Lecteur : Bieber Fanny

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vendredi, 23 janvier 2015

Une nuit de trop, de James Patterson.

Une nuit de trop

L'ouvrage:
Ce jour-là, Lauren Stillwell décide d'aller retrouver son mari pour déjeuner. C'est alors qu'elle le voit en compagnie d'une belle blonde. Pensant qu'il la trompe, elle décide d'en faire autant. Elle ne sait pas que ses ennuis ne font que commencer.

Critique:
James Patterson utilise une technique qui fonctionne assez bien lorsqu'elle est maîtrisée: il enchaîne les événements sans que le lecteur ait trop le temps de souffler. Il précipite ses personnages dans des péripéties effrénées qui les plongent dans des abîmes de confusion, de questions, etc. Ici, Lauren, la narratrice, doit faire face aux événements tout en se débattant avec sa conscience, et en décidant très vite ce qu'elle doit faire. Le lecteur se mettra facilement à sa place: elle panique, est effrayée, se sent acculée, elle doit trouver la meilleure solution. James Patterson fait très bien ressentir cela au lecteur. Tout en me mettant à la place de l'héroïne, j'ai parfois désapprouvé ses actes.

L'auteur fait en sorte de ménager un certain suspense. Dans ce genre de romans, où chaque événement est source de questions ou de découvertes, il y a forcément quelques failles. Ici, il est un peu étrange que Lauren n'ait jamais soupçonné l'un des personnages. Elle aurait pu, par exemple, trouver son attitude curieuse, à certains moments. Seulement, si l'auteur avait introduit cela, le lecteur aurait douté.
En outre, il est un peu étrange que l'héroïne ait été dupée ainsi... Là encore, l'auteur ne pouvait faire autrement: il voulait ménager son suspense, mais c'est au détriment de la solidité de certains raisonnements.
D'autres éléments sont un peu gros, notamment ce qui arrive concernant l'arme de Scott et les lunettes de Paul. Cela s'insère bien dans l'histoire, mais ce n'est pas vraiment crédible. Néanmoins, cela ne gâche pas la lecture.

Lauren est un personnage intéressant. C'est, apparemment, quelqu'un de bien, mais elle n'hésite pas longtemps avant de se salir les mains pour ce qu'elle croit être juste. À noter qu'elle n'agis pas uniquement pour elle.

Je recommande ce roman, parce que malgré quelques éléments un peu tirés par les cheveux, il remplit son office en immergeant le lecteur dans cette intrigue, en le tenant en haleine, en le poussant à se mettre à la place de l'héroïne.

Éditeur: l'Archipel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Fanny Bieber pour la Ligue Braille.

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vendredi, 20 mai 2011

J'ai épousé un inconnu, de Patricia Macdonald.

J'ai épousé un inconnu

L'ouvrage:
Emma et David se connaissent depuis quelques mois. Ils ont eu le coup de foudre. Aujourd'hui, ils se marient. C'est le plus beau jour de la vie d'Emma.

Son beau rêve s'écroule lorsqu'elle est agressée, dans le chalet de l'oncle de David, où les jeunes mariés passent leur lune de miel. La police soupçonne aussitôt David, qui n'était pas là lors de l'agression, et qu'on a retrouvé dans les bois, peu après.

Critique:
J'avais décidé de ne plus lire de romans de Patricia Macdonald, car je trouvais qu'elle se rapprochait dangereusement de Mary Higgins Clark. Pourtant, dans les commentaires de ma critique de «Rapt de nuit», quelqu'un m'a dit que si «Rapt de nuit» n'était pas bien, «J'ai épousé un inconnu» était vraiment très bien. J'ai donc tenté l'aventure.
Mal m'en a pris! Quoi de plus classique, voire remâché, que l'intrigue? Bien sûr, il y a un rebondissement (un seul), mais outre qu'il se fait attendre (et que le lecteur se traîne péniblement d'agressions en découvertes macabres qui ne lui apportent rien, car il sait dès le début que quelqu'un en veut à la vie d'Emma), il est des plus communs. Je m'étais d'ailleurs doutée de quelque chose. Cet ingrédient a été utilisé à maintes reprises, et a perdu de sa saveur.
Et puis, le coup de foudre, c'est remâché aussi.

L'auteur nous lance trop vite sur la piste de David, puis elle nous fait soupçonner quelqu'un d'autre, puis la personne que soupçonne David, puis à nouveau David... c'est trop gros, et le lecteur sait très bien qu'il doit chercher le coupable ailleurs. Et puis, cette ficelle est tellement éculée que j'aurais honte de l'utiliser si j'étais l'auteur. Le lecteur sait aussi que quand un auteur répète trop une chose afin de la lui faire entrer dans le crâne, cette chose est souvent fausse. Je ne vous dirai pas quelle était la chose, ici, mais les personnages y font tellement allusion qu'elle m'a paru trop abordée pour être vraie.

