jeudi, 16 janvier 2020

L'année du lion, de Deon Meyer.

L'année du lion

L'ouvrage:
Un jour, la fièvre s'est abattue sur le monde, et a décimé une grande partie de la population. Les survivants ont tenté de recréer un peu de civilisation. Nous suivons Willem Storm et son fils, Nico. Willem fonde la communauté d'Amanzi, et fait de son mieux pour en faire un havre de paix, d'entraide, et d'abondance.

Critique:
Après avoir fini «En vrille», je me suis trouvée désemparée de ne plus avoir de romans policiers de Deon Meyer à découvrir. Je souhaitais lire «L'année du lion», mais le fait qu'on n'y retrouve ni Benny, ni Lemmer, ni Mat Joubert m'empêchait de sauter le pas. En plus, c'est un récit post-apocalyptique, et malheureusement, beaucoup d'écrivains ont galvaudé le genre. J'ai fini par m'imposer cette lecture, et heureusement que je l'ai fait. Ce roman m'a tout de suite happée, je ne me suis pas ennuyée, et... je l'ai trouvé trop court (je rappelle qu'il dure 19h27).

Dès le départ, Nico, le narrateur, nous apprend quelque chose qui n'arrive que vers la fin du livre. Tout au long du récit, il revient sur ce fait, car c'est ce qui a déclenché son besoin d'écrire tout ce qui lui est arrivé après la fièvre. En général, quand un élément clé est dévoilé bien avant qu'il ne se passe, je fustige l'auteur. Ici, je préfère qu'il en ait été ainsi, car l'élément révélé est de ceux dont le lecteur souhaite qu'il ne se produise pas. Sachant qu'il aura lieu, il a le temps de se préparer psychologiquement. Cela n'a pas atténué mon envie que cet événement ne se produise pas, mais au moins, il ne m'est pas tombé dessus par surprise.

À travers les actes et les réactions de ses personnages, à travers ce que certains (surtout Domingo) disent à Nico, l'auteur analyse les façons de penser de l'homme. Deux «courants» (si j'ose dire) s'opposent: ce que croit Willem et ce que pense Domingo. Je suis moins tranchée qu'eux. Je pense que beaucoup d'hommes sont comme l'imagine Domingo, mais que certains (il aurait fallu que seuls ceux-là survivent) sont comme le souhaite Willem. Willem lui-même est ainsi, donc d'autres le sont. Bien sûr, la majorité des hommes est telle que l'imagine Domingo, c'est ce qui a rendu possible toutes les atrocités dont l'homme est coupable. Les événements racontés ici montrent bien que ces deux «courants» de pensée rivaliseraient si quelque chose comme la fièvre venait à anéantir 90% de la population. Tout ce qui est décrit est très réaliste. Domingo a beau penser pis que pendre de ses semblables, il tente de préserver ceux qui auraient une chance de sauver (moralement) l'humanité. Je pense que j'aurais ce genre d'attitude.

Parmi ceux qui s'illustrent, il y a le pasteur. Je n'ai pas du tout aimé ce personnage. Je m'en méfiais avant qu'il commence à faire son numéro. Il utilisait la religion pour endoctriner des gens qui, par sa faute, ne voyaient pas que Willem faisait toujours au mieux dans l'intérêt de tous.

Le roman varie les points de vue grâce aux discussions que Nico a avec d'autres, et au projet de l'histoire de la colonie qui fait que Willem (et plus tard Sophia) recueilleront les pensées de plusieurs habitants d'Amanzi. Il est intéressant d'avoir le sentiment des personnages principaux sur ce qui arrive. Une chose m'a même fait rire: le fait que Willem demande à certains de donner la chose du monde d'avant qui leur manque le moins. Je suis bien d'accord avec ce qu'ont répondu les interrogés: tout ce qu'ils ont dit ne me manquerait pas du tout.

