Lecteur : Arndt Andi

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lundi, 3 septembre 2018

Conviction, de Julia Dahl.

Conviction

L'ouvrage:
2014.
Dépitée qu'un journaliste moins ancien qu'elle ait été promu, alors qu'elle pensait pouvoir l'être, Rebekah cherche une histoire qui lui permettrait d'écrire un bon article. C'est alors qu'elle a l'idée de s'intéresser aux prisonniers qui clament leur innocence depuis des années. En examinant certaines affaires, elle en trouve une datant de juillet 1992, dont s'est chargé Saul Katz, ancien policier qu'elle connaît depuis peu.

Critique:
Encore une fois, j'ai aimé me plonger dans l'histoire imaginée par Julia Dahl. J'ai pris plaisir à retrouver Rebekah qui, au fil des tomes, me devient de plus en plus sympathique. Elle reste tourmentée, mais va de l'avant, et est lucide quant à elle-même. Au départ, elle enquête sur cette affaire afin de faire parler d'elle. Ce n'est pas très honorable, mais cela ne l'empêche pas de souhaiter sincèrement parvenir à savoir si l'accusé est coupable ou non. Elle ne perd pas de vue qu'un innocent croupit peut-être en prison depuis vingt-deux ans, et en est profondément touchée. Elle fait son métier avec passion et conviction, ce qui fait qu'elle le fait bien.
Quant à la vie privée de notre héroïne, j'ai compris sa politique d'évitement d'Aviva. Je pense que j'aurais agi comme elle. Je ne parviens pas à apprécier Aviva. Je ne comprends pas son point de vue, son refus de voir celui de Rebekah... Aviva m'agace depuis le début de la série.

L'auteur alterne les chapitres contant l'enquête de la journaliste et ceux narrant les événements de 1992. Au départ, j'ai pensé que cela serait poussif, car dès que la narratrice s'intéresse à l'affaire, on sait ce qui est arrivé. Cependant, j'ai compris pourquoi Julia Dahl avait procédé ainsi: il est plus marquant de lire la manière dont se sont passées les choses à l'époque, plutôt que d'en avoir un récit en quelques lignes. On comprend comment et pourquoi tout s'est enchaîné. La moindre circonstance entre en ligne de compte. Par exemple, à cette époque, la vie privée de Saul était un désastre, et il avait été choqué par une récente affaire. Cela l'a influencé. D'autres paramètres entrent en jeu, et il est intéressant de les découvrir. Il est également perturbant de voir que des personnes qui n'étaient pas forcément convaincues ont préféré arrêter quelqu'un pour avoir un coupable plutôt que d'investiguer davantage. Bien sûr, la romancière n'exagère pas, mais le fait que cela arrive plus souvent qu'on ne le voudrait ne rend pas la chose moins méprisable.
D'un autre côté, on rencontre ceux qui étaient en contact direct avec les victimes, et lorsque Rebekah leur parle, ils avouent avoir cru les preuves apportées par la police, et ne pas s'être posé de questions, mais sont effarés à l'idée d'avoir peut-être méjugé celui qui a été arrêté pour le crime. J'ai apprécié ces gens qui n'hésitent pas à reconnaître qu'ils peuvent avoir eu tort de se précipiter sur les conclusions qu'on leur proposait.

Un livre qui, comme les tomes précédents, est une réussite.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Andi Arndt pour les éditions McMillan.

J'aime beaucoup la voix claire et dynamique de cette comédienne. Ici, elle n'a pas démérité. Son jeu est naturel, vivant, sensible, sans être affecté.

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lundi, 20 août 2018

Practicing normal, de Cara-Sue Achterberg.

Practicing normal|/conduite/public/i/18/B0725R23FP.jpg||Practicing normal © Tantor Audio 2017]

L'ouvrage:
Les Turner vivent dans un quartier huppé, mais n'ont pas le même rang social que leurs voisins. Le père (Everett), la mère (Kate), et leur fille adolescente (Jenna) prennent tour à tour la parole pour raconter la vie de cette famille en apparence normale.

