Lecteur : Campbell Cassandra

Fil des billets - Fil des commentaires

lundi, 31 décembre 2018

Where the crawdads sing, de Delia Owens.

Where the crawdads sing

L'ouvrage:
Barkley Cove, petit village de Caroline du Nord.
1952. Ce matin-là, Kya, six ans, entend la porte de la cabane où elle vit se fermer. Elle a le temps de voir partir sa mère. Elle se dit que celle-ci va faire des courses, et qu'il y aura peut-être un bon poulet au déjeuner. Seulement, les heures passent, et sa mère ne revient pas.

1969. Le corps de Chase Andrews est retrouvé. Il est tombé d'une tour. Le shérif s'étonne qu'il n'y ait aucune empreinte de pas. Chase aurait-il été poussé par quelqu'un qui, ensuite, aurait couvert ses traces?

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Avec justesse, Delia Owens décrit la vie de Kya. Progressivement abandonnée par les siens, la fillette doit apprendre à se débrouiller seule. J'ai été surprise qu'elle fasse preuve d'une telle force de caractère, et qu'elle parvienne à tirer son épingle du jeu. Elle subit les préjugés des gens parce qu'elle vit seule dans une cabane au coeur d'un marécage. On imagine savoir ce qu'elle est sans avoir cherché à la connaître. Heureusement, certains font fi des préjugés, et la traitent normalement. Au long du roman, on la voit réagir aux joies et aux peines que lui présente la vie. Si j'ai désapprouvé certains de ses choix, je les comprenais. C'était facile pour moi de penser: «Non non, ne fais pas ça!», je n'étais pas à sa place. De toute façon, elle est très attachante, et stupéfie par son bon jugement, sa soif de connaissances, son appétit de vivre, et sa combativité.

Je n'ai pas éprouvé beaucoup de compassion pour le père de l'héroïne. Certes, il a connu des déboires, mais les faire payer à des innocents n'est pas excusable.
J'ai tout de suite éprouvé de l'antipathie pour Chase Andrews. On ne le voit jamais sous un très bon jour, et il est très facile de connaître ses réelles intentions.
J'ai beaucoup apprécié Jody et Tate, tout en déplorant leurs failles. Pourtant, ces failles, et surtout le fait qu'ils se les reprochent, les rendent humains.
Quant à la mère de Kya... je ne sais pas trop quoi en penser... Je comprends ce qui l'a poussée à agir comme elle l'a fait, mais je regrette qu'elle n'ait pas emmené ses enfants. Si elle l'avait fait, Kya n'aurait pas été livrée à elle-même. Oui, mais alors, elle ne serait peut-être pas devenue si intéressante, n'aurait peut-être pas acquis tant d'autonomie, de connaissances...

Afficher Attention, je dévoile des éléments clés.Masquer Attention, je dévoile des éléments clés.

J'ai très vite été persuadée que Kya n'avait pas tué Chase. Certains éléments de son procès ont renforcé ma conviction. D'abord, il est prouvé qu'elle n'aurait pas eu le temps d'aller le tuer, puis de retourner à l'arrêt de bus pour prendre le véhicule en partance pour Greenville. Ensuite, s'il est établi qu'elle a pu sortir de l'hôtel de Greenville alors que le réceptionniste était occupé, comment aurait-elle pu choisir, pour y retourner, un autre instant où il était occupé? Elle ne pouvait rien voir de ses activités à moins d'entrer dans l'hôtel. Je trouve bien que Tate ait découvert la culpabilité de Kya après la mort de cette dernière, car il n'est pas obligé de se débattre entre son amour et sa conscience, mais j'aurais préféré que l'héroïne en fasse un récit circonstancié. Pourquoi l'a-t-elle tué? A-t-il réessayé de la violer? Comment se fait-il qu'elle n'ait jamais rien dit à Tate? Outre les incohérences que cela engendre par rapport à ce qui est démontré au procès, j'aurais voulu que quelqu'un d'autre (de préférence une personne que je n'aimais pas) soit coupable. Pour moi, ce meurtre ne va pas au caractère de Kya. Qu'elle l'ait tué sous le coup de la colère, parce qu'il tentait de la violer, j'aurais pu le comprendre. Mais ce meurtre était prémédité.

