jeudi, 5 septembre 2019

L'école buissonnière, de Nicolas Vanier.

L'école buissonnière

L'ouvrage:
Paris, 1922. Jean Caradec est cheminot. Un jour, il apprend qu'il va devoir partir plusieurs mois en Algérie afin de participer à la construction d'une ligne de chemin de fer. Il n'accueille pas bien cette nouvelle, car il vit seul avec son fils de onze ans (Paul), et n'a personne à qui le confier. N'ayant pas d'autres solutions, il se décide à demander à Célestine, l'ancienne nourrice de sa défunte femme. Elle accepte. Paul va donc passer plusieurs mois dans la campagne solognote, chez Célestine et son mari, Borel, le garde-chasse, sur le domaine du comte de la Chesnay.

Critique:
Ce roman m'a plu. Il fait passer un bon moment, et ne souffre pas de temps morts. Des lecteurs diront peut-être que certaines choses sont invraisemblables, comme ce qu'il advient de la rivalité entre Borel et Totoche, ou ce que décide le comte lorsqu'il comprend ce qu'on lui cache. Je n'ai pas trouvé ces éléments invraisemblables. Le romancier donne souvent, et de manière assez explicite, le point de vue du comte. Celui-ci s'en veut depuis dix ans, il a eu le temps de ruminer sa souffrance et de comprendre le mal qu'il a fait. Sa décision finale est donc plutôt logique.
Quant à Borel et Totoche, je n'imaginais pas comment cela pouvait se terminer, et ce qu'a choisi l'auteur me convient. Au long du roman, même si Borel est agaçant, on voit bien qu'il n'a pas mauvais coeur.

J'ai aimé découvrir la forêt et ses secrets à la suite de Paul guidé par Totoche... et Garçon.
La plupart des personnages sont sympathiques, sauf Bertrand et ses amis. J'ai compris pourquoi Paul en voulait à Célestine à cause de ses mensonges, mais la pauvre ne pensait pas à mal. Quant à son autre «péché», c'est à vous de décider ce que vous en pensez. À la fin, il n'est pas dit si elle continuera de s'y adonner... ;-)
J'ai aussi apprécié Dédé, dont on se moque souvent, à cause... de son amour pour sa brouette. Heureusement, on le voit dans d'autres situations, et on se rend compte qu'il sait faire autre chose que conduire son engin.

Je râle toujours après les prologues qui ne servent à rien, c'est-à-dire ceux qui sont supposés faire baver le lecteur en dévoilant des morceaux du moment crucial de l'intrigue, et sont, à mon sens, extrêmement pénibles. Je dois donc souligner ici que le prologue de ce roman n'est absolument pas à classer parmi ces horreurs. Il se passe douze ans avant le chapitre 1, et nous aide à comprendre très rapidement la situation de Jean et Paul exposée par la suite. Ouf! Il y a encore des auteurs qui font des prologues intelligents!

J'aurais bien voulu que le livre continue. Vous allez me dire qu'il n'y avait plus rien à écrire. Certes, mais il aurait pu y avoir d'autres excursions de Paul et Totoche...

Éditeur: XO.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Arlette Bratschi pour la Bibliothèque Braille Romande.

Arlette Bratschi pourrait en remontrer à certains lecteurs se disant professionnels. Elle adopte toujours le ton adéquat, modifie sa voix de manière judicieuse selon les personnages... Bref, elle vit le roman, et joue sans jamais trop en faire.

Pour information, la structure du livre n'a pas été respectée: la plupart des chapitres sont coupés en plusieurs pistes. Je n'ai pas compris cela, car en général, les bibliothèques sonores respectent la structure des ouvrages.

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mercredi, 4 mars 2015

Sept ans après, de Guillaume Musso.

Sept ans après

L'ouvrage:
Depuis leur divorce, sept ans plus tôt, Sebastian et Nikki ont chacun la garde d'un de leurs jumeaux, Jeremy et Camille. Ils ne se voient presque pas.
Un matin, Nikki, affolée, appelle Sebastian. Jeremy, le jumeau dont elle a la garde, a disparu.

Critique:
Comme dans certains de ses autres romans, Guillaume Musso a mis en place un jeu de pistes. Ici, cela n'a pas fonctionné avec moi, car j'ai très vite su ce qui était arrivé à Jeremy. Bien sûr, l'auteur tente de compliquer les choses, et je n'ai pas tout de suite deviné d'où venait l'autre partie de l'énigme, mais je savais quoi penser, et les grandes lignes étaient claires pour moi. De ce fait, j'ai trouvé que le livre se traînait.