Critique:
Ce livre m'a beaucoup plu. J'ai particulièrement apprécié Jenna, qui me semble la plus lucide. Cette lucidité la fait souffrir, et elle comble cela en faisant certaines choses répréhensibles. Au début, elle semble hostile, mais on se rend vite compte qu'elle se pose des limites, et que certains de ses actes sont plutôt sympathiques, je pense surtout à ce qu'elle fait pour les chats de l'une de ses voisines. Lorsqu'elle expose ce qu'elle pense de son père, on se dit qu'elle est peut-être trop tranchée. Ensuite, le point de vue d'Everett arrive, puis certaines phrases de Kate... À vous de voir ce que vous penserez d'Everett.

Kate est sympathique. Elle se débat entre ce que lui a martelé sa mère pendant son enfance, son amour pour Everett, les actes de celui-ci, ce que lui apprend sa soeur, son envie d'être amie avec ses voisins... Tout cela n'est pas simple pour elle. Elle est parfois agaçante, mais il est aisé de comprendre qu'entre tous ces courants contraires, la gentille et bienveillante Kate soit déboussolée. En outre, si on a parfois envie de la secouer, on se rend vite compte qu'elle n'est pas faible et pleurnicharde, comme on aurait pu s'y attendre au vu de certaines de ses réactions. Dans un autre style que sa fille, elle tente de s'arranger avec la vie, et en cherche les bons côtés.

L'intrigue ne souffre pas de temps morts. Cara Sue Achterberg réserve quelques surprises au long de ce roman psychologique. Par exemple, lorsque Cassie s'intéresse à la mère de Kase, j'ai pensé quelque chose... qui s'est révélé absolument faux. Je ne sais pas si l'auteur a voulu pousser le lecteur à avoir cette idée ou si c'est moi qui ai l'esprit tordu, mais j'ai été très contente de me tromper! Ça a été un peu la même chose lorsque Jenna a commencé à fréquenter un garçon. Je me suis dit que telle chose allait arriver, et cela n'a pas du tout été le cas. Je préfère de très loin ce qu'a choisi de faire la romancière.

J'ai également apprécié que pendant une grande partie du roman, on ne sache quel point de vue (entre celui de Kate et celui d'Evelyne concernant leurs parents) se rapproche le plus de la vérité. On ne peut que supposer, tenter de collecter les indices, les failles dans les propos de chacun... J'ai trouvé cela très intéressant.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour les éditions Tantor Media.
Andi Arndt lisait les chapitres narrés par Jenna, Charles Constant ceux racontés par Everett, et Xe Sands ceux du point de vue de Kate.

J'aime beaucoup Andi Arndt. Sa voix est claire, son interprétation est naturelle, elle n'exagère jamais lorsqu'il s'agit de modifier sa voix pour les rôles masculins. Ici, elle n'a pas démérité.

Je ne connaissais pas Charles Constant. Les chapitres d'Everett étant courts et moins nombreux que les autres, j'aimerais écouter quelque chose de plus long lu par ce comédien avant d'arrêter mon opinion, mais à première écoute, son interprétation est naturelle, et son ton est approprié.

Je ne suis pas vraiment fan de Xe Sands. Je trouve qu'elle est souvent à la limite du marmonnement. Cela fait que sa voix n'est pas claire. Cela donne aussi l'impression qu'elle se retient. Ici, elle ne le fait pas trop, donc cela m'a moins dérangée. Cependant, je n'ai pas aimé sa manière de jouer les rôles masculins. Pour moi, elle en fait trop.

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lundi, 11 décembre 2017

Orphan number eight, de Kim van Alkemade.

