Lecteur : Bresnahan Alyssa

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lundi, 1 juillet 2013

Dernière nuit à Montréal, d'Emily Saint John Mandel.

Dernière nuit à Montréal

L'ouvrage:
Lilia a passé sa vie à partir. Son enfance n'a été qu'un long voyage. De ce fait, il lui est impossible de se stabiliser.
À présent, elle vit à New York avec Eli. Il l'aime profondément. Cependant, elle lui a toujours dit qu'elle ne se fixait pas. Malgré les efforts d'Eli pour la retenir, elle s'en va. Le jeune homme ne s'avoue pas vaincu. Après avoir été mis sur sa piste par une mystérieuse lettre émanant d'une certaine Michaela, il va la suivre.

Critique:
Si j'ai aimé les idées de départ, ce livre m'a très vite ennuyée. Je l'ai terminé pour connaître la fin... et je le regrette un peu. Au moins, si je ne l'avais pas fini, j'aurais eu l'illusion que cela se terminait comme je le souhaitais...

La psychologie des personnages est intéressante. Chacun a ses blessures et réagit en fonction de ce que lui a infligé la vie. Cependant, ils deviennent tous très vite agaçants.
Lilia est adorée de tous. Elle a un certain charisme, mais à part le fait qu'elle passe son temps à partir, elle n'a rien de si aimable. Il est très énervant de voir l'entêtement d'Eli à la suivre, et d'apprendre, au long du livre, que tous les gens qu'elle rencontre succombent à son charme, comme si elle était une princesse de conte de fées dont tout le monde serait immanquablement amoureux. En outre, elle semble ne rien ressentir pour personne.

Christopher a sûrement la palme du personnage pénible. Il dédie sa vie à retrouver Lilia, et il est heureux de ce qui finit par lui arriver! Cette obsession est très énervante. Pendant le roman, j'ai très souvent eu envie de lui mettre des coups de pieds aux fesses! Son obsession fait de Michaela ce qu'elle est par la suite, et il ne semble pas tenir compte de cela, tout en en étant conscient.

Si le père de Lilia est un personnage sympathique, ce qu'il finit par faire le rend nettement moins appréciable. Bien sûr, on comprend ce qui motive son geste, on comprend aussi qu'il perde les pédales après avoir passé plus de dix ans à fuir... Cela ne l'excuse pas pour autant.

Si Eli et Michaela sont plutôt à plaindre, ils m'ont laissée indifférente.
Seul, Simon trouve grâce à mes yeux. C'est probablement le plus sensé du roman.

La structure m'a également ennuyée, probablement parce qu'elle engendre beaucoup de lenteurs. On louvoie sans cesse entre le passé et le présent de Lilia et Michaela. On voit donc pourquoi elles sont devenues ainsi. Cependant, l'auteur fait traîner tout cela, car le lecteur sait très vite tout ce qu'il y a à savoir, par exemple, la raison pour laquelle Lilia a été enlevée, à huit ans. Ce n'est qu'un exemple, mais tout est comme ça. J'ai eu l'impression de faire beaucoup de sur place.

Comme je l'ai dit, je n'ai pas aimé la fin. Certes, elle montre l'évolution de Lilia, mais j'aurais préféré que les choses se passent autrement. Cette fin est logique, mais comme je n'ai pas aimé le livre dans son ensemble, elle ajoute à ma déception.

L'auteur a un style agréable, direct, parfois un peu poétique. J'aime particulièrement le chapitre 42, tant au niveau du style que de ce qu'il raconte.
En outre, cette lenteur ne va pas sans avantages. Emily Saint John Mandel décrit une ville, des personnages semblant évoluer dans une atmosphère feutrée, une ambiance de conte de fées (même si les faits sont loin d'être féeriques). La recherche désespérée d'Eli, son incessant retour au seul point d'ancrage qu'il connaisse (Michaela), l'attitude de Lilia, la fuite et la poursuite, Michaela voyant ses rêves brisés, tous ces éléments sont racontés de manière à évoquer le conte.

