Editeur : Robert Laffont

Fil des billets - Fil des commentaires

lundi, 12 octobre 2020

Captive, de Margaret Atwood.

Captive

L'ouvrage:
En 1843, Grace Marks, seize ans, a été arrêtée pour complicité dans deux meurtres. Lors de son procès puis de son emprisonnement, elle a plusieurs fois changé sa version des faits, a dit être amnésique, a eu des phases pendant lesquelles on la croyait folle... Le docteur Simon Jordan, spécialiste dans l'étude des maladies mentales, souhaite découvrir la vérité. C'est ainsi qu'il a de longs entretiens avec la prisonnière, et lui fait raconter son histoire.

Critique:
Le synopsis de ce roman m'a tout de suite tentée, et j'en attendais peut-être trop. J'ai d'abord eu du mal à y entrer. Cela a commencé à m'intéresser à partir du moment où Grace raconte son histoire (vers le chapitre 12 sur 53). De plus, j'ai été très agacée par le fait que l'autrice nous conte aussi la vie de Simon. Je ne voulais connaître que l'histoire de Grace, et les déboires de Simon (que sa mère veut marier, et qui se rapproche de sa propriétaire) m'ont cassé les pieds. Cela m'a étonnée de moi, car habituellement, j'aime que les auteurs ne nous montrent pas les personnages comme les policiers, les avocats ou les médecins uniquement absorbés par leur travail, comme s'ils n'avaient aucune vie en dehors. Je pense que dès le départ, j'ai trouvé Simon terne, et que de ce fait, sa vie ne m'intéressait pas. En outre, l'histoire de Grace était plus attrayante.

La romancière s'étant basée sur des faits réels, elle ne peut pas nous en dire davantage que ce qui s'est passé. Voilà pourquoi nous ne pouvons être sûrs de la culpabilité ou de l'innocence de Grace. Là où Margaret Atwood a parfaitement réussi, selon moi, c'est dans sa «création» de ce que la jeune femme raconte à Simon, de ce qu'elle pense (certains chapitres sont narrés par elle), dans ce qu'elle ressent. Le personnage est convaincant, et le lecteur a envie d'y croire. Quant à moi, j'en ai eu d'autant plus envie que seul son récit m'intéressait. Je ne sais pas trop quoi penser de la séance d'hypnose à laquelle elle est soumise. Je m'y connais trop peu pour savoir si elle a pu être «possédée» le temps de cette séance, si elle a pu feindre, etc. Je n'en ai donc pas vraiment tenu compte. Certes, cela m'arrangeait, car je souhaitais croire tout ce qu'elle racontait à Simon.

À la fin, l'héroïne nous conforte dans l'impression qu'il faut se méfier de tous, que rien n'est simple. En effet, l'avidité et la délectation de Jim à entendre les terribles moments de la vie de Grace sont dérangeantes. De plus, la narratrice laisse entendre que Simon était un peu comme ça. Peut-être exagère-t-elle, mais Simon lui-même était un peu ambigu quant à ce qu'il ressentait.

Service presse des éditions Audible Studio, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Élodie Huber.

Il m'a plu de retrouver cette comédienne dont j'aime beaucoup le jeu. Fidèle à elle-même, Élodie Huber a joué sans surjouer. En bonne pinailleuse, je regrette qu'elle ait prononcé Saïmone pour Simon. De plus, j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup trop de trop longs blancs. Certains sont entre les chapitres, ce qui est normal, mais certains sont à l'intérieur d'un chapitre entre deux phrases de la même scène. De toute façon, pour une allergique aux silences comme moi, ils sont tous trop longs. ;-)

Acheter « Captive » sur Amazon
Acheter « Captive » en téléchargement audio sur Amazon (Audible.fr)

mercredi, 17 avril 2019

Blood orange, d'Harriet Tyce.

