Lecteur : Bourge Brigitte

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vendredi, 17 juin 2011

Les aventures de Peggy Meetchum, tome 3: Iceberg LTD, de Serge Brussolo.

Iceberg ltd

L'ouvrage:
Après les mésaventures que Peggy vécut à cause du club des dévorés vifs, elle quitta la Floride pour s'établir en Californie où elle ouvrit une boutique de planches de surf. Cela ne lui réussit pas, son commerce périclita.
C'est alors qu'une jeune japonaise, Yuki, vint lui demander son aide: elle voulait retrouver l'avion de son père, écrasé au Pôle Nord. La jeune femme était persuadée que son père était encore vivant. Elle voulait que Peggy l'aidât, car elle savait que personne ne s'aventurerait à cet endroit du Pôle.
Peggy accepta.
Mais pour une telle mission, les deux jeunes femmes doivent être escortées de quelqu'un qui connaît le pôle et ses icebergs, quelqu'un qui brave les dangers, que ce soit par vanité, par inconscience, ou par désespoir. Cette personne, c'est Rolf Amundssen, surnommé le capitaine Suicide.

Critique:
Tout comme les deux tomes précédents, ce volume est bien pensé. L'intrigue ne connaît pas de temps morts. Le lecteur est pris dans un faisceau de faits, de superstitions, tout cela enveloppé de mystère, et agrémenté d'une bonne dose de frayeur. C'est justement cette peur que l'auteur sait distiller avec art, l'exacerbant, l'apaisant un temps pour l'abattre d'autant plus brusquement et traîtreusement sur ses personnages et le lecteur, ce qui brouille leur jugement. Par exemple, Peggy reconnaît que guidée par la peur, elle est plus facilement encline à croire des aberrations. Le lecteur se surprend à réagir comme elle. Lorsque le cuisinier du bateau raconte ses contes à dormir debout avec conviction, la peur est tellement forte que même un esprit rationnel est tenté de s'y laisser prendre. Bien sûr, si Brussolo avait fini par choisir cette voie facile, si tout ce que disait le cuisinier avait été confirmé, j'aurais crié à l'incohérence, mais lorsqu'on est en plein dans l'histoire, on ne peut s'empêcher d'être contaminé par la panique ambiante.
La peur est alimentée par de multiple rebondissements de toutes sortes. Ils sont tous appropriés et cohérents. En outre, les héros connaissent de nombreuses péripéties toutes plus passionnantes les unes que les autres.
J'aime particulièrement le moment où ils sont sur l'iceberg. D'abord parce qu'ils découvrent quelque chose d'extraordinaire, une chose comme on n'en voit que dans les romans de Brussolo, et qui, là encore montre la folie à grande échelle. L'auteur pousse même le raffinement jusqu'à rendre cela vraisemblable.
L'autre raison qui m'a fait apprécier ce moment est secondaire: Brussolo y décrit en détails une ambiance glacée. J'aime beaucoup ce genre de description du froid, de ses conséquences, etc.

Certains mécanismes sont peut-être un peu gros. Par exemple, l'auteur répète une chose pour bien l'entrer dans la tête du lecteur. C'est ensuite que différents paramètres entrent en jeu, déstabilisant le lecteur qui prenait certaines choses pour acquises. Ce procédé est fréquemment utilisé. Ici, je le pardonne volontiers à l'auteur, car il est finement inséré dans l'intrigue.

Une autre ficelle assez connue est utilisée: celle où une histoire a plusieurs versions selon qu'elle est racontée par tel ou tel personnage. Là encore, la ficelle est connue, mais bien utilisée. Étant donné le contexte, elle apporte une dimension réaliste à l'histoire.

Au début, l'auteur plonge (si j'ose dire) son lecteur dans l'action, puis raconte comment les personnage en sont arrivés là. C'est un procédé fréquent que je n'aime pas trop, mais ici, il ne dure pas, donc il ne m'a pas gênée.

En général, dans les romans de Brussolo, seul le personnage principal est sympathique. Ici, outre Peggy, certains autres le sont. Rolf semble caractériel, et plus on en apprend sur lui, plus on le trouve antipathique. Cependant, il a une espèce de charisme qu'on ne peut nier. De plus, les épreuves le rendent plus avisé, elles semblent le mûrir. Sa décision finale paraît folle, mais les raisons qu'il donnent sont vraisemblables.
Et comment ne pas trouver Iniouk sympathique? Il restera mystérieux jusqu'au bout. Tantôt jouant un rôle, tantôt se montrant tout autre, et sous ses airs désinvoltes et intéressés, se préoccupant réellement des autres. Il suscitera le rire, l'exaspération, l'émotion...

