Lecteur : Aubigny François (d')

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lundi, 23 février 2009

La porte dérobée, de Christine Kerdellant et Eric Meyer.

La porte dérobée

L'ouvrage:
Le réseau mondial semble piraté: on ne peut plus se connecter à internet, on n'a plus accès à son téléphone mobile. Bien sûr, les particulier ne sont pas les seuls à être touchés.
Parallèlement, plusieurs personnes trouvent la mort dans d'étranges circonstances. La version officielle est une allergie à la mélatonine. Emma Shannon, mi-française mi-américaine, n'est pas dupe. Bientôt, l'une de ses connaissances, Pierre Chavane, qui est informaticien, lui apprend que la panne mondiale et les morts seraient sûrement liées.
La panne est «réparée», mais le cauchemar ne fait que commencer.

Le lecteur suit également l'histoire de Dan Barett, homme très riche et puissant, et ex-amant d'Emma. Celui-ci raconte sa recherche des plans originaux des jardins de Versailles. Il a en effet découvert qu'un secret se cache dans ces plans.
Il semblerait que Dan n'ait pas tort, car il fait partie, ainsi que la personne qui l'aida en partie dans ses recherches, des morts suspectes.

Critique:
Ce livre renferme énormément de clichés sur les Français et les Américains. Bien sûr, à un moment, un personnage pense que ce serait bien que les Français cessent de colporter ces idées préconçues sur les Américains, mais la réciproque serait aussi la bienvenue.

C'est encore un polar avec des codes, des secrets qui remontent aux rois de France, et dont l'élucidation aidera les personnages à découvrir ce qui ne va pas dans le monde actuel. (Bien sûr, ici, les deux "secrets" ne sont liés que parce que Dan Barett faisait des recherches sur le premier.) C'est un roman à suspense dont la caractéristique la plus criante est sa longueur. On met trois heures à déchiffrer un code, trois autres heures à avoir l'idée que ça pourrait peut-être mener ici ou là...! Le lecteur est plus ennuyé que tenu en haleine. J'ai suivi les événements et les personnages avec détachement. J'ai fini le roman, car je n'aime pas ne pas terminer un livre. (Néanmoins, quand un livre m'ennuie plus que de raison, je ne le finis pas.)

Les personnages sont peu épais. Les auteurs s'attardent sur leurs vies justement pour leur donner de la consistance, mais cela m'a paru vain. Ils n'ont pas su rendre leurs personnages attachants. Bien sûr, le personnage de Dan est intéressant parce que c'est une espèce de surdoué, et qu'il s'emploie à résoudre un grand mystère de notre patrimoine. Mais son obstination à toujours tout décortiquer, et à s'acharner sur les plans des jardins de Versailles est également agaçante. Et puis, ce qu'il finit par découvrir, après maintes circonvolutions de la part des auteurs, paraît bien fade.

Il y a bien quelques rebondissements, mais ils ne rebondissent pas vraiment. Ce qu'on découvre après le chapitre 40, je m'en doutais déjà, malgré, ou justement à cause de la ficelle éculée utilisée tout au long du roman pour nous faire penser que c'était impossible. Je m'en doutais aussi parce que c'était logique, étant donné le caractère du personnage.
Ce que l'on apprend quant à Jean-Philippe Granier n'est pas surprenant non plus. A l'instar de Pierre, on ne croit pas qu'il aime réellement l'un des personnages.

La toute fin fait que le lecteur se demande si tout ne va pas recommencer. Les auteurs du roman veulent-ils faire passer un message désabusé? "Aussi intègre que quelqu'un puisse être, l'argent et le pouvoir lui fera tourner la tête."

La théorie sur laquelle Emma et Dan ont des opinions divergentes mérite qu'on s'y attarde. Personnellement, je suis d'accord avec Emma. Le fait qu'elle a raison est prouvé par le petit test des émotions que lui fait passer Dan.
L'histoire d'amour est un peu attendue, mais s'inscrit bien dans la progression de l'intrigue.
Malgré ces quelques éléments positifs, c'est l'ennui qui domine.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par François d'Aubigny, pour les éditions Hemix. Il est dommage que le lecteur (très bon comédien, par ailleurs), ait fait un accent américain lorsque Brad parle... J'ai aussi été gênée par la musique qui précède chaque chapitre. Pour moi, elle est inutile. De plus, elle est beaucoup trop longue!!!!

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lundi, 11 août 2008

Le serment des limbes, de Jean-Christophe Grangé.