Un roman abouti, des personnages réalistes (malgré mes petits reproches), une intrigue sans temps morts.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Penguin Random House Audio.

Comme d'habitude, Cassandra Campbell est parfaitement entrée dans la peau des personnages, les jouant sans cabotiner. Je n'ai pas aimé qu'elle prenne un accent de Caroline du Nord, mais je comprends qu'elle l'ait fait. En outre, cela n'était pas absolument désagréable.

Acheter « Where the crawdads sing » en téléchargement audio anglais sur Amazon

jeudi, 18 octobre 2018

La pluie et le beau temps, de Lily King.

La pluie et le beau temps

L'ouvrage:
Daley Amory a onze ans lorsque ses parents se séparent.

Critique:
Ce roman est un coup de coeur.
Daley, la narratrice, est très attachante. Dès son enfance, elle est lucide quant à ses parents. Elle se sent déchirée entre les deux, mais comprend bien qu'ils ne peuvent pas rester ensemble. Elle ne prend pas vraiment parti, car même si elle comprend sa mère, elle ne lui pardonne pas certains actes. Quant à son père, la relation se complique. De ces trois personnages, c'est la narratrice la plus objective. Elle pointe du doigt les erreurs de ses parents, et pour moi, a raison. Elle expose le mal que chacun lui a fait après cette séparation. Bien sûr, sa mère a surtout agi par maladresse, mais sa priorité aurait dû être sa fille, et cela ne semblait pas toujours être le cas.

C'est surtout sa relation avec son père que Daley raconte ici. Le roman est divisé en trois parties. La première raconte la séparation et les mois qui suivent. Les deux autres sont des tournants dans la vie de l'héroïne et dans sa relation avec son père. Dans la deuxième partie, Daley fait certaines choses que son entourage ne comprend pas. Même si j'ai eu du mal à admettre qu'elle sacrifie autant pour quelqu'un qui a été si dur envers elle, j'ai pensé qu'elle avait raison, et aurait regretté de n'avoir pas été au bout de ce chemin. J'ai trouvé que son entourage la jugeait sévèrement. Je n'étais pas d'accord avec les théories que son amie et son fiancé lui sortaient. Je pense qu'encore une fois, c'était elle la plus lucide. D'autant que son abnégation n'est certainement pas allée jusqu'à la bêtise et le reniement de soi.

Autre chose rend la narratrice admirable: elle a su dépasser les blessures reçues, et est devenue quelqu'un de bien, de posé. Elle a appris à franchir les obstacles occasionnés par ces blessures.

Je n'ai pas pu apprécier Gardner, le père de Daley. J'ai très bien compris les sentiments à la fois forts et contradictoires qui les unissaient, mais Gardner m'agaçait la plupart du temps. Bien sûr, il avait ses bons jours, et certaines discussions entre sa fille et lui étaient soit drôles soit paisibles, mais pour moi, il avait d'énormes défauts rédhibitoires.

Dans ce roman, rien ne traîne. L'auteur expose parfaitement le ressenti de son héroïne, les événements s'enchaînent de manière fluide, l'écriture est alerte et soignée.

Éditeur français: Pocket
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Audible Studios.

Comme d'habitude, la lecture de Cassandra Campbell est juste et vivante. Elle rend très bien les émotions de Daley, n'exagère pas lorsqu'il s'agit de jouer les rôles masculins... Bref, son interprétation est toujours adéquate.

Acheter « La pluie et le beau temps » sur Amazon

lundi, 17 septembre 2018

Lucky baby, de Meredith Efken.

Lucky baby

L'ouvrage:
Meg Lindsay s'est toujours sentie désapprouvée et rejetée par sa mère. Aujourd'hui, elle souhaite que son mari (Lewis) et elle puissent donner tout leur l'amour à un enfant qui n'en a pas. Voilà pourquoi le couple décide d'adopter une fillette chinoise.