Bien sûr, Peggy reste sympathique. Elle est égale à elle-même. J'ai trouvé intéressant que Brussolo ait glissé des allusions à sa soeur, expliquant certaines blessures et façons d'agir de la jeune femme.
Par exemple, j'ai apprécié le fait que l'histoire de Rolf éveille des échos chez elle. Tous deux se sentent coupables, et rien ne pourra atténuer leur culpabilité, car le remède serait tout simplement que la chose ne soit jamais arrivée. L'auteur explique bien ce sentiment et l'impuissance de ceux qui l'éprouvent.

Le livre est bien écrit. Le style est fluide. Si Brussolo peut parfois tomber dans le travers de la crudité (ce que je n'aime pas trop), ce roman en est exempt.

Remarque annexe:
J'ai bien ri de l'interprétation du médecin de Rolf: ses crises d'asthme nocturnes seraient des noyades fictives engendrées par sa culpabilité.

Note: J'ai lu ce roman dans le cadre du challenge Serge Brussolo organisé par Bambi Slaughter.

Éditeur: Gérard de Villiers.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Brigitte Bourge.

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jeudi, 16 juin 2011

Les aventures de Peggy Meetchum, tome 2: Baignade accompagnée, de Serge Brussolo.

Baignade accompagnée

L'ouvrage:
Peggy vit toujours en Floride. Pour gagner sa vie, elle organise des expéditions touristiques, des visites guidées d'une épave immergée. C'était le projet de son patron avant qu'il ne meure, terrassé par une crise cardiaque: l'épave sur laquelle courent des histoires extravagantes.
Pour arrondir ses fins de mois, Peggy a un autre travail: pour le compte d'un laboratoire pharmaceutique, elle surveille une réserve de requins. Elle doit les nourrir, et s'assurer que tout est en ordre.

Un jour, alors qu'elle est dans l'épave, elle trouve un cylindre contenant un flacon empli d'un liquide étrange. Elle pense que c'est encore un coup du chef du club des dévorés vifs: des infirmes, rescapés après avoir été mordus par des requins. Depuis des semaines, ils harcèlent Peggy pour qu'elle les aide à kidnapper un requin.
La jeune femme prend le cylindre, et le ramène à la surface.

Critique:
Le livre démarre peut-être un peu lentement, mais c'est nécessaire à l'auteur pour bien planter un décor, et donner des détails qui, au départ, paraissent anodins, mais qui ont leur importance.
J'ai apprécié de découvrir (au début, et tout au long du roman), des informations sur les requins, la plongée, l'univers marin.

Ensuite, l'intrigue devient ce que j'appelle une histoire à tiroirs. C'est-à-dire qu'un rebondissement, une énigme en appellent d'autres, et on a l'impression qu'on ne sortira jamais du puzzle terrifiant dans lequel Brussolo nous a plongés. Même si je me doutais de certaines choses, l'auteur a réussi à me surprendre.
Outre cette quête quasi-impossible du mystérieux flacon, j'ai apprécié le fait qu'il nous fasse oublier la requête des dévorés vifs pour mieux nous la rappeler d'une cruelle et douloureuse façon...
Il a aussi créé un rebondissement à un moment où je ne l'attendais pas, alors qu'il était évident. Portée par l'intrigue, je n'y avais pas pensé.

J'ai trouvé l'affrontement final entre Peggy et Wang intéressant. On ne peut s'empêcher de se demander comment on aurait réagi à leur place. Et ensuite, comment supporter le poids d'une telle décision, même s'il n'y avait rien d'autre à faire. Tout cela est très complexe. C'est une question dont il serait intéressant de débattre. Au fond, je pense que j'aurais réagi comme Peggy, et que j'aurais aimé que quelqu'un ait le bon sens de Wang, et me donne un somnifère.

Comme dans beaucoup de ses romans, Serge Brussolo nous régale d'une étourdissante description de l'extrême. Ici, il s'attaque aux résultats de la prise d'une drogue très forte, sans oublier toutes les hormones sécrétées par le corps lors d'un violent effort physique. J'ai trouvé cela très intéressant.
On retrouve également la folie à grande échelle avec le club des dévorés vifs. Comme d'habitude, Brussolo excelle à décrire ce genre de choses.

