Lecteur : Campbell Cassandra

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jeudi, 13 juin 2019

Parle-moi, de Sarah Mlynowski.

L'ouvrage:
Fin mai. Devorah a dix-huit ans, elle termine sa dernière année de lycée. Alors que son petit ami vient de la plaquer, et qu'elle en souffre, elle fait tomber son téléphone portable dans une fontaine. Elle le récupère rapidement, et après plusieurs essais, s'aperçoit que seul le bouton «envoyer» fonctionne. L'utiliser fait qu'un numéro est appelé. Après une conversation avec la personne qui répond, Devorah se rend compte que cette personne, c'est elle, au début de son année de Troisième. Elle pense immédiatement que l'occasion lui est donnée d'arranger certaines choses...

Critique:
J'ai d'abord voulu lire ce livre parce que je sais que si je pouvais arranger des éléments de mon passé en agissant autrement, je le ferais. C'est quelque chose que je souhaiterais énormément pouvoir faire. Donc, même en sachant que ce roman était pour adolescents et d'un genre à tendance un peu mièvre, j'ai voulu savoir ce qu'en ferait l'autrice. Pour moi, elle s'en sort bien. À mesure de l'évolution de l'histoire, la Devorah de dix-huit ans se rend compte que certains changements ne sont pas forcément pour le mieux. Certes, c'est quelque chose qui est ressassé dans les romans exploitant ce thème, et cela m'agace souvent. Ici, c'est passé parce que l'héroïne s'aperçoit peu à peu qu'elle a tort de se focaliser sur le seul changement qu'elle voulait vraiment faire, et la Devorah de quatorze ans opère certaines modifications qui s'avèrent des réussites (je pense surtout à ce qui concerne ses amies). En fait, j'ai apprécié que la narratrice ne finisse pas par penser qu'il ne faut absolument rien changer, que tout changement engendre le mal, etc. Je préfère que Devorah se rende compte, peu à peu, qu'il faut qu'elle soit moins tranchée, et qu'elle opère certaines modifications pour le bien de chacun. En agissant ainsi, Sarah Mlynowski ne dit pas: «Oh, vouloir changer des éléments de son passé, c'est mal! Heureusement qu'on ne peut pas!» Elle dit plutôt que si on a une deuxième chance dans la vie, il faut tenter d'être précautionneux, de ne pas la gâcher, de ne pas agir à tort et à travers.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Listening Library.

Cassandra Campbell est l'autre raison pour laquelle j'ai souhaité lire ce roman. J'aime beaucoup le jeu de cette comédienne, même s'il m'est arrivé de la trouver parfois trop sobre. Ici, elle n'a pas démérité.

jeudi, 9 mai 2019

Des rêves infinis, de Karen Thompson Walker.

Des rêves infinis

L'ouvrage:
Cela a commencé dans une université de Santa Laura, petit village de Californie. Une étudiante, Cara, s'est allongée, s'est endormie, et on n'a pu la réveiller. D'autres étudiants, puis des habitants du village se sont endormis ainsi. On se demande si c'est un virus... Des personnes extérieures au village doutent de la véracité de cet étrange sommeil qui s'empare de n'importe qui.

Critique:
Sans vouloir comparer «Des rêves infinis» à «L'âge des miracles», je me suis quand même souvenue que j'étais tout de suite entrée dans le premier roman de Karen Thompson Walker, et l'avais apprécié de bout en bout. Ici, cela n'a pas été le cas. D'abord, j'ai trouvé qu'on voyait trop de personnages, et qu'à chaque fois, on les voyait trop peu pour s'y attacher réellement. Au bout d'un moment, on finit par tous les connaître à peu près, et par les suivre, mais pendant assez longtemps, j'ai eu du mal à passer des uns aux autres. J'ai aussi trouvé le tout très lent. Il y a des romans où cela me plaît, parce qu'on prend le temps de découvrir les choses. Ici, cela m'a plutôt ennuyée. J'imagine que l'autrice a souhaité utiliser un thème déjà abordé (un genre de virus dont les effets sont assez surprenants) sans que cela ne ressemble trop à certains aspects de son premier roman ni à ce qui a déjà été créé sur ce genre de sujets. Je la comprends, mais je suis assez déçue du résultat. En plus, certains personnages m'ont agacée, comme Annie.

