Lecteur : Bratschi Arlette

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lundi, 20 juin 2011

Le talion, de Catherine Arley.

Le talion

L'ouvrage:
Jean est marié à Agathe depuis sept ans. Il l'aime tendrement.
Ce soir-là, Jean reçoit Marcel Blancard et sa soeur, Marthe. Ses affaires vont mal, et il souhaite charmer Marcel Blancard afin que celui-ci l'aide quelque peu. C'est alors que Marcel tombe amoureux d'Agathe qui s'en rend parfaitement compte.

Critique:
Voici un petit polar qui n'est pas très récent, mais dont les thèmes sont et seront toujours d'actualité. Ce drame familial, orchestré par une personne poussée par la cupidité: quoi de plus actuel?
Le livre n'est pas très long, et ne traîne pas, à l'inverse de «Le pique-feu», qui n'est pas très long, mais est trop lent. Ici, même si on devine assez vite ce qui va se passer, l'auteur ne fait pas mariner son lecteur.
Quant à la fin, on pourrait s'en douter, mais je l'ai quand même trouvée bonne, principalement parce qu'elle est arrangée de telle façon qu'Agathe ne saura jamais pourquoi il a été si facile pour Marthe d'agir comme elle l'a fait.
J'ai aimé le côté polyphonique du roman. J'aime toujours avoir plusieurs points de vue. Je trouve cela plus enrichissant, et quand c'est bien fait, cela peut donner quelque chose de très réussi. Ici, ce n'est pas mal. Ça permet aussi de maintenir un certain rythme.

Les personnages sont peut-être brossés à trop grands traits. Agathe est intéressée, et se sert de ses charmes. Jean et Marcel bavent, langue pendante devant Agathe, et voient en elle un ange qui leur fait la grâce de les regarder. À ce propos, Marcel exaspère un peu le lecteur, car s'il n'est pas très futé, son amour pour Agathe le rend carrément idiot et ridicule.
Il n'y a que Marthe qui soit un peu creusée parce que c'est la seule qui semble vraiment réfléchir.

Certains me trouveront bien indulgente avec ce roman. On me dira que les personnages sons caricaturaux, et l'histoire prévisible. Peut-être, mais le livre ne dure pas assez longtemps pour que tout cela devienne gênant. L'auteur sait s'arrêter au moment où ça pourrait devenir exaspérant.
Et puis, avec ce livre, on n'a pas besoin de réfléchir, on n'a qu'à se laisser porter.

Éditeur: Librairie des Champs-Élysées.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Arlette Bratschi pour la Bibliothèque Braille Romande.

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jeudi, 17 juin 2010

L'assassin ne peut plus dormir, de Claude Orval.

L'assassin ne peut plus dormir

L'ouvrage:
Au coeur de la nuit, un homme affolé interpelle les agents de police, et les implorent de venir chez lui. Il explique qu'un cambrioleur s'est introduit dans sa maison, et est enfermé dans la chambre avec sa femme. La police s'y rend, somme le criminel de se rendre. Un coup de feu lui répond. En entrant dans l'appartement, les policiers constatent la mort du cambrioleur. Ils en déduisent qu'acculé, il s'est fait justice, après avoir assassiné la maîtresse de maison.
L'inspecteur Douarel trouve néanmoins cela étrange. D'abord, l'individu aurait pu s'échapper: il y avait une issue; ensuite, pourquoi s'est-il suicidé en serrant dans sa main la photo d'une femme? L'affaire est classée, mais Douarel décide de poursuivre l'enquête.

Critique:
Le livre est court, donc il ne souffre pas de longueurs. À l'époque des romans policiers de plus de 500 pages, il est reposant de lire un petit livre sans prétention, qui n'a pas besoin de s'étendre sur des tonnes de pages pour être agréable et palpitant.
Le lecteur tique un peu lorsqu'au départ, Douarel est le seul qui trouve l'histoire étrange, mais après tout, c'est un topos du genre.

Bien sûr, on éprouve une grande pitié pour le personnage de François Claudier, et en même temps, on admire sa droiture. On aurait aisément compris qu'un homme ayant connu tant de malchance devînt criminel ou fou. C'est donc un personnage admirable, même si on me rétorquera qu'il est trop parfait. D'habitude, la perfection m'agace, dans les romans, mais ici, il y a un tel contraste entre François et les aspirations malheureusement banales de Raoul, qu'à tout prendre, on préfèrera louer la perfection.
En outre, il est agréable, de nos jours, de lire (même dans un roman) que des gens se portent garants de l'honnêteté de quelqu'un. Ici, malgré les apparences, les gens qui connaissaient François n'ont pas pensé un seul instant qu'il fût réellement coupable.

L'auteur sait ménager le suspense en utilisant la ficelle un peu éculée du policier qui, après quelques fouilles, finit par découvrir les grandes lignes de l'affaire, mais qui, n'ayant pas encore toutes les cartes en main, ne dévoile pas ce qu'il sait.

