Lecteur : Chaussepied Jacques

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mercredi, 11 juin 2014

Ceux qui tombent, de Michael Connelly.

Ceux qui tombent

L'ouvrage:
Harry Bosch et Chu (son équipieà) travaillent aux affaires non-résolues. On leur confie une affaire de viol et de meurtre ayant eu lieu en 1989. On a identifié le sang retrouvé sur la victime. C'est celui de Clayton Pell, un délinquant sexuel. Tout serait simple si, à l'époque des faits, Pell n'avait pas eu huit ans.
Les deux policiers ont à peine le temps de se pencher sur cette affaire qu'on leur en donne une autre qui doit passer en priorité: le fils du conseiller Irvin Irving (ennemi de Harry depuis plus de vingt ans), se serait suicidé. Irving souhaite que Bosch, policier intègre, se charge de découvrir ce qui s'est réellement passé.

Critique:
Ce roman est ce que j'appelle un thriller classique. Il a une trame très vite prédéfinie, et les rebondissements ne sont pas si surprenants. Cependant, il m'a plu pour plusieurs raisons. D'abord, j'ai aimé retrouver Bosch. D'autant que depuis quelques livres, il s'est assoupli. On retrouve son caractère entier, son intégrité, mais il est peut-être moins impulsif. De plus, j'ai apprécié les scènes de sa vie quotidienne.
Dans ce roman, Michael Connelly développe le personnage de Maddy. Cela m'a plu. Elle est sympathique et attachante. En outre, on voit qu'elle a évolué et mûri depuis «Les neuf dragons».

Ensuite, j'ai aimé voir Harry travailler sur deux affaires en même temps, surtout qu'elles sont radicalement opposées. J'ai aimé louvoyer entre deux registres différents.
L'affaire Clayton Pell force Harry à voir que tout n'est pas toujours simple. L'homme a fait énormément de mal, mais il fut victime, auparavant. De ce fait, certains (comme le docteur Stone) disent qu'il est moins à blâmer que celui qui n'a jamais souffert avant de devenir un prédateur. Ce à quoi Harry rétorque qu'il y a aussi ceux qui ont souffert, et ne deviennent pas des prédateurs. Je serais tentée d'être d'accord avec Harry, mais personne ne sait comment il réagirait à la place de quelqu'un qui fut victime.

C'est un policier classique, mais la conclusion des deux affaires ne manquera pas d'interpeller le lecteur.

D'autre part, il est toujours sympathique de lire les joutes entre policiers et journalistes. Michael Connelly montre souvent comment cela se passe entre les deux professions, et on ne s'en lasse jamais. Là encore, c'est savoureux.

Remarque annexe:
Je trouve lassant que Bosch sorte avec quelqu'un de différent presque à chaque livre, depuis quelques temps. En plus, dans ce cas précis, je trouve que les choses sont allées un peu vite.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacques Chaussepied.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Audiolib.

Ce livre étant entièrement consacré à Bosch, je pensais que les éditions Audiolib ferait appel au comédien qui a enregistré presque tous les Bosch: Éric Herson-Macarel. C'était d'autant plus plausible que ce comédien a déjà travaillé pour Audiolib. J'avoue être déçue qu'un autre ait repris le flambeau. Jacques Chaussepied est un très bon comédien, mais pour moi (et je pense, pour d'autres), Bosch, c'est Eric Herson-Macarel. Audiolib a tout de même choisi un comédien dont le timbre se rapproche de celui de la principale voix de Bosch.

Jacques Chaussepied a une lecture fluide, un jeu naturel. Sa voix est agréable. Il a pris le parti de la modifier quelque peu pour Maddy, Chu, Irving... Il n'en fait pas trop, mais parfois, ce changement de voix m'a gênée. Surtout lorsqu'il s'agissait de Chu, car selon moi, ce n'est pas parce qu'il est chinois qu'il a nécessairement une voix plus fluette.
Je regrette (une fois de plus) que l'éditeur ait demandé au comédien de faire un accent pour les mots anglophones. Ici, cependant, il parvient à le faire passer de manière presque naturelle. D'autre part, à un moment, il prend un accent espagnol pour le médecin légiste (qui a un accent, bien sûr). Habituellement, ce genre de choses m'agace. Le comédien l'a fait avec beaucoup de naturel, ce qui fait que je n'ai pas été trop gênée.

