lundi, 22 février 2021

Les fantômes de Reykjavik, d'Arnaldur Indridason.

Les fantômes de Reykjavik

L'ouvrage:
Danny a disparu. Ses grands-parents font appel à Konrad, policier à la retraite, pour la chercher. Ils ne s'adressent pas à la police car ils souhaitent un maximum de discrétion. Konrad accepte de leur rendre service parce que la femme était amie avec la sienne.

Critique:
Ce roman est la suite de «Ce que savait la nuit». Il m'a plu de retrouver Konrad qui m'est sympathique. Ici, il est embarqué dans deux affaires presque malgré lui, et tente de faire de son mieux. Il est attachant parce qu'il est sincère et opiniâtre. Dans ce tome, il tente encore de savoir qui a tué son père. Cela fait qu'il en apprend davantage sur ce dernier.

L'intrigue est bien menée. Konrad retrouve très vite Danny. Cela ne doit pas faire penser au lecteur que le livre va traîner. La découverte de la jeune fille n'est qu'un commencement. Les révélations et les rebondissements s'enchaînent assez rapidement, tout en laissant au lecteur le temps d'assimiler les éléments. Après coup, je me dis que j'aurais peut-être dû deviner certaines choses, mais je suis contente de ne pas les avoir trouvées. Il y en a d'autres que j'avais devinées, mais cela n'a pas du tout gâché ma lecture, car ce que j'avais trouvé se confirme assez vite.
La fin n'est ni bâclée ni incohérente.

Arnaldur Indridason aborde un sujet qui l'est assez souvent dans les romans policiers et les thrillers. Ici, il parvient à ne pas galvauder le thème en faisant ce qu'il faut comme il le faut.

Il pourrait être un peu déroutant de n'avoir aucune indication temporelle au début de certains chapitres. Pourtant, ce n'est pas le cas. Après quelques chapitres, j'ai pensé que ça pourrait l'être, puis je me suis rendu compte que je suivais très bien, que malgré les louvoiements entre le passé et le présent sans qu'il y ait de dates, je ne me perdais pas. Je pense que j'ai d'abord imaginé que l'absence d'indications temporelles en début de chapitres pourrait me gêner parce que certains auteurs en mettent lorsqu'il y a alternance entre le passé et le présent. Ce sont, en fait, ces auteurs qui en font trop. Quand le récit est bien mené, il n'y en a pas besoin.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martin Spinhayer.

Martin Spinhayer fait partie des comédiens dont j'apprécie beaucoup le jeu. Ici, il n'a pas démérité. Son jeu reste naturel. Il rend très bien les émotions des personnages. Il modifie à peine sa voix pour les rôles féminins, et c'est très bien.

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jeudi, 5 novembre 2020

Le petit paradis, de Joyce Carol Oates.

Le petit paradis

L'ouvrage:
Après les attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis ont mis au point un plan réduisant les risques que cela arrive à nouveau. L'héroïne, Adriane Strohl, dix-sept ans, évolue donc dans un monde où, entre autres, peu de choses sont enseignées. Après qu'elle a posé trop de questions dans un discours qu'elle devait prononcer à l'occasion de l'obtention d'un prix, elle est envoyée en exil en 1959.

Critique:
Depuis plusieurs années (pas loin de vingt), je souhaite lire Joyce Carol Oates tout en me méfiant d'elle. Certains résumés de ses romans m'attiraient, mais à entendre vanter sa pertinence, je craignais qu'elle ne soit comme Philip Roth et Nancy Huston: beaucoup les encensent, et je ne les supporte pas. Je me suis lancée dans ce roman parce que le résumé me tentait, mais aussi parce qu'il est enregistré par Andi Arndt, dont j'apprécie beaucoup le jeu, et qui, malheureusement pour moi, lit peu de romans qui me tentent. Ce roman m'a plu, j'essaierai donc d'autres écrits de cette autrice.

Lorsqu'Adriane commence à décrire la société dans laquelle elle vit, on se rend vite compte qu'on est dans une sorte de totalitarisme. D'autres ont décrit ce genre, et certains ont fini par m'ennuyer. Ici, cela n'a pas été le cas. Le thème et la façon de l'aborder a beau avoir été plusieurs fois exploité, Joyce Carol Oates a su faire en sorte que sa description, tout en rappelant des choses connues, soit originale.

