jeudi, 10 septembre 2015

Promenons-nous dans les bois, de Bill Bryson.

Promenons-nous dans les bois

L'ouvrage:
Bill Bryson raconte sa randonnée à travers le sentier des Appalaches.

Critique:
Je ne suis pas adepte de ce genre de récits, mais ayant beaucoup aimé «American rigolos», j'ai pensé que la verve de Bill Bryson rendrait le tout intéressant. C'est en partie le cas. En effet, les péripéties de la randonnée sont racontées de manière humoristique, ou tout au moins, de façon à ce qu'elles se démarquent dans l'esprit du lecteur. Par exemple, lorsque Bill pense rencontrer un ours, comment ne pas rire lorsque Stephen Katz (son ami et compagnon de randonnée) lui propose son coupe-ongles au cas où la bête attaquerait? D'autant que cela contraste avec les quelques récits propres à glacer le sang que Bill raconte au début, et qui évoquent des randonneurs rencontrant des ours.

Katz lui-même est assez haut en couleur. Dès le début, je pensais qu'il ne tiendrait pas deux jours. Il est tout de suite évident qu'il n'est pas préparé à cette expédition. Cela se confirme lorsque pour s'alléger, il se débarrasse d'éléments assez importants. Il m'a souvent exaspérée au long du récit, car il semblait ne pas comprendre où était l'essentiel. Cependant, non seulement il a parcouru le même trajet que Bill (un peu plus lentement certes), mais malgré son inconséquence, il a su être là quand il le fallait. En outre, je pense que je n'aurais pas parcouru tous ces kilomètres dans ces conditions si j'avais été à sa place. Je comprends que Bill ait souhaité communier avec la nature, voir certains paysages, tout en faisant de l'exercice. Cependant, entre le froid coupant de mars et la chaleur écrasante d'août, sans parler des insectes, du caractère au mieux étrange au pire grossier d'autres randonneurs, j'aurais très vite déclaré forfait.

Parmi les aventures vécues par le narrateur, certaines paraîtront vraiment très étranges. Ainsi, celle des chauffeurs de taxi qui semblent ne pas vouloir travailler. J'ai aussi eu peine à croire à l'existence de quelqu'un qui soit réellement comme Mary-Ellen, randonneuse rencontrée par Bill et Stephen. Si un auteur l'avait inventée, je ne la trouverais pas crédible du tout.

Le récit de Bill est entrecoupé d'anecdotes, notamment sur des randonneurs qui se sont démarqués. Il parle également de certains endroits (routes, petites villes) qu'il croise lors de son périple. J'avoue qu'à ces moments, je me suis un peu ennuyée, trouvant le récit moins vivant. Malgré cela, il m'a plu de suivre Bill et Stephen dans leur expédition.

Éditeur: Payot.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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lundi, 22 juin 2015

Les tribulations d'une cuisinière anglaise, de Margaret Powell.

Les tribulations d'une cuisinière anglaise

L'ouvrage:
Margaret Powell naît dans les années 1910. Elle souhaite être institutrice, mais sa famille ne peut pas lui payer les études. Après avoir fait plusieurs petits boulots, elle devient fille de cuisine. C'est ses années de fille de cuisine puis de cuisinière qu'elle racontera plusieurs décennies plus tard, dans ce livre.

Critique:
J'ai pris ce livre sans trop savoir à quoi m'attendre. Je me demandais comment l'auteur allait pouvoir rendre ce genre de récits intéressant. J'ai eu raison de tenter cet ouvrage: il m'a plu. D'abord, Margaret Powell plonge son auteur dans une ambiance particulière. Elle raconte comment c'était au début du siècle, surtout lorsqu'on était pauvre. Je me dis que certains devraient lire son livre juste pour ça: voir comme c'était à l'époque.

Outre un sens approprié du détail (l'auteur fait toujours des descriptions justes et jamais ennuyeuses), Margaret Powell a également une grande capacité d'observation et d'analyse. Voilà pourquoi son récit est intéressant. Elle décrit ceux chez qui elle travaille, tout en se demandant pourquoi les gens agissent comme ils le font. De plus, elle analyse ses sentiments, ses ambitions, etc. Elle souhaite sortir de sa condition, et pour cela, utilise les moyens qui sont à sa portée. Le lecteur comprendra très bien cette femme qui tente de s'en sortir comme elle peut. En outre, il n'est jamais question de manipulation ou de faux sentiments.

Elle travaille dans plusieurs maisons, et de ce fait, rencontre plusieurs types de personnalités. Elle insiste sur le clivage entre maîtres et domestiques. Même les patrons bien intentionnés voyaient les domestiques comme des rustres, ou du moins, les mettaient dans des catégories, puisqu'ils sont surpris que Margaret lise, se cultive, cherche à comprendre le monde et la société.
Margaret Powell met en relief des choses que nous aurions tendance à oublier parce que cette époque est de plus en plus lointaine: par exemple, une domestique devait toujours avoir une recommandation de son précédent employeur.

Au long du livre, la narratrice nous fait partager ses considérations sur certains points. Par exemple, elle assure que le pain et les gâteaux de son enfance étaient bien meilleurs que ceux de maintenant (du moins, ceux des années 60). Elle assure également que le surgelé, pour qui a connu le frais, est insipide, etc. Je suis tentée de la croire sur beaucoup de points.

Par ailleurs, certains passages sont cocasses: par exemple, le cours de cuisine où Margaret s'évanouit à cause de la saleté de l'endroit.

Un livre sympathique, qui permet que certaines pratiques, certaines façons d'être ne tombent pas dans l'oubli.

Éditeur: Payot.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour le GIAA

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