Ne vous attendez pas à vous attacher aux personnages. Si Peggy et Wang sont sympathiques, les autres sont détestables. C'est le schéma de tout roman brussolien.
Brandon est un sale gosse qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez.
Quant à Boyett, outre son obsession ridicule dont on sait qu'elle ne le mènera nulle part, il est fat et opportuniste.

Remarque annexe:
Le passage sur les parents de Peggy est le même que dans «Les enfants du crépuscule».

Note: J'ai lu ce roman dans le cadre du challenge Serge Brussolo organisé par Bambi Slaughter.

Éditeur: Gérard de Villiers.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Brigitte Bourge.

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mercredi, 15 juin 2011

Les aventures de Peggy Meetchum, tome 1: Les enfants du crépuscule, de Serge Brussolo.

Les enfants du crépuscule

L'ouvrage:
Peggy Meetchum vit à Kay West, en Floride. Un jour, on la contacte pour qu'elle vienne reconnaître le corps de sa soeur, Lisa. Celle-ci a été assassinée. Peggy se lance dans une enquête visant à retrouver le meurtrier de sa soeur.

Critique:
Ce roman commence de manière classique: un meurtre qu'un membre de la famille de la victime veut élucider. Si le roman semble balisé, il ne faut pas s'y tromper. Pour la plus grande joie du lecteur, Brussolo utilise les codes du roman policier, mais les imprègne de son inimitable talent. Bien sûr, Peggy soupçonne plusieurs personne: cette ficelle a été utilisée en abondance. Mais Brussolo parvient à la rendre crédible. D'abord, toutes les théories échafaudées par Peggy sont vraisemblables, et au lieu d'être du remplissage pendant lequel le lecteur soupire d'ennui, ce sont autant de pièces d'un puzzle dément qui font monter l'angoisse. En outre, dans les romans policiers où on s'amuse à soupçonner plusieurs personnes, à la fin, il n'y a qu'une théorie à retenir. Ici, les choses se compliquent: des intrigues, des secrets de famille viennent s'ajouter au mystère de la mort de Lisa, rendant certaines théories en partie véridiques.

On retrouve un schéma que j'aime beaucoup: au lieu de stagner, Brussolo épaissit son histoire en doublant la première énigme d'une multitude d'autres. Assortissant cela d'une ambiance lugubre, d'histoires rocambolesques, et surtout, de l'exposition sans complaisance de la folie à grande échelle.
Ce thème est repris dans d'autres romans, ainsi que d'autres (labyrinthe piégé, voire inviolable), et à chaque fois, l'auteur parvient à exploiter ces thèmes en les renouvelant. Je trouve cela fascinant, et très fort de sa part.
On retrouve aussi le thème de la chiromancie, ce qui rappelle un peu «La route obscure», même si les intrigues de ces deux romans ne se ressemblent pas du tout.
Les deux jeunes gens ayant toujours connu certains paramètres, et dont on est sûr qu'ils ne pourraient s'adapter dans un autre milieu rappellent le début de «Dernières lueurs avant la nuit»
Le culte de l'enfant roi (reine, ici), rappelle également ce roman, ainsi que «La maison des murmures». (Ces deux romans sont ultérieurs à «Les enfants du crépuscule».) Même si les intrigues sont différentes, les trois romans prônent l'enfance comme une sorte de paradis duquel il est préférable de ne jamais sortir: soit on meurt, soit on a recours à des artifices pour y rester, soit on en est chassé, et on est forcé de changer.

Si le personnage principal est sympathique, d'autres le sont, à l'inverse d'autres romans de Brussolo: Lisa, Jod, Laurie, Dottie... Quant à Hiram McGregor, on éprouvera une sorte d'émerveillement teinté de dégoût et de pitié pour lui.
L'auteur a pris la peine de creuser le personnage de Peggy: elle a un passé tumultueux, et si elle mène l'enquête, c'est peut-être plus parce qu'elle regrette que les choses aient mal tourné entre Lisa et elle que par réel amour.

Remarque annexe:
Les personnes âgées acariâtres qui vivent en recréant les décors des années où elles étaient jeunes méritent d'être mentionnées. Elles font rire et froid dans le dos...

