Lecteur : Chauvel Olivier

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mercredi, 20 mars 2019

Avalanche hôtel, de Niko Tackian.

Avalanche hôtel

L'ouvrage:
Joshua s'éveille dans une chambre d'un grand hôtel. Il pense avoir fait une chute. Ses souvenirs sont flous. Il se rend compte qu'il travaille dans cet hôtel, et que la police enquête sur la disparition d'une jeune fille, qui y séjourne souvent avec ses parents. Le calendrier lui apprend qu'on est en janvier 1980.
Puis un employé de l'hôtel lui dit qu'il doit absolument partir, et lui montre par où et comment. En suivant ses instructions, Joshua est précipité dans une avalanche... et s'éveille à l'hôpital où il apprend qu'on est en janvier 2018. Il ne se souvient de rien, excepté de ce qu'il vient de vivre à l'Avalanche Hôtel, et qui, pense-t-il, doit être un rêve. Cela a-t-il un rapport avec l'enquête sur laquelle il travaille? Est-ce pour cela qu'il est allé seul dans la montagne, et s'est retrouvé pris dans une avalanche?

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Il n'y a aucun temps mort. J'ai d'ailleurs été tout de suite happée par l'intrigue. Le début fait qu'on se pose des questions, la suite épaissit le mystère... Rien n'est bâclé, il n'y a pas d'incohérences. Étant très prise par le récit, je n'ai pas cherché à le disséquer pour trouver la solution avant que l'auteur ne la donne, petits morceaux par petits morceaux. À un moment, Joshua obtient une information importante. Cette découverte m'a, bien sûr, captivée, mais je ne voyais pas le rapport avec le reste. Je ne l'ai pas vu avant que l'auteur ne le dévoile.

Comme souvent, j'aurais voulu qu'il y ait davantage de détails à la fin, surtout quant à un élément. Mais je pinaille, car on peut deviner ces détails ou faire sans.

Niko Tackian expose une théorie à laquelle je ne crois pas trop. Si Joshua a pu «voir» certaines choses, c'est qu'il en a été imprégné par une autre mémoire que la sienne, la mémoire de quelqu'un qu'il a côtoyé assez longtemps pour créer des liens. J'ai déjà entendu cette théorie. Je n'y crois pas vraiment, mais je sais qu'elle n'a pas été inventée pour ce roman. En outre, elle s'insère bien dans la trame.

L'ambiance est importante ici, et contribue à faire monter la tension. Souvent, les personnages sont en montagne, sous un froid intense. Les efforts des protagonistes pour atteindre leur but, les effets du froid sur eux (circulation sanguine coupée, crampes...), tout est si bien décrit qu'on s'y croirait. Je m'imaginais d'autant plus les choses que j'ai lu une grande partie du roman dans mon lit, et que je pouvais remonter la couette sur moi si l'évocation du froid me le rendait trop présent.

Au-delà d'un récit palpitant, ce roman soulève certaines questions. Comment appréhende-t-on sa propre histoire? Comment des souvenirs qui ne sont pas les nôtres peuvent-ils s'imposer au point de nous pousser à les explorer? Peut-on aimer son enfant malgré tout?...

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Olivier Chauvel.

Olivier Chauvel fait partie de ceux que je retrouve avec plaisir. Il m'est arrivé d'être un peu sévère concernant certains de ses choix d'interprétation, mais c'est un bon comédien. D'ailleurs, ici, les modifications de sa voix ne m'ont pas gênée, sauf pour certaines personnes âgées à qui il fait une voix caricaturant un peu celle de quelqu'un d'âgée, mais cela reste plausible. En outre, tous ses autres choix de jeu m'ont paru judicieux.

Comme d'habitude lorsque le livre est édité par Audiolib, il y a de la musique, ce que je n'aime toujours pas. Heureusement, ici, il n'y en a pas en début de chaque chapitre. En outre, la structure du livre est respectée.

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jeudi, 13 avril 2017

Parce qu'elle m'aime, de Mark Edwards.

Parce qu'elle m'aime

L'ouvrage:
Andrew est célibataire, travaille chez lui... À part sa soeur (Tilly) et sa meilleure amie (Sasha), il est seul. Un jour, il rencontre Charlie. Ils entament très vite une relation passionnée.