Éditeur français: Payot et Rivages.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Alyssa Bresnahan pour les éditions Recorded Books.

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jeudi, 29 novembre 2012

Laurier blanc, de Janet Fitch.

Laurier blanc

L'ouvrage:
Astrid a douze ans. Sa mère, Ingrid Magnusson, est poétesse. Elles vivent à Los Angeles.
Un jour, Barry Culker commence à faire assidûment la cour à Ingrid. Leur relation sera tumultueuse et passionnée. Ses retombées seront catastrophiques.

Critique:
Ce qui démarre comme une histoire banale devient, sous la plume de Janet Fitch, un récit où une jeune fille va se découvrir, apprendre à aller puiser en elle la ressource de se relever. Elle s'en rend très bien compte, et ne renie jamais ce qu'elle a été, ce qu'elle a fait.
Au moment où Astrid se retrouve en famille d'accueil. je n'ai pu m'empêcher de penser qu'elle allait sûrement tomber sur des gens qui l'exploiteraient de toutes les façons possibles. Heureusement, l'auteur a créé des situations bien plus complexes et nuancées. La jeune fille n'est pas toujours étrangère au mal qui lui arrive. Ce n'est pas seulement une victime. Et lorsqu'elle agit mal, je n'ai pu m'empêcher de l'excuser un peu. J'ai même souri, à un moment (lorsqu'elle s'accroche à Olivia), parce que je me suis fait la réflexion qu'elle ne pouvait s'empêcher de fourrer son nez juste là où il ne faut pas. Pourtant, comment lui en vouloir de rechercher la compagnie de gens intéressants, et de ceux qui pourraient lui donner de l'amour?

Astrid est extraordinairement lucide quant à sa situation, ses propres réactions, les personnages qui l'entourent. S'il fallait prendre un exemple, je retiendrai surtout la visite que Claire et elle font à Ingrid. Le lecteur a l'impression d'assister à une espèce de jeu de pistes dont seule Astrid possède les clés. On se rend d'autant mieux compte, grâce au décryptage de la jeune fille, que selon la sensibilité et les attentes de chacun, un même événement peut avoir différentes significations.
L'adolescente se cherche. Elle ne tombe pas forcément dans le cliché drogue, alcool, sexe débridé... même si elle essaie certaines de ces choses. Outre son attachement à certaines personnes qu'elle rencontre, elle tente aussi de trouver une solution dans la foi. Bien sûr, je n'ai pas aimé cette béquille, mais j'ai compris qu'Astrid tente de s'y accrocher. D'autant qu'elle est assez intelligente pour ne pas devenir bigote.

Je n'ai pas apprécié l'un des choix de l'héroïne. Pourtant, je l'ai compris. Elle explique qu'elle n'habitera pas avec Bill et Anne, alors qu'ils représentent la stabilité et l'amour qu'elle cherche depuis le début. Elle a peur que la douceur de ce cocon la fasse s'oublier elle-même. Je pense surtout qu'elle se sentait trop «cassée» pour prendre ce qu'ils lui auraient offert. À ce stade, il était plus facile pour elle de rencontrer dureté et indifférence. Du coup, je ne l'ai pas trop plainte lorsque Rina la «maltraite».
Cependant, Astrid ne devient pas dure, blasée et aigrie. Elle restera une étrange combinaison d'amertume et d'espoir. À la fin, elle explique quelque chose d'un peu incroyable, mais qui peut se concevoir. C'est le genre de choses qu'on ne peut peut-être pas comprendre tant qu'on ne l'a pas vécu.

Que les personnages soient sympathiques ou non, qu'on les plaigne, qu'ils nous agacent, ils ont tous une espèce de charisme auquel je n'ai pas été indifférente. J'en ai voulu à Claire de se gâcher avec un homme qui ne savait que faire ressortir le pire en elle, de ne pas vouloir voir ce qu'elle pouvait valoir sans lui. Mais j'ai apprécié sa douceur, sa gentillesse, sa tendresse, sa candeur naturelles. C'est ce qui la rendait unique, et qui faisait que ce monde n'était pas pour elle. Il aurait fallu la guider sans cesse... ce qu'aurait sûrement fait Astrid avec joie.