J'ai quand même apprécié certains protagonistes: les deux soeurs (Sarah et Livie), Ben, et Mei (même si je l'ai préférée au début, et qu'ensuite, elle m'a agacée). J'ai trouvé intéressant que la romancière finisse par développer une théorie concernant tous ces gens qui dorment pendant tout ce temps. J'ai compris le désarroi de Rebecca, même si j'ai eu du mal à m'attacher à elle, parce qu'elle s'est mise à dormir très rapidement, et que, par conséquent, on connaît très peu sa personnalité. En plus, avant de s'endormir, elle fait quelque chose qui, au mieux, est stupide, et au pire, est très méchant.

Me trouvant un peu tiède concernant ce roman, je suis allée lire les commentaires recensés sur Audible.fr. Globalement, les gens pensent comme moi. Certains vont même plus loin, disant que l'histoire ne va nulle part, qu'à la fin, on en est au même point qu'au début. D'autres (comme moi) ont aimé la performance de la lectrice, mais se sont ennuyés à cause de l'intrigue et des personnages qu'ils ont jugés peu intéressants. Une personne a même dit que Cassandra Campbell avait l'air de se demander: «Pourquoi est-ce que j'ai accepté d'enregistrer ce roman!» Cela m'a fait rire, même si, pour moi, la comédienne ne semblait pas s'ennuyer.

Je souligne ici que je suis assez contente que certaines personnes n'aient pas aimé le livre pour les mêmes raisons que moi. Cela me fait penser à la fois où mon mari (qui ne lit jamais mes chroniques, sauf celle qu'il aurait pu laisser de côté), m'a demandé pourquoi mon avis sur «Appelle-moi», de Sophie McKenzie, était si négatif, alors que la plupart des commentaires encensaient le livre. Bah, chacun son opinion: ma chronique négative était argumentée, et je n'ai pas du tout aimé que mon mari (n'allez pas lire son blog, ça lui fera les pieds) remette mon avis en question (le faquin sous-entendait que je n'avais sûrement rien compris au roman) sous prétexte que beaucoup de lecteurs avaient aimé le livre.

Pour en revenir à «Des rêves infinis», je ne regrette quand même pas mon achat, parce que de toute façon, je voulais lire le deuxième roman de Karen Thompson Walker. J'ai tellement aimé «L'âge des miracles» que je pense que si j'avais lu les commentaires avant d'acheter «Des rêves infinis», je ne les aurais pas écoutés.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Penguin Random House Audio.

Comme d'habitude, j'ai apprécié la prestation de la comédienne. Dans les commentaires, certains disent qu'elle n'est pas à remettre en cause, mais d'autres l'ont trouvée aussi lente et ennuyeuse que le roman.

Pour information, la structure du livre n'a pas été respectée: beaucoup de chapitres sont coupés en plusieurs pistes. Cela m'a beaucoup étonnée, car 99,9% du temps, les éditeurs audio américains (et surtout Penguin Random House Audio) respectent la structure des livres. J'espère que le découpage de celui-là est une exception...

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lundi, 6 mai 2019

Find me gone, de Sarah Meuleman.

Find me gone

L'ouvrage:
1996, Bachte-Maria-Leerne, village belge. Sophie et Hannah, douze ans, sont très amies. Hannah est populaire, alors que personne ne recherche la compagnie de Sophie. Petit à petit, Hannah se fait d'autres amis, et s'éloigne de Sophie...

2014, New York. Hannah est journaliste. Elle s'est lancée dans l'écriture de la biographie de trois romancières du vingtième siècle. À mesure qu'elle se documente quant à leur passé, elle se replonge dans le sien, et repense à ces années de son enfance.

Critique:
Ce livre m'a plu, même si certains passages m'ont semblé un peu longs. N'étant pas férue d'Agatha Christie ni de Virginia Woolf, les chapitres concernant leur vie m'ont moins intéressée. Quant à Barbara Follett, je ne la connaissais pas du tout, donc il m'a plu de la découvrir un peu à travers les recherches de l'héroïne.

