Les tisserands de la Licorne

L'ouvrage:
1869.
Joséphine Tortel vit à Saint-Blaise, un petit village des Ardennes, avec son père, sa tante, et ses frères et soeurs. En effet, depuis la mort d'Aurélie, sa mère, sa tante, Catherine, est venue partager la vie de la maisonnée. Catherine travaille sans relâche pour assurer la survie de la famille. Joséphine ne peut la dissocier de son métier à tisser. Quant au père de la jeune fille, il passe ses journées à boire. Lorsqu'il est à la maison, il ne pense qu'à crier après sa famille.

Un jour, la scène que fait son père à Joséphine est une scène de trop. La jeune fille âgée de dix-sept ans décide de partir pour Sedan. Là-bas, elle se fait embaucher comme ouvrière dans la fabrique d'une puissante famille de drapiers: les Desprez.

Critique:
En général, j'aime bien ce genre de sagas. Mais peut-être en ai-je trop lu... J'ai trouvé "Les tisserands de la Licorne" trop cliché. Nous avons des ingrédients prometteurs, mais également assez caricaturaux: la belle jeune fille intrépide qui veut lutter pour avoir une vie meilleure, une histoire d'amour impossible, une mère castratrice et intolérante qui ne voit pas la personne, mais sa naissance.
On devine beaucoup de choses: on sait que Joséphine arrivera à se venger. On sait également ce qu'elle devra faire pour accomplir au mieux sa vengeance. On ne sait pas comment elle y parviendra, certes, mais on sait que ce sera la seule façon dont elle touchera vraiment son adversaire.

La seconde histoire d'amour traîne. Lorsqu'elle pourrait éclore, Joséphine agit stupidement, et le temps passe... Le lecteur averti connaît cette ficelle éculée: c'est juste pour retarder encore l'union des amants. C'est agaçant, à la longue.

la fin m'a déçue. La décision finale de Joséphine cadre avec son caractère. On aurait cependant pu penser qu'elle a tiré des leçons de son passé douloureux. Mais non. Elle n'a vécu que pour sa vengeance, ce qui a fait qu'elle s'est consacrée corps et âme à la fabrique de draps. On comprend tout de même sa décision finale. Il est vrai que l'espèce de chantage que lui fait son amant est exagéré. Cette absence de compromis fait que la fin est décevante.

La condition des ouvriers, des laineurs est bien décrite. Nous partageons la dureté de leur condition. On comprend bien pourquoi Gauthier devient amer et se tourne vers l'alcool, lorsque l'un de ses "outils de travail" lui est enlevé. On l'admire également, car après l'abattement, il trouve autre chose qui le rehausse à ses propres yeux.

Vous l'aurez compris, je ne recommande pas vraiment ce roman. Pour ceux qui ont beaucoup de livres en attente, n'y ajoutez pas celui-là, il ne vaut pas vraiment le détour, à mon avis.

Éditeur: Terres de France.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Anne-Marie Charlot pour la Ligue Braille.
(Note: Les noms des lecteurs de la Ligue Braille ne sont écrits nulle part. Je dois donc deviner leur orthographe. Je présente ici mes excuses à ceux dont j'estropie les noms.

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