Blood orange

L'ouvrage:
Alison est avocate. Elle aime beaucoup son travail. Son mariage commence à partir en vrille. Elle sait qu'elle a sa part de responsabilité là-dedans. C'est alors qu'on lui confie sa première affaire de meurtre. Elle doit défendre Madeleine qui a tué son mari, Edwin, de plusieurs coups de couteau.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Au départ, Alison m'agaçait, sans que cela ne gâche ma lecture. Je le précise, car souvent, quand un personnage m'énerve, j'ai envie de reposer le livre. Ici, je marchais complètement dans ce que voulait l'autrice: je ne trouvais pas l'héroïne sympathique, mais je souhaitais continuer le roman. Petit à petit, j'ai noté les quelques efforts que la narratrice faisait pour remettre sa vie sur les rails. J'ai aussi remarqué à quel point les déconvenues qu'elle essuyait la blessaient. Malgré ce qui ne me plaisait pas chez elle, je voyais sa fragilité, son envie de mieux faire. Bref, je pense qu'Harriet Tyce a montré un personnage complexe à la psychologie creusée. J'ai apprécié que mon aversion de départ laisse place à de la compassion et à de l'attachement pour cette femme qui admettait sa faillibilité.

J'ai assez vite deviné quelque chose d'important, mais cela n'a pas non plus gâché ma lecture. Au contraire, je faisais coller ce que savait Alison avec ma solution, et j'étais contente de voir que cela fonctionnait. Il y a même un point où je serais allée plus loin que l'autrice.

Afficher ne cliquez ici que si vous avez lu le livre.Masquer ne cliquez ici que si vous avez lu le livre.

Quand Mathilda disparaît lors de la partie de cache-cache, j'imaginais que Carl avait suivi sa femme et sa fille, et alors qu'Alison comptait, avait dit à l'enfant: «Viens, on va faire une blague à maman.», avant de l'emmener. Je me disais même qu'il lui aurait dit de ne rien dire, qu'il faudrait garder cela secret pendant un moment, et que dans quelques semaines, ils pourraient avouer à Alison qu'ils lui avaient fait une plaisanterie. Ensuite, Mathilda aurait fini par le dire à sa mère, sentant que quelque chose n'était pas net. Cela aurait peut-être été un peu difficile à faire tenir, donc je n'en veux pas à la romancière de n'avoir pas utilisé cette ficelle, mais je pense qu'elle aurait pu.


Je n'arrivais quand même pas à trouver comment Alison saurait ce qu'il y avait à savoir, et comment elle se sortirait de la situation. L'autrice a bien joué.

Très souvent, je râle après les prologues de ce genre de romans qui sont là pour nous faire baver, et qui m'agacent énormément. Là encore, Harriet Tyce a marqué un point! En lisant son prologue, on se doute qu'il aura un rapport avec la solution, mais on ne sait pas comment. Il suscite un petit questionnement, mais ne donne pas trois tonnes d'indices. Pour moi, ce prologue pose certaines choses, invitant le lecteur à remarquer de petits éléments au long du livre, mais l'écrivain ne se moque pas de lui, à l'inverse des auteurs des romans qui font des prologues qui ne servent à rien, et après lesquels j'ai râlé au cours de mes chroniques.

Outre l'existence d'Alison, nous découvrons l'affaire dans laquelle elle est plongée. La quatrième de couverture du roman y va avec de gros sabots, pointant exagérément les ressemblances entre cette affaire et ce que vit l'héroïne. Harriet Tyce, elle, fait cela bien plus subtilement. Il est dommage que la quatrième de couverture appuie là-dessus, car il est bien mieux que le lecteur se fasse de petites remarques à mesure qu'il avance dans l'ouvrage.

Je voudrais dire d'autres choses, mais j'en dévoilerais trop. Globalement, je n'ai rien à reprocher à ce livre. Je le conseille.

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cachou Kirsch pour les éditions Lizzie.

Moi qui apprécie beaucoup cette comédienne, j'ai de la chance qu'elle ait enregistré ce roman. J'ai aimé son interprétation. Elle est parfaitement entrée dans la peau d'Alison, rendant très bien son désarroi, ses espoirs lorsqu'elle se promettait de mieux faire, etc.
Elle a également été naturelle lorsqu'il s'est agi de jouer Mathilda, campant une enfant de six ans vraisemblable, et ne cabotinant pas.
À un moment, elle doit jouer un garçon de quatorze ans. Je ne sais pas comment elle a fait, mais elle a adopté une intonation et un timbre de voix qui auraient pu être ceux d'un adolescent. Par ailleurs, elle n'a pas modifié sa voix à outrance pour les personnages masculins.
J'ai été déçue qu'elle prononce certains noms propres («orange» dans le titre, ou «Brighton» par exemple) en prenant un accent anglophone...

