Editeur : Mercure de France

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jeudi, 4 février 2016

Brillante, de Stéphanie Dupays.

Brillante

L'ouvrage:
Claire Vermont travaille pour Nutribel, une entreprise agroalimentaire. Elle a tout fait pour réussir. Lorsqu'elle présente un projet seule, puis qu'elle s'en voit confier un autre, elle sent sa consécration proche. Mais tout ne se passe pas comme prévu dans son plan de carrière.

Critique:
En un roman court, sans s'embarrasser de fioritures, Stéphanie Dupays décrit un moment de la vie d'une carriériste qui n'est pas vraiment armée pour le monde dans lequel elle s'est précipitée. Claire a pensé son plan de carrière, mais a oublié le facteur humain. Qu'arrive-t-il si elle fait de l'ombre à quelqu'un qui (comme chacun dans ce monde) ne veut pas être évincé.

La romancière décrit très bien cette jungle où paraître et ascension sont les maîtres mots. Claire s'y débat, tente de tirer des leçons, d'ouvrir les yeux de son entourage sur sa situation. Mais les amis en toc qu'on se fait lorsqu'on appartient à ce monde n'hésitent pas à vous rejeter si vous osez émettre l'idée d'une baisse de moral. C'est de très mauvais ton! Le couple de Claire fait également partie du grand jeu imposé par ce monde. Son compagnon et elle ne s'aiment pas vraiment, ils ont juste les mêmes ambitions. L'héroïne sait d'ailleurs que si elle flanche, il ne la rattrapera pas.

Le lecteur passera par plusieurs sentiments contradictoires vis-à-vis de Claire. Qu'elle ait envie d'évoluer ainsi, qu'elle fasse tout pour y parvenir, c'est compréhensible. Que «tout» signifie avoir honte de ses parents, c'est davantage discutable, même s'il fallait s'y attendre. Lorsqu'elle perd pied, et opère une petite remise en question, je me suis laissée aller à éprouver de la compassion pour elle.
L'auteur avait le choix entre deux fins. Celle qu'elle a choisie me paraît davantage vraisemblable. Elle colle mieux avec ce que feraient la plupart des gens dans ce cas, même si j'espère que moi, j'agirais autrement.

Certains reprocheront peut-être une trop grande catégorisation. Claire est ambitieuse, alors que sa soeur, Juliette, est bohème. L'auteur met ces deux existences face à face pour montrer que malgré sa précarité, Juliette est plus heureuse que Claire, même lorsque celle-ci croit l'être, parce que Juliette profite de la vie. Je comprends ce raisonnement, mais il aurait peut-être été plus judicieux de l'amener plus finement. Il est un peu naïf de montrer une personne avec peu d'argent devant elle réagissant de manière insouciante voire optimiste. Je sais que cela existe, mais peut-être aurait-il fallu montrer aussi le juste milieu pour avoir un aperçu plus juste de ce qu'on rencontre dans la vie. Ce petit reproche ne m'empêche pas de conseiller ce livre bien pensé, au titre bien choisi.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Mercure de France.

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mercredi, 13 novembre 2013

L'interprète des maladies, de Jhumpa Lahiri.

L'interprète des maladies

L'ouvrage:
Ce recueil de nouvelles montre des gens dans leur quotidien. Ils sont souvent déchirés entre l'Inde et les États-Unis.

Synopsis des nouvelles:
«Un dérangement provisoire»:
Dans le quartier où vivent Shoba et Shukumar, l'électricité sera coupée tous les soirs pendant une heure pour cause de travaux. Le couple vit une période de marasme. Ce petit désagrément électrique va leur permettre de communiquer.

«Quand monsieur Pirzada venait dîner»:
Lilia raconte une période de sa vie où ses parents accueillaient, certains soirs, un homme. Au départ, ils l'ont invité par solidarité culturelle...

«L'interprète des maladies»:
Monsieur Kapasi est guide touristique. Ce jour-là, il conduit la famille Das. Il les observe...

«Un vrai durwan»:
Boori Ma est concierge dans un immeuble. Elle raconte souvent aux locataires des histoires de sa prétendue splendeur passée.

«Sexy»:
Miranda fréquente un homme marié.

«Madame Sen»:
Le soir, Elliott va chez madame Sen. Elle le garde jusqu'à ce que sa mère puisse venir le chercher. Elle lui parle de son pays.