Critique:
Après avoir beaucoup aimé «Sur tes pas», je ne pouvais laisser l'occasion de lire «Parce qu'elle m'aime». Ce roman m'a plu. Mark Edwards s'est essayé à un exercice assez difficile, parce qu'il fallait que tout soit crédible. Dans un message au lecteur en fin d'ouvrage, il présente ses excuses à ceux qui trouveraient ses ficelles trop grosses. Le tout m'a paru bien amené. Après coup, j'ai pensé: «Ah, il a utilisé le même type de ficelle que Machin dans tel roman, et il a fait exprès de faire ceci ou cela que j'ai moins apprécié.» Certes, mais si j'avais été à sa place, j'aurais fait exactement pareil! Il faut bien trouver un moyen de duper le lecteur. D'ailleurs, l'auteur est plus subtil que certains autres. Si Andrew finit par être persuadé de quelque chose, le lecteur, lui, est plus précautionneux. Quant à moi, je ne savais quoi croire, et c'est justement ce qui rend ce roman intéressant. Certains faits poussent vers une conclusion, mais après tout, le réseau de «preuves» n'est pas bien solide... À un moment, j'ai pensé que Mark Edwards en faisait peut-être un peu trop concernant Frazer, mais après tout, c'est crédible.
Un autre point positif est que l'auteur n'amène pas les choses avec de gros sabots. Andrew découvre, peu à peu, des éléments dont certains sont anodins. Là-dessus, se greffent les problèmes sentimentaux de Sasha, etc.

Les personnages principaux sont tous attachants, même si on en préférera certains à d'autres. Le style de l'auteur est fluide. Il sait poser une situation, et fait en sorte que l'histoire soit assez intéressante pour que le lecteur ne tente pas de la décortiquer et devine tout trop tôt. Le romancier sait créer le suspense. Son intrigue ne traîne pas.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Olivier Chauvel.
J'aime beaucoup Olivier Chauvel, et je suis convaincue que c'est un bon comédien. Voilà pourquoi je trouve vraiment dommage qu'il modifie sa voix pour faire certains personnages. Je ne sais pas si cela vient de lui ou du studio qui l'a dirigé, mais quel gâchis d'avoir fait une voix de beauf à Victor! Tout ça parce qu'il appelle sa femme bobonne, et a parfois des réflexions un peu idiotes! Dans la vie normale, personne ne parle avec une voix qui semble exagérée, toujours forte... Qu'aurait fait le comédien si, à un moment, Victor avait chuchoté? Il change aussi sa voix pour Frazer. Ici, c'est un peu mieux réussi, mais tout comme pour Victor, cela fait caricatural. Il est normal que la voix laisse transparaître une fêlure, mais pourquoi faire renifler Frazer toutes les cinq secondes? L'auteur ne précise pas ces reniflements. Bien sûr, ils vont avec ce qu'on sait et imagine de Frazer, mais que le lecteur les fasse accentue la caricature, tout comme la voix qui prend automatiquement une certaine tessiture.
D'autre part, à plusieurs reprises, Andrew rédige des SMS: le lecteur les lit comme si le narrateur était en train de les rédiger en les lisant à voix haute. De ce fait, il ne met pas le ton, et les lit de manière hachée. J'ai trouvé cela dommage: cela casse le rythme, et ne fait pas très naturel.

Pour information: la structure du livre n'a pas pu être respectée.

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lundi, 27 mars 2017

Libérez votre cerveau - Traité de neurosagesse pour changer l'école et la société, d'Idriss Aberkane.

Libérez votre cerveau

L'ouvrage:
Idriss Aberkane décortique notre société, notre éducation, certaines façons de penser et d'agir. Il explique, en donnant des arguments et des exemples, pourquoi tout doit changer.

Critique:
Je sais que je me répète d'une chronique à l'autre lorsqu'il s'agit d'un documentaire, mais ce genre d'ouvrage sera lu par rapport à soi, à son vécu, à son expérience de la vie. Idriss Aberkane dit lui-même que tout ce qu'il nous expose est le fruit de son expérience de la vie, de ses observations.