Pour information, la structure du livre n'a pas été respectée. Certains chapitres sont coupés en deux pistes. Les éditions Lizzie, comme Audiolib, sont adeptes des pistes ne dépassant pas (ou presque pas) le quart d'heure. (Est-ce une idée que Liza Faja, qui travaillait chez Audiolib avant, et qui fait maintenant partie de l'équipe de Lizzie, a apportée avec elle?) Comme je l'ai déjà dit dans d'autres chroniques, je trouve cela dommage, car pour moi, cela fait que la version audio du livre n'est pas propre. De plus, outre la musique en début de chaque chapitre (ce que je trouve déjà très désagréable), l'éditeur a ajouté quelques notes au milieu de certains chapitres, sûrement pour faire ressortir un changement de scène. Je pense que l'auditeur est assez intelligent pour comprendre que quand la lectrice dit «deux jours plus tard», on a changé de scène; ou que même s'il n'y a pas d'indications temporelles, le texte est assez explicite pour qu'on sache que quelques heures sont passées.

Acheter « Blood orange » sur Amazon ou en téléchargement audio (Audible.fr)

lundi, 26 mars 2018

La femme comestible, de Margaret Atwood.

La femme comestible

L'ouvrage:
Marian partage un appartement avec une amie, a un travail qui ne lui plaît pas vraiment, sort avec Peter... Un jour, elle se rend compte que la viande l'écoeure. Elle est embêtée, mais se résout à devenir végétarienne, puisque son corps semble l'avoir décidé. Cependant, les choses ne s'arrêtent pas là.

Critique:
Ce roman m'a plu. J'ai apprécié de voir les choses à travers les yeux de Marian (même lorsqu'elle n'est pas la narratrice). Ne sachant pas trop ce qui lui arrive, ne comprenant pas certaines de ses réactions, la jeune femme se laisse porter par les événements, et parfois, est très étonnée de faire quelque chose qu'elle n'avait absolument pas planifié. N'étant pas un personnage du roman, je glanais les indices que Marian laissait sans pouvoir les interpréter, et j'essayais d'expliquer son malaise. Je ne comprenais pas pourquoi elle tentait de se rendre consciente de la vérité par certains actes, mais je sais que parfois, on agit étrangement sans pouvoir expliquer pourquoi sur le moment. C'est ainsi que Margaret Atwood raconte une succession d'événements au cours desquels je ne me suis pas du tout ennuyée, mais dont j'avais du mal à voir ce qu'il en sortirait. L'héroïne peine à accomplir le chemin vers la vérité, parce qu'elle se fait une idée précise d'elle-même. Elle veut entrer dans un moule, n'ose pas aller contre ce qu'attend la société, veut être «normale».

En parallèle de ce qui arrive dans la vie privée de la jeune femme, l'auteur la confronte à certaines situations à la fois cocasses et désespérantes. Par exemple, sa colocataire est assez casse-pieds. Elle ne pense qu'à elle, et arrive à ses fins par des moyens quelque peu pervers. Cependant, a-t-elle vraiment le choix? Puis un autre paramètre entre en ligne de compte, et elle doit le considérer... Ce qui m'a surtout agacée, c'est que malgré sa détermination, elle ne semble pas réfléchir par elle-même. Elle veut ça, et fera tout pour l'obtenir. On lui dit que le résultat pourrait être désastreux, alors, sans se poser de questions, elle se précipite sur une solution qu'elle sait être mauvaise. D'un autre côté, son obstination et sa crédulité sont drôles. Je ne sais pas si c'est une féministe qui se débrouille avec les moyens du bord, mais elle m'a semblé écervelée.

On rencontre également Clara et sa petite famille. La jeune femme, non préparée à ce qu'est très rapidement devenue sa vie, se débat entre ses aspirations, ce qui se fait, et ce qu'elle a ou n'a pas le courage de faire.

Quant à Duncan, il est sûrement le plus anti-conventions des personnages du roman. Cela lui confère une part de mystère, d'ombre, d'excentricité, mais cela ne le rend pas aimable, car il se fiche de blesser les autres. De plus, il ne semble pas très net.

