mercredi, 4 juin 2014

L'enfant du parc, de Philippe Routier.

L'enfant du parc

L'ouvrage:
Ce jour-là, Renan Jackowiak, souhaitant punir sa femme qui demande le divorce, enlève leur fils (Thomas, six ans) et l'abandonne dans un parc. C'est Juliette qui trouve l'enfant.

Critique:
À l'heure où beaucoup écrivent de très longs romans qui, parfois, souffrent de longueurs, Philippe Routier signe un texte court et dense. En peu de pages, il plante un décor, campe des personnages creusés, construit une intrigue solide.

Au début, j'ai été un peu dérangée par le comportement de certains, mais tout s'explique, tout s'imbrique. À l'inverse d'autres auteurs, Philippe Routier a pris soin de rendre son roman vraisemblable. Pourtant, il aurait pu très facilement tomber dans le niais, le trop gros, notamment au moment où Luc-Émile prend certaines choses en main.

Ce roman se lit comme une énigme mi-policière mi-psychologique. D'abord, un événement en déclenche un autre. Puis, au moment où on pense que la situation va perdurer jusqu'à la fin, et qu'il y aura un changement dans les cinq dernières pages, l'auteur enchaîne les événements. À tel point qu'à un moment, je me suis demandé comment il allait remplir les pages restantes. J'ai été ravie de voir qu'il n'était pas question de remplissage, mais d'une histoire totalement maîtrisée.

Le romancier n'a pas besoin de trop en faire pour expliquer le ressenti de tel ou tel personnage. Ils sont tous assez faciles à cerner. Cela ne veut pas dire qu'ils sont caricaturaux, mais qu'ils sont humains. Philippe Routier s'arrange même pour donner une vision parcellaire de certains d'entre eux (notamment Juliette et Thierry), afin que l'opinion du lecteur se modifie un peu à mesure de la lecture. Il sera aisé de s'identifier aux personnages, même si on n'approuvera pas les actes de chacun.

Plusieurs thèmes sont abordés avec justesse: la façon dont chacun gère son deuil, la maladie, la vieillesse, l'égoïsme de chacun, mais aussi l'empathie que l'homme peut ressentir, sans oublier les liens particuliers qui peuvent se tisser entre certains qui auront davantage d'affinités avec les uns qu'avec les autres. Les relations entre parents et enfants sont explorées de plusieurs manières.

Souvent, dans les romans, il y a les personnages qu'on apprécie, et ceux qu'on n'aime pas. Ici, même si certains sont plutôt positifs et d'autres plutôt négatifs, on ne peut pas franchement en détester (sauf peut-être Renan).
Juliette est beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît. Je ne sais toujours pas si je l'apprécie ou pas. Elle fait des choses répréhensibles par égoïsme, mais on a l'impression qu'elle pense vraiment agir pour le bien de Thomas.
Les autres personnages sont intéressants. Chacun a de la présence. Cependant, je ne les évoquerai pas, car je pense qu'il faut en dire le moins possible afin de ne pas gâcher la lecture.

Un roman bien pensé, bien écrit. À lire!

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Stock.

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mercredi, 21 août 2013

La vie à côté, de Mariapia Veladiano.

La vie à côté

L'ouvrage:
Rebecca est laide. Depuis sa naissance, sa mère déprime. Elle grandit tant bien que mal entre son père, sa tante Erminia (soeur jumelle de son père), et Madalena, sa nounou. À cause de sa laideur, on la cache.
Un jour, elle commence à apprendre le piano et se révèle douée.

Critique:
Mon sentiment est mitigé quant à ce livre. Il dit certaines choses de manière très justes, mais d'autres éléments m'ont semblé très maladroits.
Mariapia Veladiano décrit bien cette jeune fille qui se construit comme elle peut dans une atmosphère oppressante qu'elle ressent, qu'elle tente même d'éradiquer. Pour elle, la plupart des adultes ne sont que des béquilles peu solides. En effet, la seule vraie planche de salut de Rebecca est son amie, Lucilla. Ce personnage est lumineux. Elle balance de grands coups de pieds dans les tabous érigés par des adultes frileux. Elle sera source de bien des délivrances, à commencer par la sienne. Pétillante sans excès, compatissante sans mièvrerie, décidée, sachant où est la véritable justice, ce petit soleil ne laissera pas le lecteur indifférent.