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mardi, 2 juillet 2013

Volte-face, de Michael Connelly.

Volte-face

L'ouvrage:
Le district Attorney du comté de Los Angeles demande à Mickey Haller de se faire avocat de l'accusation. En effet, l'affaire Jason Jessop, vieille de vingt-quatre ans, va être rejugée, et le district souhaite que Mickey s'en charge. Un nouveau procès sera ouvert, car de nouveaux éléments sont apparus dans l'affaire grâce à la possibilité d'effectuer des tests ADN.

Critique:
Ce roman est un thriller judiciaire comme je les aime. C'est-à-dire qu'il ne traîne pas, et expose de manière approfondie toutes les tactiques des uns et des autres pour montrer les choses comme ils souhaitent qu'on les voie. Ces procédés me fascinent toujours, car ils démontrent (quand les raisonnements sont crédibles) qu'il y a toujours une multitude d'hypothèses à certaines actions. Ici, Michael Connelly fait cela très bien.
L'intrigue est linéaire, il n'y a pas trop de rebondissements, mais cela ne m'a absolument pas gênée, car l'intérêt est surtout dans le procès et dans son déroulement. En outre, il y a bien quelques rebondissements dont un auquel je ne m'attendais pas.
Il y a un moment que j'ai trouvé un peu long: il s'agit de la scène racontant la première filature de Jason.Bien sûr, on découvre quelque chose à la fin du chapitre, mais j'ai trouvé que l'auteur en faisait trop.
La fin est un peu différente de celles de la plupart des romans de Connelly. Des questions restent, on attend une suite. On a quelques éléments de réponse, mais tout n'est pas fini. J'aime bien ce genre de fin, en tout cas pour ce roman. Elle lui va bien.

Sarah attendrit le lecteur. Son histoire est malheureusement trop fréquente.

J'ai trouvé un élément un peu gros. On veut faire en sorte que les jurés n'aient aucune connaissance de l'ancien procès. Ils ne doivent même pas savoir qu'il y a eu un procès, il y a vingt-quatre ans. C'est quasiment impossible. En effet, avant que les jurés soient sélectionnés, l'affaire a été médiatisée. Il est un peu étrange qu'on ait trouvé des citoyens lambda qui n'en avaient pas du tout entendu parler.

Il est intéressant de voir comment Bosch se débrouille avec ce que j'appelle le nouveau paramètre. (Je dis cela ainsi pour ne pas trop en dévoiler.) Il est crédible. Je me disais que l'auteur aurait du mal à concilier son caractère et ce nouveau paramètre. Il ne s'en sort pas trop mal.

Remarque annexe:
Je trouve un peu dommage qu'un personnage s'appelle Maddy et un autre Maggie. Bien sûr, ces personnages ont été créés bien avant ce roman, et l'auteur n'a sûrement pas pensé à la ressemblance phonétique.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacques Chaussepied pour les éditions Audiolib.
Ce comédien a une voix agréable, il met le ton approprié, ne cabotine pas.
Le livre alternant les chapitres contés par Mickey et ceux du point de vue de Bosch, il aurait peut-être été judicieux d'alterner les narrateurs, et qu'Éric Herson-Macarel se charge des chapitres narrés du point de vue de Bosch.

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lundi, 29 juin 2009

Miserere, de Jean-Christophe Grangé.

Miserere

Note: les noms propres ne sont pas épelés, et je n'ai pas trouvés tous ceux que je cite dans ma critique, donc veuillez m'excuser, voire m'indiquer la bonne orthographe si la mienne est fausse. Merci!

L'ouvrage:
Le Chilien Wilhelm Goets dirige plusieurs chorales dans des églises. Un jour, on le retrouve assassiné. Lionel Kasdan, policier à la retraite, tient à se charger de cette enquête. Il opèrera en parallèle de la police officielle.
Cédric Volokine est un jeune policier. Etant accro à l'héroïne, il est en centre de désintoxication. Lorsqu'il apprend cet assassinat, il est sûr que cette enquête est pour lui. Lui aussi opèrera en parallèle de la police officielle.
Chacun des deux policiers remarque vite la présence de l'autre dans cette enquête. Chacun débroussaille rapidement le passé de l'autre, et ils finissent par s'associer, afin de se compléter.