Suivre ces personnages, les voir tenter de faire la part des choses m'a plu. Scènes cocasses (le sondage chez Duncan), étrangetés (le jeune homme ayant besoin de repasser des vêtements ou de mettre le feu à la maison pour qu'il se passe quelque chose), gravité sous-jacente (les ennuis de Marian et de Clara), etc., tout cela donne un roman riche et abouti. Je n'imaginais pas du tout ce que ferait Marian à la fin. C'est une sorte de symbole, de manière de s'affirmer, de s'accepter et de faire la paix avec elle-même. C'est peut-être un peu incongru, mais ce qui compte, c'est que cela n'ait nui à personne, et que cela l'ait aidée à se comprendre.

Éditeur: Robert Laffont
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Michelle Rivet pour l'INCA

Acheter « La femme comestible » sur Amazon

jeudi, 22 mars 2018

C'est le coeur qui lâche en dernier, de Margaret Atwood.

C'est le coeur qui lâche en dernier

L'ouvrage:
États-Unis. La misère et la criminalité sont de plus en plus présentes. Stan et Charmaine vivent dans leur voiture. Un jour, la jeune femme voit une publicité pour une ville où chaque habitant semble avoir une maison confortable, un bon travail... Le couple décide d'y tenter sa chance.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Bien sûr, on se doute vite que cette ville à l'air paradisiaque recèle quelque chose de bien moins plaisant. L'auteur n'en fait d'ailleurs pas un secret. Si j'ai eu envie de dire aux héros de ne pas se précipiter dans cet endroit, je me suis également demandé ce que je ferais si j'avais le choix entre une vie dans l'indigence et une vie en apparence sympathique, mais totalement surveillée.

Je pense qu'il y a un clin d'oeil au roman «Derrière l'épaule», de Jean-Pierre Andrevon. Outre que certaines façons de faire des dirigeants ressemblent à celles du roman, il est expliqué que Consilience est la descendante d'Harmonie, qui était le nom de la ville du roman d'Andrevon. Margaret Atwood explore le thème différemment. Une fois qu'on a identifié le problème, on tente d'en sortir... ou pas. Charmaine m'a agacée, surtout à cause de ce qu'elle fait lors des «déménagements». (Je le formule ainsi pour en dire le moins possible.) Cependant, on peut y voir une sorte de révolte contre les règles de Consilience.

Plus tard, l'auteur soulève d'autres idées. Par exemple, ses personnages sont en mesure de créer des robots presque plus réalistes que ce qu'ils sont censés imiter. Ah oui, mais la machine dérape, et rien ne se passe comme prévu. C'est un peu la même chose lorsqu'il s'agit d'obliger une femme à aimer le premier homme qu'elle verra après une opération. Sur Véronica, cela réussit très bien, ce qui donne lieu à un événement inattendu. Ces exemples (et d'autres) provoquent le rire. Margaret Atwood montre avec humour ce qu'il en coûte de vouloir imposer quelque chose. Cela m'a rappelé Serge Brussolo qui aime bien explorer les conséquences de la folie de certains hommes abusant de leur pouvoir. Seulement, lui le fait de manière à secouer le lecteur, lui montrant toutes les horreurs qui peuvent découler de cela.

Outre des idées savamment exprimées, l'intrigue fait qu'on ne s'ennuie pas. On découvre un élément, cela nous amène à autre chose, puis à autre chose, etc. La révélation de la toute fin met l'héroïne devant un choix qui lui semble difficile, et là encore, on se demandera ce qu'on ferait à sa place.

Éditeur: Robert Laffont.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Comme d'habitude, j'ai été ravie de retrouver cette lectrice dont j'aime beaucoup les interprétations. Cependant, comme souvent (que ce soit elle ou un autre lecteur), je regrette qu'à trop vouloir prononcer certains noms à l'anglophone (ou à vouloir à tout prix ne pas les prononcer à la française), elle en fasse trop. Par exemple, il est expliqué que Consilience est un mot-valise formé de «condamné» et «résilience». Il n'y avait donc pas de raisons particulières de le prononcer à l'anglophone. Pour moi, il aurait été plus naturel que ce soit dit à la française. C'est pareil pour le nom de l'auteur: la lectrice tente de faire un «a» à l'anglophone, mais quel mal y a-t-il à prononcer Atwood avec un «a» à la française?

Acheter « C'est le coeur qui lâche en dernier » sur Amazon

samedi, 27 janvier 2018

Une colonne de feu, de Ken Follett.