Je n'aime pas Ingrid. Elle a toujours fait preuve d'égoïsme, sauf quand il a été presque trop tard. Elle est souvent méprisante, a une haute opinion d'elle-même. Même lorsque j'étais d'accord avec elle (notamment quand elle adjurait sa fille de ne pas devenir bigote), je trouvais qu'elle ne savait pas s'y prendre.
Les relations entre les deux femmes sont également complexes. L'auteur les explore, les fouille, les creuse. Un fil invisible, mais indestructible les reliera toujours, malgré les erreurs d'Ingrid et le détachement partiel d'Astrid qui connaît parfaitement la toxicité de sa mère.
Je pense que l'auteur a choisi les deux prénoms à dessein. Les trois dernières lettres sont les mêmes. Ce choix symbolise le narcissisme d'Ingrid, son envie de façonner sa fille à son image, mais aussi ce lien que rien ne pourra rompre.

Afficher Attention, je dévoile la fin de l'intrigue.Masquer Attention, je dévoile la fin de l'intrigue.

À la fin, le procès d'Ingrid est révisé, et elle est acquittée. La plaidoirie de son avocate arguait que Barry s'était suicidé et avait maquillé cela en meurtre pour faire accuser la poétesse. Soit, mais comment l'a-t-elle prouvé? C'était la parole de la jeune femme contre les faits. Cette issue est une petite faiblesse du roman, mais c'est du pinaillage de ma part, car là n'est pas le plus important.

Un livre profond, grave, décrivant parfaitement la psychologie de personnages complexes, un parcours initiatique qui n'est pas uniquement un enseignement pour la jeune Astrid. Un roman lancinant, marquant, dont j'ai l'impression de n'avoir pas bien su montrer la pertinence. Je suis loin d'avoir évoqué tout ce qui fait la grandeur de cet ouvrage, mais il fait partie de ceux dont on ne peut pas trop parler sans dévoiler des pans de l'intrigue.

Éditeur français: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Alyssa Bresnahan pour les éditions Recorded Books.
Le jeu d'Alyssa Bresnahan est sobre. Elle ne modifie pas vraiment sa voix, mais en varie le timbre. Elle fait cela excellemment. Son interprétation délicate et sensible sert à merveille ce roman à l'écriture subtile, au charme envoûtant.

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vendredi, 28 janvier 2011

Les mystères de Harper Connelly, tome 4: Grave secret, de Charlaine Harris.

Les Mystères de Harper Connelly Tome 4

Note: Ce livre n'est pas encore sorti en français.

L'ouvrage:
Harper est engagée par Lizzie Joyce, afin de déterminer de quoi exactement est mort son grand-père. À cette occasion, elle découvre que la dame de compagnie du vieux monsieur, Maria Parish, est morte en couches. Cela soulève plusieurs questions, dont celle d'un éventuel héritier qui se promènerait dans la nature.

En déjeunant avec Mark, le grand frère de Tolliver, nos héros apprennent que Matthiew, le père des deux garçons, est sorti de prison, et souhaite renouer avec ses fils, ainsi qu'avec Mariella et Gracy.

Critique:
Plus on avance dans la série, plus la vie personnelle de nos deux héros prend le dessus sur l'enquête, ou bien, y est étroitement mêlée. M'étant attachée aux personnages, j'ai préféré les tomes 3 et 4 où on entre davantage dans leur vie privée, où on apprend à mieux les connaître.

Par contraste, j'ai trouvé l'enquête sur les Joyce très fade. J'ai quand même été amusée que Lizzie Joyce veuille que Harper fasse davantage que ce que lui permet son «don»: il fallait qu'elle se transforme en détective.
Je n'avais pas deviné ce qu'on finit par découvrir, et qui a relancé mon attention. Si cette découverte est très intéressante, elle est peut-être un peu incongrue. Il est un peu gros que Harper soit mêlée à une enquête qui lui apportera de telles révélations, même si la romancière s'en explique. On pardonnera cette petite faille à l'auteur, car la découverte la pallie.
Quant à ce que nous apprenons à la fin... c'est assez déstabilisant, mais je ne peux pas trop en dire.