Le fait que Sophia recueille certains récits est également une indication sur la manière dont va se terminer le roman. Là encore, je suis reconnaissante à l'auteur de l'avoir fait savoir bien avant qu'une autre éventualité ne se présente. En effet, cette possibilité me répugnait, et grâce au fait que Sophia soit la transcriptrice de certains récits et pensées d'habitants d'Amanzi, j'ai rapidement su qu'elle ne se concrétiserait pas. J'aurais même voulu que Nico rejette totalement le personnage qui est à l'origine de cela, personnage que j'appellerai X. D'ailleurs, il y a une minuscule incohérence quant à ce dont X est responsable. On peut l'expliquer par la bêtise humaine qui a sûrement fait que certains, sûrs d'eux et sans scrupules, ont effrayé quelqu'un avant de lui exposer la raison de leur venue, ce qui tendrait à prouver que ces hommes et X (qui leur a demandé d'agir) n'ont pas appris l'humilité et le respect de l'autre. En outre, il y aurait eu un moyen de faire les choses sans casse: au lieu d'une opération de démonstration de puissance, X aurait pu tout simplement contacter par radio l'autre personnage. Donc, ce que j'appelle une incohérence est plutôt une façon irréfléchie d'agir de la part de X et de ses sbires. Vous aurez sûrement compris que je n'aime pas du tout X, et que je ne lui trouve aucune excuse quant à ce qu'elle fait après la fièvre. Pour ce qui est de son attitude avant, je ne sais pas quoi penser. Qu'aurais-je fait à sa place? On me dira que je pourrais également me demander ce que j'aurais fait après au lieu de faire pleuvoir mes reproches sur X. Je ne sais pas ce que j'aurais fait, mais en tout cas, à l'inverse de X, je n'aurais pas fait quelque chose qui aurait mis une personne que je prétends aimer en danger! J'aurais voulu que X souffre beaucoup après son méfait.

Au long de ses mémoires, Nico fait une sorte d'examen de conscience. L'auteur analyse très bien les sentiments et les émotions du narrateur. Cela fait que j'ai à la fois blâmé et plaint ce dernier.

Avant de taper cette chronique, j'ai regardé les avis des lecteurs sur Audible.fr. Certains sont d'accord avec moi: on est très vite immergé dans l'histoire, tout est réaliste, et surtout, il faudrait une suite. Une personne a dit qu'il y avait trop de récits inutiles de batailles. En général, j'adhère à ce point de vue, mais ici, ces récits ne m'ont pas dérangée. Je ne les ai pas trouvés si longs. Pour moi, ils s'insèrent très bien dans l'intrigue.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Éric Herson-Macarel pour les éditions Sixtrid.

Comme d'habitude, la lecture du comédien est fluide et naturelle. Il n'est ni trop sobre ni cabotin. Il rend parfaitement les émotions des personnages. Parmi les avis des lecteurs sur Audible.fr, certains considèrent, comme moi, qu'Éric Herson-Macarel est un grand comédien. D'autres déplorent qu'il ne varie pas sa voix en fonction des personnages. Moi qui ai une horreur absolue de cela (sauf dans de très rares cas) je le remercie plutôt de ne jamais faire cela: pour moi, c'est du cabotinage, et c'est affreux.
Personne n'étant parfait, et mon esprit pinailleur n'étant jamais hors service, j'ai remarqué qu'Éric Herson-Macarel ne prononçait pas bien le prénom Lizzie. Il dit (comme beaucoup) Lidzie, alors qu'on doit le prononcer sans faire entendre de «d». Heureusement pour mon esprit pinailleur et râleur, ce prénom n'apparaît que deux ou trois fois dans le livre.

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jeudi, 26 décembre 2019

Au scalpel, de Sam Millar.

Au scalpel

Note:
Ce livre est le volume 4 de la série en quatre tomes mettant en scène le détective privé Karl Kane. Il faut lire ces romans dans l'ordre de publication. Attention: sur le site Audible.fr, le tome 3 («Un sale hiver») n'est pas déclaré comme appartenant à la série, et le tome 4 («Au scalpel») est indiqué comme étant le tome 3.

L'ouvrage:
Une nuit, Karl reçoit un appel désespéré de Lipstick. Elle est enfermée dans la salle de bains d'une chambre d'un hôtel de luxe, et l'occupant de la chambre veut défoncer la porte. Apparemment, il souhaitait que Lipstick fasse certaines choses, et celle-ci a refusé. Karl vole à son secours...

Critique:
Ce roman m'a autant plu que les tomes précédents. Quelques points m'ont un peu gênée, mais ce sont des détails. Le premier concerne Dorothy. Lorsqu'elle raconte des éléments de sa vie à Tara, elle parle de ses grands-parents. Entre ce qu'elle dit et ce que dit Tommy à Karl, il semblerait que du côté maternel, Dorothy ait quatre grands-parents au lieu de deux. De ce fait, je me suis dit, pendant tout le reste du roman, qu'on allait finir par apprendre que Tommy et Thérésa n'étaient pas les grands-parents de l'enfant, mais des voisins très proches d'elle moralement.

L'autre point discutable est un minuscule détail. Dans les premiers tomes, il est dit que le nom de famille de Naomi est Kirkpatrick. Dans «Au scalpel», cela devient Killpatrick.

Karl et Naomi sont toujours aussi sympathiques. Le détective est tourmenté par son passé, mais aussi par certains éléments de son présent. Malgré cela, il tente d'aller de l'avant, et agit toujours de manière à aider les plus faibles.

