Editeur : Michalon

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lundi, 16 novembre 2009

Sacrés Américains, de Ted Stanger.

Sacrés Américains

L'ouvrage:
Ted Stanger est Américain. Il nous brosse ici le portrait de ses concitoyens.

Critique:
Il va de soi que ce livre se veut avant tout humoristique. Ted Stanger n'est pas là pour cracher fielleusement sur ses concitoyens. Il n'y a aucune amertume, aucune aigreur dans son ouvrage. Les critiques qu'il formule le sont toujours sur un ton amusant. Son livre se veut divertissant.
Ensuite, même si ce qu'il dit est vrai, son but n'est pas d'attaquer son pays. Il a d'ailleurs récidivé avec «Sacrés fonctionnaires» et «Sacrés français». Son but est d'observer les comportements, et de les décrire avec verve et drôlerie. Il a commencé par les Américains, car c'est ceux qu'il connaît le mieux. En outre, il se garde bien de tomber dans la caricature, n'évoquant que des histoires vécues, des éléments vus, des faits avérés.

Force nous est de constater que la plupart des dires de Ted Stanger dépeignent la réalité. Par exemple, l'amour de beaucoup de citoyens pour le fast food est certain. L'exemple choisi par l'auteur est hilarant: celui de son ami, Morris. Ce chapitre est d'ailleurs l'un de mes préférés. Morris adore les sandwiches des fast food, mais apparemment, il aime ce qui se fait de plus détestable. Il est également amusant de lire la définition du fruit selon Morris.
Bien sûr, le contrepoids est donné avec le «personnage» de la femme de Morris, l'auteur montre par là que tous les Américains ne sont pas comme son ami.
On rit beaucoup aussi lorsqu'il raconte son séjour chez des amis qui tiennent absolument à lui faire la cuisine...

Ted Stanger évoque avec le même brio l'importance de plusieurs choses dans la culture américaine: le shopping, la voiture, la religion... Il nous parle aussi de la politique. Grâce à lui, j'ai enfin compris comment étaient comptabilisés les votes aux Etats-Unis.

Ayant vécu aux Etats-Unis, ayant une tante américaine, et donc de la famille là-bas, j'ai pu me rendre compte que Ted Stanger n'exagérait pas. Il y a juste une chose dans laquelle je n'ai pas reconnu une expérience que j'aurais vécue. C'est la leçon d'Américain que nous donne l'auteur. Peut-être que cette façon de parler (ponctuer ses phrases d'un mot précis qui n'y a rien à voir, par exemple), n'a cours que dans certains états. En effet, le pays étant immense, l'auteur ne peut pas faire le tour de la façon de parler de chaque région de chaque état. Affaire à creuser. ;-)

En bref, je vous conseille ce livre qu'il faut prendre pour ce qu'il est: un divertissement.

Éditeur: Michalon.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Zino Davidoff pour la Bibliothèque Braille Romande.
Je suis toujours contente de lire un ouvrage enregistré par ce lecteur. D'abord parce qu'il semble avoir une prédilection pour les livres amusants («Un bon cru», «Le calligraphe de Voltaire», «Haute fidélité», «Féeries dans l'île», etc), et ensuite parce qu'il sait très bien les interpréter. Il a un ton assez sobre, et sait apporter les nuances voulues pour exprimer la drôlerie de manière fine sans en faire trop.

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lundi, 5 octobre 2009

No kid, de Corine Maier.

No kid

L'ouvrage:
Dans ce petit livre, Corinne Maier détaille quarante raisons de ne pas avoir d'enfants.

Critique:
Je connaissais Corinne Maier, car on a beaucoup parlé de son «Bonjour Paresse». Je ne l'ai pas lu, mais j'avais entendu dire qu'elle dénonçait sans complaisance les travers de l'entreprise pour laquelle elle travaillait.

Quand à «No kid», la quatrième de couverture explique que Corinne Maier ne mâche pas ses mots, dit tout haut ce que tout le monde pense, et est délicieusement politiquement incorrecte. Je m'attendais donc à quelque chose qui me plairait énormément, voire qui serait mon livre de prédilection. Eh bien, j'ai un sentiment plutôt mitigé.