En outre, Charlaine Harris étudie avec finesse les rapports familiaux au travers de Matthiew, et des diverses réactions de ceux autour de qui il gravite.
Pour Matthiew, le lecteur finit par découvrir qu'il n'y avait qu'une attitude à adopter. Cependant, la romancière pose la question: faut-il donner une seconde chance à une personne qui se repent, et semble vouloir se racheter. Cela dépend de beaucoup de facteurs, et cette question n'est pas facile à trancher. Il faut voir à quel point la personne a été indigne (Tolliver raconte un épisode assez choquant), et tenter de déterminer à quel point elle est sincère dans son désir d'être meilleure.

D'autre part, Tolliver et Harper ont un point de vue différent sur le fait de voir souvent ou non Mariella et Gracy. Chacun pense au bien-être des fillettes, et leurs arguments se défendent. J'ai une préférence pour le point de vue de Harper, parce qu'il me semble que ce serait mieux pour l'épanouissement des fillettes (voir la conversation que Mariella a avec sa soeur au sujet de Lindsay, puis des garçons), mais je comprends celui de Tolliver.

On retrouve l'incohérence dont j'ai parlé dans ma chronique du tome 2. Dans le tome 4, c'est Mariella qui a douze ans, et Gracy qui en a neuf. Je pense que c'est dans le tome 2 que Charlaine Harris se trompe, étant donné que dans le tome 4, elle insiste beaucoup sur ce point...

Attention! Si vous n'avez pas lu le tome 3,[ passez au paragraphe suivant.
J'ai été surprise et un peu choquée des réactions négatives des gens lorsqu'ils apprennent que Tolliver et Harper sont ensemble. Après tout, c'était logique: ils se sont connus alors qu'ils étaient adolescents, la souffrance les a rapprochés, et plus tard, le travail de la jeune femme les a rendus inséparables. Leur complicité croissant au fil du temps, il était compréhensible qu'ils deviennent un couple. Ils ne sont frère et soeur que par alliance. Je n'ai donc pas vraiment compris la répugnance des gens qui les connaissent... ils ont l'habitude de les voir comme frère et soeur, donc de les ranger dans des catégories auxquelles ils n'appartiennent pas vraiment, et ne sont pas assez ouverts pour les comprendre.

Remarques annexes:
Je partage le point de vue de Harper sur le mariage.
Il est amusant de constater que Charlaine Harris et son héroïne ont les mêmes initiales, mais inversées.

Éditeur français: J'ai Lu.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Alyssa Bresnahan pour les éditions Recorded Books.

jeudi, 27 janvier 2011

Les mystères de Harper Connelly, tome 3: An ice cold grave, de Charlaine Harris.

Les Mystères de Harper Connelly Tome 3

Note: Ce livre n'est pas encore sorti en français.

L'ouvrage:
Harper est engagée par Twyla Cotton, une habitante de Doraville, en Caroline du Nord. Le petit-fils de Twyla a disparu. Elle est sûre qu'il est mort, ainsi que d'autres garçons, mystérieusement disparus au cours des dernières années. On avait pensé qu'ils avaient tout simplement fugué, mais Twyla rejette cette thèse.
Harper retrouve le corps ainsi que sept autres... Ils sont tous au même endroit, et ont connu, avant de mourir, d'atroces souffrances.