L'intrigue est bien menée. Après avoir lu le dernier chapitre, je me suis souvenue de passages qui pouvaient être interprétés de deux façons différentes selon les informations données au lecteur. J'en ai réécouté quelques-uns pour voir si je pouvais prendre Sarah Meuleman en défaut, et j'ai constaté, avec plaisir, qu'elle avait finement joué. Bien sûr, je n'ai pas tout réécouté, et je pense qu'il serait intéressant de relire le roman après avoir eu un paramètre, et de voir si l'autrice peut être prise en défaut. Il n'y a qu'un petit passage (quelques phrases) qui m'a paru discutable, mais ce n'est pas dû à Sarah Meuleman, c'est le ton de Cassandra Campbell (la lectrice) qui, pour moi, n'est pas assez ambigu. Il l'est un peu, mais je pense qu'elle aurait pu le rendre un peu plus équivoque sans que cela ne dévie le lecteur de ce qu'il croit au départ, et sans que la deuxième lecture ne donne à penser qu'elle exagère. Pour moi, elle aurait pu, sans problèmes, adopter ce ton qui n'aurait paru ambigu qu'à la deuxième écoute, ce qui est justement le but.
Quant au paramètre qu'on découvre à la fin de l'avant-dernier chapitre, je l'avais envisagé, mais ne m'y étais pas vraiment arrêtée, pensant que tel caractère ou tel événement ne collait pas. Et pourtant, après lecture, je me rends compte que si, tout colle, et surtout le caractère d'un personnage.

Comme souvent, la quatrième de couverture (en tout cas, celle en anglais) en dit trop. Elle fait qu'on connaît un événement bien avant qu'il arrive. Cela ne gâche pas vraiment la lecture, mais j'aurais préféré découvrir ce fait à mesure de mon avancée dans le roman.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Harper Audio.

Cassandra Campbell fait partie des comédiens dont j'apprécie beaucoup le jeu. Ici, mis à part le petit reproche que je lui ai adressé quant aux phrases qu'elle aurait pu prononcer sur un ton un peu plus ambigu, je n'ai rien à redire à son interprétation.
Lorsqu'elle enregistre les chapitres concernant Agatha Christie et Virginia Woolf, Cassandra Campbell prend un accent anglais pour les répliques des personnages. Je n'aime pas l'accent anglais, mais joué par cette comédienne, je l'ai trouvé supportable. Heureusement pour moi, elle prend très peu cet accent au long du roman.

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lundi, 31 décembre 2018

Where the crawdads sing, de Delia Owens.

Where the crawdads sing

L'ouvrage:
Barkley Cove, petit village de Caroline du Nord.
1952. Ce matin-là, Kya, six ans, entend la porte de la cabane où elle vit se fermer. Elle a le temps de voir partir sa mère. Elle se dit que celle-ci va faire des courses, et qu'il y aura peut-être un bon poulet au déjeuner. Seulement, les heures passent, et sa mère ne revient pas.

1969. Le corps de Chase Andrews est retrouvé. Il est tombé d'une tour. Le shérif s'étonne qu'il n'y ait aucune empreinte de pas. Chase aurait-il été poussé par quelqu'un qui, ensuite, aurait couvert ses traces?

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Avec justesse, Delia Owens décrit la vie de Kya. Progressivement abandonnée par les siens, la fillette doit apprendre à se débrouiller seule. J'ai été surprise qu'elle fasse preuve d'une telle force de caractère, et qu'elle parvienne à tirer son épingle du jeu. Elle subit les préjugés des gens parce qu'elle vit seule dans une cabane au coeur d'un marécage. On imagine savoir ce qu'elle est sans avoir cherché à la connaître. Heureusement, certains font fi des préjugés, et la traitent normalement. Au long du roman, on la voit réagir aux joies et aux peines que lui présente la vie. Si j'ai désapprouvé certains de ses choix, je les comprenais. C'était facile pour moi de penser: «Non non, ne fais pas ça!», je n'étais pas à sa place. De toute façon, elle est très attachante, et stupéfie par son bon jugement, sa soif de connaissances, son appétit de vivre, et sa combativité.

Je n'ai pas éprouvé beaucoup de compassion pour le père de l'héroïne. Certes, il a connu des déboires, mais les faire payer à des innocents n'est pas excusable.
J'ai tout de suite éprouvé de l'antipathie pour Chase Andrews. On ne le voit jamais sous un très bon jour, et il est très facile de connaître ses réelles intentions.
J'ai beaucoup apprécié Jody et Tate, tout en déplorant leurs failles. Pourtant, ces failles, et surtout le fait qu'ils se les reprochent, les rendent humains.
Quant à la mère de Kya... je ne sais pas trop quoi en penser... Je comprends ce qui l'a poussée à agir comme elle l'a fait, mais je regrette qu'elle n'ait pas emmené ses enfants. Si elle l'avait fait, Kya n'aurait pas été livrée à elle-même. Oui, mais alors, elle ne serait peut-être pas devenue si intéressante, n'aurait peut-être pas acquis tant d'autonomie, de connaissances...

