Lecteur : Bezzi Manuella

Fil des billets - Fil des commentaires

jeudi, 18 novembre 2010

Les intrus, de Michael Marshall.

Les intrus

L'ouvrage:
Jack Whalen est un ancien policier. Il a publié un livre. Il travaille à un second volume quand il reçoit un coup de fil de Gary Fisher, un ancien camarade de lycée. Gary est devenu avocat, et s'intéresse à une affaire suspecte: un homme est accusé d'avoir tué sa femme et son fils, puis d'avoir mis le feu au corps de ce dernier. Gary est persuadé de son innocence, et il demande à Jack de l'aider. Celui-ci refuse.

C'est alors qu'une série d'événements fait basculer l'univers de Jack, et fait qu'il va devoir s'intéresser de plus près à l'affaire dont s'occupe Gary.

Critique:
Ce livre n'est pas un polar simple où on essaie d'élucider une affaire de meurtre. Il se complique d'une histoire de perte de portable, et de disparition d'enfant. Toutes ces intrigues croisées font que le lecteur ne s'ennuie pas, malgré l'épaisseur du roman.
Le lecteur habitué de romans policiers se doute bien que tout est lié, mais il ne voit pas trop comment.
Le thème du contrôle de l'esprit est exploré, notamment à travers le personnage de Madison. Cela m'a impressionnée, et captivée.

Tous ces points positifs sont gâchés par le reste.
D'abord, je n'ai pas aimé la solution de l'énigme, et encore moins la toute fin. Pourtant le livre est bien construit, et quand on a la solution, il n'y a aucune faille. Tout s'explique. Et puis, cette solution met en avant le désir de chacun d'entre nous.
Mais j'aurais préféré quelque chose de plus réel, ou quelque chose qui laisserait la place à tout le monde, qui ne sacrifierait personne, qui ne ferait pas de certains des êtres sans coeur... c'est mon côté idéaliste. En outre, si on comprend ce désir puisque c'est, je pense, celui de chacun, on n'aime pas que certains de ceux qui le réalisent soient des êtres qui n'en valent pas la peine.
Et puis, je savais que tout était lié, mais à la fin, on découvre que trop de choses sont liées pour que le tout paraisse vraisemblable.

De plus, les personnages ne sont pas vraiment creusés. Jack l'est peut-être un peu, mais c'est tout. On s'attache artificiellement à Madison, à Jack, à Amy, et à Gary parce qu'ils souffrent, mais ils ne sont pas très épais.

Éditeur: Michel Lafon. La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Manuella Bezzi pour la Bibliothèque Braille Romande.
J'apprécie cette lectrice qui met le ton approprié, et ne surjoue pas. J'ai été gênée qu'elle prononce certains noms en tentant de mettre un accent anglophone, mais heureusement, elle ne l'a pas fait systématiquement.

Acheter « Les intrus » sur Amazon

lundi, 25 octobre 2010

L'oeil de Caine, de Patrick Bauwen.

L'oeil de Caine

L'ouvrage:
Une nouvelle émission de télé réalité va être tournée. Elle s'appellera L'Oeil de Caine. Chaque candidat devra, au final, dévoiler le secret qui ronge sa vie.
Les choses se compliquent lorsque le bus qui transporte les participants vers le lieu où sera tournée l'émission est attaqué. Le chauffeur est tué, et les passagers sont neutralisés. Ils finissent par se réveiller dans une chapelle en plein désert. Seul, Thomas Lincoln se souvient de l'attaque du bus.

Critique:
J'ai un sentiment mitigé quant à ce livre. J'ai aimé le lire, j'ai passé un bon moment. J'ai même aimé la fin.
Seulement, cette fin, le lecteur avisé s'en doutera. L'auteur n'avait pas beaucoup de choix, il était allé trop loin, et n'avait que deux fins possibles. L'auteur parvient à surprendre un peu son lecteur par la soudaineté avec laquelle la chute arrive, mais comme on s'y attend, on est qu'à moitié étonné.
En outre, le livre démarre un peu lentement.

Attention! Si vous n'avez pas lu le livre, passez au paragraphe suivant.
Il y a des incohérences de scénario. Il faudrait relire le livre pour en être absolument sûr, mais... Si le faux embrasement de Cecil est expliqué, le faux meurtre de Francky ne l'est pas. Thomas le voit se faire assassiner par Seth, or, il découvre plus tard que Seth, c'est Francky.
De plus, on ne sait pas vraiment qui est la voix qui parle à Seth. Cela pourrait être sa voix intérieure, ou plutôt une autre de ses personnalités, ce qui expliquerait que le lecteur croie vraiment avoir affaire à deux personnes. Mais c'est peu vraisemblable, parce qu'en général, deux personnalités d'un schizophrène ne se côtoient pas. En plus, je crois qu'à un moment, la voix frappe Seth ou quelque chose de ce genre.

