Ma vie de pingouin

L'ouvrage:
Nous suivons quelques personnages qui ont décidé de se payer une croisière dans l'Antarctique. Parmi eux, Wilma, qui tente toujours de voir les côtés positifs de la vie; Tomas, cynique et blasé; Alba, qui ne supporte pas qu'on la traite comme on croit qu'il faut traiter les personnes de son âge (soixante-douze ans), intrépide, et qui aime bien comparer les humains aux animaux. Chaque personnage a un secret ou des chaînes qui l'emprisonnent.

Critique:
Ce roman m'a plu. Cependant, il faut le prendre comme un divertissement léger, et accepter les petites invraisemblances que l'auteur a glissées. Par exemple, certains vont s'apercevoir de choses lors de cette croisière, et vont trouver la force de se débarrasser des fameuses chaînes qui les attachent à des êtres qui les assujettissent. J'ai trouvé un peu gros que cela se fasse pendant la croisière... On me dira que le changement d'environnement et le fait de voir sa vie à travers les yeux d'inconnus peuvent être des déclencheurs.

Ensuite, beaucoup trop d'idylles se nouent lors de cette croisière. Pourquoi pas? Mais Katarina Mazetti joue encore une fois du coup de foudre. Bien sûr, elle l'enrobe, et fait en sorte qu'il n'arrive pas en un seul regard. Cela aide à le faire passer, mais il faudrait peut-être qu'elle évite d'user trop souvent de cette ficelle.

En outre, la romancière présente deux couples mal mariés. On a envie de demander pourquoi ils se sont mariés au départ, tant ils sont mal assortis. De ce fait, j'ai trouvé cela un peu gros. Je me suis quand même amusée à lire la manière dont Alba (et sûrement les autres témoins) interprétaient les réactions de Lennart.

J'ai apprécié la manière dont Wilma ouvre les yeux de Tomas sur sa situation. En effet, le lecteur pensera comme elle quant aux raisons pour lesquelles le couple de Tomas n'a pas fonctionné. Il est à la fois amusant et fascinant de voir comme une personne peut se fourvoyer concernant sa propre situation...

Les personnages principaux son sympathiques. Je ne sais pas trop comment je réagirais à la place de Wilma... il m'a semblé qu'elle faisait peut-être un peu trop bonne figure pour être vraisemblable, mais il est vrai que chacun réagit comme il peut, et que ce genre de réactions est positif.

Parfois, j'ai eu l'impression que le style était un peu poussif, n'allait pas aux personnages. Par exemple, à un moment, Wilma dit: «À quoi m'étais-je attendue?» Pour moi, ce genre de phrases ne va pas vraiment au style d'histoire et au personnage de Wilma. J'aurais dit: «Je m'attendais à quoi?»

J'ai bien aimé le décor, les scènes racontées entre les animaux, les observations d'Alba... Alba qui compare, refuse les catégorisations (ce en quoi je l'approuve), écoute, et se fait un devoir de ne pas regretter ce qui n'a pas fonctionné dans sa vie...

Je n'ai pas vraiment compris pourquoi Katarina Mazetti avait ajouté une présentation des personnages... Elle est quelque peu amusante si on la lit après avoir lu le roman, mais elle n'apporte pas grand-chose.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par les éditions Audiolib qui me l'ont envoyée.
La distribution est la suivante: Cachou Kirsch: Wilma, Erwin Grünspan: Tomas, Nathalie Hons: Alba, Marcha van Boven: Mona et Ula, Patrick Donnay: Lennart Jansson.

L'éditeur a judicieusement choisi des voix très différentes, impossibles à confondre.
J'ai été ravie de retrouver Cachou Kirsch qu'à mon avis, on entend bien trop peu! Pour moi, elle n'a pas eu la partie facile, notamment à cause de certaines phrases qui détonnaient. Elle s'en est très bien sortie, gommant au maximum ces étrangetés de style, et interprétant Wilma sans trop en faire. En effet, il aurait été possible de tomber dans le surjeu.

Je ne connaissais pas Erwin Grünspan. Je pense que sa voix est en adéquation avec la représentation qu'on se fait de Tomas à la lecture du roman.

Patrick Donnay a su se glisser dans la peau de Lennart. Sa lecture et son intonation font qu'on perçoit très bien la vie et les sentiments de ce personnage.

Nathalie Hons a trouvé le ton juste pour interpréter la dynamique et baroudeuse Alba. Je pense qu'il n'était pas forcément simple de trouver un ton énergique sans trop en faire.
Comme je suis pinailleuse, je soulignerai qu'à l'instar de beaucoup de francophones, elle prononce mal le prénom Miguel. Comme je l'ai déjà dit, à l'espagnole, ce prénom se prononce comme à la française. La prononciation Migouel est fausse, puisqu'en espagnol, quel que soit le mot, «gue» se prononce comme en français.

Devant jouer deux personnages, Marcha van Boven les a un peu marqués pour qu'on les différencie bien. Cela m'a un peu gênée pour Mona qui a l'air d'une cruche. Certes, quelqu'un qui se laisse dicter sa conduite ne forcera pas l'admiration, mais j'aurais préféré que les interventions de Mona soient lues de manière plus neutre. Cependant, je comprends que la comédienne ait fait de son mieux pour donner deux styles très différents aux personnages qu'elle incarnait.

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