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J'ai très vite été persuadée que Kya n'avait pas tué Chase. Certains éléments de son procès ont renforcé ma conviction. D'abord, il est prouvé qu'elle n'aurait pas eu le temps d'aller le tuer, puis de retourner à l'arrêt de bus pour prendre le véhicule en partance pour Greenville. Ensuite, s'il est établi qu'elle a pu sortir de l'hôtel de Greenville alors que le réceptionniste était occupé, comment aurait-elle pu choisir, pour y retourner, un autre instant où il était occupé? Elle ne pouvait rien voir de ses activités à moins d'entrer dans l'hôtel. Je trouve bien que Tate ait découvert la culpabilité de Kya après la mort de cette dernière, car il n'est pas obligé de se débattre entre son amour et sa conscience, mais j'aurais préféré que l'héroïne en fasse un récit circonstancié. Pourquoi l'a-t-elle tué? A-t-il réessayé de la violer? Comment se fait-il qu'elle n'ait jamais rien dit à Tate? Outre les incohérences que cela engendre par rapport à ce qui est démontré au procès, j'aurais voulu que quelqu'un d'autre (de préférence une personne que je n'aimais pas) soit coupable. Pour moi, ce meurtre ne va pas au caractère de Kya. Qu'elle l'ait tué sous le coup de la colère, parce qu'il tentait de la violer, j'aurais pu le comprendre. Mais ce meurtre était prémédité.

Un roman abouti, des personnages réalistes (malgré mes petits reproches), une intrigue sans temps morts.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Penguin Random House Audio.

Comme d'habitude, Cassandra Campbell est parfaitement entrée dans la peau des personnages, les jouant sans cabotiner. Je n'ai pas aimé qu'elle prenne un accent de Caroline du Nord, mais je comprends qu'elle l'ait fait. En outre, cela n'était pas absolument désagréable.

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jeudi, 18 octobre 2018

La pluie et le beau temps, de Lily King.

La pluie et le beau temps

L'ouvrage:
Daley Amory a onze ans lorsque ses parents se séparent.

Critique:
Ce roman est un coup de coeur.
Daley, la narratrice, est très attachante. Dès son enfance, elle est lucide quant à ses parents. Elle se sent déchirée entre les deux, mais comprend bien qu'ils ne peuvent pas rester ensemble. Elle ne prend pas vraiment parti, car même si elle comprend sa mère, elle ne lui pardonne pas certains actes. Quant à son père, la relation se complique. De ces trois personnages, c'est la narratrice la plus objective. Elle pointe du doigt les erreurs de ses parents, et pour moi, a raison. Elle expose le mal que chacun lui a fait après cette séparation. Bien sûr, sa mère a surtout agi par maladresse, mais sa priorité aurait dû être sa fille, et cela ne semblait pas toujours être le cas.

C'est surtout sa relation avec son père que Daley raconte ici. Le roman est divisé en trois parties. La première raconte la séparation et les mois qui suivent. Les deux autres sont des tournants dans la vie de l'héroïne et dans sa relation avec son père. Dans la deuxième partie, Daley fait certaines choses que son entourage ne comprend pas. Même si j'ai eu du mal à admettre qu'elle sacrifie autant pour quelqu'un qui a été si dur envers elle, j'ai pensé qu'elle avait raison, et aurait regretté de n'avoir pas été au bout de ce chemin. J'ai trouvé que son entourage la jugeait sévèrement. Je n'étais pas d'accord avec les théories que son amie et son fiancé lui sortaient. Je pense qu'encore une fois, c'était elle la plus lucide. D'autant que son abnégation n'est certainement pas allée jusqu'à la bêtise et le reniement de soi.

Autre chose rend la narratrice admirable: elle a su dépasser les blessures reçues, et est devenue quelqu'un de bien, de posé. Elle a appris à franchir les obstacles occasionnés par ces blessures.

Je n'ai pas pu apprécier Gardner, le père de Daley. J'ai très bien compris les sentiments à la fois forts et contradictoires qui les unissaient, mais Gardner m'agaçait la plupart du temps. Bien sûr, il avait ses bons jours, et certaines discussions entre sa fille et lui étaient soit drôles soit paisibles, mais pour moi, il avait d'énormes défauts rédhibitoires.

Dans ce roman, rien ne traîne. L'auteur expose parfaitement le ressenti de son héroïne, les événements s'enchaînent de manière fluide, l'écriture est alerte et soignée.

Éditeur français: Pocket
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Audible Studios.

Comme d'habitude, la lecture de Cassandra Campbell est juste et vivante. Elle rend très bien les émotions de Daley, n'exagère pas lorsqu'il s'agit de jouer les rôles masculins... Bref, son interprétation est toujours adéquate.

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