Critique:
Pour moi, «An ice cold grave» est un tournant dans la série. D'abord, l'enquête à laquelle est confrontée Harper est plus complexe et plus éprouvante. Si on en a encore après elle, car on ne veut pas qu'elle découvre la vérité, Charlaine Harris expose ici un mystère qui impressionnera davantage le lecteur que les énigmes précédentes. Peut-être cela tient-il à la raison pour laquelle ces garçons ont disparu. Cela révèle la noirceur dont est capable l'âme humaine. On a beau savoir ce que peut faire une personne poussée par le vice, il est toujours choquant d'y être confronté, même dans un livre. Ce genre d'histoires arrive malheureusement...
Outre cela, les conséquences de cette enquête seront plus graves pour Harper et son entourage que ne l'ont été celles des aventures précédentes.
Si on veut pinailler, on dira qu'il est un peu gros que la jeune femme trouve un couteau, alors qu'elle est au milieu de nulle part... mais tout le reste est bien ficelé, avec de bons rebondissements, et je ne me suis pas ennuyée. J'ai même été bernée par le: «Venez me trouver plus tard.»

C'est également un tournant, car la vie privée de notre héroïne prend un autre cours. Entre parenthèses, heureusement que quelqu'un a été plus courageux qu'elle, sinon, cela aurait pu mal se terminer. D'ailleurs, Harper commençait à m'agacer: il était évident qu'elle recevait des signaux très clairs. Elle n'a pas su les déchiffrer. Mais comme elle le dit elle-même: elle décrypte mieux les morts que les vivants. Et puis, quand on est trop impliqué, on ne voit pas toujours ce qui crève les yeux.

Là encore, notre héroïne est confrontée à l'intolérance de certains. Mais elle rencontre aussi des gens, comme Twyla, qui la croient. Sandra Rockwell, le shérif de Doraville, est sceptique, mais n'est pas aussi butée que certains. Il est sympathique de trouver des points de vue nuancés, même s'il est évident que Harper rencontre davantage de personnes sceptiques, voire hostiles. Son attitude envers ces gens est très réaliste. Elle ne s'étonne plus, mais se révolte quand même qu'on ne la prenne pas au sérieux.
Dans «An ice cold grave», en plus de tomber sur quelques personnes compréhensives, elle a l'avantage (si j'ose dire), de pouvoir être comparée à une voyante excentrique et étrange: Zilda, à côté de laquelle elle paraît beaucoup plus crédible.

Si quelques personnages sont absolument détestables, et si certains (comme les héros) sont sympathiques, d'autres sont moins tranchés.
Que dire de Chuck? On ne connaît jamais vraiment les raisons qui le poussent à agir, mais au final, c'est peut-être lui qui a été le plus responsable...
Je ne peux m'empêcher de me demander ce qui aurait été mieux pour la dernière victime... Complexe débat...

Si Harper est sympathique, elle a quelques côtés agaçants. D'autre part, elle est forte, malgré ce qu'elle a vécu, et la bêtise à laquelle elle se heurte souvent. C'est donc un personnage assez complexe.
J'aime beaucoup Tolliver, même s'il a l'air parfait, ce qui, en général, m'exaspère. Or, c'est mon personnage favori. Je pense que c'est parce qu'il a un côté attendrissant... et comment ne pas trouver mignon son côté très protecteur envers sa «soeur», même si c'est parfois trop?

Les deux personnages principaux sont davantage fouillés dans ce tome, car il en dévoile encore plus quant à leur vie d'avant. La jeune femme résume des choses déjà dites dans les deux premiers tomes, ce qui est un peu pénible. Bien sûr, c'est pour qu'un lecteur qui les lirait dans le désordre ne soit pas perdu, mais c'est répétitif. En revanche, elle va plus loin dans son histoire, et évoque même quelques bons moments que connut la famille recomposée. Cela montre un aspect un peu moins manichéen des choses.

Remarques annexes:
Parfois, en voiture, Tolliver et Harper écoutent des livres audio. Ils s'achètent toujours le «texte intégral»! :-) Outre que j'ai aimé entendre cela, car je n'écoute que le «texte intégral», je me demande si ce n'est pas un petit clin d'oeil à l'éditeur audio qui a enregistré les quatre séries écrites par Charlaine Harris.

J'aime beaucoup cette phrase de Harper: «Je crois en Dieu, mais je ne crois pas en l'église.» Pour moi, elle résume assez bien la façon dont devraient réfléchir les croyants.