Une colonne de feu

L'ouvrage:
1558. Les guerres de religions n'en sont qu'à leurs débuts. Ned Willard aspire à une vie calme avec celle qu'il aime, Margery Fitzgerald. Mais les parents de la jeune fille souhaitent qu'elle épouse un comte, afin que leur famille accède à la noblesse. D'autre part, les croyances des uns et des autres vont créer des clans dans la ville de Kingsbridge, et d'une manière générale, en Angleterre et en France.

Critique:
Après avoir été conquise par les tomes 1 et 2 de la série, j'ai été déçue par le troisième. D'abord, je ne me suis attachée à aucun personnage. Je les trouvais tous fades et prévisibles. Parfois, mon intérêt était éveillé (comme lorsque Pierre se fait damer le pion concernant l'enfant d'Odette), mais la plupart du temps, je me suis traînée péniblement.

Si dans les deux premiers volumes, les histoires d'amour me semblaient exemptes de niaiserie, ici, elles m'ont toutes agacée. Dans les autres opus, je trouvais certaines péripéties un peu discutables, mais l'auteur finissait par bien s'en sortir. Ici, entre celle qui n'ose pas laisser une vie atroce pour fuir avec celui qu'elle aime; celui qui est contraint de laisser celle qu'il aime éperdument, et revient des années après, alors qu'il aurait pu revenir plus tôt; celui qui en aime follement une, mais tombe éperdument amoureux d'une autre; celui qui est dévasté par la perte de celle qu'il aime, mais trouve quelqu'un d'autre, j'avais l'impression d'être dans du Danielle Steel ou du Françoise Bourdin! Bien sûr, certains ont des circonstances atténuantes. De plus, on me dira que quelques-unes de ces ficelles sont dans les deux premiers livres. Certes, mais j'ai trouvé qu'elles étaient plus fines, mieux utilisées, surtout qu'elles ne le sont pas autant dans les tomes précédents. Pour moi, dans «Une colonne de feu», l'auteur en fait trop.

D'autre part, il y a trop de politique pour moi. On se retrouve entre Élisabeth d'Angleterre et Marie Stuart, sans oublier la reine Catherine... Certes, ces intrigues ressemblent un peu à celles des tomes 1 et 2 à propos des prieurs de l'église de Kingsbridge, mais pour moi, c'est différent, parce que j'avais appris à connaître les personnages concernés, qu'ils avaient une vie à part cette lutte de pouvoirs, et que je parvenais à m'identifier à eux étant donné qu'ils ne gravitaient pas dans les hautes sphères.

Bien sûr, Ken Follett montre que quel que soit le camp (catholique ou protestant) il y avait des tolérants, des modérés, et des fanatiques. J'ai trouvé cela bien fait, mais je ne m'attendais pas à moins. Je n'aurais pas compris qu'il simplifie les choses.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Lionel Bourguet.

Je trouve logique que les trois romans de la série soient enregistrés par trois comédiens différents. J'ai apprécié l'interprétation juste de Lionel Bourguet. Outre un jeu naturel, il ne monte pas sa voix à outrance pour les rôles féminins. Par contre, j'ai été déçue qu'il fasse un accent espagnol à Carlos, d'autant qu'apparemment, ce personnage parle espagnol avec ses amis. Donc pourquoi lui faire un accent alors que ses paroles sont traduites en français (comme tout le roman) pour que le lecteur français puisse les comprendre? D'ailleurs, dans le livre en version originale, tout est écrit en anglais. En suivant ce raisonnement, il aurait fallu faire un accent anglais à tous les personnages anglais de l'histoire. J'aurais sûrement tourné chèvre si cela avait été fait ainsi. ;-)
À un moment, le lecteur fait aussi un accent italien à la reine Catherine, car il est dit qu'elle a un petit accent italien lorsqu'elle parle français. J'ai bien compris que le lecteur ne le faisait pas tout le temps, parce que les autres fois où Catherine est présente, elle parle anglais, et n'a, a priori, pas d'accent étranger... Cependant, je trouve (encore et toujours) qu'il est laborieux (si cela ne l'est pas pour le comédien, cela l'est pour mes oreilles) que des accents soient faits, même lorsque l'auteur dit que le personnage en a un. La seule fois où cela m'a semblé pertinent, c'était dans «Le sourire des femmes», parce que le personnage n'apparaissait pas trop, et que son accent ajoutait au comique de la situation.

Acheter « Une colonne de feu » en audio sur Amazon
Acheter « Une colonne de feu » sur Amazon en audio ici ou en téléchargement audio

- page 1 de 8