jeudi, 8 octobre 2020

Moi qui croyais te connaître, de Penny Hancock.

Moi qui croyais te connaître

L'ouvrage:
Holly et Julia sont amies depuis plus de vingt ans. Elles sont proches, complices, se comprennent, s'entraident... Holly est professeur à l'université, elle participe à un atelier sur le consentement. Elle s'attache à bien faire comprendre qu'à partir du moment où une personne ne dit pas explicitement qu'elle est d'accord,avoir une relation sexuelle avec cette personne est un viol.
Un jour, Saffie (la fille de Julia) accuse Saul (le fils d'Holly) de l'avoir violée...

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Une histoire contant un cataclysme qui tombe sur une amitié est toujours un point de départ intéressant. L'autrice maîtrise son intrigue, car elle explore les conséquences de ce cataclysme. La psychologie des protagonistes est analysée, leurs actes et leurs paroles prennent une grande importance pour les autres... Certains agissent, au départ, sur une impulsion. Par exemple, Holly reproche le premier mouvement de Pete après que celui-ci a été informé de l'accusation. Le lecteur comprendra tout aussi bien Holly que Pete. Je penchais un peu plus vers l'un des deux, car j'avais décidé de prendre tout de suite parti concernant l'accusation, mais je pouvais comprendre l'autre. J'ai compris que Julia et Holly s'enferrent dans une situation qu'elles ne peuvent plus contrôler, que des paroles blessantes soient échangées, que chacune regrette l'autre... De plus, il m'était facile, n'étant pas impliquée, de décider de croire tel ou tel personnage. Je ne peux pas prévoir ma réaction si quelque chose de ce genre m'arrivait. J'espère, en tout cas, que si cela arrivait à quelqu'un que je connais, je ne cancanerais pas, comme le font certaines femmes qui, au départ, avaient des relations amicales avec Holly et Julia.

À cause de cette secousse, les deux héroïnes remettent beaucoup de choses en question, et sont parfois amenées à entendre des vérités qui leur font mal. Par exemple, Holly est confrontée au fait qu'elle rejette toute personne qui ne va pas dans son sens. Bien sûr, lorsqu'on sait pourquoi elle est fâchée avec sa soeur, on peut comprendre qu'elle n'ait pas accepté ce qu'elle voyait comme une calomnie.

Le thème du viol et des formes qu'il peut prendre est finement évoqué. D'abord, Holly se retrouve confrontée à une situation qui la met en face de ce qu'elle combat dans son métier. Ensuite, ce qui est arrivé à Saffie est un exemple assez délicat de non consentement. J'imaginais que la limite entre le consentement et le non consentement était facile à déterminer, mais ce que vit Saffie montre que cela ne l'est pas toujours. Certes, celui qui s'en est pris à elle savait très bien de quoi il retournait, mais l'adolescente, elle, ne l'a pas compris jusqu'à un certain moment de l'histoire.

Outre la psychologie des personnages, Penny Hancock crée des rebondissements à propos. Il y a juste une chose qui peut être une incohérence. Il n'est pas très logique que la fille de Pete n'ait pas toujours son journal intime avec elle chez le parent chez lequel elle se trouve.

L'autrice jette bien quelques faux indices en pâture au lecteur, mais je les lui pardonne, car tout est plausible et bien amené.

À la fin, certaines choses restent en suspens, mais cela n'est pas gênant, car pour que le cours de ces éléments aille franchement d'un côté ou de l'autre, il faut du temps. De plus, la romancière donne de petits indices quant au côté vers lequel iront les personnages.

Dans certains romans, il est très casse-pieds de lire que la police met des bâtons dans les roues des personnages. Ici, ce n'est pas le cas. J'apprécie que Penny Hancock nous montre des policiers soucieux de bien faire leur travail, ressentant de la compassion pour les victimes...

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Manon Jomain pour les éditions Hardigan.