La romancière explore avec justesse et subtilité les conséquences d'une différence, d'un handicap: les réactions de chacun, la plupart oubliant que la principale victime est Rebecca qui, en plus d'avoir un physique ingrat, fait partie d'une famille dont l'attitude ne fait rien pour arranger les choses.

J'ai apprécié que la musique ne soit pas la seule source d'épanouissement pour Rebecca. Grâce à la musique, elle trouve un exutoire, mais d'autres choses bénéfiques découleront de son talent, elle ne fera pas de la musique sa vie, ne s'y jettera pas à corps perdu.

Il est intéressant d'observer les jeux de miroirs, les correspondances que crée l'auteur: personnages, situations...

La structure du livre est décousue à dessein. Cela ne m'a pas plu parce que la romancière l'embrouille surtout lorsqu'il s'agit pour Rebecca de raconter un moment douloureux. L'objectif peut être de montrer le désarroi de la jeune fille qui ne se résout pas à raconter. L'auteur peut aussi vouloir montrer au lecteur comme les pensées de sa narratrice se bousculent, se télescopent, tant elle a du mal à revivre ce moment. Mais le but est surtout de faire mariner le lecteur. Je n'aime pas que l'auteur n'ait pas mieux enrobé cette intention.

Rebecca finit par connaître tous les mystères qui enveloppent sa famille. Je me suis d'abord dit que Mariapia Veladiano avait été très subtile, car sans trop en faire, elle avait réussi à persuader le lecteur de certaines choses pour lui démontrer qu'autre chose se cachait derrière. Cependant, j'ai aussi trouvé qu'elle en faisait trop. Elle nous montre des adultes au pire pervers, au mieux pleurnicheurs et incapables de communiquer, de réagir. Aucun membre de la maisonnée ne trouve grâce à mes yeux. Le père est un faible et un lâche qui sacrifiera les autres, n'ayant aucun courage. D'ailleurs, je me rends compte que j'ignore son prénom. Est-il si falot que l'auteur n'a pas pris la peine de lui en trouver un, ou l'ai-je oublié? Quant à Madalena, elle devient ridicule à force de se transformer en fontaine à chaque instant. Bien sûr, elle n'est pas néfaste à Rebecca, mais elle ne l'aide pas beaucoup. Je ne dirai rien des deux autres adultes pour ne pas trop en dévoiler, mais ils ne valent pas mieux. D'ailleurs, dans ce roman, seuls trois adultes se comportent de manière sensée: Albertina, le maestro et la signora de Lellis. (La mère de Lucilla aussi, mais on la voit peu.) La signora de Lellis peut d'ailleurs être vue comme l'opposé absolu de la famille de Rebecca.

Pour en revenir à ce que nous finissons par apprendre, j'ai trouvé peu crédible que des adultes (les parents de Rebecca) se conduisent de manière si pitoyable. Leur immaturité m'a laissée sans voix. J'ai pensé: «Tout ce mystère pour... ça...» J'ai trouvé que cela retombait un peu, car ce n'était pas très vraisemblable. J'avais l'impression que les parents de Rebecca compliquaient les choses, se faisaient tout un tas d'histoires au lieu de communiquer simplement. Bien sûr, la romancière expose bien les choses, fait de son histoire une sorte de conte cruel, semant de petits indices sur le chemin du lecteur, montrant la signora de Lellis comme une bonne fée qui va faire en sorte que les tiroirs aux secrets s'ouvrent afin que rien ne reste figé. Oui, mais ça n'a pas vraiment pris avec moi. À l'inverse, le douloureux récit que Rebecca fait à Lucilla et qu'elle a du mal à sortir est très crédible et expose les faits de manière nette, précise, sans fioritures.

Malgré ma sévérité, je vous recommande ce petit livre. C'est un premier roman qui montre un talent certain, et ce qui ne m'a pas plu n'en fait pas un mauvais livre à mes yeux.

Éditeur: Stock.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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mardi, 29 mai 2012

La fureur de la langouste, de Lucia Puenzo.