Les relations entre des gens livrés à eux-mêmes, et ayant tous des caractères très différents sont bien analysées. Mais on ne peut s'empêcher de penser qu'en ces circonstances, cela ne peut tourner qu'ainsi. C'est vu de manière juste, mais c'est prévisible.

Les personnages sont intéressants, sauf Pearl qui est juste pénible.
Thomas interpelle le lecteur parce qu'il n'est pas parfait. Il a commis des erreurs, s'est même sabordé, mais il a souvent voulu bien faire.
Cameron est casse-pieds. À part la brutalité et la violence, rien n'attire l'attention du lecteur chez lui. Je suppose que c'est le même Cameron que dans «Monster», écrit après «L'oeil de Caine», si j'ai bien compris. Il s'est bonifié dans «Monster», car ici, il est absolument détestable. On dirait que son cerveau a la taille d'une cacahuète.
Quant à Elizabeth, c'est la gentille, celle à qui le lecteur s'attache le plus parce qu'elle est ouverte, tolérante, et tente d'aller de l'avant. Je pense qu'il faut une personne à laquelle le lecteur s'attachera ainsi dans chaque livre, sinon, il aura du mal à y adhérer. Bien sûr, Thomas est sympathique aussi, mais moins qu'Elizabeth.
Concernant Seth... c'est peut-être le plus complexe du roman. Mais je ne peux pas trop en dire sous peine de dévoiler des moments clés de l'intrigue.

Éditeur: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Manuella Bezzi pour la Bibliothèque Braille Romande.

Acheter « L'oeil de Caine » sur Amazon

jeudi, 30 septembre 2010

La prison de glace, de Jerri Nielsen.

La prison de glace

L'ouvrage:
Jerri Nielsen est médecin. Sa vie privée n'est pas réussie: elle a divorcé d'un mari violent, qui, pour se venger, a monté leurs enfants contre elle, et en a obtenu la garde. Jerri est déchirée, mais elle ne souhaite pas jouer le jeu de son ex-mari, et ne veut pas que ses enfants souffrent encore plus. Donc, elle les laisse agir comme ils l'entendent, et lorsqu'ils refusent de la voir, elle se résigne, tout en espérant que plus tard, ils comprendront.

Jerri est désireuse d'aider les autres. Elle décide donc d'être médecin au Pôle Nord.
C'est ainsi que son aventure commence.

Critique:
Ce livre nous montre une femme courageuse, qui tente de tirer le meilleur de la vie, et qui, surtout, a pour devise de ne jamais se laisser abattre. Elle explique d'ailleurs que cette force de caractère lui a été insufflée par ses parents, par leur éducation et leur façon de réagir aux coups durs.
Donc, la personne de Jerri Nielsen force l'admiration.

Ensuite, l'auteur décrit la vie au Pôle Nord. Il est toujours intéressant de découvrir une autre façon de vivre, et des choses qu'on ne soupçonnerait pas. L'auteur nous explique les méfaits de l'altitude et du froid sur notre organisme, entre autres.
Des personnes isolées dans des conditions difficiles se révèlent extraordinaires, étant solidaires, et ne faiblissant pas malgré le fait qu'elles sont loin de chez elles, et que leurs conditions de vie sont draconniennes. Elles arrivent à en rire: nous avons certains échanges de mails et certaines scènes assez savoureux.

La solidarité est encore mieux montrée lorsque le couperet s'abat sur Jerri. C'est là qu'on assiste à quelque chose de bouleversant. Chacun épaule Jerri de son mieux. Je garde surtout en mémoire les précautions prises pour assurer la liaison téléphonique et vidéo avec les Etats-Unis, mais cette solidarité se retrouve à maintes reprises.

Je reprocherai tout de même quelques longueurs. C'est d'autant plus dommage que les thèmes abordés sont importants. A cause de ces longueurs, ils sont quelque peu dilués, et on se prend, parfois, à s'ennuyer.

Éditeur: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Manuella Bezzi pour la Bibliothèque Braille Romande.
Je vais paraître pinailleuse, mais j'ai eu beaucoup de mal à supporter que la lectrice prononce «soye» ou «Voye» pour «soit» ou «voie».

Acheter « La prison de glace » sur Amazon