Editeur : Plaisir de lire

Fil des billets - Fil des commentaires

mardi, 11 juin 2013

L'aquarium, de Cornélia Mühlberger de Preux.

L'aquarium

L'ouvrage:
Lors d'un repas entre voisins, Constantin annonce à la cantonnade que sa petite famille partira aux îles Fiji, cet été-là. La famille n'a pas l'argent pour se permettre un tel voyage. Tatiana, la femme de Constantin, aimerait démentir, mais elle n'y parvient pas. Au fil du temps, Constantin donne de plus en plus de détails, les trois enfants ont hâte... Il décide finalement qu'ils séjourneront dans la cave, afin de maintenir l'illusion auprès des autres.

Critique:
L'idée de départ est originale. L'idée de Constantin pour faire croire au voyage jusqu'au bout était intéressante, car on pouvait s'attendre à ce que la famille, obligée de se côtoyer en vase clos, finisse par être plus soudée ou par se briser. Ces quinze jours sont comme une espèce d'épreuve de laquelle chacun sortira changé, au cours de laquelle chacun sera confronté aux autres et à lui-même.
L'idée est bonne, mais elle n'est pas nouvelle. Cela ne serait pas grave si elle était correctement exploitée. Ici, on devine trop de choses dès le départ pour être vraiment surpris par ce que chaque personnage finit par montrer.

En outre, aucun personnage n'est vraiment sympathique, à part Vladimir. Constantin est profondément perturbé, et ce depuis longtemps. Tatiana est velléitaire. Elle a le bon sens de se le reprocher, mais cela vient un peu tard. Elle sait bien qu'elle aurait dû agir autrement, mais elle n'a su que le penser. Violette est assez terne. On peut supposer que son sommeil quasi perpétuel est une fuite: elle ressent inconsciemment le malaise de sa famille. Ensuite, elle se révèle sympathique, mais un peu plate. Quant à Kevin, c'est peut-être celui qui mûrit le plus. Il ne reste pas centré sur lui-même, et finit par se débrouiller pour s'en sortir.

La fin m'a déçue. D'abord, je voyais venir gros comme une maison le «coup de théâtre» qui, du coup, n'en était pas un pour moi. Cela peut être une bonne idée, mais c'est beaucoup trop prévisible. On me dira que l'auteur se devait de finir sur un rebondissement, mais je pense que cela n'était pas obligatoire, surtout que ce rebondissement a gâché ma lecture tant il est convenu.
D'autre part, la toute fin laisse le lecteur avec une foule de questions. Il y a des romans où c'est une bonne chose, ici, non. On a l'impression que l'auteur ne savait pas trop comment s'en sortir, alors, elle ne s'en est pas sortie. Elle n'a rien expliqué.

Ma bibliothèque classe ce roman à «humour-satire». N'ayant pas ri du tout, n'ayant pas vu de quoi l'auteur voulait se moquer (De ceux qui ne jurent que par le paraître?), je n'ai sûrement rien compris...

Éditeur: Plaisir de lire.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Nicollerat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Acheter « L'aquarium » sur Amazon

lundi, 29 avril 2013

Le jugement de Seth, de Rachel Maeder.

Le jugement de Seth

L'ouvrage:
Genève.
Adrien Meyer est retrouvé assassiné dans les archives de l'université où il travaillait en tant que chercheur en égyptologie. L'arme: un rayonnage coulissant. La police piétine. Michaël Capler, archiviste et ami de la victime, fait bientôt un suspect idéal. Sentant l'étau se refermer, le jeune homme décide de mener sa propre enquête.

Critique:
Ce livre est parfait pour se détendre. Il est des plus classiques. Le suspect va tenter de se disculper en menant son enquête, et bien sûr, il sera meilleur que la police. Cette ficelle est un peu lassante. Ici, elle est quelque peu renouvelée, car une partie de l'équipe policière finit (d'abord de mauvaise grâce) par unir ses efforts à ceux de Michaël.
La structure est également classique: quelques interrogatoires, accusations infondées, des rebondissements pas vraiment surprenants... Une petite originalité est apportée parce que Michaël n'est pas le seul suspect.
Le schéma fait qu'on est amené à soupçonner tout le monde. Là encore, l'auteur parvient à rendre cela moins lourd. D'abord, elle tue l'un des coupables potentiels. Quant au véritable coupable, je n'avais pas deviné son nom, mais il ne m'a pas vraiment surprise.
J'ai trouvé de petites incohérences. On ne s'explique pas vraiment pourquoi Jeanne n'a pas été tuée lors de son agression...
Il est un peu gros que Michaël aille chez quelqu'un qu'il suspecte seul, sans protection. Il sait quel danger il court, mais il y va quand même.
Il est presque invraisemblable que la police n'ait pas vérifié les e-mails personnels d'Adrien.
J'ai apprécié le fait que les chapitres débutent par le jour et le lieu de l'action, cela situe tout de suite les choses, même si ce n'est pas nécessaire.

J'ai trouvé un peu dommage que toute l'équipe policière soit détestable. Jeanne l'est peut-être un peu moins, car elle évolue au cours du roman. Mais ses collègues masculins sont bornés. L'un d'eux est même violent et homophobe. C'est un peu cliché. Je me doute que des policiers de ce genre existent, mais j'ai trouvé dommage qu'aucun ne soit vraiment sympathique.
Keller m'a fait rire avec ses colères injustes qui lui font user d'un langage imagé. Cependant, il est plus ridicule que sympathique.

Michaël est plus intéressant, car certaines choses chez lui peuvent exaspérer. Par exemple, en tant que célibataire, il est désordonné et un peu bohême. Cela agace et prête à sourire. On me dira que c'est cliché, mais je ne trouve pas.
J'ai bien aimé le comique de répétition: Jeanne surprend deux fois Michaël en caleçon lorsqu'elle se rend chez lui pour l'interroger.

Apparemment, ce livre est le premier d'une série mettant en scène Michaël Capler. Je ne sais pas encore si je lirai les autres.

Éditeur: Plaisir de lire.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jocelyne Corbaz pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Acheter « Le jugement de Seth » sur Amazon