Cela pourrait être rattrapé par les péripéties que connaissent nos personnages, mais je les ai trouvées bien convenues et prévisibles. Parmi les éléments les plus attendus, il y a le fait que Nikki et Sebastian sont rapidement suspectés de meurtre et de détention de drogue.

Comme souvent, l'auteur insère des retours en arrière. Ils nous apprennent certaines choses, certes, mais ils sont placés trop tard et sentent le réchauffé. Heureusement, il y en a peu.

À vouloir à tout prix insérer une histoire d'amour dans ses romans, Guillaume Musso joue avec l'invraisemblable. Ici, c'est plus compliqué que le coup de foudre, mais ce n'est pas davantage crédible.

Les personnages ne m'ont pas vraiment émue. Ils sont brossés à trop grands traits pour être vraiment consistants. Lui semble psychorigide et peu ouvert d'esprit; elle paraît obsédée par son apparence, par l'effet qu'elle a sur les hommes... De plus, elle se veut ouverte d'esprit, mais elle a plutôt l'air d'avoir un pois chiche dans la tête. Il est dommage que Musso ait montré ces deux extrêmes tentant d'élever des enfants. Enfants qui ont l'air plus sensés que les parents, même s'ils sont un peu naïfs.

À la toute fin, l'auteur a voulu faire quelque chose que certains trouveront judicieux. Ayant tout de suite compris où il voulait en venir, j'ai trouvé cela un peu lourd.

Point positif pour moi: il n'y a pas de citation à chaque chapitre, uniquement à chaque partie. Je n'aime pas que les auteurs mettent des citations partout. Guillaume Musso en ayant fait sa marque de fabrique, j'ai été agréablement surprise qu'il n'y en ait pas ici.

Remarques annexes:
Il n'est pas très logique que quelqu'un, même sous le charme, paie un achat qu'une inconnue vient de voler.
Il n'est pas très logique qu'une douleur qui vous empêche de marcher ne soit plus d'actualité le lendemain, alors qu'aucun médicament n'a été utilisé.
Il est gros qu'un homme criblé de balles ait encore la force de faire ce qu'a fait l'un des personnages.

Éditeur: XO.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Fanny Grand pour la Bibliothèque Braille Romande.

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lundi, 10 novembre 2014

Je reviens te chercher, de Guillaume Musso.

Je reviens te chercher

L'ouvrage:
Samedi 31 octobre 2007.
Ethan est psychiatre. Quinze ans plus tôt, il a fui une ville où il n'avait pas d'avenir, et a juré qu'il se ferait un nom. Il y a réussi. Cependant, il n'est pas heureux. Les événements de cette journée vont le forcer à voir cette vérité en face.

Critique:
Je sais qu'avec Musso, je dois m'attendre à des intrigues faciles. Ici, j'ai été déçue, malgré le fait que mes attentes n'étaient pas très grandes. Je ne reprocherai pas que l'auteur ait repris une trame déjà utilisée. C'est le genre d'idées qui peut très bien marcher, même souvent employée. L'auteur n'oublie pas d'assortir cela de personnages récurrents, comme le docteur asiatique et le chauffeur de taxi noir.
Par contre, j'ai trouvé que l'intrigue mettait du temps à démarrer. Or, dans ce genre de romans, normalement, tout doit démarrer très vite.

Dans les autres romans de cet auteur que j'ai lus, il m'a semblé que les personnages étaient attachants. Ici, à part Jessie, aucun ne l'est vraiment.
Ethan est imbuvable et le sait. Il a choisi une vie, mais certains de ses choix ne lui conviennent pas. Soit, il n'a qu'à se débrouiller pour que cela change. On me dira qu'il le fait au cours de ce samedi, mais c'est un peu tard.
Céline aussi m'a agacée. Si elle ne parvient pas à oublier Ethan, pourquoi se marie-t-elle? Surtout si c'est pour agir comme elle le fait ensuite...
Jimmy se dévoue corps et âme à sa fille, et quand les choses ne vont pas, il reprend des habitudes qu'il sait néfastes.
Quant à Marisa, entre son aigreur et sa fierté mal placée, elle a tout de la mégère.
Bien sûr, certaines choses vont changer, mais ce changement n'est pas très crédible.

Ensuite, la structure du récit m'a déplu. Les premiers chapitres racontent le présent d'Ethan. Ensuite, certains racontent sa rencontre avec Céline. Certes, l'histoire est intéressante, mais placée à cet endroit, elle fait plutôt réchauffée. C'est un peu pareil en ce qui concerne les chapitres avec Jimmy et Marisa. Tout cela aurait dû arriver plus tôt dans le récit. Certains me diront que cela aurait obligé l'auteur à révéler quelque chose qu'il tient secret le plus longtemps possible. Peut-être, mais j'ai deviné cette chose dès que le personnage la concernant est apparu, donc cela ne m'aurait pas gênée.