«Cette maison bénie»:
Sanjiv et Twinkle sont mariés depuis peu. À mesure qu'ils découvrent leur maison, ils trouvent des statues à l'effigie de saints.

«Le traitement de Bibi Haldar»:
Bibi fait des crises. Personne ne trouve ce qu'elle a. De ce fait, personne ne veut l'épouser.

«Le troisième et dernier continent»:
Le héros est indien. Il va vivre aux États-Unis. Il raconte son acclimatation.

Critique:
Jhumpa Lahiri évoque des personnages déchirés entre deux cultures ou bien découvrant une autre culture que la leur, ou se languissant de leur pays, ou enfin, souffrant d'ostracisme. J'ai apprécié sa manière de parler de ces gens ordinaires à travers des thèmes quotidiens.

La première nouvelle m'a beaucoup plu, car l'auteur crée une ambiance étrange. Grâce à cette coupure d'électricité, un couple va parvenir à se parler. En peu de pages, l'auteur décrit leur situation. Si elle est malheureusement banale, elle devient unique ici.

Dans la deuxième nouvelle, j'ai apprécié de voir comment la réalité pouvait être vue de différentes façons. L'héroïne, Lilia, voit bien que ce qu'elle étudie en classe (l'histoire du pays dans lequel elle réside) ne représente qu'une partie de sa culture. Le reste, elle l'apprend à travers l'histoire du mystérieux monsieur Pirzada à qui elle associera toujours les confiseries.

On pourrait rapprocher la quatrième, la sixième, et la huitième nouvelle, car on y trouve des gens mal dans leur peau, qui ne s'adaptent pas, et sont quelque peu rejetés, surtout Bibi et Boori Ma. Ces personnages se débattent dans des problèmes qu'ils n'ont pas la force de résoudre. Madame Sen est victime de son refus de s'adapter. Bibi et Boori Ma sont plutôt victimes de leur entourage. C'est ici que l'auteur s'attache à montrer la bêtise de certains comportements.

J'ai d'abord apprécié le parallèle fait dans «Sexy». Miranda écoute sa collègue raconter les malheurs de sa cousine abandonnée par un mari infidèle, alors qu'elle-même est la maîtresse d'un homme marié. Miranda sait qu'elle est dans une situation délicate qui ne lui apportera que déconvenues, et elle peine à en sortir. Je l'ai parfois trouvée velléitaire.

Je n'ai pas rapproché la septième nouvelle de la première, bien que dans les deux, on voie un couple ayant quelque mal à communiquer. En effet, la ressemblance s'arrête là. Dans «Cette maison bénie», j'ai eu du mal à comprendre Twinkle. Elle représente le personnage déchiré entre deux cultures. Son mari est plus attaché qu'elle à la culture indienne. J'ai quand même eu du mal à comprendre pourquoi ces objets religieux revêtaient une telle importance aux yeux de la jeune femme. Peut-être parce que son mari et elle les découvrent dans leur maison. Peut-être pense-t-elle qu'ils sont comme un cadeau précieux. Elle est d'ailleurs un peu superstitieuse à ce sujet. Mais je n'ai pu m'empêcher de la trouver un peu artificielle.

La dernière nouvelle m'a plu car j'ai aimé cette complicité qui se tisse petit à petit entre le narrateur et sa logeuse. Malgré son caractère pas toujours facile, madame Croft sera la passerelle qui permettra au jeune homme, mais surtout à son épouse, de s'adapter à leur nouveau pays.

Il n'y a que la troisième nouvelle (celle dont le recueil porte le nom) que j'ai moins appréciée. J'ai trouvé que la façon dont elle tournait pouvait faire penser à un mauvais roman à l'eau de rose. Pourquoi l'irascible et inconséquente madame Das intéresse-t-elle tant monsieur Kapasi? Mieux on la connaît, moins on l'apprécie. En effet, je n'aime pas les gens qui s'engluent dans leurs problèmes, deviennent aigris, se plaignent, et ne font rien pour en sortir alors qu'ils le pourraient.

Éditeur: Mercure de France.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Emmanuel Trouzier pour l'association Valentin Haüy.
J'ai été contente de retrouver ce lecteur qui a une voix très agréable: grave et claire. D'autre part, sa façon de lire me plaît beaucoup: il ne tombe ni dans le monotone ni dans le surjeu.