Sans parler des qualités ou des défauts de cet ouvrage, j'ai d'abord été déçue parce que je pensais qu'il traitait majoritairement du fonctionnement du cerveau. Le sous-titre parle bien de changer l'école et la société, mais entre la quatrième de couverture et le mot «cerveau», j'ai imaginé autre chose. Je le signale, au cas où d'autres auraient la même idée que moi.

L'auteur de cet ouvrage met l'accent sur le fait qu'il faut absolument changer tout notre système scolaire. Il répète cela à la moindre occasion. Les chapitres 2 de la première partie et 3 de la deuxième sont tous deux des illustrations de cette assertion, puis c'est encore répété par allusion au long du livre. Je partage certains de ses avis, mais je serais plus nuancée que lui. Par exemple, il part du postulat que l'enfant est enthousiaste quant à l'école, et que si le système ne lui ôtait pas cet enthousiasme et lui apprenait les choses de manière ludique, il apprendrait sans efforts, puisqu'il serait motivé. Selon lui, nous avons chacun une passion, quelque chose que nous adorerons faire, et donc où on excellera. Pour que cela soit révélé plus facilement, il ne faut faire que du ludique à l'école, parce qu'on apprend mieux et plus facilement en jouant. J'ai déjà entendu cette théorie, et elle ne me convainc pas. Je pense qu'il faut essayer des méthodes, voire réformer le système, mais il me semble que s'il n'y a plus aucune contrainte, l'enfant ne saura pas gérer celles qui se présenteront fatalement à lui. Idriss Aberkane me rétorquera que si tout le système est réformé de A à Z (de la maternelle à l'emploi), comme il le préconise, rien ne sera vu comme une contrainte. Étant très pinailleuse, j'ai eu l'idée d'exemples concrets de contraintes qui ne peuvent être «ludifiées» (pour reprendre le terme employé par l'auteur). Je suis une boulimique de livres. De ce fait, je ne peux pas m'acheter tous ceux que j'aimerais lire. Je demande donc à certains éditeurs s'ils accepteraient de me faire parvenir des livres qui me tentent en service presse en échange d'une chronique sur mon blog. La plupart acceptent. Certaines de ces chroniques sont contraignantes à écrire, soit parce que le livre ne m'a pas plu, soit parce que je ne trouve pas quoi dire, soit parce que j'ai l'impression que mes mots desserviraient l'ouvrage. Pourtant, si je ne publiais pas ces chroniques, les éditeurs finiraient par refuser de m'accorder des services presse...
Autre exemple: je n'aime pas le sport, pourtant, je sais qu'il est bénéfique. Je m'astreins donc à faire au moins trois heures de sport par semaine. Je le fais soit en regardant un film ou une série, soit en écoutant un livre, soit en discutant sur Skype avec une amie. Cela rend la tâche poins pénible. Ces contraintes (et quelques autres) finissent par ne pas être insurmontables parce que je comprends leur utilité, et parce que j'ai appris, très jeune (notamment à l'école) que certaines choses sont obligatoires. Je me dis que s'il n'y a jamais aucune obligation, les enfants finiront par penser que tout est contraignant. Se brosser les dents finira par être insurmontable! Bien sûr, certains patrons (quel que soit le corps de métier) imposent des contraintes inutiles, et donc contre-productives. C'est certainement cet abus de pouvoir qu'il faut changer, où qu'il se pratique.

De plus, je me souviens de moi en tant qu'élève. En bonne maniaque, il me fallait une leçon, avec la règle bien posée. Je l'aurais peut-être apprise avec une autre méthode, mais je me souviens que c'est celle qui me convenait le mieux. Ensuite, que faire si un élève, avec une méthode où il jouerait pour apprendre, allait plus volontiers vers certains enseignements que vers d'autres? Idriss Aberkane me dira que ce n'est pas grave, qu'il faut que l'élève aille vers ce qui le passionne. Mais que faire si rien ne le passionne? Idriss Aberkane dit également (et là, je le rejoins davantage) qu'il faut tester des choses. Il faut essayer des façons de faire et conserver ce qui fonctionne le mieux. Je sais d'expérience que la rigueur (sans être injuste et effrayante) fonctionne. Sans jouer tout le temps, et sans brimer et contraindre à outrance, il pourrait y avoir une demi-mesure.