Critique:
Au début, ce roman m'a beaucoup plu. Meredith Efken décrivait avec justesse les sentiments des uns et des autres. Je comprenais Meg dont la mère semblait n'avoir que des reproches à la bouche, dont la famille l'avait presque reniée parce qu'elle désapprouvait ses choix. J'ai aussi apprécié qu'on ait un aperçu du point de vue de la mère. Je ne partageais pas son avis, mais il était intéressant de le connaître.

En parallèle de l'histoire de Meg, nous suivons Wen Ming et Zhen An, deux orphelines qui, dès leur rencontre, ont tissé un lien extrêmement fort. Là encore, j'ai apprécié que l'auteur s'attarde sur le caractère et les blessures de Wen Ming, ainsi que sur ses raisons d'agir et de penser comme elle le fait.

J'ai commencé à tiquer lorsque Lewis demande à Meg de ne pas imposer sa religion à leur fille, mais de la laisser se forger son opinion. Si elle avait été aussi tolérante qu'elle le clame, Meg aurait accepté, et n'aurait pas amené l'enfant à l'église. Elle lui aurait parlé de sa foi, lui aurait proposé de l'accompagner à la messe de temps en temps, mais ne lui aurait rien imposé.
D'une manière générale, Meg m'a souvent agacée. J'ai compris ses sentiments, et j'ai apprécié qu'elle se remette en question. Cependant, j'ai eu du mal à accepter qu'elle ne prenne pas davantage au sérieux (et même qu'elle y voie un danger) l'amitié entre sa fille et un autre personnage. J'espère qu'à sa place, j'aurais favorisé ce lien, et que je n'aurais pas essayé de le distendre.
Bien plus tard dans le roman, Meg remet certaines choses en question, et pour moi, elle s'y prend mal. Elle s'admoneste parce que, sa fille l'ayant blessée, elle a peur de souffrir à nouveau si elle passe l'éponge. Pourtant, cette crainte est logique. Ce n'est pas ça qu'elle devrait remettre en question.

J'ai été agacée que l'auteur fasse partie de ceux qui disent que pardonner fait du bien à celui qui pardonne. Je ne partage pas cet avis. Je pense que l'absence de pardon ne signifie pas fatalement forts sentiments négatifs. L'absence de pardon peut mener à l'indifférence vis-à-vis de la personne qui a mal agi. Je connais des exemples de cela, et je pense que le pardon n'apporterait pas l'apaisement, alors que l'indifférence, si. Dans le cas de ce que Wen Ming doit (ou pas) pardonner, je serais plus nuancée. Cependant, je ne comprends pas ceux qui l'ont trahie.
Je n'ai pas non plus aimé qu'on (surtout Zhen An) blâme, pendant plusieurs mois, une enfant de douze ans à cause de quelque chose qu'elle a fait par désespoir, et dont elle-même reconnaît la méchanceté. Il ne faut pas oublier le passé de cette enfant de douze ans, ni toutes les blessures qu'on lui a infligées.

Je n'ai pas non plus aimé que Lewis fasse tout ce qu'il fait dans le but de conquérir une personne dont il sait qu'elle s'en moque. L'auteur explique cela par une réflexion de Meg qui dit en substance que même si un parent fait souffrir son enfant, celui-ci, sous la colère et la tristesse, aimera toujours ce parent. Là encore, je ne partage pas cet avis, ayant plusieurs exemples prouvant le contraire. L'auteur aurait pu s'en sortir en choisissant un exemple moins extrême. Cela lui aurait permis de nuancer son propos. J'ai l'impression que tout ce qui ne m'a pas plu est une succession de surenchères destinées à prouver que l'amour est toujours le plus fort. Je pense qu'elle aurait pu montrer cela autrement, de manière plus pertinente et moins grandiloquente.

Ce roman m'a un peu rappelé «La mémoire du thé» à cause du sujet principal. J'ai préféré «La mémoire du thé», parce que Lisa See tente de montrer les mêmes choses et y réussit mieux. Ses personnages me semblent plus crédibles que ceux de Meredith Efken. Leurs réactions sonnent plus juste.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Oasis Audio.

Dans ce roman, la comédienne est parvenue à modifier très légèrement sa voix selon la narratrice. Je ne sais pas trop comment elle a fait pour que ce soit à la fois perceptible et peu marqué, mais en tout cas, c'est une réussite.