Le coup de foudre me paraît toujours aussi discutable. Bien sûr, ici, il est assorti de certains actes romantiques... qui m'ont paru incongrus étant donné que les deux personnages ne se connaissaient pas.

Il y a une incohérence: Ethan sent que Céline est en danger avec lui. Or, s'il ne l'avait pas quittée, les choses auraient tourné différemment, et le danger aurait été évité. Il aurait donc dû sentir que le danger la guettait s'il la quittait. Musso aime bien ce genre de situations. Il les a déjà utilisées. Je les trouve assez agaçantes.

Ce qui m'a le plus surprise, c'est que la fin n'est pas conforme à ce que préconisent les codes des comédies romantiques. J'aime qu'on détourne les codes, mais pas dans ce genre de romans.

Enfin, mon plus grand reproche concerne une invraisemblance. Il n'est absolument pas crédible qu'Ethan ne se souvienne pas de ce qu'il a fait la veille au soir. J'ai bien compris qu'il était soûl au-delà des limites, mais ce genre de choses ne s'oublie pas. Surtout que l'idée ne lui est pas venue en une soirée, il y a réfléchi...

Éditeur: XO.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Anne-Marie Fontaine pour la Ligue Braille.
J'aime beaucoup cette lectrice a la voix sympathique, et qui ne cabotine pas. Ici, je n'émettrai qu'un petit bémol: elle a commencé par prononcer Ethan comme je m'attends à ce qu'on le prononce, sans faire d'accent. Ensuite, elle s'est mise à le dire comme si la première lettre était un I. Je trouve cela dommage, elle aurait dû continuer de le prononcer comme au début.

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mercredi, 3 septembre 2014

L'appel de l'ange, de Guillaume Musso.

L'appel de l'ange

L'ouvrage:
New York. Dans la cafétéria d'un aéroport, Jonathan et Madeline se percutent. Toutes leurs affaires se renversent. Ils s'énervent l'un après l'autre, ramassent leurs biens, et chacun part de son côté: San Francisco pour lui, Paris pour elle. Une fois à destination, chacun se rend compte qu'il a le portable de l'autre.

Critique:
Ce roman est inégal. Au début, l'idée est intéressante, et pour moi, l'auteur l'exploitait bien. Je me suis divertie avec ces personnages dont les vies entrent par hasard en collision. J'ai trouvé plaisant que l'auteur nous décrive deux univers totalement différents.
Jonathan m'a paru plus sympathique que Madeline. On m'objectera que la jeune femme n'est pas bien dans sa peau, dans sa vie, et que c'est la raison pour laquelle elle est souvent exaspérée et donc exaspérante.

Ensuite, pour moi, les choses se gâtent. Étrangement, c'est la partie où il se passe le moins de choses que j'ai préférée. Lorsque l'auteur introduit l'énigme, j'ai trouvé que le tout se banalisait. Bien sûr, il amène les choses de manière à ce qu'on ait du mal à assembler le puzzle, mais pour moi, créer une énigme était une porte de sortie trop simpliste. À cause d'un tel début, j'aurais préféré lire un roman davantage dans le style de Sophie Kinsella.

L'énigme et l'ambiance totalement différente qu'elle donne au roman finissent par bien passer. Cependant, d'autres éléments m'ont gênée. Le plus pénible étant cet invraisemblable coup de foudre. Il y a aussi cette coïncidence vraiment très grosse qui fait que Jonathan a rencontré, deux ans auparavant, un personnage clé de la vie de Madeline. Ensuite, il y a quelques invraisemblances. Par exemple: comment quelqu'un qui panique et qui a très peu de temps pour réfléchir a-t-il le temps d'imaginer un message codé? De plus, comment se fait-il qu'en quelques minutes, un homme seul décrypte le code, alors que deux personnes (très impliquées) ne pensent pas qu'il peut y en avoir un? Comment se fait-il que ce soit Jonathan, et non Madeline, qui ait l'idée de localiser un portable? Il a non seulement l'idée, mais il cherche le moyen de la mettre en application, alors que Madeline objecte formellement que c'est impossible, et se moque de lui.

Remarque annexe:
Mention spéciale à Marcus qui m'a beaucoup amusée.

