Editeur : Taurnada

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lundi, 22 décembre 2014

Sortie noire, de Christian Laurella.

Sortie noire

L'ouvrage:
Daniel Pessard a été condamné à vingt-deux ans de prison. À présent, au bout de vingt ans, il bénéficie d'un régime de semi-liberté qui fait qu'il peut travailler dans une usine.

Critique:
Ce roman m'a quelque peu déroutée. L'histoire se dirige très vite vers le constat que Daniel a été incarcéré à tort. Ce procédé, même s'il a souvent été employé, n'est pas vraiment gênant. S'il avait été le seul à être un peu gros, cela ne m'aurait pas embêtée. D'ailleurs, c'est le genre de choses qui piquera toujours la curiosité du lecteur.

Ensuite, on trouvera très étrange (à l'instar de René) que Daniel et Norah se rencontrent, que l'un aborde l'autre si vite, etc. La ficelle serait mieux passée si les choses avaient été préméditées, comme le suppose René.

Il est également très gros que Marlène parvienne si facilement à se débarrasser de ceux qui la gênent, surtout un personnage qui aurait dû, logiquement, se montrer plus méfiant. Là encore, j'attendais le revirement de situation qui aurait rendu le tout crédible...

Justement, le personnage de Marlène m'a perturbée. Ses motivations sont compréhensibles, mais sa façon d'être (à la fois folle et machiavélique) donne un résultat étrange. J'ai eu du mal à concilier les deux images. Je pense que Marlène est là pour qu'on en rie, mais elle m'a plutôt agacée.

Quant à Élisabeth, si les événements lui font craindre pour sa vie, pourquoi n'agit-elle pas de manière plus radicale? Pourquoi ne s'enfuit-elle pas ailleurs? Apparemment, elle a un capital suffisant pour repartir de zéro. À la lumière de certains faits, on peut penser que tout en redoutant sa fin, elle l'espère, ce qui expliquerait son attitude.

Daniel, au départ, semble creusé. On comprend bien qu'il soit devenu excessif, à fleur de peau. On peut également accepter qu'il souffre d'amnésie. On se doute que cela arrange bien les affaires de l'auteur, mais après tout, pourquoi pas? Le personnage peut avoir occulté les événements pour ne pas devenir fou. Ensuite, même si j'ai compris ce qui poussait Daniel à agir, j'ai trouvé que le tout manquait de finesse. D'une manière générale, c'est ce que je reproche à ce roman: il manque de subtilité. En effet, les exemples que je donne sont loin d'être les seules grosses ficelles du livre. L'élément le plus difficile à avaler, à mon avis, est la manière dont se passent les crimes commis il y a vingt ans et tout ce qui s'ensuit. Pourtant, les idées sont bonnes. C'est la manière de les aborder qui ne m'a pas convaincue.

Le romancier retarde certaines révélations le plus possible, à tel point que le lecteur (du moins moi) les a déjà devinées lorsqu'elles sont faites.

J'ai apprécié la toute fin, même si elle est attendue.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Taurnada.

Édit du 22 décembre 2014: Il semble bien que les rencontres de Norah et Daniel ne soient pas fortuites, puisque Norah savait que Daniel était en semi-liberté. Du coup, la ficelle devient intéressante.

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vendredi, 31 octobre 2014

Renaissance, de Jean-Baptiste Dethieux.

Renaissance

L'ouvrage:
Jean Malenc est journaliste. Il travaille beaucoup. Un jour, sa femme (Liz), en a eu assez, et est partie, emmenant leur fille (Blanche). N'ayant pas de nouvelles et ne parvenant pas à la joindre pendant plusieurs semaines, Jean s'inquiète, et se rend à la police pour déclarer la disparition. À cela s'ajoute de mystérieuses photos reçues par mail d'un expéditeur inconnu.

Critique:
Voici un roman court qui entraîne le lecteur dans les méandres de la mémoire du narrateur. De mystères en découvertes, d'étrangetés en rebondissements, on se retrouve propulsé dans une sorte de conte cruel dont l'environnement est une forêt, lieu enchanté par excellence. D'ailleurs, lorsque Jean y entre, il semble pénétrer dans un autre monde duquel Lucienne ferait office de gardienne. La sorcière (personnage typique du conte) serait représentée par sa belle-mère qui, même à l'extérieur de la forêt, l'atteint par son rire et ses dires. Ajoutons à cela les «fantômes» ou apparitions qui se matérialisent devant Jean. L'auteur parvient très bien à planter ce décor où les événements paraissent oniriques à cause de leur teneur, mais aussi de cette ambiance fantastique à la fois inquiétante et attrayante. Le style de l'auteur, soutenu, parfois poétique avec certaines pointes de lyrismes, se prête très bien à cette atmosphère hors du temps, préparée par le début du roman où le narrateur fait des rêves angoissés, où la nuit (qui lui montre des choses en trompe-l'oeil) est source d'anxiété.

Rapidement, on découvre que le héros a des troubles de la mémoire. Même si les raisons de ces troubles sont expliquées de manière très convaincante, j'ai trouvé cela un peu facile. D'abord parce que beaucoup d'auteurs ont exploité cette ficelle. Elle reste fascinante, cependant, ici, on ne sait pas quand les troubles vont survenir. Il semble qu'ils soient fréquents, mais dans ce cas, comment le narrateur a-t-il pu réserver un chalet dans la forêt pour son séjour? Peut-être n'est-ce pas lui qui fit cette réservation, mais on ne le saura pas. J'aurais aimé davantage de cohérence. Cependant, on pourra m'objecter que les troubles dont souffre le narrateur sont justement la cause de cet aspect décousu. Ils surviennent n'importe quand et ne s'attaquent pas forcément aux mêmes souvenirs. Mon «reproche» n'en est donc pas réellement un, puisque cet argument se défend. Je crois que j'ai surtout été un peu déçue que cette ficelle, si souvent exploitée, le soit ainsi dans ce roman.

À la fin, certaines questions restent. Cela peut être vu comme positif ou négatif. En effet, il est logique que Jean ne parvienne pas à se souvenir de tout, et qu'on préfère lui en dire le moins possible. Cette fin va bien à l'ambiance égarée qui court tout au long du roman. En outre, le lecteur peut s'amuser à supposer, à combler les trous: les plus importants seront assez simples à combler. Mais certains lecteurs pourront souhaiter une fin nette, avec, à la suite du récit de Jean, des explications faites par d'autres. L'auteur a sûrement choisi de ne pas en donner afin de prolonger la tension ressentie au cours de la lecture, et afin que le lecteur reste imprégné de la manière dont Jean voit et découvre les choses.

Un personnage voyageant à la fois dans une forêt et dans son esprit, des découvertes qui accroissent la tension, une démonstration claire (à travers un esprit à la dérive) de la manière dont on peut être marqué par des événements inacceptables, une ambiance qui joue un rôle à part entière... tels sont les ingrédients de ce roman, qui pour moi, est une réussite, malgré les réserves que j'émets sur la ficelle de la mémoire.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Taurnada.

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