Comme je l'ai dit dans d'autres chroniques, le jeu de Manon Jomain est naturel. Elle modifie un peu (mais pas à outrance) sa voix pour les rôles masculins, joue (sans cabotiner) les émotions des personnages, et ne prend pas un horrible accent pour les noms propres étrangers. Je sais que j'aurais eu des envies de meurtre si elle avait prononcé Rowan autrement que la manière dont elle l'a fait. Petit bémol: étant une maniaque extrémiste (hahaha) je n'ai pu m'empêcher de noter que la comédienne fait partie de ceux qui prononcent mal le mot «dégingandé».

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lundi, 23 septembre 2019

Evie, de K. L. Slater.

Evie

L'ouvrage:
Voilà trois ans qu'Evie Cotter (qui avait cinq ans) a été enlevée. Les journalistes ont montré sa mère (Toni) comme négligente. Le dossier n'est pas classé, mais on a perdu espoir de retrouver l'enfant. Pourtant...

Critique:
Il n'est pas facile d'écrire un résumé aussi attrayant que celui de la quatrième de couverture, tout en essayant d'éviter un élément que celle-ci ne devrait pas donner. Donc, je vous conseille de ne pas lire la quatrième de couverture, et de garder à l'esprit que le livre est plus palpitant que ce que laisse entrevoir mon résumé.

Ce roman m'a beaucoup plu, même si, en bonne pinailleuse, je lui adresserai quelques reproches.
K. L. Slater alterne le récit des quelques semaines ayant précédé l'enlèvement d'Evie et la narration du présent. Cette structure est ainsi car le but est de faire mariner le lecteur, ce que je n'apprécie pas, mais il aurait été étrange que l'écrivain ne l'utilisât pas.
Pendant le récit de ce qui arriva trois ans plus tôt, l'autrice dévoile certaines de ses cartes, ce qui m'a plu. En effet, elle ne tente pas de nous faire croire une certaine chose, alors qu'elle aurait pu. Je lui en ai été reconnaissante, j'aurais trouvé cela un peu déloyal. Ensuite, elle utilise un procédé qu'on retrouve souvent dans ce genre de romans: tout le monde est suspect. Comme dans d'autres livres, je me suis amusée à tenter d'écarter ceux que la romancière nous met trop sous le nez, à chercher des mobiles à chacun... J'avais deviné certaines choses. J'avais même réussi à trouver le mobile de la personne responsable. Bien sûr, je n'avais pas tout deviné, je n'avais que des suppositions et de grandes lignes.
Certains personnages m'ont tout de suite déplu, et je me suis dit que même s'ils n'étaient pas coupables, ils n'étaient pas appréciables. L'auteur a tenté de rendre l'un d'eux sympathique en expliquant certains faits, en en montrant d'autres... Certes, ce protagoniste finit par faire quelque chose de bien, mais de toute façon, au départ, ce n'était pas un personnage aimable. Soit, il a été abusé, mais cela n'aurait pu être possible s'il avait été moins présomptueux.

J'ai trouvé Toni trop prompte à juger certaines gens, et pas assez méfiante envers d'autres. Cela m'a agacée.

K. L. Slater fait quelque chose afin de créer un rebondissement, et je pense qu'elle s'y est prise de la manière la moins malhonnête possible. Malgré tout, il y a quelques incohérences. Certaines sont explicables, et donc ne sont pas de vraies incohérences, mais elles sont un peu discutables. D'autres sont plus difficiles à expliquer.

Afficher ne cliquez ici que si vous avez lu le livre.Masquer ne cliquez ici que si vous avez lu le livre.

L'autrice tente de faire croire au lecteur que Jo, la femme qui a fait un AVC est Toni. Jo parle donc d'Evie comme si celle-ci était sa fille. Cela s'explique par le fait que, selon Tara, Jo s'attachait trop à l'enfant. Mais Jo en parle comme si elle avait gardé Evie très longtemps, puis Tara dit que la fillette était avec Phil et elle tout le temps. On imagine donc que l'enfant n'est pas restée si longtemps avec Jo, un mois tout au plus... En outre, une phrase de Jo ne cadre pas avec cela. Elle laisse entendre qu'Evie était avec elle jusqu'à son AVC, alors que celui-ci a eu lieu il y a peu. Enfin, il est étrange que personne ne trouve rien concernant cette femme qui a fait un AVC (D'ailleurs, qui donc l'a emmenée à l'hôpital si personne ne sait qui elle est?) et qu'on laisse entrer quelqu'un qui se dit sa soeur, sans rien vérifier. Surtout qu'ensuite, Nancy dit que les renseignements donnés par la soi-disant soeur ne semblent pas cadrer...