J'ai bien aimé le dernier sursaut de la fin... cela fait un peu justice naturelle. C'est reposant de lire des romans où le méchant est puni. Ça fait plaisir. ;-)

C'est un livre repose-tête. Ce n'est pas l'énigme du siècle, mais c'est un roman bien ficelé, qui se tient, et qui est agréable à lire.

Éditeur: Librairie des Champs-Élysées.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Arlette Bratschi pour la Bibliothèque Braille Romande.

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lundi, 14 juin 2010

Sardines à la sauce diable, de Pierre Salva.

Sardines a la sauce diable

L'ouvrage:
Henri a parfois des pulsions. Il rencontre une femme, et la tue. Il en a besoin, il ne peut se contrôler.
Ce jour-là, il rencontre Stéphanie. Il sent tout de suite qu'avec elle, ce sera différent. Au bout d'une journée, il est amoureux. En outre, à travers certains propos et actes de la jeune femme, il lui semble déceler une félure en elle. Il est sûr que cela les rapproche.

Critique:
Voilà un roman très bien tourné, une histoire de manipulation très réussie. Le lecteur se doute bien que certaines ne vont pas, mais il ne se doute pas que ce roman à l'allure banale est une machine infernale bien huilée. Le lecteur est d'autant plus perdu que l'histoire ne commence pas par la rencontre avec Stéphanie. Il y a le présent d'Henri, puis des retours en arrière où on assiste à sa rencontre, puis à ce qu'il vit avec Stéphanie.

Autre chose est intéressant: les faits sont interprétés de plusieurs façons. Nous les vivons d'abord avec Henri, à travers ses yeux, puis la police lui en donne une autre interprétation. Et tout se tient. C'était justement le but, mais dans ce genre de romans, il y a des incohérences. Or, là, on comprend mieux certaines choses lorsqu'on en connaît la réelle finalité. Bon, il est un peu gros qu'un chat accepte de prendre de la drogue, même s'il est affamé, mais on va dire que l'auteur ne s'en sort pas trop mal avec cette théorie, en la détaillant, en l'expliquant longuement.

Le personnage d'Henri est complexe. Le lecteur ne peut s'empêcher de le plaindre, à cause de ce qui lui arrive, et aussi parce qu'à partir du moment où les choses se précisent, il continue d'espérer... mais à cause du passé qu'il nous raconte, il inspire le dégoût. Stéphanie aurait-elle pu être son remède, comme il le prétend? On peut en douter.
Il est également exaspérant, car jusqu'au dernier moment, il espère. Et puis, je n'ai pas aimé sa décision finale. La preuve qu'il venait d'avoir aurait dû le persuader d'essayer encore de sauver sa peau. Il aurait pu montrer cette dernière chose, et arguer que c'était une preuve, indirecte, certes, mais tout de même, de son innocence. Surtout que puisqu'il a raconté son histoire en long, en large, et en travers au juge, la chose, l'endroit d'où elle vient, et le mot auraient dû corroborer ses dires. C'est l'une des faiblesses du roman, à mon avis.

Une autre faiblesse de ce roman est qu'il souffre de longueurs. Il est court, mais n'est pas dense. J'aurais préféré qu'il fût plus court, mais traînât moins. Ça m'a vraiment agacée. C'est dommage, car on savoure moins le roman, alors que l'auteur a eu une très bonne idée.

Éditeur: Librairie des Champs-Élysées.
La version audio que j'ai entendu a été enregistrée par Arlette Bratschi pour la Bibliothèque Braille Romande.

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lundi, 2 mars 2009

Les mains de feu, de Gilbert Tanugi.

Les mains de feu

Note: Je n'ai pas trouvé l'orthographe des noms propres. N'hésitez pas à me signaler mes erreurs sur ces noms.)

L'ouvrage:
Le narrateur dont nous ignorons le nom est écrivain. Il est également devenu expert en art, et sait différencier un vrai d'un faux tableau.
Un jour, il se retrouve invité à un cocktail dans les bureaux de la police. Là, il fait la connaissance du commissaire Raymond Blansel. Après une autre rencontre, celui-ci finit par lui avouer qu'il est rongé par une vieille enquête. Il se sent coupable de la mort du saxophoniste Stanislas Borrots. En effet, il l'avait traqué dans une affaire de meurtre, et à présent, il craint que son acharnement ait précipité la fin du malheureux. Il demande donc au narrateur d'enquêter sur cette mort, sur ce personnage, en utilisant ses talents de journaliste.

Critique:
C'est un polar sympathique. On le lit pour se détendre. Il n'est pas très long et est donc vite lu. On se laisse emporter dans l'enquête du narrateur, on finit par penser bien connaître Stanislas Borrots.

