Lecteur : Bresnahan Alyssa

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lundi, 24 janvier 2011

Les mystères de Harper Connelly, tome 1: Murmures d'outre-tombe, de Charlaine Harris.

Les Mystères de Harper Connelly Tome 1 : Murmures d'outre-tombe

L'ouvrage:
Harper Connelly a vingt-quatre ans. À l'âge de quinze ans, elle a été frappée par la foudre. Elle en a gardé certaines séquelles. L'une d'elles est qu'avec assez d'indices, elle peut trouver des cadavres disparus. Lorsqu'elle est en présence d'un cadavre, elle peut savoir de quoi la personne est morte. Elle a fait son métier de ce «don».
Aujourd'hui, elle est engagée par Sibylle Teek, habitant dans la petite ville de Sarn. Del, le fils de Sibylle et sa petite amie, Teenie, ont disparu dans les bois. Le cadavre de Del a été retrouvé, mais pas celui de Teenie. On commence à soupçonner Del de l'avoir assassinée. Harper doit la retrouver.

Critique:
J'ai essayé de lire la série «Lily Bard», de Charlaine Harris, et je n'ai pas pu finir le tome 1. J'ai donc été agréablement surprise par ce premier tome des aventures de Harper Connelly qui m'a beaucoup plu.

La résolution de l''enquête policière finit par se révéler assez banale, mais ce n'est pas cette solution qui importe le plus. L'enquête n'est pas vraiment menée de manière habituelle. L'auteur parvient à renouveler le genre et à surprendre le lecteur. Par exemple, Harper trouve le corps de Teenie assez rapidement. Le lecteur se demande donc comment l'auteur va pouvoir continuer le reste du roman. En effet, le travail de la jeune femme est terminé, on s'attend donc à ce qu'elle s'en aille. Mais la romancière sait agencer son intrigue afin que les choses ne s'arrêtent pas là. L'intérêt du lecteur est éveillé parce que Charlaine Harris raconte des faits qu'on ne peut pas relier les uns aux autres, ou assez tard. En outre, certaines choses arrivent assez brutalement, entraînant le lecteur dans l'intrigue.
Il y a aussi ce que je qualifie de surprises mineures: par exemple, notre héroïne mettant deux fois Scott en défaut, alors qu'à chaque fois, il la prend en traître. Le lecteur est agréablement étonné, et sourit de la façon dont se terminent ces deux incidents, malgré la peine qu'il éprouve pour Harper.
Cela pallie le fait que la solution soit simple. Bien sûr, il y a un petit retournement de situation quant à la résolution de l'énigme, mais cela n'en fait pas la solution du siècle.

La psychologie des personnages est intéressante. Harper et Tolliver sont très complices parce qu'ensemble, ils ont vécu des événements assez difficiles. En outre, ils ne comptent que l'un sur l'autre, étant donné la déliquescence de leur famille. Leur histoire est intéressante, et explique leur complicité.
Si cette complicité est salutaire, elle pourrait risquer de devenir malsaine. Elle est à la limite entre les deux, et j'ai hâte de lire la suite pour savoir comment tout cela va évoluer. Et puis, j'ai hâte de savoir d'autres choses concernant la vie privée de l'héroïne.

L'auteur exploite très bien le thème de l'intolérance. Harper rencontre beaucoup de gens qui ont peur de ce qu'elle peut faire, et la rejettent à cause de cela. Ils la blâment même, lorsqu'elle ne dit pas ce qu'ils voudraient entendre. Pourtant, comme elle le souligne, savoir devrait leur apporter une certaine paix. Ou alors, il ne fallait pas demander.
Certains sont également choqués parce qu'elle se fait payer. Je suis assez d'accord avec le raisonnement de notre héroïne qui fait remarquer que chacun se fait payer pour le métier qu'il exerce. Certains diront qu'elle exploite la tristesse des gens, mais en fait, la plupart sont jaloux, car c'est cette espèce de «don» attribué par un mauvais coup du sort, qu'elle exploite.

Remarques annexes:
J'ai trouvé amusant qu'Harper et sa soeur aient des prénoms qui sont, la plupart du temps (surtout Harper), des noms de famille.
Il faut être crétin pour laisser une radio près d'une baignoire alors qu'on prend son bain!

