La maison où je suis mort autrefois

Note: Ne lisez pas la quatrième de couverture: elle en dit trop.

L'ouvrage:
Sayaka Kurahashi n'a aucun souvenir de sa vie avant l'âge de cinq ans. En outre, elle souffre de troubles, vit dans un mal-être perpétuel. À la mort de son père, elle hérite du plan d'une maison. Elle s'y rend en compagnie de son ancien petit ami, le narrateur. La maison semble à l'abandon, les pendules sont arrêtées à la même heure... Nos deux héros découvrent ensuite le journal d'un jeune garçon.

Critique:
Le premier point positif du livre, c'est l'absence de temps morts. Ensuite, pendant un bon moment, plus on lit, plus le mystère s'épaissit. J'ai également aimé que le lecteur en sache autant que les personnages. On apprend tout en même temps qu'eux, cela crée des liens. Tout comme eux, j'étais en alerte, me demandant ce que j'allais découvrir et comment. Il est d'ailleurs fascinant que les personnages reconstituent ce qui s'est passé à partir d'indices épars, pas forcément faciles à trouver et à interpréter. C'était un pari risqué pour l'auteur, car prendre ce parti pouvait l'amener à glisser vers l'invraisemblance. Heureusement, il maîtrise parfaitement son intrigue.

Certains indices ont d'abord été mal interprétés par les protagonistes. Comme j'en avais décryptés certains (j'ai quand même été abusée par l'un d'entre eux, à l'instar des héros), je suppose qu'ils étaient là pour donner une petite longueur d'avance au lecteur. L'une des interprétations était nécessaire pour que les personnages se fourvoient, et ne creusent pas tout de suite d'un certain côté, ce qui aurait rendu la révélation finale sans réelle surprise. Ces ficelles ont été habilement semées par l'auteur qui s'est attaché à ne pas trop en faire, à doser ses effets.

Le romancier parvient à ce qu'on s'attache à l'intrigue et aux personnages en très peu de pages. Il crée des situations tendues, exemptes de manichéisme (même si certains actes de «l'autre» sont inexcusables). Il tisse, autour de son lecteur et des deux personnages apparemment extérieurs, une ambiance quelque peu oppressante qui met mal à l'aise. Il décrit et analyse parfaitement la psychologie de ses personnages.

J'ai apprécié les jeux de miroir entre les personnages extérieurs et ceux qui ont vécu ce qui s'est passé dans la maison. À un moment, le narrateur évoque brièvement sa propre histoire, et on retrouve des échos de celle dont il essaie actuellement de démêler les événements.

Keigo Higashino a une écriture fluide, simple. Le style convient très bien à ce roman. Il n'aurait pas fallu que l'écrivain fût verbeux et fît des phrases compliquées. Ce style renforce l''impression de rapidité, de fluidité de l'enchaînement des actes et des découvertes.

Éditeur: Actes Sud.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Christine Cartelaro pour l'association Valentin Haüy.
Je n'ai pas l'orthographe exacte du nom de la lectrice, je lui présente donc mes excuses si celui-ci est mal écrit.
La lectrice a une voix agréable, sa lecture est sobre, mais pas monotone. J'ai trouvé sa voix un peu sourde, peut-être aurait-elle dû oser parler un peu plus fort. Malgré ce petit désagrément, je la réentendrai avec plaisir.

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