Lundi mélancolie, le jour où les enfants disparaissent

L'ouvrage:
Allan Decker, la quarantaine, a des attaques de panique. Sa femme, Carrie, lui demande d'aller voir un psychanalyste. Peu de temps après qu'il a commencé à raconter ses rêves récurrents à Frieda Klein (la psychanalyste choisie, Matthew Faradey, cinq ans, disparaît. Frieda ne peut s'empêcher de faire le rapprochement entre les rêves de son patient et cette disparition.

Critique:
C'est étrange: j'ai aimé lire ce roman, mais je n'ai pas grand-chose de positif à en dire. Je l''ai vraiment apprécié jusquà environ la moitié. Il est un peu lent à démarrer, mais cela ne m'a pas gênée, car les auteurs prennent le temps de planter le décor, de présenter les personnages et leurs situations. D'autre part, ils n'usent pas d'une ficelle qui m'a plusieurs fois agacée chez eux: dans ce roman, l'héroïne n'est pas seule contre des policiers abrutis. Ici, la police et Frieda collaborent.
En outre, Matthew est montré à plusieurs reprises, et le lecteur peut se faire une idée de son état d'esprit.
Enfin, on voit le quotidien de Frieda, sa famille, ses amours, sa personnalité, ses cas de conscience quant à son travail. La côtoyer ainsi la rend accessible, humaine.

Les choses se gâtent quand les auteurs introduisent et accumulent des éléments très lourds. Il y en a un qui l'est tellement (celui du portrait robot) qu'ils tentent de l'alléger en donnant à Carlson le rôle du lecteur. En effet, lors de cet épisode, Carlson objecte à Frieda tout ce que le lecteur objecterait. Ça peut marcher dans certains romans. Ici, c'est tellement gros qu'avec moi, ça n'a pas pris. Cela empire lorsque l'épisode se révèle concluant...
La façon dont sont expliqués les rêves d'Allan est assez grosse également. C'est plausible, mais j'ai trouvé que c'était facile de sortir cette carte.
Ensuite, j'ai très vite deviné ce que les auteurs dévoilent au chapitre 46. Je l'ai su dès que le personnage est entré en scène.
J'ai également tout de suite su ce qui est dévoilé au chapitre 47. Outre que j'ai été déçue d'être tombée juste, je n'aime pas ce genre de ficelles, car c'est si gros que ça fait mauvais film d'horreur. Bien sûr, c'est préparé, notamment par un épisode où Frieda se fourvoie, mais cela a renforcé mon idée que les auteurs se moquaient de moi. Puisque Frieda s'était trompée une fois, puisqu'elle a trouvé ce qu'elle daigne révéler au chapitre 46 (les auteurs retardent cette révélation en usant de procédés dignes de Camilla Läckberg...), pourquoi n'a-t-elle pas eu l'idée très simple que le lecteur a, et qui s'avère au chapitre 47?

Remarque annexe:
À un moment, Carlson se fait une réflexion que je trouve assez idiote: il pense que les gens ordinaires sont nerveux face à la police. S'il se dit cela, c'est qu'il l'a expérimenté. Je trouve bête de la part des auteurs de faire passer ce genre d'idées reçues et simplistes.

Éditeur: Fleuve Noir.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jocelyne Buttet-Sovilla pour la Bibliothèque Sonore Romande.
La lectrice est certainement l'une des raisons pour lesquelles j'ai eu plaisir à lire ce roman, malgré tous mes reproches. Sa voix est claire et agréable, sa lecture est fluide. De plus, elle n'est pas monotone et n'en fait pas trop.

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