Éditeur français: J'ai Lu.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Alyssa Bresnahan pour les éditions Recorded Books.
J'aime bien Alyssa Bresnahan qui ne fait pas de manières, et sait modifier quelque peu sa voix pour les rôles masculins, sans que cela soit horrible. En outre, elle ne lit pas trop vite, ce qui est bien pour moi qui ne suis pas aussi à l'aise en anglais qu'en français.

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jeudi, 27 mai 2010

Mercy, de Jodi Picoult.

Mercy

Note: je n'ai pas trouvé le titre français de ce roman, il n'est peut-être pas sorti en France.

L'ouvrage:
Wheelock, Massachusetts.
Cameron McDonald est le chef de la police. Sa femme, Allie, est fleuriste.
Ce jour-là, un homme va interrompre le cours de la petite vie de Wheelock. Il débarque, et annonce que dans sa voiture, il transporte le cadavre de sa femme, Maggie, et qu'il en est le meurtrier. Il l'a tuée par amour, parce qu'elle le lui a demandé: Maggie souffrait d'un cancer incurable. Cet homme, c'est Jamie McDonald, cousin de Cameron.

C'est ce jour-là qu'Allie embauche Mia qui lui servira d'assistante.

Critique:
Je me doute qu'un auteur ne peut pas toujours écrire des romans de valeur égale. Cependant, je pense que certains, même quand ils sont moins bons, restent acceptables. Par exemple, Serge Brussolo a écrit des romans qui ne m'ont pas plu, mais comme c'est lui, qu'il y a quand même de bonnes idées, ça vaut quelque chose. Je plaçais Jodi Picoult dans la même catégorie d'auteurs. Pourtant, j'ai été extrêmement déçue par ce roman, encore plus que par «Le rideau déchiré».

L'un des thèmes abordés, celui d'un homme tuant par amour, est intéressant, car beaucoup de questions délicates se posent. Ici, il m'a semblé que ce thème était abordé de manière trop superficielle ou bien qu'il était trop dilué, absorbé qu'il était par l'autre partie de l'intrigue sur laquelle je reviendrai plus longuement.
Les questions délicates sont abordées, certes, mais il semble qu'elles le soient très vite. L'auteur se répète, et n'avance pas beaucoup. Ce qu'elle veut prouver, elle le dit assez rapidement, et il y a pas mal de longueurs.
Par ailleurs, pourquoi Jamie et Maggie ont-ils fait toute cette mise en scène? Comme le souligne l'un des personnages, pourquoi Maggie n'a-t-elle pas pris des somnifères? Jamie, bien sûr, lui aurait tenu la main ou quelque chose de ce genre, mais tout cela aurait été moins douloureux physiquement pour eux deux et psychologiquement pour Jamie. Cela aurait été douloureux, bien sûr, mais tant qu'à faire, pourquoi n'ont-ils pas choisi quelque chose de moins spectaculaire? Parce que Maggie voulait que cela se passe ainsi. Pour exiger cela de son mari, il fallait qu'elle l'aime très peu et se soucie peu de lui.

En outre, l'autre partie de l'intrigue m'a fait me demander si je lisais du Jodi Picoult ou du Danielle Steel. Une chose que je n'admettrai jamais, un cliché dans lequel un auteur comme Picoult n'aurait jamais dû tomber, c'est le fameux coup de foudre. Les personnages se connaissent à peine, et ils s'aiment déjà au point de ne pouvoir se passer l'un de l'autre. Oui, enfin, ils ne s'aiment pas tant que ça, puisqu'ils pensent tous les deux que l'être aimé ne serait pas à sa place s'il était transposé durablement dans un autre décor que celui dans lequel il évolue habituellement. Or, quand on s'aime réellement, on se fiche du décor.
Ensuite, à vouloir faire trop de nuances, elle a réussi à nous montrer Cameron comme le cliché de l'homme dans toute sa lâcheté. Il aime Mia, mais bon, le petit confort que lui procure Allie, il ne peut pas s'en passer. Ah, il aime Allie aussi. Oui oui, on y croit: quand Allie s'aplatit, elle l'énerve parce qu'elle s'aplatit, et quand elle agit autrement, quand elle essaie d'avoir un esprit critique, et n'accourt pas au moindre battement de cil de son mari, elle l'énerve parce qu'il voudrait bien que la carpette revienne. Il y a d'ailleurs une incohérence. Allie aime son mari, et fait tout ce qu'elle peut pour lui. Et à Noël, elle lui offre une guitare parce qu'elle voudrait qu'il lui chante des chansons d'amour. Or, ça n'intéresse pas du tout Cameron. Il se fait d'ailleurs la réflexion lorsqu'il reçoit le cadeau de Mia qui est assez ordinaire, et qu'il voit comme la huitième merveille du monde. Là, le problème vient surtout de l'auteur qui a fait agir le personnage d'Allie d'une manière qui ne cadre pas du tout avec sa façon de faire. Allie telle que nous la connaissons aurait offert un cadeau attentionné.
Pour en revenir à Cameron, il dit qu'il l'aime aussi, mais toute son attitude prouve le contraire. À vouloir trop nuancer, Jodi Picoult n'a réussi qu'à montrer Cameron au mieux comme un benêt qui pense comme ci, puis comme ça la minute d'après, au pire comme un manipulateur.
Je comprends bien qu'il ait eu une vie qu'il n'a pas désiré, mais tout cela ne tenait qu'à lui. Bien sûr, il a été victime d'une certaine pression, mais on a du caractère ou on n'en a pas: on ne satisfait pas ses frustrations en prenant une maîtresse qu'on connaît à peine, et que, si ça se trouve, on n'aime seulement parce qu'elle représente l'ailleurs, et qui, de son côté, vous aime parce que vous représentez la stabilité.