Je me suis demandé pourquoi Scarman n'avait pas accompli son noir dessein concernant Dorothy dès le départ. Je ne le souhaitais absolument pas, mais cela ne cadrait pas avec le personnage. À ce sujet, Sam Millar aborde un thème qui, je pense, va finir par être galvaudé à force d'être si abondamment utilisé dans les livres. J'ai déjà fait cette remarque dans des chroniques de romans abordant ce thème.

L'intrigue ne souffre pas de temps morts. Malgré ses côtés très sombres, l'humour se glisse ici et là. Tout comme dans les tomes précédents, le lecteur est tenu en haleine. Entre suspense et ambiance oppressante, on n'a pas le temps de s'ennuyer. J'ai imaginé toutes sortes de conclusions à ce roman (surtout concernant Karl et Scarman) et je suis contente de ce que l'auteur a choisi de faire.

Ce qui arrive à la toute fin est également un point discutable. À la fin du tome 3, on comprend que la personne dont il est question n'est presque plus lucide, donc il est un peu gros que cette personne ait pu décider de faire ce qu'elle fait à la fin de «Au scalpel». En effet, cela a nécessité un minimum de préparation...

D'après ce que j'ai lu sur Wikipédia, il n'y a pas d'autres tomes à cette série. J'espère que c'est seulement une pause, et que Sam Millar en écrira d'autres.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Lazare Herson-Macarel pour les éditions Sixtrid.

Comme dans les tomes précédents, le comédien adopte toujours le ton approprié, et ne cabotine jamais.

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jeudi, 3 octobre 2019

Les soldats de l'aube, de Deon Meyer.

Les soldats de l'aube

L'ouvrage:
Hope Beneke, avocate, a besoin d'un service assez particulier: l'une de ses clientes a sept jours pour retrouver le testament de son défunt compagnon. Elle y est désignée comme héritière. Cependant, l'homme a été assassiné, et le meurtrier a emporté le testament. Hope fait appel à un ancien policier devenu détective privé, Zet van Heerden. Très vite, elle est déroutée par le côté ombrageux de l'homme.

Critique:
J'ai lu ce roman en 2004, et l'ayant beaucoup aimé, l'ai offert à une amie. Puis j'ai lu «L'âme du chasseur» qui m'a traumatisée, et récemment (ayant digéré le traumatisme), je lis les livres de Deon Meyer dans l'ordre de publication. Je pense avoir eu raison de faire fi du classement proposé par Audible, et de me fier à l'ordre de publication. En effet, dans ce roman, nous croisons Mat Joubert (le personnage principal de «Jusqu'au dernier»), et il vaut mieux avoir lu «Jusqu'au dernier» avant d'apprendre un détail de la vie privée de ce personnage dans «Les soldats de l'aube». Après ce petit moment d'intense autosatisfaction pour avoir suivi mon instinct ( ;-) ), je recommande ce roman.

Le lecteur se doute rapidement qu'il est arrivé quelque chose qui a rendu van Heerden imbuvable. On a de petits aperçus de cette chose, mais on n'en connaît le fin mot (disons l'estocade finale) qu'alors que le roman est bien avancé. Le récit de l'enquête est entrecoupé de passages à la première personne du singulier racontant le passé de van Heerden. On finit par apprendre pourquoi ces scènes sont là. À ce sujet, j'ai apprécié ce que le personnage principal fait de cette histoire de son passé à la fin, et l'argument qu'il donne afin de ne pas faire ce qu'une autre personne souhaiterait.

Hope engage ce détective-là parce qu'on lui a dit que si quelqu'un pouvait résoudre cette affaire, c'était lui. Au départ, j'ai pensé: d'accord, c'est un très bon détective, mais comment va-t-il faire avec rien? En effet, les meurtriers n'ont laissé aucun indice, et d'après la compagne du mort, celui-ci ne côtoyait personne d'autre qu'elle. Van Heerden s'est attardé (sûrement par habitude, pour ne rien négliger) sur quelque chose qu'il ne me serait pas du tout venu à l'idée de prendre en compte... et c'est là qu'il parvient à tirer un fil qui le mènera sur la piste. C'est bien joué de la part de l'auteur, car ce n'est absolument pas tiré par les cheveux.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Éric Herson-Macarel pour les éditions Sixtrid (qui étaient les éditions Livraphone au moment où ce livre a été enregistré).