Orphan Number Eight

L'ouvrage:
Les enfants Rabinowitz, Sam (six ans) et Rachel (quatre ans) se retrouvent subitement orphelins. Ils ne seront pas placés dans le même orphelinat, Rachel devant aller dans celui abritant les enfants de moins de six ans. C'est là qu'elle vivra des choses qui auront des conséquences à court et à long terme.

Critique:
Ce livre est inégal, mais je le conseille tout de même. Au début, la romancière aborde un thème auquel je pense souvent, et qui me glace à chaque fois: la cruauté de l'homme envers ses congénères qui ne peuvent se défendre. Je suis toujours sidérée de constater que les bourreaux ne se mettent pas une seconde à la place de leurs victimes. Ce thème est illustré par les expériences que font les médecins de l'orphelinat sur de très jeunes enfants, puis on le retrouve dans la clinique où travaille Rachel par la suite. Ses collègues et elle s'occupent de personnes âgées. Elles sont attentionnées, dévouées. Le lecteur fera forcément le parallèle avec la situation des orphelins du début, mais aussi avec certaines maisons médicalisées pour personnes âgées qui existent. Si Rachel et ses collègues respectent les personnes vulnérables qui leur sont confiées, ce n'est pas toujours le cas dans la vie.

Il est assez difficile d'évoquer un moment crucial du livre sans en dévoiler l'intrigue... J'ai compris ce qu'avait fait Rachel, mais je ne l'ai pas totalement approuvée. Si elle obtient ce qu'elle veut, ce n'est pas vraiment sincère. En outre, elle finit par se dire que celle qui la «blessa» (si j'ose dire) l'a aussi sortie d'affaire. Soit, mais les «blessures» furent infligées intentionnellement, alors que «l'aide» le fut par hasard, sans même que la personne ne le sache. Cela ne rend donc pas celle-ci appréciable. Quant à moi, je l'ai détestée du début à la fin.

Rachel éveillera la compassion, voire l'admiration du lecteur. Elle fait courageusement face à ses problèmes. Parfois, elle agit mal, mais à sa place, il y a de quoi être perturbé! J'aime bien l'histoire de sa perruque. Cela montre un côté rancunier que je partage. Si quelqu'un me fait du mal, je m'en souviens, tout comme Rachel.

La structure du livre est de celles dont je ne raffole pas. Les chapitres alternent passé et présent. Ici, cela a fini par faire ce que je craignais au départ: engendrer des lenteurs, surtout lorsqu'on lit certains chapitres évoquant le passé. L'histoire est tout de même très prenante, bien écrite, sans pathos.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Ginny Auer (pour les chapitres relatant le passé à la troisième personne du singulier) et Andi Arndt (qui lit les chapitres racontant le présent de Rachel à la première personne du singulier) pour les éditions Harper Audio.
Je ne connaissais pas Ginny Auer. Sa lecture m'a globalement plu. J'ai regretté qu'elle fasse un accent yiddish lorsque certains Juifs parlaient. Heureusement, cela n'a pas duré.
J'aime beaucoup Andi Arndt, et ici, elle n'a pas démérité.

lundi, 13 novembre 2017

Run you down, de Julia Dahl.

Run you down

L'ouvrage:
Voilà deux mois que l'affaire Mendelson est terminée. Rebekah ne se remet pas de ce que cela a remué en elle. Elle s'enfonce dans une sorte de marasme. C'est alors qu'un homme (faisant partie de la communauté juive où se déroula l'affaire Mendelson) contacte notre héroïne. Il n'a confiance qu'en elle, étant donné sa pugnacité lors de l'affaire Mendelson. Sa femme a été retrouvée morte dans leur baignoire. La famille est convaincue que c'est un accident, mais pour lui, c'est un meurtre.