Lorsque l'auteur explique qu'il vaut mieux exercer un métier qu'on fera par passion, car seul l'amour fait qu'on sera capable d'en supporter la dureté, je suis d'accord (cela tombe sous le sens), mais là encore, je nuancerais. Que fait-il des gens qui ne pourraient pas vivre de leur passion, et qui exercent un métier qui ne les attirait pas au départ, mais dont ils ont vu certains bons côtés? Bien sûr, il est préférable de faire un métier qu'on a choisi, mais ceux qui ne le peuvent pas (même s'ils s'en sont donné les moyens) doivent forcément composer et faire quelques compromis.

Force nous est de constater que le monde va mal. Je suis donc d'accord avec l'auteur quant au fait que certaines choses doivent être changées en profondeur, mais pour des domaines que je connais, je prônerais la nuance. J'aurais d'autres choses à dire sur certaines remarques de l'auteur sur ce sujet, mais je m'arrêterai là.

Idriss Aberkane aborde d'autres thèmes: la subjectivité, l'effet de groupe, la violence engendrée par la trop grande frustration, le mal que des organismes firent sciemment, les technologies qui (si elles ont été créées dans une bonne intention) finissent par devenir un danger parce qu'elles sont perverties par l'homme... Il assortit cela d'exemples. J'en connaissais certains. Par exemple, l'histoire des lignes dont l'une est sans conteste plus courte, l'exemple des hôpitaux psychiatriques, ou celui des électrochocs... L'auteur de cet ouvrage prône la sagesse au lieu de la course au pouvoir... Tout cela montre de quoi l'homme incapable d'empathie et trop individualiste peut se rendre coupable. Certes, mais pour moi, ce n'est pas nouveau, et cela ne fait que me renvoyer à ma propre impuissance.

Au milieu de ces explications, Idriss Aberkane parle un peu de notre cerveau. Cela m'a intéressée (puisqu'au départ, c'était ce que je souhaitais lire), mais j'étais un peu déstabilisée, car j'ai trouvé le tout un peu brouillon. Cela vient peut-être de mon esprit maniaque, mais il me semble que j'aurais organisé le livre autrement, évitant certaines répétitions, regroupant certaines idées... Parmi les informations qu'il donne, il en est une qui m'a fascinée: l'éventualité de pouvoir «télécharger» des connaissances et des ressentis dans le cerveau humain.

À la fin, l'auteur propose des exercices mentaux qui consistent (en très gros) à s'analyser, à ouvrir sa pensée, à ce rendre compte qu'on peut se débarrasser de certaines chaînes acquises par besoin de conformisme ou par sous-estimation. D'une manière générale, il nous invite à avoir l'esprit critique, à faire travailler notre cerveau...

On me dira que j'ai davantage parlé d'un aspect du livre que du reste. C'est vrai, mais outre que cet aspect tient une grande place dans le propos d'Idriss Aberkane, j'ai parlé de ce que je connaissais le mieux.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Olivier Chauvel.
Olivier Chauvel est un comédien dont j'apprécie la lecture. Il parvient à lire des documentaires de manière à la fois vivante, mais sans surjouer. Cela ne doit pas être simple. Je me souviens avoir été un peu sévère avec lui quant à son interprétation de «Vivez mieux et plus longtemps», mais ce livre était peut-être encore plus délicat à interpréter que celui d'Idriss Aberkane.

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lundi, 16 janvier 2017

Sur la réserve, de Carole Mijeon.

Sur la réserve

L'ouvrage:
La France subit une pénurie de pétrole.
Ludovic, habitant d'un petit village, raconte un mois de sa vie sans essence.

Critique:
Carole Mijeon analyse avec pertinence les réactions de gens confrontés à quelque chose qui perturbe énormément leur quotidien. Ainsi, elle met en lumière la dépendance au pétrole, mais pas uniquement. Pas de pétrole signifie pas d'essence, donc pas de réapprovisionnement possible des supermarchés, par exemple. Nous savons, plus ou moins, que nous sommes trop dépendants de toutes les facilités créées par l'homme, souvent au détriment de l'environnement et du respect de la planète. Ludovic devait en être conscient sans trop se poser de questions, et il doit brutalement y faire face. Par exemple, n'ayant plus d'essence, il veut aller au supermarché à vélo. C'est alors qu'il se rend compte qu'il bouge si peu au quotidien, que l'expédition lui donne de très douloureuses courbatures. Je sais que beaucoup d'entre nous sont dans ce cas-là. Cet exemple peut faire sourire, même s'il est à prendre au sérieux, mais il ne représente que le moins grave de tout ce dont Ludovic va se rendre progressivement et pleinement compte.

