Lecteur : Chatelet Julien

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lundi, 20 juillet 2020

Métro 2035, de Dmitry Glukhovsky.

Note: Ce roman est la suite de «Métro 2034».

L'ouvrage:
2035. Les moscovites vivent toujours dans les stations du métro. Un jour, à la surface, Artyom a entendu un signal radio. Il espère donc qu'il existe d'autres survivants, et peut-être même, des endroits de la Terre qui ne seraient pas soumis aux radiations. De ce fait, il se rend tous les jours à la surface, et envoie des signaux radio, espérant une réponse. À VDNKH, on le prend pour un fou.
Un jour, Homère entre en contact avec lui, et lui dit qu'il est vrai qu'il y a des survivants ailleurs.

Critique:
Ce troisième tome de la série m'a beaucoup plu. J'ai retrouvé Artyom et Homère avec plaisir. Je ne sais pas ce que j'aurais fait à la place d'Artyom: personne ne veut l'écouter, et il s'évertue à ne pas abandonner ses semblables. Il paraît ne jamais se lasser de se répéter, voyant pourtant qu'il est décrié, voire davantage...
J'ai compris Homère qui, sans être une mauvaise personne, finit par expliquer à Artyom ce que veulent les gens. Homère n'est pas du tout à blâmer, à l'inverse d'autres personnages qui disent aimer les autres et les assujettissent, mais il finit par se résigner à faire ce qu'il peut pour que tout le monde ait une vie à peu près correcte... Oui, mais elle n'est pas si bonne que ça, cette vie...

Quant à l'intrigue, elle est bien menée. Il y a des rebondissements: ils arrivent à propos, et l'auteur n'exagère pas. Il ne s'amuse pas à faire d'inimaginables coups de théâtre qui gâcheraient tout. Ses «révélations» sont plutôt crédibles quand on sait comment peuvent se comporter ceux qui tiennent le pouvoir... De plus, même si la vie souterraine n'est pas bonne, certains ne veulent surtout pas la quitter. Comme le dit le père adoptif d'Artyom, ils ont leurs repères, ils ne peuvent pas s'en séparer pour un «peut-être».

Pendant son périple, Artyom découvre forcément la manière de vivre des stations dans lesquelles il passe. Là encore, je pense que l'auteur n'exagère pas. Il est logique que tel élément fasse que les choses tournent de telle manière. Je n'ai pas été surprise qu'Artyom rencontre l'extrême pauvreté (illustrée, entre autres, par le premier possesseur de la poule). D'une manière générale, l'auteur décrit très bien les comportements de cette société et de ceux qui la dirigent. Il soulève donc d'intéressantes questions...

L'évolution des relations entre Artyom et Anna m'a un peu interpellée. Au départ, j'ai à peu près compris pourquoi Artyom ne veut plus vivre avec Anna, mais ensuite, j'ai trouvé son évolution un peu étrange. Elle m'a plu parce que je préfère quand ça se termine bien, et parce qu'Anna m'a été sympathique, mais je ne l'ai pas vraiment comprise.

Le roman a une véritable fin, mais cette fin ne ferme pas la porte à une suite. Je ne sais pas trop ce qui arriverait, parce qu'Artyom, s'il veut aider les autres, n'est pas stupide. De plus, je pense que l'auteur a très bien (donc suffisamment) exploré la psychologie des uns et des autres (que ce soit en groupe ou de manière individuelle). Cependant, je pense qu'il ne serait pas impossible qu'il y ait une suite.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Julien Chatelet.

Dans ce tome 3, Julien Chatelet a dû jouer une galerie de personnages et de sentiments. Il n'avait pas la partie facile, et s'en est très bien tiré: jamais trop sobre, jamais affecté, son ton est toujours adéquat.

jeudi, 16 juillet 2020

Métro 2034, de Dmitry Glukhovsky.

Métro 2034

Note: Ce roman est la suite de «Métro 2033».

L'ouvrage:
2034. La station Sevastopolskaya attend une caravane de réapprovisionnement. Le groupe de reconnaissance envoyé à sa rencontre ne revient pas. Hunter, arrivé depuis peu, décide de tenter d'élucider ce mystère. Il emmène Homère (vieil homme surnommé ainsi car il est avide d'histoires à entendre et à raconter) avec lui.