Ce livre semble être un polar sans trop de surprises. Les "découvertes" du narrateur nous semblent intéressantes, mais l'histoire qu'il nous dévoile est assez banale. On se prend à soupirer d'agacement devant le personnage superficiel de Georgette. On imagine l'histoire d'amour complexe de Stanislas et d'Héléna...
On se laisse donc prendre au jeu de l'auteur qui finit par sortir une autre carte de sa manche: le nom du véritable meurtrier du saxophoniste. L'auteur parsème son livre d'indices qui, bien sûr, nous paraissent être d'énormes indications une fois qu'on connaît la fin. Bien sûr que telle chose explique telle autre, que telle façon de faire de la part de l'auteur n'est pas anodine... Mais ces indices sont insérés de manière fine et intelligente, ce qui fait que l'idée ne vient pas à l'esprit.
On pourra me rétorquer que cette dernière carte est une ficelle éculée. Peut-être. Mais ici, elle est employée à bon escient, et je n'ai pas deviné où l'auteur voulait en venir avant qu'il ne le dévoile.

Ne vous attendez pas au thriller avec sueurs froides, mais à un polar sympathique et divertissant.

Éditeur: Librairie des Champs-Élysées.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Arlette Bratschi pour la Bibliothèque Braille Romande.

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lundi, 1 décembre 2008

Les enfants dont personne ne voulait, d'Helen Doss.

Les enfants dont personne ne voulait

L'ouvrage:
Carl et Helen ne peuvent pas avoir d'enfants, car Helen est stérile. Pourtant, elle rêve d'élever une famille. Après un moment d'abattement, elle s'avisa qu'il y avait des enfants à adopter, des enfants qui ne demandaient que cela: être aimés. Son mari et elle firent les démarches.

Après plusieurs refus, principalement dus à la précarité de la situation du jeune couple, Carl et Helen finirent par adopter Donald. Il sera le premier d'une longue série...

Critique:
Ce témoignage fut publié en 1955, et il est terriblement actuel.
Helen nous conte avec humour et finesse l'histoire de sa vie et de sa famille. Son livre n'est pas du tout larmoyant ou mièvre. Bien sûr, son désir incommensurable d'enfants m'a un peu agacée, me faisant dire plusieurs fois qu'il n'y avait pas que les enfants, dans la vie, mais au moins, on sait pourquoi Carl et Helen ont adopté tous ces enfants (je ne vous dis pas combien il y en a, même si, malheureusement, la quatrième de couverture dévoile le nombre): pour les aimer. Ils n'ont pas fait la réflexion que j'entends trop souvent, et qui me fait bondir: "Je veux que ce soit un enfant de mon sang." Cet argument n'a pas lieu d'être, à mes yeux. Ce qui compte, c'est l'amour que l'on donne et que l'on reçoit. C'est ce que Carl et Helen nous racontent ici.

L'humour est introduit de plusieurs manières. D'abord, Helen relate certains épisodes en choisissant de nous en montrer le côté amusant, même si, sur le moment, elle était plus exaspérée qu'amusée. Par exemple, Donald se promenant partout, mettant tout ce qui se trouvait à sa portée dans sa bouche, et plus tard, étalant des contenus de sandwiches sur les sièges, dans le train...
Certaines conversations des enfants aussi sont amusantes, notamment le «Rita est tombée par la fenêtre», ou le «Tu m'aimes?».
Il y a aussi ce charmant mot de Laura, approuvée par les autres enfants, lorsqu'ils apprennent que quelqu'un dans leur entourage va avoir un petit frère.
«Est-ce que votre mère va aller à l'orphelinat, et l'adoptera?
(...)
-Mais non, elle va simplement aller à l'hôpital et le faire naître.
(...)
-Eh bien, ne vous inquiétez pas. Je suppose qu'elle finira quand même par l'aimer vraiment.»
Il est également amusant de lire les colères de Carl, qui, chaque fois qu'Helen souhaite adopter un ou plusieurs nouveaux enfants, soupire: «Bon, d'accord, mais c'est le dernier!» Les circonstances dans lesquelles le couple décide d'adopter les trois derniers enfants sont d'autant plus amusantes.

Après Donald, Helen et Carl adopteront des enfants d'origine étrangère, car ils se sont rendus compte que personne n'en veut, justement à cause de leur origine étrangère. Plusieurs fois, Helen explique à quel point le racisme la révolte, et qu'elle reste sans voix devant son ampleur. Elle analyse avec brio les raisons du racisme. Rien que pour ces passages, ce livre est à lire absolument, et à faire acquérir à tous les racistes!

Je n'avais pas un très bon a priori sur ce livre, à cause du sujet traité. Je l'ai emprunté parce qu'il était lu par Arlette Bratschi (pour la Bibliothèque Braille Romande). J'ai découvert un témoignage de qualité, une famille soudée, deux adultes désireux de bien faire, et toujours humbles. Cette famille force l'admiration. Bien sûr, Helen nous montre plutôt les bons côtés, mais elle nous parle quand même des points négatifs: du fait qu'elle a souvent du mal à tout gérer, etc.
Je vous conseille ce livre qui met de bonne humeur.

Éditeur: Calmann-Lévy.

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