Les réactions des gens sont assez déplaisantes, surtout parce qu'il est malheureusement sûr que l'auteur n'exagère pas. Entre ceux qui ne pensent qu'à eux, ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, ceux qui en profitent pour s'improviser orateurs et tentent de gagner une parcelle de pouvoir, ceux qui s'arrangent avec leur conscience, ceux qui se transforment en bandits de grands chemins, ceux qui ne sont solidaires que par intérêt, on a de quoi être dégoûté. Au milieu de ce vent de folie, Ludovic tente de conserver un peu d'intégrité. Tout au long de ma lecture, je me suis demandé comment je réagirais. J'aimerais être sûre que je serais comme Ludovic, mais malheureusement, je ne peux pas le savoir.

J'ai été un peu déçue qu'en dehors du narrateur, l'auteur ne montre que des gens négatifs. Par exemple, à un moment, un homme dit: «Ma femme ne me lâche pas pour que je trouve à manger!» C'est l'exemple qui me vient, mais d'une manière générale, on dirait qu'il n'y a qu'acrimonie partout. Personne ne pense aux autres. Élisa, par exemple, est vraiment écoeurante. Même Agathe n'est pas vraiment aimable. Elle ne se préoccupe de Ludovic que lorsqu'elle a besoin de lui... Je comprends qu'on pense à soi, mais j'aurais aimé voir des gens qui pensent au moins à ceux qu'ils aiment, et ne doivent pas vraiment aimer, à en croire leurs dires. Certains semblent penser à leurs enfants, mais cela n'est pas toujours crédible. Le maire pense au bien du village, mais c'est son devoir de maire.

À un moment, Dimitri dit qu'on peut se suffire à soi-même sans avoir besoin d'acheter. Il se dit même affligé que l'homme soit devenu ce qu'il est. Je trouve dommage qu'il n'ait pas expliqué comment il faisait. On peut imaginer une ferme avec beaucoup d'animaux et une terre fertile. Cette idée est intéressante, mais il faut quand même de l'argent. Les animaux doivent manger. Le jardin, il faut l'entretenir. Sans être complètement happé par les portables et autres engins «connectés», il ne faut pas forcément tout rejeter. Si Dimitri veut faire son pain, il faut bien qu'il achète de la levure et de la farine. Donc le raisonnement est intéressant, mais l'auteur aurait dû le confronter à la réalité au lieu de montrer Dimitri comme celui qui fait tout comme il le faut. Lorsque le personnage a une discussion houleuse avec Francis, on sent bien que Carole Mijeon fait s'affronter les deux courants de pensée qui ont cours en ce moment. Je serais tentée de penser comme Dimitri, car la façon de voir de Francis montre son égoïsme et le fait qu'il ne voie qu'à court terme. Mais Dimitri m'a agacée, par ailleurs, parce qu'il m'a semblé suffisant, et qu'il va un peu loin. En outre, il prône la solidarité, l'ouverture, la tolérance, mais on pourrait objecter qu'il a beau jeu de faire cela, puisqu'il ne meurt pas de faim. En fait, il n'y a que Ludovic qui soit réellement sympathique, car il tente de s'adapter sans perdre les autres de vue. Il tente de comprendre pourquoi le monde dans lequel il menait une vie insouciante s'écroule. Il tente de se remettre en question, de voir plus loin, même si cela lui est douloureux.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Olivier Chauvel.
Le comédien a su se glisser dans la peau de Ludovic. Il a toujours le ton approprié lorsqu'il s'agit de la narration et des répliques de Ludovic. Il entre bien dans le style de l'auteur. Cependant, je regrette beaucoup qu'il ait donné des voix si caractéristiques à certains personnages. J'ai eu mal pour lui quand j'ai entendu la voix qu'il prenait pour Francis. Elle est haut perchée, chuchotante et parfois cassée. On sent qu'il se force. D'une manière générale, je n'ai pas apprécié ces voix (Francis, le maire, Dimitri, Agathe) qui caricaturaient les personnages, les rendant invraisemblables. Pourquoi une vieille dame doit-elle toujours avoir une voix un peu précieuse et chevrotante? Je connais des personnes (elles sont lectrices bénévoles) qui ont plus de soixante-dix ans et dont la voix n'est pas du tout ainsi. Quand à l'accent du Midi du maire, j'ai senti que le comédien n'était pas toujours à l'aise avec. Parfois, il y a de petites nuances qui montrent qu'il ne le fait pas naturellement. De plus, il prend toujours un peu le même ton pour le maire. C'est un peu la même idée pour Dimitri. Ces voix exagérées m'ont gênée. c'est apparemment un choix du studio d'enregistrement qui a dû vouloir forcer le trait pour accentuer la caricature. Je pense, pour ma part, que j'aurais mieux profité du texte s'il avait été joué de manière moins grandiloquente. Il fallait qu'il soit joué, mais pas autant. J'ai été d'autant plus déçue que par ailleurs, le comédien est très bon.