Je ne sais pas ce que je pourrais dire de plus concernant ce comédien. Outre mes habituels compliments pour son interprétation toujours de qualité, j'ajouterai qu'il a bien prononcé le nom d'un personnage (nom assez difficile à dire de manière naturelle). On retrouve ce personnage dans «L'âme du chasseur», et je me souviens que la lectrice bénévole qui l'avait enregistré à l'époque s'était trompée dans la prononciation. Étant maniaque, cela m'avait agacée. «L'âme du chasseur» est le prochain roman de Deon Meyer que je lis, cette fois interprété par Éric Herson-Macarel... :-)

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jeudi, 15 juin 2017

Replay, de Ken Grimwood.

Replay

L'ouvrage:
Le 18 octobre 1988, à 13h06, Jeff Winston meurt d'une crise cardiaque, à l'âge de quarante-trois ans. Puis, il «s'éveille» en 1963, alors qu'il a dix-huit ans.

Critique:
Avant de lire ce roman, j'ai survolé des critiques: d'un côté, on disait que Stephen King avait bien mieux fait dans «22/11/63», d'un autre, on disait que «Replay» était mieux... Après avoir lu les deux, je trouve stupide de les comparer. Dans ce cas, il faudrait comparer tous les romans où les personnages voyagent dans le temps. Bien sûr, Ken Grimwood parle bien de l'assassinat de Kennedy, mais cela ne doit pas pousser les gens à comparer ce roman et celui de Stephen King. Ils n'ont rien à voir l'un avec l'autre.

Pour ma part, je n'arrive pas à dire si j'ai aimé ou non ce roman. C'est un sentiment étrange... Ce qui m'agace un peu, c'est que la plupart du temps, lorsqu'un auteur fait ce genre de choses (le héros a la chance de revenir dans son passé et peut espérer changer ses erreurs), il lui est toujours démontré qu'il n'est pas bon de le faire. Je trouve cela dommage. Ce genre de livres permet de rêver. Qui n'aimerait pas arranger certaines choses dans son passé? Lire un roman où le héros y arriverait serait réconfortant. C'est du fantastique, donc pourquoi ne pas ménager une petite part de rêve? Bien sûr, je n'aimerais pas un roman où tout serait parfait, mais où des choses s'arrangeraient. J'ai donc commencé par en vouloir à l'auteur de faire comme d'autres: on essaie de mieux faire certaines choses, mais cela en désorganise d'autres, et pourtant, le but est toujours honorable. De toute façon, à cause de ce qui arrive, ça finit par ne servir à rien. Cependant, Jeff tire des leçons de ce qu'il vit. J'ai un peu soupiré en lisant ce qu'il finit par penser, parce que je me suis dit que je pensais déjà comme cela, je n'avais pas besoin que la vie me le démontre. Certes, mais beaucoup de gens ne parviennent pas à faire la part des choses, comme finit par le faire Jeff.

D'autres éléments m'ont un peu agacée. Jeff et Pamela tombent trop facilement amoureux l'un de l'autre. C'est compréhensible, mais de ce fait, j'ai l'impression que l'auteur n'a pas vraiment creusé Pamela, du moins, au début, puisqu'il était logique que Jeff et elle s'aimeraient. Pas besoin de nous la faire apprécier, donc. Je lui ai longtemps préféré Judy.
D'autre part, je n'ai pas compris que Jeff se confie à Mireille en pensant qu'elle garderait son secret et le respecterait, même si elle ne le comprenait pas. En très peu de temps (avant que Jeff lui parle), j'ai su que Mireille n'était ni aimable, ni fiable, ni futée. Là encore, je pensais que s'il voulait réellement se confier, c'est à Judy qu'il aurait dû parler.
Enfin, j'ai trouvé très léger que Jeff, alors qu'il débarque à un moment où les choses sont déjà très tendues et difficiles avec Linda, décide de ne rien tenter pour tout sauver, et s'en aille, alors que juste avant, il était là à temps pour attraper le coche, et s'est contenté de mettre à profit ce qu'il savait, sans faire beaucoup d'efforts, pour que les choses ne commencent pas à se dégrader.
De plus, à cause de la manière dont arrivent les choses, l'auteur montre des aspects de ce retour dans le passé comme un pensum, notamment les années de lycée ou d'université.

D'un autre côté, j'ai compris les autres agissements des personnages. J'ai notamment aimé «Star see» et la raison pour laquelle il a été fait. J'ai compris que la tentative faite pour comprendre le phénomène ait créé de telles réactions. Là encore, la difficulté des hommes à communiquer et les raisonnements bornés sont mis en avant, n'engendrant qu'incompréhensions et chaos.
Je me suis facilement mise à la place de Jeff. Je n'approuvais pas toujours ses choix, mais je comprenais qu'il se débatte avec ce phénomène incontrôlable. La plupart du temps, il faisait de son mieux.
Parfois, l'intrigue traîne, et j'avais l'impression que tout se délitait, que l'auteur ne savait plus quoi faire. Finalement, je trouve que tout a sa place. Les expériences et les tentatives de Jeff pour s'accommoder de ce qui lui arrive et le comprendre font réfléchir sur certaines choses. En outre, lorsqu'un auteur choisit ce thème, il n'est pas toujours simple pour lui de s'en sortir.

