J'ai été volée à mes parents

L'ouvrage:
Céline Giraud est péruvienne. Dans les années 80, elle a été adoptée, à seize jours. Les Giraud ont pu l'adopter grâce à l'association le Rayon de Soleil, qui était le numéro 2 en matière d'adoption.

Plus tard, Céline veut comprendre pourquoi sa mère biologique ne l'a pas gardée. Ses recherches la mèneront de surprise en surprise. Outre sa famille biologique, elle va découvrir que tout n'est pas si simple.

Critique:
Céline Giraud nous fait partager une enquête, un témoignage. Elle se livre.
D'abord, elle raconte comment elle a vécu. Il est évident que le fait qu'elle a été adoptée, et qu'elle ait, pendant longtemps, tout ignoré de sa famille, a joué un grand rôle dans sa vie. Son frère et elle réagissent différemment. J'ai été assez déstabilisée de lire leur mal-être, car Céline explique sans équivoque que ses parents adoptifs sont aimants et ouverts. Il est normal que les enfants adoptés soient un peu tourmentés, même inconsciemment, mais je pensais qu'être entouré d'amour aurait compensé. Apparemment, un bébé séparé de sa mère en gardera des séquelles.

Tout au long du livre, j'ai tenté de me mettre à la place des personnages en jeu. J'avoue avoir eu du mal à comprendre Céline au moment de sa crise péruvienne. Il est normal qu'elle ait voulu savoir, comprendre, découvrir. Cependant, lorsqu'elle s'étourdissait de soirées, de plats, de musiques péruviens, lorsqu'elle voulait rencontrer uniquement des péruviens, avoir un petit ami péruvien... j'ai trouvé ça artificiel... Bien sûr, on ne peut pas toujours expliquer, et certainement pas juger, la façon dont une personne vit tel ou tel événement, et la manière dont elle comblera un vide. Je sais aussi que ce genre d'attitudes peut compenser un long refoulement. Et puis, Céline a été l'adolescente modèle... J'ai simplement eu du mal à comprendre que ce soit sa façon à elle de découvrir son pays d'origine. Il est d'ailleurs intéressant de voir comment la jeune femme compare deux cultures très différentes.
Le lecteur s'attachera à Céline et à ses familles.

Comme le titre l'indique, Céline s'aperçoit que sa mère ne l'a jamais abandonnée. Elle découvre, en cherchant davantage, que d'autres parents péruviens furent abusés par un couple d'escrocs. Quant à l'association française qui servit d'intermédiaire, je veux croire qu'elle a été également abusée. Pourtant, lorsque Céline veut faire éclater la vérité, les membre du Rayon de Soleil se montrent réticents, voire hostiles. Je trouve cela inadmissible. Ils ont réagi comme beaucoup le font lorsqu'on leur prouve qu'ils se sont trompés: ils veulent enterrer l'affaire. À l'instar de Céline, je trouve cela bête, malsain, égoïste, et lâche. J'aurais trouvé bien plus intelligent, et surtout, admirable et juste, de la part de l'association de tout reconnaître.

D'autre part, Céline découvre également que tous les parents adoptifs ne sont pas comme les siens. Là aussi, on ne peut que déplorer la fermeture d'esprit des gens qui ne pensent qu'à eux.

Remarques annexes:
Comme le souligne la narratrice, sa mère l'a eue à vingt-trois ans, et elle a ressenti le désir d'entreprendre des recherches à l'âge de vingt-trois ans.
Si elle n'a pas changé les noms, il est amusant de constater que son père et son premier petit ami ont le même prénom.

Éditeur: Flammarion.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Soizic Cardinet pour l'association Valentin Haüy.
Je n'ai pas l'orthographe exacte du nom de la lectrice, je lui présente donc mes excuses si celui-ci est mal écrit.

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