Ils découvrent rapidement que Whilelm a été tué par un objet inidentifiable, sûrement une aiguille extrêmement fine, assimilable à une onde sonore.
D'autre part, il y a quelques années, un enfant d'une chorale dirigée par Goets a disparu. Volokine est sûr que l'homme était un pédophile. En creusant, les deux hommes s'aperçoivent que d'autres enfants d'autres chorales ont disparu, les années précédentes. La police avait toujours conclu qu'ils avaient fugué. C'était toujours ceux dont la voix était la plus prometteuse. Les deux policiers suivent patiemment toutes ces pistes.

Critique:
Mon sentiment est mitigé. La découverte de la secte et de son obsession est très bien décrite, et le lecteur est atterré et effrayé par ce qu'ils accomplissent. Ce pan de l'histoire rappelle des idées qu'a eues Serge Brussolo: un personnage dont le rêve démesuré lui fait échafauder puis réaliser des projets où la folie est représentée dans toute son ampleur. (D'ailleurs, Volokine rappelle Tolokine, un nom qu'on trouve dans au moins deux romans de Serge Brussolo. Est-ce fait exprès? Bon, les orthographes ne sont peut-être pas si proches, mais les sonorités le sont.)
En outre, comment ne pas être choqué de la façon dont les enfants sont impliqués et manipulés?

Les deux policiers nous sont sympathiques. Leur pugnacité et leurs personnalités fascinent le lecteur.
Seulement, Jean-Christophe Grangé nous présente encore des personnages torturés (j'avais d'ailleurs deviné ce qui était arrivé à Volokine). Je n'ai rien contre ce genre de personnages: au moins, ils ont un passé qui les rend épais, mais les personnages de Jean-Christophe Grangé se ressemblent trop, quant à ce point, à mon avis. Autant prendre un personnage récurrent...
En outre, ces personnages atypiques mènent toujours leurs enquêtes de manière atypique. Soit ils en ont le droit, mais emploient des moyens peu orthodoxes, soit ils s'y insèrent alors qu'ils n'en ont pas le droit. Et bien sûr, ils savent mieux que tout le monde ce qu'il faut faire, et comment il faut le faire. Au bout d'un moment, cette récurrence est agaçante, et devient même invraisemblable.

D'autre part, le livre souffre de trop de longueurs. Jean-Christophe Grangé écrit des livres assez longs, mais en général, on ne les voit pas passer. Là, j'ai d'abord eu du mal à entrer dans le livre. En général, dès le chapitre 1, le lecteur est captivé. Ici, il a fallu que je m'endorme plusieurs fois sur le livre, que je le pose, le reprenne... quand j'ai réussi à aller au-delà du chapitre 8, ça a commencé à m'intéresser.
Même si l'idée de départ est bonne, je me demande si Jean-Christophe Grangé ne commencerait pas à s'essouffler. A suivre.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacques Chaussepied pour les éditions Audiolib.
Je trouve que ce lecteur est une très bonne recrue des éditions Audiolib. Il a une voix très agréable, et joue sans surjouer. Il est très naturel. J'espère qu'il enregistrera d'autres ouvrages.

J'ai déjà dit que je trouvais la musique de présentation et celle qui sépare les chapitres des ouvrages de cet éditeur trop longues. Pour ce livre, je dois reconnaître que ce n'est pas si long. Seulement, quand on cherche un chapitre (par exemple, quand on s'est endormi après avoir entendu «15», et qu'on se réveille à «25»), même si on sait de combien de chapitres on doit remonter, on aime bien savoir, au bout d'un moment, où on est. Et c'est assez pénible d'entendre les trois ou quatre secondes de musique avant que le lecteur dise le numéro du chapitre.
Je ne sais plus si j'ai déjà parlé de la façon de présenter les livres d'Audiolib. Je la trouve trop grandiloquente, pour le coup, elle n'est pas du tout naturelle.

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