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vendredi, 30 août 2013

Une fille, qui danse, de Julian Barnes.

Une fille, qui danse

L'ouvrage:
Tony est adolescent. Il fait partie d'une bande de copains. Il a une petite amie, Véronica. Mais elle rompt avec lui. Plus tard, il apprend qu'elle sort avec l'un de ses amis, Adrian.

Critique:
Pour moi, ce livre n'a pas tenu ses promesses. Je l'ai d'abord trouvé très lent. L'auteur prend le temps de présenter décor et personnages, ce qui n'est pas une mauvaise chose. Mais ensuite, il crée une énigme qu'il développe, étale, fait durer... trop longtemps. Il révèle ceci, puis le narrateur réfléchit, d'autres événements arrivent montrant qu'il n'a pas compris, alors l'auteur révèle cela, etc. Le schéma se répète et le résultat n'est pas forcément à la hauteur. Peut-être cela vient-il en partie de ce que le lecteur devine avant le narrateur... Mais certains personnages (Adrian, Véronica) compliquent les choses, se font une tragédie d'événements dont ils sont responsables, surtout Adrian. C'est, pour moi, une manière de se morfondre et de demander aux autres de s'apitoyer sur son sort. Certes, la situation ne fut pas simple, mais pourquoi la compliquer et la dramatiser à outrance? Et puis, ce jeu du chat et de la souris auquel joue Véronica est inutile.

Certaines choses sont plaisantes: le début est plein de verve. De plus, Tony se remet réellement en question, l'écriture est fluide. Les conversations entre certains protagonistes (la bande d'amis, Tony et Margaret) sont intéressantes.

Éditeur: Mercure de France.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Bertrand Baumann pour la Bibliothèque Sonore Romande.
J'ai fini ce livre parce qu'il avait été enregistré par Bertrand Baumann. En effet, le lecteur a su adopter un ton adéquat. Il aurait été très facile de lire ce livre de manière monotone, ce qui aurait accentué mon ennui. Heureusement, le lecteur n'a pas fait cela.

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lundi, 18 juin 2012

La fille secrète, de Shilpi Somaya Gowda.

La fille secrète

L'ouvrage:
1984.
Inde. Kavita vient d'accoucher de son deuxième enfant: une autre fille. La famille n'est pas assez riche pour élever plusieurs enfants, et une fille coûtera plus cher qu'un garçon à cause de sa dot. Kavita se résigne à se mutiler en confiant sa fille à un orphelinat.

Californie. Somer et Krishnan ne peuvent pas avoir d'enfants. Après quelque réticence, la jeune femme accepte l'adoption. Ils adopteront en Inde, pays d'où vient Krishnan.

Critique:
Ce livre est d'abord une ode à la culture indienne. À travers personnages et événements, l'auteur baigne son lecteur dans un pays aux multiples saveurs. Envoûtante, fascinante, l'Inde nous révèle ses facettes. En effet, la romancière ne montre pas seulement des coutumes et une cuisine épicée, elle évoque la société, les mentalités, la difficulté de s'en sortir quand on n'a que son courage, sa vaillance, et sa volonté.
Le mari de Kavita pense faire au mieux, et il se rend compte que ce n'est pas forcément le cas. C'est pourtant un personnage attachant. Il ne «rejette» pas ses filles par choix ou insensibilité. Il tient vraiment à ce que sa femme ait une belle vie. Il finit par se remettre en question.
L'auteur évoque aussi la rencontre de deux cultures, et à travers Krishnan et Asha, le choc de ces deux cultures, la difficulté de les concilier, de les «garder» toutes les deux.

L'intrigue est savamment construite. J'ai aimé passer sans cesse d'un point de vue à l'autre. Cela montre d'autant mieux le contraste entre deux cultures et deux modes de vie radicalement opposés. Krishnan ne renie pas sa culture, mais Somer ne l'accepte pas vraiment, ce qui fait qu'elle transparaît peu lors des chapitres où on voit leur famille.
Shilpi Somaya Gowda réalise d'autres correspondances, d'autres jeux de miroir. Par exemple, Kavita et Krishnan perdent en même temps un membre de leur famille.
Le roman s'étale sur vingt-cinq ans. En général, je n'aime pas les livres qui couvrent de trop grandes plages temporelles, car ils me paraissent souvent bâclés. Ici, ce n'est absolument pas le cas.