Critique:
Je me demandais comment il pouvait y avoir une suite à la fin de «Métro 2033». Cette suite m'a plu, même si j'ai regretté qu'on voie très peu Artyom. Je me suis vite attachée à Homère et à Sacha. Quant à Hunter, il m'a rapidement agacée. Pourtant, il ne fait que subir les conséquences du genre de traumatisme vécu par Artyom, puisqu'il a subi à peu près le même.

Tout comme dans «Métro 2033», nous assistons à un périple semé de péripéties. Certains personnages vont, en quelque sorte, à la rencontre d'eux-mêmes, car ils sont confrontés à des situations dans lesquelles ils doivent décider quel genre de personnes ils seront. Léonide, par exemple, m'a autant déplu qu'à Homère. Cependant, il a su prendre certaines décisions importantes, et a montré qu'il n'était pas seulement un garçon un peu superficiel. Dans ce monde post-apocalyptique, Homère et lui apportent un parfum de Moyen-Âge: le vieil homme raconte des histoires, Le musicien joue de la flûte. Ce qui arrive dans ce roman n'est pas sans évoquer les événements du tome précédent, d'abord parce qu'Hunter a été traumatisé par ceux-ci, mais aussi parce qu'une erreur similaire est commise. Tout comme dans le tome 1, c'est très réaliste, malheureusement pour les personnages. Ces échos du tome 1 ne sont pas du tout synonymes d'ennui. L'auteur ne se répète pas. De plus, il n'y a pas de temps morts.

Sacha est sympathique. J'ai seulement trouvé un peu lourd qu'elle pense qu'Hunter a besoin d'elle, qu'elle s'accroche à lui... Elle n'a pas forcément tort, mais sa façon de le brandir m'a agacée. Ce n'est pas très grave, car c'est la seule chose qui m'a gênée à son sujet. Du reste, j'ai apprécié sa persévérance à vouloir sauver la station.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Julien Chatelet.

Le comédien n'a pas démérité. Il n'a pas fait d'horribles effets de voix pour Sacha (qui est une fille) ou Homère (qui est un vieillard). Cela aurait dénaturé son jeu. Il a donc pris les voix adéquates pour chacun, et a joué leurs sentiments sans affectation.

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mardi, 11 février 2020

Métro 2033, de Dmitry Glukhovsky.

Métro 2033

L'ouvrage:
2033. La terre est devenue inhabitable car radioactive. Certains se sont réfugiés sous terre, dans les couloirs du métro. Artyom vit, avec son père adoptif, dans la station VDNKH.
Un jour, son ami et lui décident de faire partie d'une expédition apportant des vivres à une station amie. Artyom a une autre raison de partir...

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Par certains côtés, il m'a rappelé «Neverwhere». Non que son auteur ait copié sur Neil Gaiman, mais l'ambiance m'y a fait penser. De plus, il y a quelques clins d'oeil, comme par exemple Chasseur, ou le fait que le monde où vit Artyom soit souterrain.

Notre héros va de péripéties en mésaventures. Il est emporté dans un tourbillon d'événements, dont certains lui sont presque fatals. Mais il y a aussi des éléments amusants, qui, en plus, s'enchaînent. Je pense à la course de rats, à ses conséquences, à la manière dont Artyom parvient à fuir ces conséquences, et enfin à la nature de ceux qui finissent par le recueillir. Ces personnages sont l'occasion pour l'auteur de critiquer toute forme de fanatisme.
Tout cela pour dire que malgré son épaisseur, le roman ne souffre pas de temps morts. À mon avis, il fait partie de ces livres dans lesquels on découvre quelque chose de nouveau à chaque relecture. En effet, il foisonne d'aventures, de thèmes assez importants (le racisme, le fait que l'homme dégrade la terre, la recherche des racines...).

Au cours de son périple, Artyom croisera des gens qui se montreront aimables et secourables, puis qui disparaîtront de la vie du jeune homme. C'est un peu déroutant, mais c'est la vie.

Ce que nous apprenons à la fin m'a rappelé un roman de Serge Brussolo. D'ailleurs, outre «Neverwhere», l'ambiance du roman (surtout l'enchaînement des péripéties) m'a rappelé l'écriture de Brussolo d'une manière générale. Cette fin rappelle aussi au lecteur de ne jamais se fier aux apparences. Cette remarque est extrêmement banale, voire remâchée, mais il faut bien que je donne mon ressenti sans dire ce qu'est cette fin. En tout cas, je ne m'y attendais pas.

Je sais qu'il y a une suite (elle sort prochainement en audio), et j'ai hâte de voir ce qu'elle réserve. Je suis contente que les choses ne se terminent pas ainsi, mais je me demande comment elles vont pouvoir repartir. Eh bien, je le saurai en lisant le tome 2.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Julien Chatelet.