Acheter « Lucky baby » en audio anglais sur Amazon ou en téléchargement audio anglais (Audible.fr)

lundi, 13 août 2018

Swimming between worlds, d'Elaine Neil Orr.

Swimming between worlds

L'ouvrage:
Winston-Salem, Caroline du Nord, 1959.
Tacker Hart a fait des études d'architecture. Il a ensuite fait partie d'un programme lui permettant d'exercer ses talents au Nigeria. Il a été renvoyé aux États-Unis après avoir été accusé d'être trop amical avec les nigérians, de trop adhérer à leur culture. Le temps de trouver un travail, il tient l'épicerie familiale. C'est par ce biais qu'il retrouve Kate Munroe (une amie d'enfance), et rencontre Gaines (un noir qui se bat pour les droits des siens).

Critique:
Au vu du résumé, j'ai eu un peu peur qu'on tombe dans une espèce de triangle amoureux. Heureusement, je n'ai pas écouté cette crainte. Il n'est absolument pas question de cela dans le roman.

J'ai beaucoup apprécié Tacker qui réfléchit. Il est sûr que son expérience nigériane lui a ouvert les yeux. C'est possible, mais il devait déjà avoir l'esprit critique. Par exemple, lorsque Kate ne voit pas trop pourquoi il faudrait se battre pour que les noirs puissent avoir accès à certains lieux publics, il lui demande d'imaginer ce que cela lui ferait si elle ne pouvait aller dans tel ou tel endroit. Au début, elle tente d'argumenter, puis entre ses réflexions et l'expérience qu'elle vit par la suite, elle se rend compte que Tacker a raison. Cette ouverture d'esprit du personnage principal s'applique à d'autres détails quotidiens. Par exemple, il encourage Kate dans la voie qu'elle souhaite suivre, et n'imagine à aucun moment qu'elle devrait uniquement se marier et avoir des enfants. Pour lui, une famille n'est pas incompatible avec une carrière. Il a des idées très évoluées par rapport à son temps, et c'est sûrement pour ça qu'il en effraie certains.

Je sais qu'à l'époque, tous ceux qui ne voulaient pas entendre parler des mêmes droits pour tous n'étaient pas à mettre dans le même panier. Kate, par exemple, n'est pas raciste, ou disons qu'elle l'est parce que la majorité des blancs le sont, et qu'elle ne réfléchit pas plus loin. La première fois qu'elle voit Gaines, la situation fait qu'elle croit qu'il a peut-être volé la bouteille de lait qu'il a dans la main. Aurait-elle pensé cela si elle avait rencontré un blanc dans la même situation?
Certains blancs étaient réellement persuadés que les noirs avaient des microbes extrêmement dangereux et contagieux, et que frayer avec eux ne pouvait que rendre n'importe quel blanc malade. Cette croyance s'est implantée parce qu'elle a été véhiculée par la bêtise, mais peu de gens cherchaient à savoir si elle reposait sur quelque chose de tangible. L'ignorance et la peur de l'inconnu donnent souvent un résultat désastreux. J'ai aimé qu'Elaine Neil Orr ait bien contextualisé son roman.

Je n'ai pas trop apprécié Gaines. Je l'ai trouvé un peu froid. Peut-être était-ce de la réserve... Je lui ai préféré sa tante (Frances), et sa petite soeur (Valentine).

Le roman ne souffre pas de temps morts. L'histoire des personnages est inextricablement mêlée à celle du pays. Même Kate, qui préférerait n'avoir affaire qu'à ses problèmes familiaux, sera éclaboussée par ce qui se joue.
Je ne m'attendais pas à ce qui arrive à la fin du chapitre 38. C'est pourtant une possibilité qui traverse tout le roman. C'est seulement que je n'y étais pas préparée.

Le titre est très bien choisi. Outre l'idée que Tacker est une espèce de passerelle qui facilite la communication entre deux mondes, il y a une référence directe à des événements du roman.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Penguin Random House Audio.