Critique:
Dans ce deuxième tome des aventures de Rebekah Roberts, Julia Dahl rappelle avec justesse que l'intolérance et les non-dits peuvent détruire. Elle montre une famille dont certains membres détestent les juifs, les noirs, bref, tout ce qui ne leur ressemble pas. Ils énoncent, avec conviction, des clichés sur des gens dont ils ne voient que quelques coutumes sans tenter de les comprendre ni de voir l'humain derrière chacun. Au milieu de cela, est catapulté un homme (Sam) qui s'est senti trahi par les siens justement à cause de ce que leur dictait leur culture. Si l'intolérance est nuisible, le fait de s'accrocher à un pan de sa culture afin de nier la détresse d'un enfant l'est également. Il est compréhensible que par la suite, l'adulte qu'est devenu Sam rejette les siens, soit perdu, se cherche, fasse de mauvais choix... Cet exemple et celui d'Aviva (la mère de Rebekah) montrent la dangerosité d'une fermeture d'esprit qui confine au sectarisme. Cette attitude est expliquée sans être excusée par l'auteur.

Dans ce tome, on fait la connaissance d'Aviva. On apprend son histoire. Ses actes et ses torts s'expliquent de la même façon que ceux de Sam. Outre cela, il est intéressant d'apprendre comment Aviva a vécu ce que, pour l'instant, on ne connaissait qu'à travers les yeux de Rebekah.

Rebekah est plus précautionneuse, moins susceptible, plus posée. Je l'ai trouvée plus sympathique dans ce tome. Une chose m'a déçue, mais rien n'est figé, donc j'attends la suite...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Andi Arndt pour les éditions McMillan.

lundi, 6 novembre 2017

Invisible city, de Julia Dahl.

Invisible city

L'ouvrage:
Rebekah Roberts, vingt-deux ans, est venue de Floride tenter sa chance à New York en tant que journaliste. Elle essaie d'oublier que sa mère l'a abandonnée alors qu'elle était bébé.
Ce jour-là, on l'envoie couvrir la découverte d'un cadavre, celui de Rifka Mendelson, une femme issue de la même communauté juive que sa mère.

Critique:
J'ai tenté ce livre parce que j'aime beaucoup la lectrice, mais je pensais que ce serait une histoire insipide. Je suis contente de m'être trompée. Si on veut savoir qui a tué, ce n'est pas le plus important. Pour moi, Rebekah compte davantage. Sa psychologie est très bien explorée. Elle ne mène pas une vie facile: malgré une thérapie, elle est loin d'avoir fait la paix avec l'idée que sa mère l'a abandonnée. De plus, elle est reporter, et n'a pas autant de confort que les journalistes «installés». Avec cette affaire, elle sent qu'elle a la chance d'écrire une série d'articles qui pourraient la faire remarquer, mais aussi qu'elle pourrait en apprendre davantage sur la communauté dans laquelle vit peut-être sa mère. Rebekah est attachante. Elle veut jouer dans la cour des grands, mais n'est pas encore armée pour cela. Par exemple, elle oublie régulièrement de noter les paroles exactes et les noms des personnes dont elle tente de recueillir les témoignages. Elle est assez susceptible quand elle imagine qu'on ne la pense pas à la hauteur, et elle met les pieds dans quelque chose qui risque de la dépasser.

J'étais davantage attachée à Rebekah qu'à son enquête, mais je suivais quand même celle-ci avec intérêt. Je n'ai pas deviné qui avait tué Rika, ce qui veut dire que Julia Dahl a fait en sorte que je ne me pose pas trop de questions. La solution m'a paru simple... après que l'auteur l'a donnée. D'apparence banale, l'enquête réserve d'autres surprises, notamment concernant une personne que rencontre Rebekah. En outre, les événements qui découlent du meurtre font qu'on en apprend davantage sur la communauté Hasidic. Pour ma part, je n'en savais pas grand-chose.

À la fin de l'ouvrage, il y a une interview de Julia Dahl. Je suis toujours friande de ce genre d'entretiens. Celui-ci m'a plu. L'auteur y parle de son héroïne, du monde du journalisme, de la communauté Hasidic...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Andi Arndt pour les éditions McMillan.

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