Lecteur : Bardy Marie-Noëlle

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mercredi, 26 mars 2014

Chasseurs de têtes, de Michel Crespy.

Chasseurs de têtes

L'ouvrage:
Jérôme Carceville est sans emploi. Voilà qu'il est contacté par une agence de chasseurs de têtes. Ils sont très sélectifs. Après certains tests, ils retiennent certains candidats (dont Jérôme) pour un stage qui a lieu sur une île.

Critique:
J'ai apprécié l'idée, car l'auteur l'exploite intelligemment, du moins pendant les trois quarts du roman. D'abord, j'ai aimé les tests psychologiques auxquels sont soumis les personnages. Ensuite, si certaines choses semblent prévisibles, elles arrivent à point nommé et sont vraisemblables. On peut s'attendre, par exemple, à ce que certains essaient de tout faire pour sortir victorieux de l'exercice pratique auquel ils sont soumis, voient des espions partout, se montrent sous leur plus mauvais jour... L'auteur met en avant la théorie que la société devient de plus en plus comme ça: retorse, sans pitié ni scrupules... Par leur différentes réactions, les protagonistes représentent un type humain. Tout cela est finement décrit. Le lecteur se mettra fatalement à la place de ces personnages, et se demandera comment il réagirait.

Après être parti avec de très bonnes idées et les avoir bien exploitées, l'auteur a fait une fin décevante. Bien sûr, elle est expliquée et préparée par le contexte et certaines personnalités. Elle illustre la théorie développée. Cependant, elle ne m'a pas plu. Il était assez délicat de créer une fin satisfaisante à ce roman. J'en ai envisagé une autre (qui m'a déplu), et enfin une troisième qui me convient davantage. Je suppose qu'elle n'était pas assez spectaculaire pour l'auteur. Soit, mais trop de spectaculaire (comme ce qu'il a fait) anéantit l'effet que l'on souhaite produire, et peut gâcher tout le reste.
C'est renforcé par la structure du roman. Au tout début, on voit le narrateur à un moment situé juste avant la toute fin du roman. Il est dans une situation extrême. Michel Crespy a donc usé du procédé (qui m'agace de plus en plus) consistant à tenter d'accrocher le lecteur afin que celui-ci ait envie de savoir, et bave de convoitise. Ce procédé a l'effet inverse sur moi. Il est tellement peu fin qu'il me donne envie de refermer le livre ou de sauter le prologue (ou le préambule en l'occurrence).

Éditeur: Denoël.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Noëlle Bardy pour la Bibliothèque Sonore Romande.
La lectrice a une voix douce et sympathique. Son intonation est appropriée, car elle «ne dort pas» (c'est ainsi que je qualifie les lecteurs que je trouve monotones), et n'en fait pas trop. Sa lecture est naturelle.

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mercredi, 31 juillet 2013

Jardin des neiges, la samba des diablotins, de Roland Lugon-Moulin.

Jardin des neiges, la samba des diablotins

L'ouvrage:
Roland Lugon Moulin rassemble certains de ses souvenirs dans ce roman qu'il fait se dérouler sur sa dernière saison de patron des jardins des neiges. Les moniteurs qu'il dirige apprennent à skier aux enfants en vacances.
Le narrateur est Johan, son fils de six ans.

Critique:
Voilà un livre plein de bonne humeur. Le lecteur prendra plaisir à suivre cette bande de joyeux lurons qui aiment ce qu'ils font, s'entendent bien, et sont toujours prêts à rire. Bien sûr, ils ne sont pas tous comme ça. Certains moniteurs (ici, ce sont surtout des femmes), ne font pas cela par envie, et cela se voit. Que dire de celle qui fut surnommée Ouaf-ouaf et de ses deux acolytes? J'ai beaucoup aimé la réflexion intérieure du narrateur lorsque l'une d'elles fait sentir son nouveau parfum à la ronde.

D'autre part, l'auteur décrit l'attitude irresponsable de certains parents. Malheureusement, cela ne m'étonne pas. Et pourtant, lorsqu'on lit certaines anecdotes, on ne peut s'empêcher de bondir. Par exemple, les parents qui inscrivent leur enfant uniquement pour s'en débarrasser, et n'hésitent pas à mentir sur son âge, sachant que cela lui sera néfaste.

La plupart du temps, l'atmosphère est quand même à l'amusement, à la gaieté. Même lorsque les monitrices indisciplinées se font rappeler à l'ordre. En effet, c'est souvent assorti de réflexions drôles quant à leur comportement. C'est elle qui sont à l'origine de l'idée d'inventer une gifleuse automatique, idée que j'aime beaucoup! En outre, chacun est toujours prêt à faire une farce aux autres.

N'ayant jamais pris des cours de ski, j'ai apprécié de lire comment se déroulaient certaines séances: comment on débute, etc. J'ai aussi découvert que selon leur niveau d'apprentissage, les enfants étaient classés par couleur. Je me doute que c'est le plus facile pour savoir à quel groupe appartient quel enfant, mais cela m'a un peu agacée.

Il y a un moniteur mexicain qui s'appelle Alin (il doit même y avoir un accent sur le «i»). Alin parle avec un accent très prononcé. L'auteur a choisi d'écrire cet accent, par exemple: «Yé souis content.» Je n'aime pas cette façon de faire, car elle oblige celui qui enregistre le livre à marquer l'accent... Ici, la lectrice le fait, mais elle parvient à ce que ce ne soit pas désagréable.

Éditeur: À la carte.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Noëlle Bardy pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Marie-Noëlle Bardy a une voix très sympathique. Sa lecture est fluide. Elle sait jouer sans surjouer.