Je retrouve toujours ce comédien avec plaisir. Ici, il n'a pas démérité. Il se glisse dans la peau des personnages, et leur donne vie sans exagération. Par exemple, à un moment, il doit jouer quelqu'un qui veut absolument sortir ses compagnons de l'espèce d'hallucination dans laquelle ils sont plongés. Le personnage, pris de frénésie, se met à chanter, espérant secouer ses acolytes. Julien Chatelet joue parfaitement cette scène: on sent la détermination du personnage, on entend son sentiment d'urgence.

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lundi, 28 janvier 2019

Le signal, de Maxime Chattam.

Le signal

L'ouvrage:
La famille Spencer quitte New York pour s'installer dans un petit village de Nouvelle Angleterre: Mahingan Falls. Ils adorent leur maison. Cependant, chacun se pose très vite des questions, car d'étranges phénomènes se produisent. Une nuit, Olivia (la mère de famille) sent un souffle glacé sur sa nuque, alors qu'il ne semble pas y avoir de courant d'air. Zoey (le bébé) est mal à l'aise dans sa chambre: elle fait beaucoup de cauchemars. Les deux adolescents de la famille (Chad et Owen) constatent qu'un épouvantail des champs voisins... se déplace. Quant à Tom (le père de famille), il trouve une espèce de journal intime ayant appartenu à un ancien propriétaire de la maison, et ce qu'il y lit n'est pas pour l'apaiser.

Critique:
Après avoir été très déçue par «Léviatemps», j'avais décidé de ne plus retenter Maxime Chattam. En voyant que «Le signal» était lu par un comédien dont j'apprécie beaucoup le jeu, j'ai lu le résumé. J'ai pensé que cela rappellerait certains romans de Stephen King pleins de spectaculaire (ce que je n'aime pas trop), mais j'ai voulu essayer. Si ce livre ne fera pas partie de mes coups de coeur 2019, j'ai passé un bon moment avec. Je m'attendais à ce qu'il soit ainsi, je l'ai lu en connaissance de cause, et il s'est révélé être comme je l'imaginais.

J'ai pensé à Stephen King avant ma lecture, et tout au long du livre, j'y pensais encore. L'ambiance et certaines ficelles sont de celles qu'on retrouve dans des romans de cet auteur. Par exemple, l'épouvantail tueur, c'est quelque chose que Stephen King aurait pu utiliser. Je dois dire qu'en écrivant «épouvantail tueur», je suis prise de fou rire, parce que cela fait un peu ridicule, mais pendant ma lecture, je n'ai pas du tout trouvé cela incongru. Je n'avais pas très peur parce que j'ai déjà lu plusieurs livres avec ce genre de choses, mais j'étais quand même attentive à ce qui arriverait, et je souhaitais que les personnages pris en chasse s'en sortent.

Toutes les ficelles censées effrayer sont de ce style, et je pense qu'elles atteindront leur but chez ceux qui apprécient ce genre. Maxime Chattam réunit les ingrédients adéquats: grande maison ayant abrité des gens qui ont beaucoup souffert, phénomènes inexplicables rationnellement... De plus, il évoque quelque chose qui intéresse beaucoup de monde: les fantômes, ou du moins les esprits qui hantent un endroit.

Les personnages principaux sont attachants. Les quatre enfants sont très courageux et solidaires. Tom et Olivia m'ont également été sympathiques. Bien sûr, j'ai apprécié Ethan qui garde l'esprit ouvert, qui veut comprendre et faire au mieux...
En parallèle de ces étranges phénomènes, une adolescente vit des événements qui n'ont rien à voir avec le fantastique, et qui sont, eux aussi, terrifiants. J'ai apprécié que l'auteur fasse se côtoyer ces deux trames, faisant ainsi ressortir le côté affreux de chacune.

La solution de l'énigme est intéressante, parce que même si nous savons qu'elle est impossible en dehors du roman, elle plaira beaucoup à ceux qui détestent ce qui cause le mal dans le village. Je connais déjà une personne qui aimerait ce livre rien que pour ça! Elle a déjà posté quelques commentaires sous le pseudonyme de Birdie.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Julien Chatelet.
Comme d'habitude, j'ai apprécié l'interprétation de ce comédien. Il parvient à jouer les diverses émotions des personnages, ainsi que les effrayantes voix sans en faire trop. Je pense qu'il aurait été très facile de cabotiner à ces occasions.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: certains chapitres sont coupés en deux pistes.

