La femme de hasard

L'ouvrage:
Maria vient d'être admise à Oxford. Cela ne la réjouit pas vraiment. En effet, rien ne contente vraiment la jeune fille. Elle se demande souvent à quoi sert la grande mascarade de la vie.
Jonathan Coe raconte plusieurs années de la vie de cette personne de nature pessimiste.

Critique:
Je ne sais pas trop ce qu'a voulu faire l'auteur, mais il est sûr qu'il m'a bien fait rire. Certains personnages et situations sont si ridicules! J'ai même eu un fou rire: à un moment, Maria suit celui pour qui bat son coeur à l'insu de ce dernier. Elle ne sait pas que Ronnie (son amoureux transi qui la demande en mariage tous les jours), la suit. La situation est déjà grotesque. Mais voilà que Maria décide de s'en aller... au moment où Ronnie est aux toilettes!
Ce rire n'est pas forcément une bonne chose, car cela m'a fait mépriser les protagonistes.

Jonathan Coe a créé d'autres situations loufoques où l'on rit aux dépens des personnages. Cependant, à force de vouloir trop en faire, il m'a ennuyée. Par exemple, Maria est pessimiste, mais elle attire certains de ses ennuis. Au bout d'un moment, au lieu de la plaindre, ou de rire de ce qui lui arrive, j'ai été agacée. Elle aurait pu être intéressante si elle avait pris de bonnes décisions.
Il est étonnant qu'elle ait une amie comme Sarah. En effet, celle-ci est un soutien, et donne des conseils avisés jusqu'au moment où elle se marie. À ce point du récit, elle se transforme en dinde superficielle qui ne jure que par le mariage, sans admettre que le bonheur d'être à deux ne dépend pas uniquement du fait d'être à deux.
L'auteur montre des personnages peu aimables qui font certaines choses parce qu'elles se font (ou ne se font pas), mais ne pensent pas vraiment à ce qu'ils voudraient, à ce qui les rendrait heureux. C'est sûrement une critique de la société, mais il est dommage que l'écrivain ait mis tout le monde dans le même sac.

Si l'intrigue se tient jusqu'à un certain point, à la fin du chapitre 8 (il y en a 10), tout se défait. À la fin du chapitre 8, l'auteur crée un événement inattendu. Et il ne l'explique pas. Il laisse le lecteur se demander pourquoi les choses ont tourné ainsi. Ce procédé est malhonnête: l'auteur a voulu écrire un rebondissement de taille, et sachant qu'il ne pourrait l'expliquer, a tout simplement décidé de faire comme si de rien n'était. Le lecteur pourra tenter d'expliquer cet événement, mais la façon de faire de l'auteur donne une impression d'inachevé.

Jonathan Coe prend souvent la parole pour apostropher le lecteur ou dire ce qu'il pense de Maria, ou faire des remarques amusantes sur son style, le lecteur, la rhétorique, etc. Ce procédé est sympathique, car les interventions sont inattendues, puis souhaitées pour la drôlerie qu'elles apportent. Néanmoins, certaines sont un peu longues et ne font qu'alourdir le récit de considérations pompeuses.

Éditeur: Gallimard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Manon Aubertin pour l'INCA
Je trouve regrettable que la lectrice prononce certains noms propres (Ronnie, Dorothy, etc) à l'anglaise.

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