Outre le coup de foudre, ce n'est pas l'adultère en tant que tel qui m'agace, c'est la duplicité de Cameron, et même de Mia. Cameron n'avait qu'à divorcer pour épouser Mia. C'est la solution envisagée par Ellen, d'ailleurs. Solution beaucoup moins malsaine et destructrice que ce qu'il a choisi de faire: être lâche jusqu'au bout, faire souffrir Allie et Mia...
Mia, quant à elle, tente d'avoir un semblant de conscience, mais cela ne dure pas très longtemps. Elle et Cameron disent que c'est tellement douloureux de construire son bonheur sur le malheur des autres... ça ne doit pas être si douloureux que cela puisqu'ils font leur petites affaires sous le nez d'Allie, et profitent de la moindre occasion pour se retrouver, n'hésitant pas à investir le domicile conjugale. Mon écœurement ne vient pas d'une quelconque pruderie, mais du fait qu'ils blessaient sans remords apparents une personne qui ne leur avait rien fait, qu'ils ne respectaient rien de ce qui touchait à cette personne, et qu'il aurait mieux valu une coupe franche, cela aurait été plus honnête et plus respectueux.

Par ailleurs, Cameron et Mia ne sont pas très creusés. Cameron a eu une vie pleine de frustrations, il a fait les mauvais choix, et le fait payer aux autres. Mia a passé son enfance à voir ses parents s'adorer à tel point qu'ils la délaissaient, elle voyage beaucoup, peut-être pour trouver sa place... À part ça, ces deux personnages ne sont pas très intéressants.

Le personnage d'Allie est assez intéressant, car c'est à la fois un cliché et un personnage nuancé. Le lecteur la plaint, mais la traite aussi d'idiote. On comprend bien qu'elle fasse tout ce qu'elle peut pour que celui qu'elle aime soit bien, mais on se demande comment elle fait pour ne rien voir... Parce qu'elle a confiance en son mari, ce qui est normal. Ensuite, j'avoue que je n'ai pas compris sa décision finale.

Les autres personnages... Jamie est bien sûr intéressant, mais son histoire est cachée voire gâchée par celle de Cameron et Mia.
Ellen semble être un peu plus sensée que certains... dommage qu'elle voie tout à travers le prisme de ses plantes médicinales et de ses herbes. Ça la rend moins crédible.

Autre chose m'a agacée, mais là, je pinaille. Mia a un chat qu'elle emmène partout, et le fameux chat est toujours content d'être là où il est. Cela montre que l'auteur n'a pas pris la peine de se documenter sur les chats. Un chat n'est pas un chien. Un chat déteste voyager, être ballotté, et changer de coin presque tout le temps. Un chat met au moins vingt-quatre heures à s'adapter à un nouvel environnement, or, le chat de Mia passe du magasin de fleurs à la maison des McDonald à l'hôtel de Wheelock sans problèmes... On me dira qu'un chat habitué à voyager depuis qu'il est tout petit s'adaptera mieux lors de nouveaux voyages, ce qui est sûrement vrai. Mais cela ne peut pas l'être au point que le chat de Mia se comporte comme un chien.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Alyssa Bresnahan pour les éditions Recorded Books.

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