Note: Il avait été envisagé d'intituler ce livre «La poupée qui grimaçait». Je trouve que ce titre aurait été plus adapté, car évoquant davantage d'aspects du roman, et étant plus angoissant que «Les enfants du crépuscule».

Note: J'ai lu ce roman dans le cadre du challenge Serge Brussolo organisé par Bambi Slaughter.

Éditeur: éditions du Masque.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Brigitte Bourge.

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samedi, 21 août 2010

Le château d'encre, de Serge Brussolo.

Le château d'encre

L'ouvrage:
Le narrateur, un enfant de onze ans, vit avec sa mère (Sarah) et sa soeur (Dorine) dans le château d'encre. Ils ne supportent pas la trop forte lumière, et doivent rester dans la pénombre. C'est le cas de tous les habitants de la planète, mais ils se prémunissent contre n'importe quel mal grâce à leurs ombres. Ces ombres sont des parasites constitués de bactéries formant une espèce de pâte noirâtre qui ne peuvent subsister qu'en se nourrissant de maux humains.

Dorine tient un petit commerce: elle «répare» les ombres qui n'ont pas assez à manger ou se font estropier au hasard des trajets de leurs humains. Elle les maquille aussi, lorsque les hommes le demandent.

Un jour, Jonathan Blitz débarque. Il est montreur d'ombres.

Critique:
Ce petit roman présente à merveille cette histoire d'ombres parasites. Avec l'art dont il est coutumier, Brussolo exploite l'idée sous toutes ses coutures. Au départ, c'est une bonne idée, mais on se rend compte que la solution n'est pas sans failles. Par exemple, les ombres peuvent être mal nourries car leurs humains sont trop bien portants. Ou bien, si une ombre meurt ou est trop endommagée, tous les maux qu'elle n'a pas digérés s'abattent en même temps sur l'humain auquel elle était attachée.
Ensuite, le racisme humain s'en mêle: telle caste ne veut pas une ombre de la même couleur que telle autre. Tout cela est terriblement réaliste.

Le personnage du narrateur est assez déstabilisant. Son comportement change envers les ombres de manière trop radicale. Au départ, le lecteur en est surpris. En fait, le jeune narrateur est égoïste et s'ennuie. Il agit donc au gré de ses humeurs sans trop se demander si ça peut blesser quelqu'un. Même quand il fait le bien, il le fait pour passer le temps.
Ce garçonnet n'est pas toujours crédible, il ne ressemble pas vraiment à un enfant, mais c'est le lot des enfants brussoliens, sauf qu'en général, ils sont plus sages et posés que les adultes, alors qu'ici, le narrateur est déboussolé parce qu'il est à la fois couvé et livré à lui-même. Il m'a tout de même paru invraisemblable en tant qu'enfant.

Sarah est étrange, et pas vraiment sympathique. Elle semble inadaptée, malgré le travail qu'elle fait. La preuve en est d'ailleurs donnée à la fin. L'auteur la nimbe de mystère, mais elle m'a plus agacée que donné envie de la découvrir. Elle est trop floue, trop étrange, et semble trop lunatique pour qu'on l'apprécie.
Dorine est plus intéressante. Elle n'aime pas sa vie, mais fait avec, et en tire le meilleur parti possible. Elle est énergique, volontaire, et saura saisir l'occasion de se débarrasser de ses chaînes.
Sarah représente le conservatisme, Dorine représente le progrès, et le narrateur est au milieu de cela, à se débattre entre des vents contraires qui le rendent fou et méchant.

J'ai lu quelque part que certains fans de Brussolo n'appréciaient pas ce petit roman. Pourtant, il développe de bonnes idées, et son intrigue est plaisante. On ne peut pas dire qu'il y ait des longueurs... Malgré certains personnages peu sympathiques, et des passages un peu crus, les idées valent la peine, et ce petit roman mérite d'être lu.

Note: J'ai lu ce roman dans le cadre du challenge Serge Brussolo organisé par Bambi Slaughter.

Éditeur: Denoël.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Brigitte Bourge.

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lundi, 3 septembre 2007

Les roses de Guernesey, de Charlotte Link.

Les roses de Guernesey

L'ouvrage:
Béatrice Shaye a soixante-dix ans. Elle a passé la presque totalité de sa vie sur l'île de Guernesey. Elle partage sa maison avec Hélène Feldmann. Sa meilleure amie, May, habite elle aussi sur l'île.

