Lecteur : Allouf Julien

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jeudi, 5 août 2021

Pression fatale, de Rita Falk.

Pression fatale

L'ouvrage:
Kusner, un psychopathe, vient d'être condamné pour meurtre. Furieux, il jure qu'il se vengera. Il menace particulièrement le juge Moratchec. Heureusement, il est condamné à une très longue peine de prison. Seulement, il parvient à s'évader...

Critique:
Cette troisième aventure de Franz Eberhofer m'a plu. L'évasion de Kusner et le fait que Franz soit le seul policier du village donne lieu à des combinaisons savoureuses, la plus cocasse étant la grande amitié qui naît entre Moratchec et le papa.

Je n'avais pas trouvé comment l'énigme pouvait se résoudre. De plus, Rita Falk a su me berner avec un rebondissement bien amené, car je n'ai pas soupçonné ce qu'il cachait. Au final, tout est cohérent.

Le plus important est qu'on retrouve la truculence et l'enjouement des personnages et des situations. Je ne sais quel exemple choisir pour évoquer la mémé... Mon préféré est celui du magasin de bricolage. J'ai été ravie des déconvenues du Léopold, même si la plupart sont déjà dans le tome 2. J'ai également retrouvé Zimmerle et Flötzinger avec plaisir. Ce dernier est sympathique parce qu'il amuse, mais je n'aimerais pas que quelqu'un comme lui fasse partie de ma vie.
J'ai également aimé retrouver Birkenberger, même s'il est parfois un peu lourd. Comme dans les autres tomes, on finit par être ravi qu'il soit là. ;-)

J'ai quand même un petit reproche à adresser à l'autrice: avec elle, ce sont toujours les femmes qui s'occupent de la cuisine. Certes, Franz aide la mémé à faire la vaisselle, mais outre que c'est toujours elle qui cuisine, lorsque le papa veut faire un barbecue, et invite toutes les gentilles gens qu'il connaît, les femmes, dès leur arrivée, se précipitent à la cuisine. C'est peut-être fait exprès justement pour exagérer, et montrer l'ineptie de la chose. Ce serait possible. Mais je préférerais que l'autrice montrât cela autrement.

Voici maintenant ma complainte. Apparemment, cette série compte neuf tomes. Pour l'instant, le tome 4 ne semble pas être sorti en français. Comme les trois premiers sont sortis à peu de temps d'intervalle, le 4 devrait être sorti. Cela me fait donc craindre qu'il ne sorte pas, et que de ce fait, Audible ne fasse pas enregistrer la suite des aventures de Franz. Comme je ne parle pas l'allemand, je ne peux pas lire la suite en VO...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Julien Allouf pour les éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.

Comme dans les deux premiers tomes, la prestation du comédien m'a plu. Il joue les cocasses aventures des personnages sans les surjouer. J'ai été un peu déçue qu'il ne prenne pas tout à fait la même voix pour la mémé, mais peut-être qu'on lui a fait remarquer qu'il criait trop fort... Pourtant, c'est justement ce que fait la mémé.

Je terminais ma chronique du tome 2 en louant le fait que l'éditeur avait décidé que les notes explicatives seraient lues à mesure que les mots apparaissaient dans le récit. Malheureusement, pour le tome 3, ces notes sont à la fin du livre. Quel dommage! Audible commence à prendre les mauvaises choses pratiquées par les bibliothèques sonores! Beurk! (Et encore: les bibliothèques sonores font surtout cela pour les glossaires.) J'espère que ce n'est qu'un accident de parcours... ;-)

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jeudi, 29 juillet 2021

Bretzel blues, de Rita Falk.

Bretzel blues

L'ouvrage:
Sur la porte d monsieur Höpfl, on a écrit: «Crève, sale porc.». Pendant que Franz enquête, Höpfl disparaît. Lorsque le village entend à nouveau parler de lui, c'est parce qu'il est passé sous un train. Suicide. Certes, mais Franz remarque des détails qui ne collent pas. Ajoutons à cela que la Suzie part en vacances, que Zimmer et Flötzinger ont décidé de faire un régime, etc.