Éditeur: XO.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Aranza Urujola pour l'association Valentin Haüy.
Cette lectrice prend le parti de jouer un peu les livres qu'elle enregistre. Heureusement, elle le fait bien. Peut-être en fait-elle un tout petit peu trop, parfois, mais la plupart du temps, son jeu est sympathique. Par exemple, elle prend une voix enfantine pour le garçonnet de huit ans, et le fait sans que cela soit niais ou geignard. Elle modifie également quelque peu sa voix pour les hommes, mais cela reste discret. Je regrette qu'elle ait fait un accent à Francesca. Bien sûr, l'auteur précisait que la jeune femme avait un petit accent, mais je pense que les lecteurs ne devraient jamais faire les accents étrangers. C'est beaucoup trop laborieux à écouter. Dans un roman, si un personnage a un accent, les mots qu'il prononce ne sont pas écrits de manière à suggérer cet accent. Je pense donc qu'en audio, l'accent ne devrait pas être marqué, ou bien (si le lecteur, l'association, ou l'éditeur y tiennent vraiment), à peine esquissé.

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vendredi, 1 août 2014

Parce que je t'aime, de Guillaume Musso.

Parce que je t'aime

L'ouvrage:
Le 23 mars 2002, Layla Hattaway, cinq ans, a disparu dans un centre commercial. Ses parents, Mark et Nicole, n'ont pas pu sauver leur couple, après cela.
Le 23 mars 2007, Layla réapparaît à l'endroit où elle avait disparu.

Critique:
J'ai préféré ce roman à «Je reviens te chercher». J'ai trouvé que sentiments et personnages étaient mieux décrits, mieux analysés, que le tout faisait plus réaliste.

L'auteur décrit des personnages dont la vie a été bouleversée par une immense souffrance, par une chose après laquelle il est quasiment impossible de continuer. Puis il montre comment ces gens gèrent leur détresse.
Si j'ai compris Nicole, Connor, Evie et Alison, j'ai eu du mal à comprendre Mark. On me dira que chacun fait ce qu'il peut, qu'on ne peut pas décider à la place d'une personne de la manière dont elle doit réagir à un cataclysme. Certes, mais la réaction de Mark montre qu'en fait, il ne s'est jamais réellement mis à la place de ses patients. En effet, il était psychologue, et s'était spécialisé dans la résilience. Sa réaction montre qu'il se place au-dessus de tous: que les autres souffrent, mais surtout pas lui! Malgré tout, j'ai eu du mal à m'attacher à lui, et n'y suis pas vraiment parvenue. Pourtant, au long du roman, il évolue. Je l'ai trouvé inconsistant, grandiloquent, égoïste... Accessoirement, on se demande ce qu'est devenu son chien. Entre Mark, Connor et Nicole, il semble que personne ne se soit soucié de son sort...

On pourrait trouver la situation d'Alison un peu clichée, mais cela ne m'a pas gênée, car au final, on comprend ce qui pousse la jeune femme.
C'est la même chose pour Evie. Ce personnage est très attachant. On ressent très bien à la fois son envie de s'en sortir et son besoin de se venger tout en tentant de réparer. Par contre, l'auteur gâche un peu les choses avec deux éléments. D'abord, cette scène digne d'un mauvais film d'amour où quelqu'un (vous verrez qui) propose à Evie de faire le sale boulot à sa place, espérant que du coup, cela la dissuadera. Je n'ai pas vraiment compris la portée psychologique de la chose. Il suffisait à l'adolescente de répondre: «Je ne te demande rien, c'est à moi de le faire.» Ensuite, si la méthode que souhaite employer Evie n'est guère de mise, pourquoi ses «protecteurs», ne lui proposent-ils pas de l'aider à engager des poursuites judiciaires?

L'intrigue est bien menée. Il y a des retours en arrière, ce que je n'aime pas trop, mais ici, ça passe... Certains sont un peu artificiels parce qu'il n'y a pas de raisons à ce qu'ils ne soient pas racontés chronologiquement, sauf, bien sûr, le fait de ne pas dévoiler le noeud de l'intrigue.
Je n'ai pas deviné ce qu'avait fait l'auteur avant qu'il ne le dévoile. J'ai même pensé à des choses totalement erronées: heureusement, car elles ne me plaisaient pas. J'ai relevé ce que je croyais être des incohérences, mais elles sont expliquées par ce qu'on découvre, sauf une: pourquoi Layla avait-elle quelque chose de métallique dans le corps? Au départ, cela lance le lecteur sur une piste, mais ce n'est pas expliqué lorsqu'on découvre la vérité.

Remarque annexe:
Curtis, le chauffeur de Richard Harrison, est-il le même que celui de «Je reviens te chercher»?

Éditeur: XO.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Yvette Descolonges pour l'association Valentin Haüy.

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