Comme souvent, j'aurais souhaité des chapitres supplémentaires racontant l'après.

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Émilie Ramet pour les éditions Hardigan.

J'avais un a priori très négatif quant à cette comédienne. En effet, elle a enregistré d'autres livres qui m'ont tentée, et lorsque j'ai écouté des extraits, son jeu ne m'a pas paru naturel. Quand «Evie» est apparu dans les précommandes d'Audible, j'ai tellement voulu le lire que je me suis dit que je devais redonner une chance à la lectrice. Avant de le prendre, j'ai écouté un extrait, et la comédienne ne m'a pas semblé mauvaise. Après avoir lu un livre entier enregistré par elle, je peux dire que j'ai apprécié son jeu, mais que certaines choses m'ont déplu. Globalement, elle a bien rendu les émotions des personnages. Il y a eu un ou deux petits couacs, par exemple lorsqu'Anita répond doucement (ici, j'ai imaginé qu'elle répondait d'une voix lasse et triste à cause du contexte), et que la comédienne adopte plutôt un ton belliqueux. Je n'ai pas non plus apprécié qu'elle modifie sa voix pour certains personnages comme le policier. J'ai trouvé cela très peu naturel. En revanche, j'ai apprécié l'intonation et le timbre de voix qu'elle donne à Evie. Je tenterai d'autres livres qu'elle a enregistrés.

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samedi, 3 août 2019

Comme toi, de Lisa Jewell.

Comme toi

L'ouvrage:
Un jour, Ellie Mack, lycéenne, se rend à la bibliothèque, et ne rentre pas chez elle. À partir de ce moment, la famille se délite. Dix ans plus tard, Laurel, la mère d'Ellie, parvient à peine à surmonter cette disparition. C'est alors qu'elle rencontre Floyd, et accepte de sortir avec lui. Peu après, elle fait la connaissance de sa fille, Poppy. Cela la perturbe, car la fillette ressemble beaucoup à Ellie.

Critique:
Ce roman m'a plu. J'ai compris certaines choses avant que l'autrice ne les explique, mais c'était voulu, car il y a des indices avant les révélations, et de toute façon, cela ne m'a pas gênée, sauf un point. Il est dommage qu'on sache très vite qu'il n'y a aucun espoir à avoir concernant l'un des personnages. Remarquez, si j'avais eu un espoir plus longtemps, puis que l'écrivain l'avait déçu, j'aurais râlé.

Je suis contente que le lecteur finisse par tout savoir. J'aurais quand même voulu que Lisa Jewell soit plus précise quant à l'espèce de confession qu'un personnage adresse à un autre. Apparemment, le personnage visé n'a jamais eu la chose écrite entre les mains. Elle était peut-être uniquement dans la tête du protagoniste qui la raconte, mais justement, j'aurais préféré que les autres aient, eux aussi, les détails. Étant donné qu'ils finissent par connaître les grandes lignes, les détails n'auraient sans doute fait que leur apporter davantage de souffrance. Cependant, la manière de l'autrice d'amener le récit de l'individu détestable est un peu maladroite, à mon avis, car on dirait vraiment que celui-ci l'a écrit quelque part...

Un élément pourrait paraître incohérent, et il ne l'est pas du tout. Heureusement pour moi, je m'en suis aperçue après que sa cohérence a été prouvée. Ainsi, je n'ai pas passé un grand moment à pester et à râler: «Mais ça, c'est pas logique! C'est trop gros!»

La romancière dépeint avec justesse les conséquences de la perte soudaine et inexpliquée d'un membre d'une famille. Le livre est surtout centré sur Laurel et sa manière de gérer sa souffrance, mais les autres ne sont pas oubliés.

Pour moi, il n'y a pas de temps morts, l'intrigue est bien menée, tout est réaliste. Oui, malheureusement, des gens aussi malades et méchants qu'un des protagonistes doivent exister... Vous ressentirez peut-être, comme moi, une immense tristesse de ne pouvoir aider le personnage sacrifié...