Comme d'habitude, j'ai apprécié le jeu subtil de Cassandra Campbell. Les protagonistes ont un accent du Sud des Étas-Unis, donc elle a dû faire cet accent. Moi qui n'aime pas du tout lorsque les lecteurs font ainsi (j'ai déjà reposé un livre enregistré par cette lectrice, malgré son talent, à cause d'accents trop marqués), ici, j'ai trouvé cela supportable.

Acheter « Swimming between worlds » en téléchargement audio anglais sur Amazon (Audible.fr)

lundi, 6 août 2018

Burning down the house, de Jane Mendelsohn.

Burning down the house

L'ouvrage:
La famille Zane se trouve réunie pour le mariage de l'un d'eux. À partir de là, nous la suivons sur à peu près un an.

Critique:
Ce roman m'a plu. De prime abord, la famille Zane n'est pas très sympathique. Cela commence avec Jonathan qui a trompé sa fiancée avec la nounou de ses demi-frères, et qui a cessé seulement parce que celle-ci a été congédiée. Ensuite, il y a Alex, la soeur de Jonathan, qui souffre d'un mal être perpétuel, et semble s'y complaire. En général, si je n'apprécie pas les personnages principaux, j'ai du mal à aimer le livre. Ici, cela n'a pas été ainsi, car l'auteur donne le ton dès le début, et on voit qu'elle-même n'apprécie pas beaucoup Jonathan. Quant à Alex, j'ai oscillé entre compassion et envie de la secouer.

D'autres personnages sont sympathiques. On suit beaucoup Poppy, dix-sept ans, nièce et fille adoptive de Steve Zane, le patriarche. Au début, je la trouvais un peu superficielle, très bornée, et il me semblait qu'elle mettait un point d'honneur à avoir des problèmes. Ensuite, j'ai compris qu'elle était plutôt perdue, et que malgré la sincérité de l'amour paternel de Steve, elle n'avait jamais vraiment trouvé sa place. Il n'est pas facile d'être bien dans cette étrange famille. Chacun semble ne pas vraiment s'intéresser aux autres. Et puis, Steve, pensant bien faire, va provoquer un manque de communication, désespérant ainsi Poppy. Le mal être croissant de la jeune fille et ce qu'il lui fait faire, montre qu'une vérité dévastatrice est souvent préférable à un mensonge par omission.

Outre Poppy, Félix se démarque, d'abord par sa très grande maturité, ensuite parce qu'il éprouve des sentiments. Il est très attachant, et atypique. Il n'est pas à sa place dans cette indifférence générale, mais s'en accommode. Il se rapproche instinctivement de Poppy, celle qui, justement, a davantage de sentiments (du moins les exprime-t-elle) que les autres. Félix trouve aussi un certain équilibre auprès de Neva, la nounou qui remplace celle circonvenue par Jonathan. Neva est également un personnage très fort. Parvenant à ne pas sombrer, elle évolue constamment.

Je n'ai pas apprécié Patricia. Je l'ai trouvée terne. On me dira qu'elle est assortie aux Zane.

Dès le départ, l'auteur fait de petits apartés indiquant que tel personnage prépare sa chute ou que tel événement déclenchera quelque chose. C'est adroitement fait, car même si cela donne de petits indices, cela ne révèle ni ce qui arrive ni comment cela arrive.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Penguin Random House Audio.

Si j'ai trouvé le jeu et l'intonation de Cassandra Campbell aussi bons que d'habitude, j'ai un reproche à lui adresser pour ce roman. Sous prétexte que Neva est russe et que Patricia est italienne, elle leur fait des accents qui, pour moi, ne sont pas naturels. Neva étant arrivée aux États-Unis à l'âge de dix ans, cela m'étonnerait qu'elle ait conservé un accent. Quant à Patricia, elle avait vingt ans, donc ça se discute. Néanmoins, il ne me semble pas que l'auteur précise qu'elles ont un accent. Dans ce cas, il est encore moins logique que le lecteur en fasse un. Je sais que la comédienne n'est pas forcément à blâmer. C'est peut-être l'éditeur qui lui a demandé de faire ainsi. Dans tous les cas, pour moi, ce n'est pas une bonne initiative.

Acheter « Burning down the house» en téléchargement audio anglais sur Amazon (Audible.fr)

- page 1 de 7