout cas, l'autrice ne surenchérit pas, à mon avis, donc elle m'a plu.

Le nouveau travail d'Olympe n'est pas de tout repos. Le lecteur, tout comme l'employeur de la jeune femme, imagine qu'elle va patauger, et être plus encombrante qu'autre chose. Il est donc amusant de voir comment elle résout la première affaire. Là encore, je trouve que l'autrice a finement joué. Pour moi, c'est resté crédible. Quant à la deuxième affaire, Sophie Henrionnet a assorti cela d'ennuis pour la narratrice et l'entreprise qui l'embauche, ce qui fait qu'on n'a pas l'impression qu'Olympe s'en sort toujours très bien, ce qui n'aurait pas été crédible.

L'ensemble d'énigmes (tant professionnelles que familiales) que la romancière nous propose m'a plu, car je n'ai pas deviné grand-chose. Je savais que l'un des personnages ne trompait pas sa femme, donc j'ai trouvé que la résolution de cette énigme était un peu longue, mais cela ne m'a pas trop agacée. Je me doutais également que la blonde ne serait pas un obstacle à un certain élément que je ne dévoilerai pas ici.
À un moment, j'ai eu peur qu'il y ait un triangle amoureux, ce que je déteste. Heureusement, Sophie Henrionnet s'en est abstenue. J'espère que, si elle écrit une suite, elle n'utilisera pas cette ficelle.

La romancière crée beaucoup de scènes cocasses, notamment lorsque Barbara Cartland (dont je ne comprends pas le surnom, car je ne vois pas la ressemblance) est de la partie. Ces scènes familiales m'ont plu. Celle que j'ai préférée est celle du déjeuner chez les parents d'Olympe, scène au cours de laquelle la jeune femme sème le chaos rien qu'en arrivant, chaos que tout le monde prend de manière assez décontractée, surtout les personnes âgées.

Parmi les choses qui ne m'ont pas plu, il y a le prologue. Malheureusement, l'autrice est tombée dans ce travers qui consiste à mettre un prologue qui est au coeur des événements, qui est là pour appâter le lecteur, puis commence son premier chapitre tant de temps plus tôt, afin d'expliquer l'enchaînement des faits, et le lecteur retrouve la situation du prologue vers la fin. Ce genre de prologues me fait davantage soupirer d'ennui que mariner.
J'ai également trouvé très lourd le revirement d'un personnage (dont je tairai le nom pour ne pas trop en dire). Bien sûr, l'autrice voulait que les choses finissent bien pour ce protagoniste, mais elle aurait dû s'arranger pour faire cela autrement. On me dira que concernant ce cas, je suis sévère, car ce genre de choses peut arriver. C'est vrai, mais cela touche un sujet sensible pour moi, et pour une fois, j'aurais bien aimé rencontrer un personnage de livre qui pense comme moi. ;-) De toute façon, la ficelle est quand même grosse.
J'ai aussi trouvé que le personnage de Stella était un peu exagéré. C'est dommage, car elle est drôle et sympathique, mais sa façon d'agir parfois la rend peu vraisemblable.
Enfin, j'ai trouvé extrêmement lourd que la meilleure amie d'Aglaë s'appelle... Sidonie. J'aurais trouvé cela un peu moins gros si Olympe avait fait un commentaire humoristique sur la «coïncidence».

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Pascale Chemin pour les éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.

C'est le premier roman enregistré par cette comédienne que je lis. Sa prestation m'a plu. Il lui aurait été très facile de surjouer, car de mauvais comédiens surjouent les livres amusants. Pascale Chemin s'en est très bien sortie, jouant sans en faire trop. Le seul reproche que je lui adresserai est qu'elle prononce «klaxone» pour «klaxon». Depuis peu, j'entends des comédiens prononcer ce mot ainsi. J'ai beaucoup de mal à comprendre cette erreur. Va-t-on bientôt entendre «un baluchone», «un bonbone», «un talone», «un paillassone»? On dirait que cette prononciation est un désir de faire coller les terminaisons en «on» avec la prononciation anglophone. Mais pourquoi??? Je suis un peu déçue lorsque je constate que des comédiens prononcent mal le mot «gageur», mais là, ils ont les circonstances atténuantes, parce qu'il est possible de mal comprendre l'orthographe de ce mot. Concernant «klaxon», je ne comprends pas pourquoi cette erreur est soudain apparue... Malgré ce reproche (une prononciation erronée peut facilement être corrigée) j'entendrai à nouveau Pascale Chemin avec plaisir.

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