Pour information: la structure du livre est respectée.

Cliquez ici pour voir le livre audio et en écouter un extrait.

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jeudi, 15 septembre 2016

Vivez mieux et plus longtemps, de Michel Cymes.

Vivez mieux et plus longtemps

L'ouvrage:
Michel Cymes donne toutes sortes de conseils pour vivre mieux.

Critique:
Ce livre m'a attirée d'abord parce que je suis preneuse de conseils, mais aussi parce que j'entendais Michel Cymes sur France Info quand j'étais enfant. En outre, il m'est arrivé de voir son émission et d'apprécier son humour et sa joie de vivre.

Ses conseils concernent la vie en général. Avant de lire ce livre, je pensais qu'il parlait uniquement d'alimentation. Pour moi, l'un des avantages est que l'auteur conseille, puis explique pourquoi. Bien sûr, nous savons tous qu'il vaut mieux manger des légumes plutôt que des chips, mais je trouve qu'il est intéressant de comprendre pourquoi. Les explications sont données sans jargon incompréhensible, ou s'il y en a un peu, tout est explicité.

Certains conseils sont faciles à suivre. Par exemple, si vous êtes comme moi, il vous faut boire davantage (de l'eau, bien sûr) afin d'hydrater votre corps, votre cerveau, etc. On peut aussi facilement se laver les mains correctement. De plus, il donne quelques petits mouvements à faire pour se muscler les cuisses et les mollets. Certains peuvent être faits alors qu'on fait autre chose. Cependant, certains de ces conseils ne sont pas évidents à suivre pour diverses raisons. Par exemple, il est beaucoup de bonnes choses pour la santé que je n'aime pas. Comme je suis pénible, la solution de l'accommodement avec fines herbes ou épices (elles-mêmes bonnes pour la santé) ne me convient pas, car je ne les aime pas non plus. ;-) Il y a quand même certains aliments que je ne connais pas (je vais donc les goûter) et certains accommodements auxquels je n'avais pas pensés et que je suis tentée d'essayer. L'autre inconvénient, c'est le manque de temps. Lorsque j'ai dit à mon mari que Michel Cymes préconisait le nettoyage du réfrigérateur au moins deux fois par mois, il m'a répondu: «Il peut venir le faire chez nous?» En effet, ces conseils me semblent avisés, mais certains prennent du temps... Il faut donc essayer (comme le préconise d'ailleurs l'auteur) de changer ses habitudes. On n'est pas obligé de tout suivre d'un coup, mais peut-être de procéder par paliers, car la santé et la bonne hygiène de vie sont importantes.

Certaines choses sont répétées, l'auteur s'en explique en disant qu'il croit au pouvoir de la répétition.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Olivier Chauvel.
Il va de soi qu'un livre de ce genre ne peut pas être interprété de manière trop sobre, sinon, l'auditeur trouverait cela fastidieux. En outre, Michel Cymes donne ses conseils avec humour et bonne humeur. Le lecteur a donc voulu entrer dans le ton. Je trouve que parfois, il en a un peu trop fait. J'ai bien conscience que ce documentaire n'est pas facile à lire à voix haute, et que cela a dû être délicat pour le comédien.

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