Critique:
Quelle joie pour moi de retrouver Franz, sa manière de s'exprimer, sa famille originale, ses amis, et ses intuitions. Ce tome m'a autant plu que le premier. L'énigme n'est pas de celles qui contiennent une immense dose de suspense, mais elle est bien pensée et bien acheminée. Elle donne lieu à des scènes cocasses, comme celle où Max, poussé par son père, va révéler certains éléments à Franz. Cette scène m'a fait rire parce qu'elle est la répétition d'une scène du tome 1. Elle est d'autant plus drôle. De plus, je n'avais pas deviné le nom du coupable. Quand Franz l'a trouvé, j'ai même osé penser qu'il se trompait.

À côté de l'énigme, il y a tout ce qui fait qu'on est dans une comédie, et pas seulement dans un roman policier. La mémé continue à houspiller Franz quand elle trouve qu'il se conduit comme un crétin, et guette toujours les promotions. Le papa se repaît des Beatles. Le Léopold leur lèche les bottes tant qu'il le peut. J'apprécie beaucoup la petite vengeance involontaire que Sushi fait subir au Léopold. Ce n'est pas toujours au goût de Franz, mais c'est très sympathique pour le lecteur.
Franz se fait un nouvel ami qui l'aide (un peu à contrecoeur) pour son enquête, et qui est aussi source de rire. J'espère qu'il revient dans le tome 3.

J'ai apprécié la façon dont Rita Falk s'arrange pour montrer toute la bêtise du racisme, pour montrer que si on apprécie ou pas quelqu'un, cela tient à sa personnalité et non à la couleur de sa peau. Certes, cela ne veut pas dire que le personnage raciste va réellement se remettre en question, mais c'est quand même sur la bonne voie.

À la fin de ce tome, on trouve encore des extraits du livre de recettes de la mémé. Cela m'a plu parce que les recettes sont intéressantes, et parce qu'elles sont assorties de commentaires de Franz.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Julien Allouf pour les éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.

Comme dans le tome 1, le travail de Julien Allouf m'a plu. À chaque fois que Max parlait, j'avais un petit rire, car le comédien fait un Max qui est en train de muer, comme le veut son âge. Il le faisait aussi dans le tome 1, mais je l'avais moins remarqué. Cela fait partie des plus qu'apporte la version audio, tout comme la «voix» de la mémé. Tout cela est judicieux de la part du comédien, parce que cela se prête à l'ambiance truculente du roman.

Au long du roman, des notes expliquent certains mots (des plats, par exemple). L'éditeur audio a pris le parti d'insérer la note dans le texte, juste après la phrase où apparaît le mot expliqué par ladite note. Je trouve cette manière de faire tout à fait normale, naturelle, et on ne peut plus approprié. Pourquoi donc le souligne-je avec d'énormes sabots? Parce que les bibliothèques sonores font, à mon avis, cela n'importe comment. Elles demandent à leurs lecteurs de dire «note» en début de note, et «fin de la note» en fin de note. Je trouve cela idiot, parce que la manière dont la note est lue fait qu'on comprend très bien que c'est une note, et que donc le signaler signifie, à mes yeux, qu'on prend l'auditeur pour un abruti. En plus, ces «note» et «fin de note» coupent la fluidité du récit. Je dis tout cela parce qu'en général, je râle après les éditeurs de livres audio soit parce qu'ils mettent de la musique, soit parce qu'ils ne respectent pas la structure du livre.... Donc je redis que la manière dont Audible a inséré les notes de «Bretzel blues est parfaite. Lorsque je garde un roman enregistré par une bibliothèque sonore, et qu'il y a des notes, j'enlève d'ailleurs ces intempestifs «note» et «fin de note».

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jeudi, 22 juillet 2021

Choucroute maudite, de Rita Falk.