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Manon Jomain pour les éditions Hardigan.

Il m'a plu de retrouver cette comédienne dont j'apprécie le jeu. Ici, elle n'a pas démérité. Lorsque le personnage détestable s'exprime, le ton de la lectrice est toujours adéquat, laissant, quand il le faut, transparaître ce qui ne va pas chez ce protagoniste. Lorsque d'autres souffrent, leur désarroi est toujours bien exprimé. Quand Poppy parle, Manon Jomain modifie sa voix (Poppy est une enfant), mais ce n'est jamais à outrance. C'est la même chose concernant les rôles masculins.

Tous les chapitres commencent par un passage musical. Comme je l'ai dit dans d'autres chroniques, je n'aime pas du tout qu'il y ait de la musique dans un livre audio. Cela ne fait que retarder la suite du récit, selon moi, et cela enlève de la fluidité à l'ensemble.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée. Certaines pistes regroupent deux chapitres.

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jeudi, 25 juillet 2019

Un sac, de Solène Bakowski.

Un sac

L'ouvrage:
Anna-Marie Caravel a vingt-quatre ans. Elle est en face du Panthéon, et écrit son histoire dans un carnet. Près d'elle, un sac.

Critique:
Ce livre m'a plu. Avec le début imaginé par Solène Bakowski, le lecteur ne peut que se demander où elle va emmener son héroïne. Pour moi, c'est la première qualité du roman: on ne sait jamais ce qui va arriver, et on est suspendu à la plume de la narratrice. De plus, tout se tient. Une fois que j'ai su, j'ai pensé que j'aurais pu prévoir ceci ou cela. Certes, mais j'ai pensé cela après ma lecture, je n'ai rien prévu pendant, j'ai seulement pensé que les choses empireraient...

Anna-Marie est ambivalente, on se demande pourquoi elle est comme elle est. Des explications assez parlantes sont données. Après tout, une enfant fragile soumise au choc qu'elle a dû subir peut mal tourner. Certains penseront peut-être que notre héroïne était en sucre s'il lui a fallu uniquement cela pour basculer. Certes, mais elle a pu également se sentir trahie, car l'instigatrice du choc est celle qui l'avait élevée... De toute façon, qu'on comprenne ou non la psychologie de la narratrice, il est très intéressant de se plonger dans son récit. Je ne sais pas si j'éprouve de la compassion ou du dégoût pour Anna-Marie. Sûrement les deux. C'est justement ce qui est dérangeant, et c'est une autre qualité de ce roman. L'autrice crée un personnage détestable qu'on ne peut s'empêcher de plaindre. À part cela, aucun protagoniste n'a éveillé ma compassion. Peut-être Camille, au début. Pour moi, tous sont fourbes, calculateurs, manipulateurs. Anna-Marie a beau ne pas être appréciable, elle est davantage consistante.

Des éléments m'ont paru un peu gros, par exemple ce qui arrive pendant quatre ans avec Max, mais cela peut s'expliquer par le désoeuvrement de certains personnages, par le charisme de Max, etc. Quelque chose m'a plu dans ce passage: pendant ces quatre ans avec Max, j'ai eu l'impression d'être dans une ambiance à la «Thérèse Raquin», la narratrice et son ancienne flamme rivalisant de coups bas l'un envers l'autre, se dégradant moralement et physiquement, etc.

Je me suis demandé comment Anna-Marie pouvait rendre compte d'événements dont elle n'avait pas été témoin. Par exemple, la nuit de Camille au commissariat. Elle savait ce qu'il voulait y faire, donc elle pouvait supposer, mais elle ne pouvait pas savoir que cela s'était passé comme elle le décrit.

J'aurais aimé une fin donnant davantage de renseignements sur le devenir de la narratrice. On sait simplement qu'elle va aller où ses pas la porteront. Oui, mais ensuite? Elle ne va pas passer sa vie à déambuler par les rues. Il va bien falloir qu'elle mange... ou qu'elle décide autre chose, mais quoi? Quand? Comment? Sera-t-elle recherchée?

