Samantha, bonne à rien faire

L'ouvrage:
Samantha est une avocate surchargée de travail. Elle n'a jamais une minute à elle. Un jour, elle s'aperçoit qu'elle a fait une erreur qui a fait perdre une grosse somme d'argent à l'un des clients du cabinet pour lequel elle travaille. Étant confrontée à l'échec pour la première fois, elle panique et s'enfuit.
Par un concours de circonstances, elle devient bonne à tout faire d'un couple aisé. L'ennui, c'est qu'elle ne sait ni cuisiner, ni repasser, ni se servir d'une machine à laver...

Critique:
Sophie Kinsella a eu une idée intéressante: elle a voulu montrer quelqu'un qui, par la force des choses, change radicalement de style de vie, et finit par apprécier les bons côtés d'une existence plus simple, moins tape-à-l'oeil. Bien sûr, Samantha ne change pas radicalement du jour au lendemain. Cela n'aurait pas été crédible. Cependant, l'auteur en fait trop dans plusieurs situations.

À un moment, Samantha veut se retirer la tête haute, et explique qu'elle doit partir, car le matériel n'est pas à la hauteur de celui qu'elle a l'habitude d'utiliser. Étant donné que ses patrons ne la connaissent que depuis deux jours, il serait logique qu'ils ne la retiennent pas, tout en pensant, de surcroît, qu'elle est très méprisante. Eh bien non: ils la retiennent, lui promettent une augmentation, vont très vite acheter du matériel supérieur...
Samantha prend des cours de cuisine. Sa tutrice lui interdit de prendre des notes, car il faut y aller à l'instinct. Il faut peut-être au moins se noter les ingrédients... De plus, on dirait que la jeune femme apprend très vite...
Je n'ai pas non plus aimé l'idée reçue comme quoi une personne qui devient bonne à tout faire est forcément inculte. On se doute bien qu'en général, ce métier n'est pas un choix, mais de là à dire que ceux qui le font ne savent rien...

Les derniers chapitres sont un peu pénibles, comme si l'auteur pataugeait dans son histoire, et ne parvenait pas à faire une fin acceptable. Samantha ne veut plus de son ancienne vie, mais elle se dit qu'elle ne pourra pas être bonne à tout faire toute sa vie. C'est une idée intéressante, mais pourquoi notre héroïne devrait-elle obligatoirement choisir l'une ou l'autre des solutions? Ne pourrait-elle pas, plutôt, se dire qu'elle a une grande capacité d'adaptation, et devrait tenter de se former pour un travail qui lui plairait, et qui lui prendrait moins de temps que l'ancien. Avec cette histoire, Sophie Kinsella veut montrer une femme obligée de faire preuve d'ouverture d'esprit. Donc, pourquoi n'envisage-t-elle pas ce genre de choses?

Pour moi, les éléments un peu gros des romans de Sophie Kinsella passent bien, car elle saupoudre le tout d'humour. Ici, il y en a trop peu, ou ils sont lourds. Bien sûr, on rit lorsque l'héroïne tente de faire son premier repas, et qu'elle va de catastrophes en catastrophes, mais à part ça, il y a peu de moments vraiment drôles.

À part Iris et Nathaniel, les personnages ne sont pas vraiment attachants. Trish est capricieuse et Eddie est un peu fade. Il est étrange que Samantha s'attache à eux, surtout à Trish. Quant à l'héroïne, on pourrait penser qu'elle a une grande force de caractère. Certes, mais elle n'a pas vraiment su me toucher.

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Diane Caouette pour l'INCA

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