La fureur de la langouste

L'ouvrage:
Argentine.
Tino a onze ans. Sa famille est riche, son père, Razzani, est puissant. Tino et ses soeurs ont des gardes du corps.
Le père de Maia, l'amie de Tino, anime une émission télévisée. Un jour, il montre à l'écran le visage de Razzani, expliquant qui il est. C'est alors que la vie de la famille bascule, car associer un visage à des agissements, c'est signer l'arrêt de mort de Razzani, voire de sa famille.

Critique:
À travers cette famille et ceux qui gravitent autour, c'est la société argentine que dépeint Lucia Puenzo. Certaines choses paraissent un peu caricaturales (les maîtresses de Razzani, l'apparition de la drogue, de l'alcool...), mais au fond, c'est terriblement réaliste.
Il est intéressant de lire ce genre d'histoires du point de vue de la famille. En général, on voit la personne poursuivie par sa «hiérarchie», devant ce conformer à ce que veut le code. Ici, ce n'est pas le principal, même si cela influe, bien sûr, sur la vie de la famille. Famille dont on n'enviera certainement pas la richesse puisqu'elle va de paire avec une peur constante.

Les événements semblent s'abattre sur Tino qui, dans la tempête, ne peut plus rester enfant. Il connaît une espèce d'initiation à la vie en accéléré: ce qui arrive à son père déclenche d'autres «expériences», tel un jeu de domino, qui font de lui une pâle copie d'adulte, car cela se fera de manière désespérée, et aussi parce que l'enfant n'aura pas la maturité nécessaire.
Quant à sa mère, elle n'assume pas vraiment son rôle, trop assommée par la déprime.
C'est les «domestiques» dévoués qui semblent maintenir la famille: Bruno, le garde du corps de Tino, et Irma. Toujours fermes, mais aussi prêts à apaiser, à guérir.
Cette famille dont le destin semble tout tracé à cause de ce que fait Razzani, est aussi gouvernée par la violence. Chacun en fait preuve à un moment ou à un autre. Cela aussi semble être une fatalité. Ils résolvent tout par la violence, et s'y réfugient quand ils ne savent pas quoi faire. Ils y sont confrontés tous les jours. En effet, l'auteur explique, par exemple, que Sonia se fait régulièrement voler sa voiture, mais surtout que quand on veut intimider et effrayer quelqu'un, fût-il influent, on y arrive. Il y a toujours un prédateur, ce qui fait qu'on comprend les réflexes des personnages de ce roman. Malgré tout, la scène finale est une note d'espoir. C'est plutôt une parenthèse, car il est impossible que le cercle infernal libère nos héros, mais l'auteur nous rappelle que les parenthèses de ce genre existent aussi.

L'amitié entre Maia et Tino est à l'image de la famille: ambiguë, broyée par l'histoire, elle sera forcément éclaboussée et mise à mal par les événements. Cependant, même au plus fort de leur rejet, ils tentent encore de préserver quelque chose. Ils ont quelque peu conscience que tout cela arrive à cause d'instances plus hautes qu'eux, qu'ils ne sont que des pions dont on ne fait pas grand cas sur un échiquier dont le sort les dépasse.
Cette idée est renforcée par le fait que l'échiquier est omniprésent dans le roman. C'est ce qui relie Tino à son père, c'est ce par quoi Razzani passe lentement le flambeau à son fils, c'est ce par quoi Tino tente de garder présente l'image de son père.

Dans cette famille qui s'aime et se déchire, l'histoire de Sonia est à la fois drôle et amère. Comment ne pas rire et compatir à ce qui lui arrive? Comment ne pas être exaspéré par son attitude lâche? Mon exaspération a accentué ma moquerie. Sonia est à plaindre, mais sa passivité, son acceptation résignée me la font trouver plutôt fade. Cette fadeur et cette lâcheté sont sûrement dû à l'écrasement que sa famille (et surtout les actes de son père) produisent sur elle. Sonia ne semble pas faite pour ce genre de vie. De ce fait, quand cela se complique pour elle, elle se tait, et en prend son parti. Peut-être même finit-elle par apprécier cet étrange et malsain compromis. C'est ce que sa réaction laisse entrevoir lorsque Bruno demande le renvoi de Dino.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été offert par les éditions Stock.

