La chambre des morts

L'ouvrage:
Sylvain et Vigo reviennent d'une expédition punitive: ils viennent de taguer l'entreprise qui les a licenciés. C'est alors qu'ils renversent un homme qui meurt sur le coup. En le fouillant, les deux hommes découvrent qu'il transportait deux millions d'euros. Sur l'insistance de Vigo, ils gardent l'argent, et font disparaître corps et indices. Ils ne savent pas que cette décision va lancer la bête à leurs trousses.

Critique:
Le livre est bien écrit (malgré quelques maladresses de syntaxe), l'intrigue est bien menée (malgré quelques longueurs), et certains personnages sont attachants. Je crois que c'est un bon thriller. J'ai dit «je crois», car il me semble que j'ai trop lu ce genre de livres, et que j'en fais une overdose. Ici, certaines choses m'ont agacée.
Il y a beaucoup trop de passages répugnants, à mon goût. Trop de spectaculaire, de sanglant, de folie étalée, de pessimisme, tout est trop sombre. C'est étrange qu'une inconditionnelle de Serge Brussolo se plaigne de ce genre de choses, j'en conviens. Je n'aime pas non plus le côté trop sombre de Brussolo. Seulement, son talent et ses idées savent compenser ces défauts. Dans «La chambre des morts», les ficelles sont trop classiques pour qu'une aguerrie de thrillers en oublie les côtés sombres et spectaculaires.
En effet, j'ai deviné certaines choses, ayant compris comment l'histoire était construite. J'ai même deviné où Lucie avait vu la bête sans savoir que c'était elle. Bien sûr, je n'ai pas décodé tous les éléments du puzzle, mais je n'ai pas eu de vraies surprises.
En outre, l'auteur utilise une ficelle éculée, qui maintient un suspense artificiel: on change de personnage à chaque chapitre, et bien sûr, chaque fin de chapitre laisse le personnage dans une situation délicate, ou venant de faire une découverte cruciale.

Si certains personnages sont sympathiques (Lucie, Pierre, et la famille de Sylvain), les autres sont si détestables qu'on s'attache moyennement au roman, si, comme moi, on a besoin d'apprécier au moins un personnage principal pour apprécier le roman.
Le personnage de Vigo est une horreur absolue. Il me fait rire, avec sa simili-conscience qui le taraude, mais qui ne l'empêche pas d'aller de plus en plus loin au nom de son égoïsme.
Le personnage de la bête n'est pas si fouillé que ça, car on comprend vite sa psychologie et pourquoi elle agit ainsi.

À la fin, Franck Thilliez pose certaines questions: y a-t-il un hasard? Tout est-il écrit? Existe-t-il une espèce de justice divine? Ces questions sont intéressantes.

Les fans de Jean-Christophe Grangé (d'ailleurs cité dans ce roman), seront moins déçus que moi par «La chambre des morts». Je lirai d'autres livres de Franck Thilliez, si j'en ai l'occasion, car j'ai aimé «L'anneau de Moebius», et également parce que Lady Livres (une lectrice de ce blog) m'avait prévenue que «La chambre des morts» était un peu... dur.

Éditeur: le Passage.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Philippe Baroni pour l'association Valentin Haüy.
Le lecteur met le ton approprié sans trop en faire. J'ai apprécié sa façon de lire. Je le retrouverai avec plaisir sur d'autres ouvrages.

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