Il coule aussi dans tes veines

L'ouvrage:
Sarah Gallagher a été adoptée. À présent, elle a trente-quatre ans, et elle souhaiterait retrouver ses parents biologiques. Elle se heurte à la froideur de celle qui serait sa mère naturelle, Julia Laroche. Après quelques recherches, elle comprend pourquoi Julia ne voulait rien lui dire... Peut-être Sarah n'aurait-elle pas dû tenter de savoir...

Critique:
L'idée de départ était risquée, car l'auteur aurait pu se perdre, faire du spectaculaire, de l'invraisemblable... Il n'en est rien. Elle parvient à créer une intrigue sans temps morts ni invraisemblances. La tension et le suspense sont très présents, les rebondissements ne sont pas incongrus.

Les éléments du récit font que l'héroïne analyse ses sentiments et ses réactions. Cette remise en question est très intéressante, car l'auteur pose certaines questions importantes. Par exemple, jusqu'à quel point peut-on hériter d'un caractère, d'une personnalité. Un dérapage est-il le début de la fin? Le lecteur s'interrogera, à l'instar de Sarah, surtout lorsqu'il s'agit des accès de colère d'Allie. Sont-ils simplement des caprices d'enfant gâtée?
Quant à la réponse aux diverses énigmes posées dans le livre, tout se tient. Bien sûr, on peut reprocher à l'auteur d'avoir utilisé une vieille ficelle (faire porter les soupçons sur des innocents), mais elle le fait habilement, et ne met pas de gros sabots, ce qui fait que le lecteur n'est pas très sûr, et ne fonce pas tête baissée dans un piège. C'est plutôt un questionnement quant aux motivations des uns et des autres.

Chevy Stevens analyse des relations familiales compliquées à cause d'événements, mais aussi de personnages au caractère très fort ou trop effacé. Elle cherche à montrer que tout est complexe. J'ai quand même trouvé cela un peu gros, notamment en ce qui concerne le père (adoptif) de Sarah. À vouloir éviter les clichés, on en crée d'autres. C'est bien dommage.

La romancière a repris certains thèmes de «Séquestrée» en les exploitant autrement. Par exemple, John adorait sa mère et craignait son père, comme celui qui a enlevé Annie O'Sullivan.
D'autre part, Annie et Sarah vont voir la même psychiatre. Les deux livres sont d'ailleurs construits de la même façon: l'héroïne raconte ce qui lui arrive pendant des séances chez la psychiatre.

Éditeur: l'Archipel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Bérénice Castiau pour la Ligue Braille.
La lectrice a très bien interprété ce roman. Elle a pris le parti de jouer un peu, et est parvenue à le faire sans surjouer. J'ai été ravie de cette lecture. Je mettrai un petit bémol à cela: l'un des personnages s'appelle Julia. Au début, la lectrice le prononce normalement. Vers le milieu du roman, elle se met à le prononcer Djoulia. D'abord, je trouve regrettable de changer la prononciation d'un nom propre pendant la lecture. Il vaut mieux le prononcer toujours de la même manière. Ensuite, je trouve dommage de prononcer un nom propre qui existe en français à l'anglophone. Certes, ici, le personnage est américain, mais le texte est lu en français, il est donc plus naturel (du moins à mon avis) de prononcer le nom propre en français. Si le texte était en anglais, je trouverais incongru qu'un prénom existant en anglais soit prononcé à la française, même si le texte se passait en France.

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