Choucroute maudite

L'ouvrage:
Petit village de Niederkaltenkirchen, en Allemagne. Franz Eberhofer, le policier du village, en fait le tour avec son chien, Louis 2, lorsqu'ils rencontrent un bonnet de fourrure. Bonnet que Louis 2 veut s'approprier. Seulement, le bonnet est vivant, c'est un petit chien appartenant à une jeune femme qui habite, depuis peu, l'ancienne maison de ses parents. Ceux-ci vivent maintenant au Canada, et veulent mettre leur maison allemande en vente.

Critique:
Ce premier volume des aventures de Franz, de sa famille, et de ses voisins m'a beaucoup plu. Le tout début ne donne pas du tout l'impression qu'on est dans un roman policier. D'ailleurs, l'énigme met du temps à démarrer. Cela ne ma absolument pas gênée, car Rita Falk présente ses personnages par l'intermédiaire de son narrateur. On a donc tout le temps de découvrir le papa (fan absolu des Beatles), la mémé (qui cuisine divinement, et achète le plus possible au plus bas prix possible), le Léopold (qui déteste Franz)... On découvre le boucher, le chauffagiste, qui, eux aussi, sont hauts en couleur.

La comédie se teinte d'énigme, lorsque Franz commence à se dire qu'à y bien réfléchir, une série d'événements est étrange. Ce pauvre Franz passe pour un benêt (principalement à cause de son passé) mais le lecteur (du moins moi) se dit que justement, il a peut-être raison. J'ai apprécié l'énigme, car les éléments sont cohérents. Pour moi, le plus important est l'aspect comique du roman, mais Rita Falk ne s'est pas moquée de son lecteur concernant le côté policier. Franz n'est pas toujours très habile (voir son enregistrement des aveux du coupable) mais il est très sympathique, il veut vraiment attraper les «méchants», et l'autrice lui a adjoint un personnage qui pallie ses manques.

J'ai apprécié que Rita Falk mette quelques recettes de la mémé en fin d'ouvrage. Je préfère d'ailleurs qu'elles soient à la fin plutôt que mêlées au récit. Ainsi, elles ne dérangent pas le lecteur, et elles sont faciles à retrouver.

Il me reste deux tomes et la suite n'est pas traduite. Étant peu douée en allemand, je pourrais voir si la suite a été traduite en anglais et enregistrée (par un américain, si possible). Cependant, j'apprécie le jeu du comédien qui enregistre la VF, donc je n'ai plus qu'à espérer que les traductions françaises arrivent vite, et soient enregistrées.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Julien Allouf pour les éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.

C'est le premier roman que je lis enregistré par ce comédien. Avant, je n'avais fait qu'écouter des extraits de ses prestations, et je n'étais pas trop emballée. Heureusement, j'ai tenté de lire un livre en entier. Je pense qu'il aurait été très facile de gâcher ce roman en surjouant les situations cocasses, et j'ai en tête des noms de comédiens qui auraient surjoué. Julien Allouf a joué, mais n'a jamais exagéré. J'ai donc hâte de le retrouver dans les tomes suivants, ce qui ne saurait tarder. Après, je pleurerai parce que j'aurai fini les tomes 2 et 3 avant que le 4 sorte en audio, mais ceci est une autre histoire. ;-)

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lundi, 11 mars 2013

Le murmure de l'ogre, de Valentin Musso.

Le murmure de l'ogre

L'ouvrage:
Nice, mars 1922.
L'inspecteur Louis Forestier est confronté à une série de meurtres qui le déroutent: des femmes, puis des enfants. Le tout de manière spectaculaire. Il est convaincu qu'il doit comprendre la psychologie du tueur pour l'attraper. C'est pourquoi il fait appel à son ami, Frédéric Berthellon, psychiatre.