Les personnages ne sont pas épais.
Emma est une gourde. Elle montre bien un peu de jugeote lorsqu'elle tente de découvrir d'où vient l'un de ses «cadeaux» de mariage, mais à part ça, elle est plutôt agaçante à pleurnicher et à s'apitoyer sur son sort, à juger les autres sans se regarder. Sa crise quant au contrat de mariage est particulièrement agaçante. Bien sûr, elle fait ce qu'elle veut, mais ce n'était pas la peine de jouer les outragées. Elle n'avait qu'à refuser calmement, point barre.


David n'est pas très épais non plus.

Bref, intrigue insipide, rebondissement attendu, longueurs à foison... je pense que la prochaine fois, je n'écouterai pas ceux qui me diront que tel livre de Patricia Macdonald est bon!

Éditeur: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Fanny Bieber pour la Ligue Braille.
Le seul plaisir que j'ai pris à écouter ce livre a été d'entendre cette lectrice que je ne connaissais pas. Elle a une voix et une façon de lire agréables.

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mardi, 10 mai 2011

Le carré de la vengeance, de Pieter Aspe.

Le carré de la vengeance

L'ouvrage:
La police de Bruges est confrontée à un mystère des plus insolites: la bijouterie de Groove a été cambriolée. Les malfaiteurs connaissaient le code de l'alarme. En outre, ils n'ont rien volé. Ils ont fait fondre tous les bijoux dans un bain d'acide.

Critique:
Le début du roman est original parce que la façon d'agir des malfrats montre bien qu'ils ont quelque chose de personnel contre les de Groove, et que l'idée du bain d'acide montre quelque chose d'assez raffiné.
En outre, le lecteur connaît assez vite les noms des coupables, et il sait comment ils s'y prennent pour passer inaperçu. Connaître leurs noms n'avance pas à grand-chose, mais j'ai trouvé ça moins frustrant et plus intéressant que la ficelle trop utilisée consistant à taire le nom du coupable jusqu'au bout. Cela entretient le mystère tout en accordant une miette d'explication au lecteur, car les personnages parlent de ce qu'ils veulent accomplir.

Vers la fin, le lecteur entend la même histoire racontée par trois personnages. Certains ajoutent des choses, d'autres en omettent... C'est assez intéressant, parce qu'ils ont tous l'air sincères, et jusqu'au récit final, le lecteur ne sait pas qui croire.

Mais après les premiers chapitres, le roman se traîne un peu. Il y a bien des révélations, des explications, des trouvailles, mais tout cela arrive vers la fin, et l'intrigue est un peu lente après un bon début.
C'est un peu rattrapé par le charisme de certains personnages, comme Van Hinn, qui, si j'ai bien compris, est un personnage récurrent. Il est d'ailleurs intéressant que Van Hinn, s'il a été blessé par la vie, ne soit pas aussi blasé que certains autres policiers récurrents dans d'autres séries.
Il y a quelques notes d'humour, notamment entre Van Hinn et le collègue qu'il fait semblant de mal connaître.

Le personnage de Hannelore Martens m'a un peu agacée. Certes, elle commence, et il est rafraîchissant qu'elle soit enthousiaste plutôt que blasée. Mais je l'ai trouvée un peu prétentieuse. Elle a de bonnes idées, et ses maladresses devraient me la rendre sympathique, mais je l'ai plutôt trouvée immature sur certains points. Normalement, on devrait la retrouver dans d'autres romans de Pieter Aspe. Ce sera une bonne occasion de la voir évoluer.

Quant à la famille de Groove... Je ne peux pas trop en parler, mais la fin ne fait qu'expliquer les raisons du mal-être et de l'aigreur de ses membres. Le désastre qu'est leur vie montre encore une fois qu'il ne vaut mieux pas obliger une personne à aller contre ses sentiments.

Remarques annexes:
La similitude de prénoms entre l'auteur et Van Hinn est amusante.
L'auteur se méprend quant à la signification de «palindrôme». Il dit que «rotas» est un palindrôme, parce que le «vengeur» a écrit «rotas» et «sator» sur le message laissé à la bijouterie. Ici, c'est juste une anagramme sans que les lettres aient été mélangées. Un palindrôme est un mot qui se lit de la même façon aussi bien de gauche à droite que de droite à gauche. Exemples: radar, Abba, Kassak, etc.

Éditeur: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Fanny Bieber pour la Ligue Braille.

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