L'héroïne m'a tout de suite été sympathique. Au départ, son but n'est absolument pas d'être subversive. Elle veut seulement satisfaire sa curiosité naturelle. Elle sait comment faire pour ne pas être remarquée, mais n'y parvient pas toujours. Elle sait que creuser certaines choses est risqué, mais elle n'imagine pas que les questions qu'elle se pose peuvent être vues comme subversives. Lorsqu'elle se retrouve dans une université en 1959, elle garde cette candeur.
Il y a une scène à la fois grave et drôle: celle de la machine à écrire...

J'ai apprécié que Joyce Carol Oates ne nous montre pas le monde de 1959 comme parfait par rapport à celui où évoluait Adriane avant. Elle s'attache à montrer les mauvais côtés du monde post 11 septembre, mais aussi certaines aspérités de celui des années 60. Par exemple, elle évoque un chercheur qui travaille à l'université où va son héroïne. Ce professeur veut prouver les effets positifs des choses comme les électrochocs, la lobotomie, etc. Pendant longtemps, on a usé et abusé de ces méthodes, et à mon avis, ceux qui les utilisaient savaient qu'elles ne causaient que dommages.

L'intrigue suit son cours sans temps morts, sans incohérences. Cependant, à la fin, certaines questions restent. En fait, soit c'est moi qui n'ai pas tout compris, soit l'autrice reste nébuleuse sur certains éléments à dessein. Par exemple, que signifie la rencontre d'Adriane et de celui que j'appellerai docteur Cosgrove? J'en ai bien une idée, mais j'aurais voulu que tout soit expliqué en détails. Qu'est-il arrivé à Wolfman? Là encore, je pense savoir, mais si cela est possible, pourquoi Cosgrove, lui, est-il toujours vivant?... Adriane finira-t-elle par se souvenir? D'ailleurs, que se passera-t-il au moment où son exil prendra fin? Donc, comme pour d'autres romans, j'aurais souhaité des chapitres supplémentaires. Là, il y a un goût d'inachevé. Il n'empêche que ce livre m'a beaucoup plu, et que je le recommande.

Éditeur français: Points.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Andi Arndt pour les éditions Harper Audio.

J'ai été contente de retrouver Andi Arndt et son jeu «cool, calm, and clear», tel que défini sur son site et dans sa signature. Là encore, elle ne m'a pas déçue, et a parfaitement illustré cette définition.

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lundi, 23 décembre 2019

Un sale hiver, de Sam Millar.

Un sale hiver

Note:
Ce livre est le volume 3 de la série en quatre tomes mettant en scène le détective privé Karl Kane. Il faut lire ces romans dans l'ordre de publication. Attention: sur le site Audible.fr, ce tome («Un sale hiver») n'est pas déclaré comme appartenant à la série, et le tome 4 («Au scalpel») est indiqué comme étant le tome 3.

L'ouvrage:
Ce matin-là, Karl trouve, sur le seuil de chez lui, une main. La police va enquêter, et le détective va garder un œil sur cela, car il aimerait savoir qui a déposé cette main à sa porte, et pourquoi.
En parallèle, une jeune femme, Jemma Doyle, lui demande de retrouver son oncle, Thomas Blake.

Critique:
«Un sale hiver» m'a plu, tout comme les deux premiers tomes de la série. Là encore, l'auteur crée une énigme dont il donne rapidement certaines réponses, ainsi, le lecteur connaît certains éléments, et tente d'imaginer ce qui manque. Ce qui m'a plu, c'est que même si j'avais deviné des choses (que j'ai trouvées parce que l'auteur l'a bien voulu) je n'avais pas compris quel était le mobile. En outre, à un moment, quelque chose que je ne parvenais pas à caser dans l'enchaînement des faits est arrivé. J'ai eu beau chercher, je n'arrivais pas à tout assembler. Lorsque j'ai eu la réponse, je me suis dit que j'avais été stupide, et que c'était évident. Soit, mais je n'ai pensé cela qu'après avoir eu la solution. ;-) Pour moi, cela montre encore que l'auteur a habilement joué. D'autre part, malheureusement, les faits qui ont mené à cette série de meurtres sont très réalistes.