Éditeur: Milady.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Carine Leduc pour la Bibliothèque Sonore Romande.

C'est le deuxième roman enregistré par Carine Leduc que je lis. Comme dans «Eleanor Oliphant va très bien», j'ai apprécié son jeu. Elle a trouvé le ton adéquat pour ce roman dont certains passages doivent être assez durs à lire à voix haute (je pense aux moments où les «fantômes» parlent à l'héroïne, et même à la description de sa déchéance pendant les quatre ans avec Max), parce qu'il faut jouer certaines émotions sans les surjouer. Carine Leduc s'en sort bien. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

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jeudi, 9 novembre 2017

Si la lune éclaire nos pas, de Nadia Hashimi.

Si la lune éclaire nos pas

L'ouvrage:
Fereiba commence par conter son enfance à Kaboul. Puis elle évoque la cassure que fut l'oppression des taliban. C'est ce qui la pousse à quitter l'Afghanistan avec ses enfants.

Critique:
Le roman de Nadia Hashimi est terriblement actuel, surtout à partir du moment où Fereiba décide de quitter l'Afghanistan. L'auteur s'attache à montrer les causes et les conséquences du départ massif de gens qui ne sont plus en sécurité dans leur pays. L'histoire de Fereiba est unique, mais se base sur des éléments vécus par d'autres. Je me doutais de certaines choses. Par exemple, on sait bien qu'une personne normale aime son pays, ne veut pas le quitter, surtout pour aller vers un inconnu incertain. C'est cette perte de repères qui fait que des gens agissent mal. En outre, si une personne est mauvaise, la souffrance ne la rendra pas raisonnable. Les individus que nous suivons le plus à travers le roman sont simplement des gens qui veulent se faire une petite place, et dans la mesure du possible, ne causer de tort à personne. Salim est mortifié lorsqu'il commence à voler, et même s'il se trouve des excuses, il finit par penser qu'il ne peut pas s'engager là-dedans. Seulement, Nadia Hashimi laisse entrevoir d'autres protagonistes, pas forcément aussi sympathiques. Pour eux, on ressent moins de compassion. Ainsi, l'auteur ne rejette la faute sur personne, sauf, bien sûr, sur la violence qui gouverne certains, qu'ils soient seuls ou en groupe, souhaitant diriger une poignée de gens ou une nation. Quant aux pays qui rejettent les migrants qui arrivent en masse, elle ne juge pas: elle raconte les faits. Des gens qui souffrent, des pays qui ne peuvent pas tous les accueillir...

Le début du roman présente un contraste saisissant avec sa suite. Il nous montre une famille parmi tant d'autres, son histoire. La romancière décrit le caractère de ses personnages, les événements qui jalonnent leur vie et leur manière d'y réagir. Ainsi, ils sont travaillés. Il est facile de s'identifier à eux lorsqu'ils doivent faire face à une réalité à laquelle personne n'est jamais préparé. L'exil leur fera faire des rencontres parfois inattendues, parfois chaleureuses, parfois désagréables...

Il n'y a aucun temps mort. J'aurais quand même souhaité que la fin en dise davantage, que Nadia Hashimi ajoute un ou deux chapitres...

Éditeur: Milady.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Comme d'habitude, jil m'a plu de retrouver Martine Moinat. Je suis contente qu'elle ait prononcé les mots afghans sans affectation. D'autre part, il y a un glossaire concernant justement les mots afghans. La lectrice a choisi de donner la traduction en cours de lecture, à la fin de la phrase où on trouve le mot. Je trouve cela bien mieux que de lire le glossaire à la fin. Elle l'a également fait, mais comme elle a donné la traduction des mots à mesure du texte, cela ne m'a pas gênée. Parfois, elle a même donné la traduction d'un mot rencontré auparavant, et donc déjà traduit. Je trouve que c'est une délicate attention de sa part. En effet, ces mots étant inconnus pour beaucoup de lecteurs, entendre la traduction une seule fois ne fait pas qu'ils sont directement assimilés et reconnus quand on les retrouve plus tard. Je remercie donc la lectrice qui a fait preuve de bon sens.

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