Le serment des limbes

L'ouvrage:
Luc Soubeyras a tenté de se suicider. Il est maintenant dans le coma.
Mathieu Durey, son meilleur ami, trouve tout cela étrange. Luc et lui sont catholiques pratiquants: Luc n'a pas pu se suicider, c'est contre sa religion. En outre, Luc, à l'instar de Mathieu, est devenu policier pour combattre le mal et le crime. Se suicider serait renoncer à cela. Mathieu est très intrigué. Il décide de reprendre l'affaire sur laquelle Luc enquêtait de manière personnelle: le meurtre de Sylvie Simonis, dans le Jura, meurtre commis de manière particulièrement sadique.
Il marche dans les pas de Luc, et cela le conduira très loin tant au niveau géographique que moral...

Critique:
Depuis quelques mois, je me surprends souvent à poser un livre sans le finir avec un soupir d'exaspération. J'ai eu peur d'avoir perdu mon engouement pour la lecture. Mais non! C'est juste que je tombais sur des livres médiocres.
Ce livre m'a rendue l'excitation que je ressentais à la lecture de thrillers palpitants. J'ai retrouvé cette émotion si particulière. L'intrigue est donc bien menée: on va de rebondissement en rebondissement, le suspense nous tient. En outre, pendant tout le roman, on oscille entre le réel et le surnaturel. (Ne lisez pas la phrase suivante si vous n'avez pas lu le livre.) Et à la fin, l'auteur réussit à faire en sorte que la solution soit un mélange des deux.
Le puzzle se construit lentement, le lecteur emboîte les pièces, et tous les petits éléments s'assemblent peu à peu. Jean-Christophe Grangé répond à toutes les questions qu'il soulève.

Certains passages traînent un peu.
Le lecteur averti devine certaines choses avant Mathieu. J'ai souvent soupçonné le véritable coupable au cours de ma lecture. Mais l'auteur sait habilement détourner les soupçons. Ensuite, lorsque Mathieu découvre la vérité sur l'un des personnages, on peut se mettre à soupçonner le véritable coupable avant Mathieu...
De la même façon: lorsque le coupable donne rendez-vous à Mathieu "là où tout a commencé", le lecteur sait très bien de quel endroit il s'agit. Il attend patiemment que Mathieu se rende compte qu'il s'est fourvoyé.
Ces petites longueurs sont ennnuyeuses, mais on les pardonne volontiers à l'auteur, car son thriller vaut la peine d'être lu! En outre, il y a souvent des longueurs, surtout dans les gros livres tel celui-ci.

Par ailleurs, on découvre brièvement d'autres mondes: le monde de la rue, les indicateurs, les prostituées, les "magiciens". L'auteur nous les montre souvent à la fois gais et inquiétants.

Attention: c'est Jean-Christophe Grangé, donc on n'échappe pas aux passages sanglants, et à la description de crimes violents. Il me semble pourtant qu'il y en a moins que dans ses précédents romans. Peut-être sont-ils plus disséminés.
J'espère que les expériences négatives en cas de mort clinique sortent tout droit de l'imagination de l'auteur, ainsi que la théorie des Sans-lumière, et la secte des Asservis...

J'ai préféré ce roman aux trois qui l'ont précédé. J'aitrouvé ce thriller aussi bon que "Le vol des cigognes" et "Les rivières pourpres". Quant aux trois que j'ai moins aimé ("Le concile de pierre", "L'empire des loups", et "La ligne noire"), c'est surtout les fins qui m'ont déplu, mais dans l'ensemble, je les ai trouvés ces trois moins réussis que les deux premiers et le dernier.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par François d'Aubigny pour les éditions Audiolib.
J'ai déjà lu des ouvrages enregistrés par ce lecteur, et au début, je trouvais qu'il avait du mal à être naturel. Dans sa lecture de "Le serment des limbes", il a acquis ce naturel qui lui manquait. Il ne surjoue pas, même s'il prend différents types de voix pour certains personnages. Il le fait intelligemment (surtout pour le psychiatre qui hypnotise Luc), ce n'est donc pas pénible, c'est même agréable. C'est d'ailleurs le but. La voix qui m'a le moins plu est celle qu'il prend pour le guide de la grotte, vers la fin.
Je vais encore une fois râler, aujourd'hui, c'est après l'accent italien qui est imité pour Giovani. En plus, c'est une incohérence, car Giovani et Mathieu parlent italien, Giovani ne parle donc pas français avec un accent italien. (Enfin, il me semble.)