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vendredi, 17 février 2012

Nous sommes cruels, de Camille de Peretti.

Nous sommes cruels

L'ouvrage:
Août 19.. Julien et Camille ont environ dix-huit ans. Ils entament une correspondance. Tous deux chérissent «Les liaisons dangereuses», de Pierre de Choderlos de Laclos. Ils décident de s'improviser Merteuil et Valmont. Ils sont impatients de faire souffrir leurs futures proies.

Critique:
Il n'est pas facile d'écrire un roman si ouvertement ressemblant à celui de Laclos. L'auteur peut très vite plonger son lecteur dans l'ennui, tant l'intrigue et les deux personnages principaux ressemblent à leurs modèles. Le livre n'a pas eu cet effet sur moi, mais je comprendrais que d'autres lui fassent ce reproche.
D'abord, j'ai aimé me souvenir du roman de Laclos, et j'ai même eu envie de le relire. (Bien sûr, c'est la version éditée par les éditions Livraphone, inoubliable pour moi, que je relirai, le jour où je trouverai le temps de le caser dans le monceau d'ouvrages que j'ai à lire.) Il m'a plu de voir comment Camille de Peretti avait modernisé l'histoire. La marquise et le vicomte dans notre monde, utilisant la technologie actuelle, une façon de parler plus moderne, prenant rendez-vous pour un café... (ou un thé pour Diane)... Tout cela m'a plu.

Je regrette cependant que l'intrigue s'éloigne si peu de l'originelle. Bien sûr, le roman de Laclos est plus complexe, mais j'aurais aimé que Camille de Peretti créât vraiment autre chose, tout en partant de ce modèle. J'exagère, car certaines choses sont différentes, mais pas assez, à mon avis.
L'auteur évite habilement une accusation de plagiat puisque ses personnages se targuent de jouer les Valmont et Merteuil.

Les personnages sont à la fois fades et creusés... En effet, la similitude des deux héros avec ceux de Laclos les rend un peu fades. Ils se fondent trop dans leurs modèles, ne faisant que reproduire leurs méfaits. Il est vrai que leurs lettres de rupture sont des modèles de méchanceté et d'indélicatesse. Là, et en quelques autres occasions, ils se démarquent de leurs pairs, et c'est pour cela que je les trouve quand même creusés. De plus, ils se cultivent, apprécient des auteurs pas forcément faciles à aborder... Outre les allusions sans ambages à Laclos, Balzac, Marivaux, etc, William cite un petit passage de «Lolita», et l'identité complète de l'un des héros est un clin d'oeil à «Le rouge et le noir».
Et puis, ces personnages font prépa, science-po, etc. Malgré leur cynisme, leur égoïsme, et leur amour du jeu qui fera mal, on ne peut leur enlever qu'ils sont cultivés et savent réfléchir. Je n'ai pu m'empêcher de les comparer aux héros de «Lycée out». J'avoue que je préfère ce genre d'adolescents qui paraissent moins superficiels, malgré le dégoût qu'ils inspireront forcément.

Je n'ai pas trop aimé Diane. Elle a moins de substance, moins de panache que celle à qui nos deux monstres veulent l'associer. Elle n'est pas seulement une nunuche modernisée... (D'ailleurs, dans mon souvenir, le personnage de Laclos qui lui est assigné n'est pas une nunuche.) Son caractère est étrange. Elle est instable, lunatique, passionnée (dans le mauvais sens du mot). Il est peu crédible qu'un personnage comme Julien ait pu l'aimer. En tout cas, je n'ai pu m'attacher à elle.