Comme dans les deux autres romans, Sam Millar saupoudre les éléments angoissants d'une petite dose d'humour. Ici, par exemple, c'est l'apparition de Sean, le facteur, qui est plusieurs fois source de rire. Il y a d'autres scènes amusantes, bien sûr. Une chose m'a un peu fait tiquer. Parmi les scènes plus légères, il y a un genre de dialogue amoureux entre Karl et Naomi. Ayant lu le tome 3 immédiatement après le tome 2, je me suis aperçue que ce passage était pratiquement la copie d'un passage du tome 2. Cela m'a déplu.

J'ai apprécié la toute fin. En lisant l'avant-dernier chapitre, j'espérais que quelque chose viendrait démantibuler les plans du «méchant», et la fin montre qu'heureusement, cela a été fait. Le personnage que j'appelle «méchant» ici m'exaspère depuis le tome 1. J'aimerais que sa sœur et lui reçoivent une bonne leçon. À la fin de ce tome, il y a quelque chose, mais je m'attends à davantage...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Lazare Herson-Macarel pour les éditions Sixtrid.

Comme dans les tomes précédents, le jeu du comédien n'est ni trop sobre ni affecté. Il adopte toujours le ton adéquat sans surjeu ni effets de voix désagréables. Je sais que je me répète, mais je n'ai pas grand-chose d'autre à dire, donc je répète que l'interprétation est bonne. :-)

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jeudi, 19 décembre 2019

Le cannibale de Crumlin Road, de Sam Millar.

Le cannibale de Crumlin Road

Note:
Ce livre est le volume 2 de la série en quatre tomes mettant en scène le détective privé Karl Kane. Il faut lire ces romans dans l'ordre de publication. Attention: sur le site Audible.fr, le tome 3 («Un sale hiver») n'est pas déclaré comme appartenant à la série, et le tome 4 («Au scalpel») est indiqué comme étant le tome 3.

L'ouvrage:
Géraldine Ferris demande l'aide de Karl: sa soeur de dix-sept ans, Martina, a disparu depuis un mois.

Critique:
Ce deuxième tome m'a beaucoup plu. Le premier était sombre, celui-ci l'est davantage. Karl vit des événements très durs, et accepte de faire, plusieurs fois, des choses qui le mettent en danger. L'intrigue finit par être liée à la vie privée du détective, ce qui fait que tout est exacerbé, et que certains (dont Karl) sont à fleur de peau. Si notre héros est menacé dans le tome 1, dans le tome 2, c'est bien plus réel. En effet, on n'est pas sûr que la personne qui tente de lui faire peur pour qu'il abandonne l'affaire du tome 1 aurait mis ses menaces à exécution. Dans «Le cannibale (...)», on n'a aucun doute.

Comme dans «Les chiens de Belfast», on retrouve le thème de la police corrompue. Bien sûr, tout n'est pas aussi manichéen que ce que pense Karl (il n'y a qu'à voir la fouille de la prison pour le comprendre) mais il est évident que Wilson (pour ne citer que lui), n'est pas très enthousiaste à l'idée d'ennuyer une personne si empressée à faire des dons à la police.

Il est un personnage qu'on ne rencontre que dans ce tome, et qu'à mon avis, seul Karl juge à sa juste valeur. Bien sûr, je sais que ce personnage a fait des choses répréhensibles, mais son comportement, dans «Le cannibale (...)», en fait un héros. De plus, je comprends ses raisons d'en vouloir à ce point à Wilson et à McKenzie.

Tout comme dans «Les chiens de Belfast», il n'y a pas de temps morts. On peut même dire qu'à partir du moment où Karl rencontre Jésus (pour le tourner ainsi tout en ne dévoilant rien), les événements s'enchaînent, et pendant tout le reste du roman, Sam Millar tient son lecteur en haleine.
Le prologue n'est pas de ceux qui gâchent la lecture. Là encore, il est là pour que le lecteur sache rapidement ce qu'il cherche, et il ne dévoile pas des éléments arrivant plus tard.
J'imaginais une fin davantage «giébélesque» (si je puis le tourner ainsi). Cela ne signifie pas que tout sa termine bien: certains éléments sont très durs, mais je pense que Karine Giébel aurait fait pire, et j'imaginais Sam Millar prenant cette direction. Donc même si j'aurais préféré que tel personnage soit sauvé, que tel autre souffre pendant des heures et des heures, et que Karl ne doive pas affronter quelque chose de terrible (cet élément est préparé au long du roman) à la fin, je suis contente que l'auteur ait sauvé quelques meubles.