Le fils de Béatrice, Alan, est avocat. Il soupire après Maya, la petite-fille de May. Maya est insouciante. Elle rêve de se faire entretenir. Elle collectionne les amants, et en change aussi souvent qu'on se brosse les dents.

Franca Palmer est allemande. Elle souffre de crises d'angoisse. Elle est facilement déstabilisée, et a besoin de tranquillisants pour affronter la vie. A cause de cela, elle ne travaille plus. Elle ne semble pas pouvoir se remettre de ces crises. Elle s'enfonce de plus en plus dans la dépression.

Franca fait parfois de petits voyages à Guernesey. Elle retire de l'argent que son mari y a entreposé pour échapper au fisc. A l'occasion de l'un de ces voyage, Franca est prise d'une crise de panique. Malheureusement, elle n'a pas ses comprimés salvateurs. C'est ainsi qu'elle rencontre Alan. Cette rencontre sera déterminante pour la jeune femme, car elle va ensuite rencontrer Béatrice, et va s'intéresser au passé de celle-ci, pendant l'occupation.

Critique:
Ce roman, par certains côtés, m'a fait penser à "L'invité de la dernière heure". Certaines constructions, l'évolution des personnages évoquent ce roman. Comme "Les roses de Guernesey" a été écrit avant, je devrais dire que c'est plutôt dans "L'invité de la dernière heure" que Charlotte Link a repris ces aspects.
L'attitude du mari de Franca et celle du mari de Karen ne sont pas très éloignées. Tous deux rabaissent sans arrêt leurs femmes, et critiquent ce qu'elles disent et font.
De même, l'évolution de Franca et celle de Karen sont semblables. Les deux femmes sont confrontées à une situation à laquelle elles doivent faire face. Elles n'ont aucune autre solution. Elles sont terrorisées, mais sont absolument obligées d'agir. Cela les pousse à prendre des responsabilités, des décisions. Et à la fin du roman, elles sont en bonne voie de guérison.

Le personnage de Maya est assez caricatural. Pourtant, il existe des personnes comme ça. Donc, elle est plutôt réaliste. Par contre, son revirement, à la fin, ne l'est pas vraiment.
La situation qu'Alan et elle vivent est également assez commune. Là encore, si Alan finit par être sur la voie de la guérison, c'est à cause d'une situation dans laquelle il ne peut pas se permettre de pleurer sur son sort.

On voit certaines choses venir. J'ai su très vite qu'il se passait quelque chose avec Kevin.
J'avais trouvé certaines autres choses avant les personnages.

Je n'aime pas Julien. D'abord parce qu'il ne fait pas grand cas de l'amour que lui porte la jeune femme qu'il a séduite lorsqu'elle avait quinze ans. Il se fiche éperdument de ce qui arrivera après que monsieur aura fait son caprice. Je lui préfère de loin Frédéric. Dommage que Béatrice n'ait pas pu aimer ce dernier.
Globalement, le personnage de Julien ne me plaît pas.

Que dire d'Hélène? Sûrement le personnage le plus complexe du roman. C'est volontairement que je ne l'évoque pas plus, car le lecteur doit découvrir seul ce personnage et le lien étrange et compliqué qui l'unit à Béatrice. On ne sait pas si on doit lui en vouloir ou la plaindre...

En dehors des personnages, le roman est riche en histoires se recoupant. Il dépeint également la période de l'occupation. Bien sûr, beaucoup de romans parlent de la seconde guerre mondiale. Ce roman est une pierre de plus dans l'édifice qui fait que l'on n'oubliera jamais cette guerre. Les points abordés sont intéressants: la tyrannie de l'occupant (surtout quand celui-ci est instable), l'obligation de devoir se cacher, certaines attitudes des gens "occupés"...

Certaines ficelles sont peut-être un peu faciles, mais ce roman est très intéressant. On ne le lâche pas, on veut savoir la suite. Donc, malgré certains défauts, il est captivant, et rien que pour cela, il est à lire.

Note: J'ai lu la version éditée aux Presses de la cité en un seul volume. Mais le roman a également été publié en deux tomes chez J'ai lu. Voici les titres:
1: Le fardeau du passé
2: La brume se lève

Éditeur: Presses de la cité.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Brigitte Bourge.

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