Y sont fous le grand monde!

Note:Outre des expressions typiquement canadiennes, ce livre contient du joual. Je le précise ici, car je sais que cela peut déranger certaines personnes.

L'ouvrage:
Bertrand B. Leblanc nous conte quelques années de son enfance, années charnières de sa vie. Nous découvrons sa famille, ses amis, son école, ses jeux...

Critique:
Ce livre est à la fois grave et drôle. On découvre un enfant turbulent, plein de joie de vivre, se posant des questions sur le monde des adultes, faisant des bêtises qu'il regrette, épris de justice, adorant sa famille... un enfant ordinaire. Le lecteur ne pourra s'empêcher de sourire, voire de rire en lisant certains raisonnements fort logiques de Bertrand et de ses amis. L'exemple le plus frappant est celui de l'école et des religieuses qui perdent leur temps à sanctionner les enfants au lieu d'essayer de les comprendre. Malgré le rire, il nous laisse entrevoir l'ambiance oppressante qu'elles faisaient naître. En outre, elles accordaient de l'importance à de petites choses (la coiffure, par exemple). Une remarque de Bertrand m'a semblé particulièrement justifiée: les enfants étaient réprimandés s'ils ne connaissaient pas par coeur la vie des saints, et on n'insistait pas assez sur la grammaire... Chercher l'erreur! ;-)

Le lecteur sera également ému par la façon dont Bertrand parle de sa famille. Une famille soudée, où les enfants (surtout lui), ne peuvent s'empêcher de faire enrager les parents, mais où l'amour transparaît à chaque page.
C'est également représenté par la fermeté du père qui n'hésite pas à fesser Bertrand lorsque celui-ci est désobéissant, donne trop de fil à retordre à sa mère, ou manque de respect à quelqu'un. Comment blâmer ce père qui fait de son mieux pour que ses enfants soient bien élevés et respectueux? La seule fois où il est pris en défaut, c'est quand il gronde Bertrand parce que celui-ci a juré... la scène est très amusante.
Cette scène a son pendant. Une scène où il est impossible de rire: la scène où Bertrand avoue avoir volé des gâteaux. (Je crois que c'est une sorte de gâteaux. Il appelle ça des lunes de miel.) Ici, on sera attendri par le père et le fils.

Le lecteur fera le parallèle entre l'éducation que Bertrand reçoit à l'école, et celle de ses parents. L'école est bénéfique parce qu'elle dispense le savoir, mais ses parents lui enseignent la vie. La pédagogie des religieuses de l'école est sérieusement à revoir!

La fin est un peu plus grave que le reste. Une partie de l'insouciance de l'enfance commence déjà à disparaître, et on se doute que le narrateur fera moins de bêtises.
Il va de soi qu'il n'y a pas de temps morts...

Éditeur: Léméac.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Céline Beaudouin pour l'INCA
Céline Beaudouin a très bien interprété ce livre, sachant mettre le ton sans trop en faire. Certains lecteurs qui entendraient cette version pourraient être gênés par l'accent québécois de la lectrice, mais il suffit de faire un petit effort. Pour ma part, maintenant que je l'ai entendu lu ainsi, je n'imagine pas ce livre interprété autrement!