Le roman est épistolaire, à l'instar de son modèle. Au début, certaines choses peuvent être un peu déroutantes, car on découvre presque tous les personnages en quelques lettres. Cela m'a un peu gênée, mais je me suis vite habituée. Je pense que ce livre aurait dû être interprété par plusieurs lecteurs: un par personnage. Néanmoins, je sais que cela n'aurait pas été possible, car il n'a pas été enregistré par une maison d'édition, et qu'il y avait trop de personnages pour que plusieurs lecteurs bénévoles s'en chargent. Le montage aurait été affreux à faire...!
La structure est linéaire, ce qui est logique, à mon avis. Cela fait que parfois, on apprend la conséquence d'un événement avant ledit événement. Cela ne m'a pas gênée, j'ai trouvé cette linéarité réaliste et nécessaire, puisqu'il s'agissait de lettres classées chronologiquement. Il n'y a qu'une exception le cas où Camille envoie le cadavre exquis qu'elle a fait avec Adrien. J'ai trouvé étrange qu'il ne soit cité qu'au moment où Camille l'envoie à Julien, et pas au moment où il a été créé.

L'auteur a voulu ancrer son roman dans la réalité par certains procédés intéressants. D'abord, son héroïne s'appelle Camille de Peretti. Ensuite, des notes de l'éditeur parsèment le roman. Certaines disent qu'on n'a pas retrouvé les traces de tel personnage après tel événement. La note finale de l'éditeur est un savant tour de passe passe qui m'a déplu. Cela permet à l'auteur de ne pas faire de véritable fin. Il y a une fin, bien sûr, mais cette note lui permet de ne pas parler d'après, et de rester crédible. Ainsi, elle n'a pas été obligée de dire ce que sont devenus ces personnages. Cette façon de faire est habile et élégante, mais je n'ai pas aimé qu'elle se défile ainsi.

Éditeur: Stock.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Gérard Chevalier-Appert pour l'association Valentin Haüy.
Le lecteur a une voix agréable, claire, et dynamique. En outre, il a su mettre le ton approprié, jouant sans trop en faire. Il y a plusieurs petits passages en anglais (notamment dans les lettres de William). Le lecteur s'en sort bien. On voit qu'il n'est pas anglophone, mais son anglais est correct. En outre, il parvient à mettre le ton approprié dans ces passages. Cela ne doit pas être aisé!

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jeudi, 9 juin 2011

Contre mes seuls ennemis, d'Isabelle Jarry.

Contre mes seuls ennemis

L'ouvrage:
Basile-Archimède est chercheur. Il travaille sur des plantes. Il est amoureux transi de Jacinthe, l'une de ses collègues qui travaille sur des virus.
Un jour, sans le vouloir, il découvre une espèce de mousse blanche suintant du béton. Il la fait analyser par un collègue.

Critique:
Ce roman est assez particulier. Il peut ne pas plaire à tous. Moi-même, j'ai un sentiment mitigé.

D'abord, l'auteur prend le temps de planter le décor. Le héros parle beaucoup de lui-même, de son travail, de ses pensées, de ses collègues, du centre... Cela permet de découvrir le personnage et son univers. D'ailleurs, j'ai trouvé sympathique d'entrer dans la tête de Basile. C'était agréable de se promener avec lui à travers le centre, et de découvrir ses collègues. Mais je pense que pour certains lecteurs, ce serait beaucoup trop lent.
Par ailleurs, le narrateur m'a fait rire: il a ses petites manies, il aime et respecte toute forme de vie, il a une façon bien à lui d'entreprendre ses recherches. Tout cela fait qu'on l'imagine très bien. l'auteur a su faire un personnage auquel on s'identifie, et auquel on croit.
Après que Basile a découvert la mousse blanche, l'intrigue est toujours aussi lente, mais cela ne m'a pas dérangée, car l'ambiance annoncée par le début est toujours là.

Certaines scènes m'ont amusée, notamment celles où Mélanie agit. On la voit peu, mais entre ce que Basile en pense et ce qu'elle fait, ce sont des moments de détente.
Je ne sais pas trop ce que le narrateur trouve à Jacinthe qui est plutôt quelconque. Sûrement qu'il obéit à la loi du «je suis glaciale, alors je t'attire».

Quant à la fin, elle est intéressante. Elle montre d'abord que les personnages ont su dépasser leur peur. Et puis, elle laisse entrevoir l'espoir d'une communication avec un autre organisme.
Là encore, je pense qu'elle peut déplaire à certains qui la trouveront peut-être trop plate. Pourtant, elle va bien au reste du roman.

Éditeur: Stock.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacques Zurlinden pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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