Charlaine Harris est plus franche et plus réaliste que la plupart des auteurs qui ne parlent jamais de l'aspect «pratique» de l'amour physique: après une scène d'amour, Harper réclame des mouchoirs en papier. :-) ;-)
Il va de soi que l'histoire d'amour m'a enchantée.

Éditeur français: J'ai Lu.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Alyssa Bresnahan pour les éditions Recorded Books.

mardi, 25 janvier 2011

Les mystères de Harper Connelly, tome 2: pièges d'outre-tombe , de Charlaine Harris.

Les Mystères de Harper Connelly Tome 2

Note: Ce livre n'est pas encore sorti en français.

L'ouvrage:
Harper est engagée par le docteur Numly, pour l'université Bingam, à Memphis. Ils veulent la tester. Elle doit donc parcourir un cimetière, et dire qui est dans quelle tombe, et de quoi il est mort. Alors qu'elle est sur celle d'un certain Josia, elle découvre qu'un autre corps est enterré là. C'est celui de Tabatha Morgenstern, onze ans, que Harper chercha en vain dix-huit mois plus tôt. Elle avait été engagée par Joel et Diane Morgenstern, les parents de la fillette, qui habitaient alors à Nashville. Autre coïncidence: les parents de Tabatha, habitent maintenant Memphis.

Critique:
Comme dans le tome 1, il ne faut pas s'attendre à une solution transcendante. D'ailleurs, la personne coupable est très vite soupçonnée.
Si la solution est simple, il n'y a pas d'incohérence: elle explique pourquoi Harper retrouve le corps de Tabatha à Memphis.
En outre, le schéma de l'enquête est classique: un tueur rôde dans l'ombre, et s'en prend à l'héroïne ou à d'autres.

Là encore, l'auteur préfère focaliser l'intérêt sur l'évolution des deux personnages principaux, surtout Harper.
D'abord, elle expérimente autre chose grâce à son don.
Ensuite, le lecteur assiste à sa prise de conscience quant à sa relation avec Tolliver. Du coup, cette relation ne prend pas un tour malsain, comme je le craignais à la lecture du tome 1. C'est une évolution logique.
Enfin, le lecteur en découvre davantage quant aux séquelles qu'on peut avoir lorsqu'on a été frappé par la foudre. Tout au long du roman, Harper en donne certaines. C'est assez impressionnant. Je sais que Charlaine Harris s'est documentée, car au début de l'ouvrage, il y a une dédicace adressée aux personnes qui ont gardé des séquelles après ce genre de phénomènes.

La question de l'intolérance revient, bien sûr. Il me semble que dans ce tome, tout est un peu plus manichéen.
L'agent du FBI croit aux pouvoirs de Harper, mais parce que sa grand-mère avait un don, elle aussi. Il est un peu dommage que la plupart des gens, sans forcément croire d'emblée en ce dont est capable la jeune femme, ne lui accordent pas le bénéfice du doute.

On en voit un peu plus sur la vie de famille de nos deux héros. J'ai apprécié cela, car les personnages me sont sympathiques, et j'ai été contente d'en apprendre plus sur eux.
J'ai cependant trouvé une incohérence. J'avoue avoir eu la flemme d'aller rechercher dans le tome 1, donc ce sera à vous de me dire si j'ai rêvé ou non. À la lecture du tome 1, j'ai cru comprendre que Mariella était l'aînée des petites soeurs, et que Gracy était la cadette. Or, dans le tome 2, c'est le contraire: Gracy a environ deux ans de plus que Mariella...

Enfin, n'oublions pas les notes humoristiques qui parsèment le roman. Ce sont souvent des répliques tournées de manière inattendues, par exemple, cette conversation entre Rick et Harper (je traduis de l'anglais):
«Vous suiviez Clyde?
-Non. Il est ennuyeux. Vous êtes beaucoup plus intéressante.»

Zilda et Manfred sont assez loufoques. J'aime beaucoup la manière dont Manfred flirte avec Harper, se met au contact d'autres gens, et en profite pour lire dans leurs pensées.

Éditeur français: J'ai Lu.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Alyssa Bresnahan pour les éditions Recorded Books.

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