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samedi, 28 octobre 2017

Sans même un adieu, de Robert Goddard.

Sans même un adieu

L'ouvrage:
Londres, septembre 1923. Geoffrey Staddon découvre, dans le journal, que Consuela Caswell est accusée d'avoir empoisonné sa nièce et son mari, Victor, ce dernier en ayant réchappé de justesse. C'est un choc pour Geoffrey qui connaît les membres de cette famille. Il a réalisé les plans de leur maison (Clouds Frome), et a eu une liaison passionnée avec Consuela, qu'il a abandonnée douze ans plus tôt, alors qu'il avait juré de la sauver de son mariage arrangé. Persuadé que la jeune femme ne peut avoir commis un tel acte, l'architecte va tenter de prouver son innocence.

Critique:
Ce livre se lit assez facilement. Il est épais, et en général, les thrillers de cette grosseur traînent. Robert Goddard a bien placé quelques longueurs, mais elles restent acceptables. Concernant les rebondissements, on en voit forcément certains venir. Pour ma part, je ne les ai pas tous devinés, je suis donc contente que l'auteur ait réussi à me surprendre. Cependant, ces découvertes n'ont pas été d'énormes révélations.
L'ensemble est cohérent. L'auteur ne tente pas d'envoyer son lecteur sur diverses pistes pour les réfuter tout de suite après. Pendant une grande partie du roman, Geoffrey imagine que tel personnage est coupable. Cependant, certaines objections faites par ceux à qui il confie sa théorie sont plausibles.

Les personnages ne sont pas vraiment creusés, sauf Geoffrey qui se débat entre ses remords et son impulsivité. Si on le blâme pour ce qu'il a fait par le passé, si on soupire (en tout cas, cela a été mon cas) lorsqu'il se précipite pour confondre celui qu'il croit coupable alors qu'il n'a aucune preuve, on se demande aussi ce qu'on aurait fait à sa place.
Imery aussi m'a paru travaillé. Il ressent de l'empathie, ses émotions et ses sentiments ne paraissent pas décrits à la va-vite, il a un passé...

Deux choses m'ont vraiment déplu. L'une sera jugée secondaire par certains. Elle se passe quand Geoffrey et Rodrigo s'introduisent frauduleusement dans Clouds Frome. Cette cruauté gratuite était inutile et aurait pu être contournée.
D'autre part, je n'ai pas aimé ce qui arrive à la toute fin. Ce n'est ni bâclé ni incohérent, mais dans ce genre de thrillers, on s'attend à ce que certaines conventions non-écrites soient respectées. Même moi qui n'aime pas ce qui est formaté...

J'ai aimé lire ce roman sur le moment, mais en tapant cette chronique, je m'aperçois que je l'ai trouvé tiède. Il est parfait pour se vider la tête et ne pas trop réfléchir.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Julien Chatelet.
Julien Chatelet fait partie des comédiens que je retrouve toujours avec plaisir. En plus d'être très sympathique, il lit de manière vivante sans affectation. Par exemple, il ne prend pas une voix aiguë pour les rôles féminins, ce qui serait ridicule. Ici, il n'a pas démérité, mais un autre aspect de son interprétation m'a un peu déçue: il prononce presque tous les noms anglophones avec un accent. En fait, c'est surtout le «r» anglophone et le «h» marqué en début de mots que je ne trouve pas naturels là-dedans, probablement parce qu'ils n'existent pas en français. Je comprends que l'éditeur et le comédien aient trouvé incongru de prononcer «sir» comme «soeur» (personnellement, cela ne m'aurait pas dérangée), mais qu'y aurait-il eu de si perturbant à prononcer «Rosemary» à la française? Et Windrush sans le «r» anglophone? Et Henry à la française? Pour ce dernier mot, on me dira que collé à «sir», cela pouvait paraître étrange de le franciser. Peut-être, mais cela m'a écorché les oreilles, tout comme d'autres noms anglophones dont je ne ferai pas le catalogue. Étrangement, lorsque le comédien a dû prendre des accents portugais et italien pour des personnages, cela ne m'a pas beaucoup gênée. Bien sûr, il n'aurait pas fallu que cela dure trop longtemps.

Pour information, la structure du livre n'a pas pu être respectée.

Je trouve dommage que l'éditeur n'ait pas demandé au comédien d'indiquer le titre original du roman, comme cela avait été fait pour «À sa place», d'Ann Morgan.

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