Critique:
L'auteur situe son roman en 1922. Ainsi, il tente de renouveler le genre. Par exemple, il complique la tâche de ses enquêteurs (si j'ose dire), car il ne sera pas question d'analyse ADN. En outre, c'est l'occasion pour le lecteur de «découvrir» d'autres techniques, par exemple, comment savoir si des taches retrouvées sont du sang animal ou humain... D'autre part, si Frédéric est ouvert, et semble bien connaître son métier, les recherches sur les maladies mentales sont encore hésitantes, et on en sait peu.

J'ai trouvé le début par trop classique. Pour moi, rien ne démarque cette enquête de celles qui fleurissent sous la plume d'autres auteurs de thrillers. C'est nouveau pour nos deux héros, mais pas pour le lecteur. Certains auteurs se démarquent en créant des originalités: caractères des personnages, pièce impossible à assembler avec les autres, style différent, événements incongrus. Ici, rien de tout cela. Il semble que Valentin Musso ait pris des ingrédients qui ont déjà fonctionné, et les ait mélangés sans y apporter sa touche personnelle.

J'ai trouvé le roman très lent. L'auteur accumule les ficelles classiques: le traumatisme du tueur, le fait que la famille du policier soit menacée, le tueur tatouant des lettres sur ses victimes et gardant des «souvenirs» de chacune, l'histoire d'amour arrivant «grâce» à l'enquête... Il y a bien quelques rebondissements, mais ils sont tardifs, et pas si surprenants.
La structure est intéressante (dès la deuxième partie, l'auteur alterne l'enquête et les pensées du tueur), mais elle est à double-tranchant, car si elle nous fait découvrir le fonctionnement du tueur, au bout d'un moment, on en a fait le tour, et ces passages deviennent prévisibles.

Au milieu de la deuxième partie, les choses commencent à prendre un tour quelque peu inattendu. Ce qu'on découvre n'est pas exceptionnel, mais cela relance l'intrigue. Par ailleurs, une découverte fait que Frédéric analyse un autre pan de la psychologie du tueur, étayant sa théorie par l'exemple d'autres cas similaires. Cela s'écarte des sentiers battus. De plus, à force de connaître le tueur, on se rend compte que la situation est plus complexe qu'il n'y paraît au départ.

J'ai apprécié Frédéric qui veut faire humainement son travail. Il ne considère pas ses patients seulement comme des personnes dangereuses. Il veut les traiter au mieux. Il arrive qu'il se trompe, mais cela le rend plus crédible. En outre, il n'a pas cette suffisance insupportable de certains, il se remet en question.
J'ai également apprécié le fait que l'auteur nous montre (dans l'entourage du tueur), un personnage pas si manichéen qu'il n'y paraît, qui finit par reconnaître ses torts, même s'il est trop tard.
J'ai également apprécié la façon dont le lecteur apprend une certaine chose dans les derniers chapitres. C'est bien amené, et c'est un rebondissement auquel je n'avais pas pensé. Enfin, c'est une autre pièce du puzzle quant à la psychologie du tueur, cela le rend plus humain, plus fragile. Sans oublier les réflexions non-dénuées d'ironie qu'est forcé de se faire Louis après cette découverte.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Julien Allouf. Ce livre m'a été offert par les éditions Thélème.
Julien Allouf a une lecture naturelle et fluide. Il joue sans surjouer. Par exemple, lorsque Frédéric expose ses premières théories, il marche sur des oeufs, car les policiers se méfient quelque peu de lui. Julien Allouf rend très bien les hésitations du psychiatre. C'est un exemple, mais tout au long du roman, le comédien montre son talent, adoptant à l'envi un ton bourru, précautionneux, caustique, joyeux, froid, etc, tout en restant parfaitement naturel. Il ne modifie pas trop sa voix pour les différents personnages, et c'est mieux ainsi. Les passages les plus délicats sont sûrement ceux où le lecteur côtoie le tueur. Là encore, le comédien s'en tire très bien, jouant intelligemment, et aidant le lecteur, par ce jeu subtil, à mieux entrer dans la tête du tueur.

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