Je suis né un jour bleu

L'ouvrage:
Daniel Tammet raconte son enfance, puis comment il se battit contre l'autisme.

Critique:
Ce livre aide le lecteur à mieux comprendre la façon dont fonctionnent les autistes. J'avais déjà compris certaines choses grâce à «La vitesse de l'obscurité» et à «House rules», mais je tenais à lire ce livre, car il est raconté par quelqu'un qui a vécu cela, et le vit encore. Cela me permet d'abord de dire que les deux romans sus-cités cernent très bien ce qu'il en est, et le rendent accessible, sans fioritures, à l'esprit du lecteur.
À l'inverse du héros de Jodi Picoult, Daniel Tammet ne se heurte pas à un rejet systématique. C'est plus réaliste... surtout que c'est la réalité! Daniel rencontre des gens ouverts et compréhensifs, tant dans son travail que dans son quotidien. Je pense, par exemple, à ce garçon qu'il rencontra au lycée, et à qui il osa déclarer ses sentiments. Ce garçon agit intelligemment.

J'ai d'abord été interpellée par la façon dont les parents de Daniel réagirent face à la manière d'être de leur fils. Il est né en 1979, et à l'époque, on en savait très peu sur l'autisme... on l'a d'ailleurs diagnostiqué bien plus tard chez Daniel. Là où certains auraient perdu patience, ne voyant que caprices et sautes d'humeur, les parents de Daniel ont agi comme il le fallait, par instinct. D'autre part, tout au long de sa vie, ils l'ont aidé, appuyé... c'est grâce à eux qu'il a voulu prendre certains risques qui lui ont permis d'avancer, comme par exemple, lorsqu'il décide d'aller travailler en Lithuanie, alors qu'il n'a jamais quitté sa maison.

Il est assez impressionnant de voir que Daniel Tammet parvient à maîtriser les côtés négatifs de son Asperger. Bien sûr, il y a divers degrés d'autisme, et Daniel Tammet a été soutenu par sa famille. Il n'y serait peut-être pas si bien arrivé sans ces importants facteurs.

Certaines choses dues à l'autisme sont assez abstraites, et pas faciles à appréhender pour un lecteur moyen. Par exemple, pourquoi la musique apaise-t-elle souvent l'anxiété due à un facteur extérieur? Pourquoi certains ne peuvent-ils pas supporter ceci ou cela? (Par exemple, Daniel ne supportait pas le frottement de la brosse sur ses dents.) Pourquoi certains, comme Daniel, adorent-ils jouer avec les nombres?....
L'auteur évoque d'ailleurs assez longuement sa fascination pour les nombres, ce qui le poussera d'ailleurs à se lancer un défi assez risqué. Tout comme dans «Embrasser le ciel immense», j'avoue que ces passages m'ont ennuyée. D'abord parce que j'ai toujours éprouvé une grande aversion pour les mathématiques, ensuite parce que cela faisait un peu répétitif, mais aussi parce qu'il parle beaucoup des formes et des tailles qu'il leur donne. Or, tout cela est abstrait pour moi.
Je trouve dommage cette répétition dans l'ouvrage suivant. Ce n'est pas la seule. Le narrateur parle également de sa manière d'apprendre les langues dans les deux livres. C'est intéressant, mais cette redondance m'a un peu ennuyée.

Je comprends que le narrateur n'aime pas le film «Rain man». Il en parle dans ses deux ouvrages, et explique à quel point le savoir était tâtonnant à l'époque où le film fut réalisé. Il est vrai qu'à cause de ce film, beaucoup de gens pensent que tous les autistes sont comme Raymond. Il est assez agaçant de se voir comparer à quelqu'un (personnage ou personne) juste parce qu'on a le même handicap, surtout quand les films sont bourrés d'inexactitudes. Combien de fois n'ai-je pas pesté, en regardant des séries (oui, je dis «regarder», comme tout le monde, même si je ne fais qu'écouter), ou en lisant des livres, et en y côtoyant des personnes aveugles qui agissaient de manière invraisemblable?

Éditeur: les Arènes.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Christian Arnold pour la Bibliothèque Braille Romande.

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