Il est vrai que certaines choses dites par Corinne Maier sont jubilatoires. Par exemple, elle décrit très bien la façon dont la société soi-disant bien pensante juge les femmes qui ne veulent pas d'enfants. Elles sont presque désavouées, on ne cherche pas à les comprendre. En effet, elles ne demandent pas qu'on fasse comme elles, mais qu'on les laisse faire sans les juger. Les femmes voulant des enfants vont même jusqu'à plaindre celles qui n'en veulent pas! Elles ne sont pas à plaindre puisqu'elles ont fait un choix en toute liberté.

L'auteur décrit également très bien le ridicule de certains parents pour qui tout ce qui est leur enfant est merveilleux. Ils sont persuadés que vous pensez comme eux, et que vous êtes absolument ravis qu'ils ne parlent que de leur bébé qui a fait ceci ou cela. A part pour eux, je ne vois pas trop l'intérêt de savoir que le petit Bidule a fait son rot comme il fallait, a été sur le pot, etc. Tout cela est banal, et habituel aux bébés, on ne va donc pas s'étonner qu'ils le fassent.
J'irai même plus loin que l'auteur: un parent sera absolument sûr que vous qui n'avez rien demandé, mourez d'envie de tenir dans vos bras le petit ange, malgré le fait qu'il soit couvert de la nourriture du repas qu'il vient d'absorber. Pour le parent, le caca du petit Machin sera une oeuvre d'art. Et il sera persuadé que votre rêve le plus fou, quand vous lui téléphonez, c'est de parler au petit Machin qui va ânoner des choses incompréhensibles. Il ne leur vient pas à l'idée qu'ils sont agaçants, à pérorer et à gâtifier sur leurs enfants qui grandissent absolument normalement, et font exactement les mêmes choses que tout enfant normalement constitué.
Je pourrais donner tout un tas d'exemples de personnes extrêmement pénibles, exemple illustrant bien les assertions de Corinne Maier, et même, allant plus loin que tout ce qu'elle a pu écrire. Mais je m'arrêterai là.

Néanmoins, l'auteur tombe dans l'excès. D'abord, elle ne fait aucune nuance, expliquant que tous les travers pénibles qu'elle décrit sont ceux de tous les parents. Il aurait mieux valu qu'elle dise «certains parents». Les clichés sont à bannir, car il est sûr que tous les parents de France ne sont pas aussi benêts que ce qui est décrit.

D'autre part, elle râle après certaines choses dont l'interdiction de fumer auprès d'un enfant, car c'est mauvais pour lui. Si je demande que l'on ne fume pas auprès de moi, ce n'est pas pour embêter le monde, c'est parce que j'ai besoin de respirer, et que la cigarette me fait suffoquer. Donc, ce n'est pas uniquement la société soi-disant bien pensante qui impose de ne pas fumer, c'est aussi les gens qui ont besoin de respirer un air non empuanti de l'odeur du tabac.

Enfin, Corinne Maier refuse les catégories, les étiquettes, mais elle en fait. D'abord, elle met tous les parents dans le même sac, comme je l'ai déjà dit. En plus, sa diatribe sur l'école est assez affolante. Si elle a raison de dire que ça se passe ainsi, elle a tort de dire que cela se passe ainsi partout. Elle affirme que l'école catégorise tout, et se débarrasse sans vergogne des élèves qui ne se conforment pas, et n'entrent pas dans le moule. Il faut tout de même remettre les choses à leurs places. Un professeur a trente élèves par classe à gérer, et il n'a pas une seule classe. Certains professeurs, il est vrai, se fichent des élèves, ne voient en eux que des objets, ont une démarche anti-pédagogique, ne s'investissent pas, se font faire des arrêts maladie en veux-tu en voilà. Mais d'autres s'investissent, tentent de faire du cas par cas, et je vous prie de croire que ce n'est pas facile.
Quant aux élèves dont on se débarrasse, comment avancer et faire avancer ceux qui le veulent avec des élèves qui perturbent le cours, répondent insolemment, et ne respectent ni leurs camarades ni les adultes?
Il serait donc bon que Corinne Maier parle de ce qu'elle connaît bien, et ne fasse pas de clichés, alors qu'elle dit les rejeter.

Éditeur: Michalon.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Liliane Piéré pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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