Remarque annexe:
Lynne accuse Karl d'être responsable de ce qui est arrivé à leur fille, mais c'est elle, la véritable coupable. Son mensonge entraîne un tas de conséquences désastreuses. Je regrette que cela ne lui ait pas été dit. Peut-être le sera-ce dans l'un des deux romans suivants.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Lazare Herson-Macarel pour les éditions Sixtrid.

Comme dans le tome 1, le jeu du comédien est naturel, sans fioritures. Il joue très bien les différents sentiments des personnages, et se fond très bien dans l'ambiance distillée par Sam Millar.

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lundi, 16 décembre 2019

Les chiens de Belfast, de Sam Millar.

Les chiens de Belfast

Note:
Ce livre est le volume 1 de la série en quatre tomes mettant en scène le détective privé Karl Kane. Il faut lire ces romans dans l'ordre de publication. Attention: sur le site Audible.fr, le tome 3 («Un sale hiver») n'est pas déclaré comme appartenant à la série, et le tome 4 («Au scalpel») est indiqué comme étant le tome 3.

L'ouvrage:
Belfast.
Karl Kane est détective privé. Ce jour-là, un certain Bill Munday lui donne cinq-cents dollars et lui promet la même somme s'il peut lui donner le plus d'informations possible concernant un cadavre retrouvé dans un jardin botanique. Ce travail a l'air très simple, mais il aura des conséquences déplaisantes pour le détective.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. C'est un thriller dont certains côtés sont prévisibles à dessein. En effet, pour moi, il est évident que l'auteur souhaite que le lecteur fasse certains recoupements, ainsi il n'y a pas des tonnes d'explications à donner. Avoir deviné certaines choses n'a pas du tout gâché ma lecture. Par ailleurs, il m'a plu de n'avoir pas su assembler une pièce du puzzle avant un bon moment, car j'apprécie qu'un auteur me fasse chercher. Outre cette pièce que j'ai assemblée tard, l'auteur réserve des surprises. Par exemple, si on sait à quoi sont reliés les meurtres, on ne sait pas qui les commet.

Le livre ne souffre pas de temps morts. Son prologue n'est pas de ceux qui gâchent la lecture en donnant trop d'indices. On sait rapidement quel rôle il joue dans l'intrigue, mais il ne dévoile aucun élément clé.

Si l'énigme est très bonne, elle n'est pas le seul élément intéressant du roman. J'ai aimé découvrir la personnalité de Karl Kane, son passé, ses relations tumultueuses avec certains officiers de police... Certains passages le concernant sont cocasses, ce qui ménage de petits moments de détente au milieu des meurtres. Par exemple, certaines conversations qu'il a avec Naomi, sa visite chez le médecin, etc.

Je n'ai qu'un petit reproche à adresser à ce roman. Pour moi, l'auteur laisse s'écouler trop de temps entre certains événements. Bill Munday fait appel à Karl le 8 janvier. Celui-ci n'ayant pas d'autres clients, et étant à court d'argent, on imagine qu'il va enquêter rapidement. Or, on le voit investiguer le 12 janvier, et on n'a aucun indice qu'il ait fait d'autres recherches avant.
De plus, à un moment, il est mentionné qu'on a trouvé le cadavre d'un personnage, et au moins cinq jours après, il est dit qu'on a découvert ce cadavre deux jours auparavant...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Lazare Herson-Macarel pour les éditions Sixtrid.

J'avais apprécié ce comédien dans «Tout homme est une nuit». Ici, il avait la partie bien plus difficile, devant jouer une galerie de personnages et de sentiments. Son interprétation est naturelle, son intonation est toujours appropriée, sa diction est soignée,il ne fait jamais de désagréables effets de voix (par exemple pour les rôles féminins).
Dans ma chronique de «Tout homme est une nuit», j'avais remarqué qu'il avait parfois des intonations de son père. Ici, je n'ai pas du tout ressenti cela. Je ne sais même pas pourquoi j'ai pu le penser. Cette remarque n'enlève rien au grand talent de ces deux comédiens, c'est plutôt une critique envers moi-même. ;-)

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