Autre côté négatif de la version audio: la façon spectaculaire et grandiloquente dont le titre est annoncé, ainsi que les titres des parties, et les numéros des chapitres. Et bien sûr, la musique! Bon, il y en a moins que dans "La femme du cinquième", et elle est là pour créer une ambiance, et participer, en plus du texte, à l'effroi du lecteur. Mais je m'en serais tout de même passée, surtout qu'elle est plus forte que le texte, ce qui oblige à baisser puis remonter le son.

Note: En faisant des recherches pour trouver l'orthographe de certains noms (car le gros désavantage d'une version audio, c'est que les noms ne sont pas épelés, sauf si les ouvrages sont enregistrés par Marie-Philippe Lachaud, Jacqueline Candil Lopez, et Brigitte Bourge), je suis tombée sur un forum à propos de Jean-Christophe Grangé. J'ai trouvé le peu que j'ai lu fort sympathique. Je vous conseille donc ce forum où les fans sont agréables.

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lundi, 1 mai 2006

Le cercle de sang, de Jérôme Delafosse.

Le cercle de sang L'ouvrage:
Nathan Falh est amnésique. Il a eu un accident lors d'une expédition en bateau.
Il ne se souvient de rien, mais il fait des rêves effrayants, et souffre de crises de paranoïa. Le docteur Larsen, qui s'occupe de lui, lui explique qu'il ne verra pas encore ses proches, parce que cela pourrait être trop tôt, étant donné son amnésie. Cela pourrait lui être néfaste.
Ensuite, dans le même hôpital, il rencontre un autre psychiatre qui lui dit qu'en fait, il faudrait qu'il rencontre ses proches le plus tôt possible: cela l'aiderait peut-être à se souvenir de son passé. Fort de ce raisonnement, Nathan demande à Lisa Larsen pourquoi elle ne pense pas comme son collègue. Lisa lui explique qu'aucun autre psychiatre ne travaille à l'hôpital où Nathan est soigné. Elle est donc persuadée que Nathan souffre d'hallucinations.
Certain qu'il est traqué, Nathan décide de s'enfuir, et de faire lui-même sa propre enquête. Il ira de surprise en surprise.

Critique:
Bon, je ne vais pas dire que je regrette d'avoir acheté ce bouquin, mais il contient beaucoup de grosses ficelles éculées. Déjà, le sujet est dangereux, tant il a été utilisé. L'histoire de quelqu'un qui perd la mémoire, et qui va enquêter sur son passé nous a été proposée maintes fois. C'est une bonne façon de ne rien dévoiler, puisque le personnage principal en sait autant que le lecteur.

Sinon, il y a beaucoup de choses qu'on devine. si vous n'avez pas lu le livre, passez au paragraphe suivant, car je vais dévoiler certaines choses.
On devine que le psychiatre que rencontre Nathan, et qui, selon Lisa Larsen, n'existe pas, est là juste pour Nathan.
On devine que le petit garçon du prologue et Nathan ne font qu'un.
On devine que le cercle de sang, sur lequel Nathan finit par enquêter, faisait partie intégrante de son ancienne vie.

A un moment, on est assez emballé, lorsque Nathan commence à découvrir des choses sur le petit garçon du prologue, mais je trouve que ça retombe comme un soufflé raté. Ce qu'on finit par découvrir est trop évident, finalement. On n'a pas de grandes révélations...

Ce que Nathan découvre quant à ce que font les "démons aux mains blanches" qui enlèvent les gens est assez intéressant. C'est une bonne découverte qui impressionne vraiment le lecteur.

Il y a des choses très sanglantes, bien sûr. C'est un peu spectaculaire, d'ailleurs. Il y a aussi des situations mises exprès à un moment donné, afin de terroriser le lecteur. Par exemple, lorsque Nathan sort de l'hôpital psychiatrique, pendant la nuit, et qu'il rencontre un enfant, juste avant de sortir. Il y a aussi le rêve récurrent de Nathan qui est effrayant, qui en rajoute dans l'horreur, exprès pour effrayer le lecteur.

Il y a aussi pas mal de longueurs. Par exemple, lorsqu'on ne veut pas donner certains renseignements à Nathan, parce qu'il n'a pas les autorisations requises. De plus, lorsque nathan se rend chez le docteur Casarès, le lecteur sait ce qu'il va trouver, et ça traîne un peu, alors que c'est presque une évidence.

Donc, il y a de bonnes idées, parfois quelques bons moments de suspense, mais finalement, ce n'est pas un si bon thriller que ça. Encore une fois, la pub promeut un livre qui n'est pas trop mal, mais qui ne vaut pas tellement la peine. C'est le premier roman de Jérôme Delafosse. Attendons de voir s'il devient meilleur en écrivant d'autres thrillers.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par François d'Aubigny pour Audible France.

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