Éditeur: éditions du Seuil.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.
J'aime toujours autant la lecture ni surjouée ni soporifique de Martine Moinat. Ici, je regrette beaucoup que, par souci de bien faire, elle ait voulu prononcer des noms anglophones avec l'accent. Outre que cela ne me plaît pas, elle s'est trompée sur des prononciations. Par exemple, la première syllabe du mot «apple» ne se prononce pas «ay», tout comme le mot «maddison», en anglais, ne se dit pas «maydison». En général, le «a» se prononce «ay» lorsqu'il n'est pas suivi d'une double consonne. D'autre part, je trouve affecté qu'on prononce «dayvid» ou «aveniou» dans un texte en français. Je dois être une des rares à penser ainsi, car beaucoup de lecteurs tentent de prononcer les mots étrangers avec accents. Dommage pour moi...

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jeudi, 4 mai 2017

Les assassins de la Cinquième B, de Kanae Minato.

Les assassins de la Cinquième B

L'ouvrage:
Une femme annonce à ses élèves qu'elle cesse d'enseigner dès la fin de l'année scolaire. Puis, elle leur raconte certaines choses. Elle termine en disant qu'elle sait que deux élèves de la classe ont assassiné sa fille, et leur explique comment elle s'est vengée.

Critique:
Ce roman est assez oppressant, parce que les personnages ont tous l'air d'avoir un côté obscur. C'est assez dur et dérangeant. Cela donne la possibilité à l'auteur de créer des rebondissements. Chaque chapitre adopte un point de vue différent, de ce fait, chacun donne les paramètres qu'il a, ses intentions, son ressenti... On devine que tel personnage est plutôt ainsi et tel autre plutôt autrement, mais connaître leurs motivations rend le tout plus effrayant.
J'ai quand même ressenti un peu de compassion pour certains. C'est une force du roman, à mon avis.

Kanae Minato soulève des questions intéressantes. Pourquoi un adolescent comme Naoki était-il à ce point désireux d'accomplir quelque chose de ce genre? C'est expliqué, mais d'autres choses sont sous-entendues, et apparemment, plus ou moins comprises par un personnage. Le manque de communication est un des éléments qui ont précipité Naoki dans un engrenage dont, malgré sa lucidité, il ne comprend les enjeux que trop tard. C'est assez perturbant: Naoki sait très bien ce qu'il fait, et est si aveuglé par son objectif (tout en sachant bien que ça ne lui apportera pas grand-chose) qu'il oblitère l'après.
D'autre part, j'aurais dû m'attendre à ce que la spirale de violence ne s'arrête pas après le départ de l'enseignante. Ce qui arrive après m'a surprise, et a ajouté à mon malaise, mais c'était prévisible. Je ne l'ai pas vu venir parce que la romancière a su m'embarquer dans son histoire, ce qui fait que je n'ai pas pensé à cela.

Le dernier rebondissement était à prévoir, on peut même penser que l'un des personnages a souhaité que quelque chose arrive, étant donné ce qu'il a fait avant «le moment fatal».

Je suis toujours friande de livres donnant différents points de vue. Ici, c'est pertinent, comme je l'ai dit plus haut, mais malheureusement, cela apporte des longueurs. Certains faits sont racontés plusieurs fois. Bien sûr, l'intérêt est d'avoir le ressenti de celui qui raconte, mais des choses auraient peut-être pu être résumées.

Éditeur français: Éditions du Seuil.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Elaina Erika Davis et Noah Galvin pour les éditions Hachette Audio.

Elaina Erika Davis a lu les chapitres donnant le point de vue de femmes (l'enseignante, l'élève présidente de la classe, la soeur et la mère de Naoki), et Noah Galvin a enregistré ceux donnant le point de vue des deux adolescents meurtriers. J'ai apprécié ces deux lecteurs qui ont joué sans cabotiner, ce qui n'était pas facile. Cependant, j'aurais préféré une voix différente par personnage. Je me console en pensant que je suis tombée sur deux comédiens que j'ai appréciés, et qu'avec une voix différente par personnage, il y aurait eu davantage de chances que je n'aime pas l'un des comédiens. ;-)

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