J'ai trouvé le prologue inutile. Il plonge le lecteur dans un moment que, de prime abord, il lui sera impossible de relier au reste. Après avoir fini le livre, le lecteur comprendra que le prologue est un le prélude à un moment important du roman. Il n'apporte rien. Il est si peu en rapport avec le début que je me suis empressée de l'oublier.

Le lecteur, qui connaît Kavita, ne pourra s'empêcher d'être ému lorsque, par commodité, Somer et Krishnan changent le prénom du bébé et lui enlèvent son bracelet de cheville. On ne peut pas vraiment les blâmer, mais c'est tout de même le signe d'un rejet de la culture et des parents de l'enfant. Effectivement, Somer, par peur (et parce qu'elle n'a jamais pu voir les bons côtés de l'Inde), refusera que sa fille connaisse sa culture d'origine. Là encore, il y a un jeu de correspondances. À l'instar de Jasu, Somer finira par se pencher sur ses erreurs, les examiner, et cesser de se voir en victime pour se remettre en question, et s'ouvrir à ce qu'elle ne connaît pas, et qui, croyait-elle, la menaçait. L'évolution de ce personnage est très intéressante.

Quelque chose m'a un peu déçue, mais j'ai conscience de pinailler. Ce livre est un très beau roman, plein de sensibilité, d'émotions, un chant d'amour pour un pays, la description du cheminement de plusieurs personnages.

Éditeur: Mercure de France.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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jeudi, 24 mai 2012

Sacrée Marie!, d'Astrid Eliard.

Sacrée Marie!

L'ouvrage:
Marie est femme au foyer. Elle est ravie de se consacrer à sa famille. Cependant, sous des dehors aimables et amoureux, son époux (Cornélius), la traite avec condescendance et la pense stupide. Elle espérait s'épanouir dans la maternité, mais ce n'est pas le cas...

Critique:
Ce roman est d'abord une critique féroce de certains préjugés. Marie aimerait s'épanouir en satisfaisant ceux qu'elle aime. Pour Cornélius, c'est une ambition bien terne. Cela fait qu'il n'estime pas sa femme. Mais pourquoi serait-ce si bas? À partir du moment où une personne est heureuse et ne nuit à personne, la manière dont elle mène sa vie est parfaitement honorable.
Marie ne peut pas être heureuse à cause du regard critique de Cornélius qui la rabaisse. Ensuite, l'auteur a créé une curieuse relation entre la jeune femme et ses enfants. Là encore, j'y vois une critique de la société bien-pensante. Selon cette société, il va de soi qu'une mère aimera ses enfants et en sera aimée. Cependant, Marie va plutôt vers les enfants des autres. C'est un pied-de-nez à l'adage qui veut qu'on aime obligatoirement son enfant parce qu'il est le sien.
Marie est persuadée que si elle avait une fille, cette complicité qu'elle recherche serait totale. Elle ne comprend pas que ce n'est pas une affaire de sexe, mais de personnalité. En outre, la jeune femme n'est peut-être pas faite pour être mère... Entourée de poules pondeuses, elle envie la complicité de ces femmes avec leurs enfants. Complicité qui n'est pas sûre, au vu de certaines scènes.

Cornélius est sûr de lui, assurance qui fait justement défaut à sa femme. C'est ce qui fait toute la différence, et rend la jeune femme si timorée, à certains moments. C'est aussi ce qui fait que leur entourage se fourvoie, et prend notre héroïne pour une sotte. C'est l'image que renvoie Cornélius.

Marie est un personnage sympathique. Elle est loin d'être parfaite, il est facile de s'identifier à cette femme qui veut tout simplement aimer et être aimée pour ce qu'elle est.
J'apprécie le rapport qu'elle entretien avec Dieu. Elle en fait son confident sans pour autant devenir une bigote. Elle se tourne vers lui, mais pas de manière malsaine ou désespérée, ce qui fait qu'elle ne devient pas une fanatique. C'est en elle qu'elle puise la force d'être finalement elle-même.

Un parfum de fantastique nimbe Marie. Outre les gros sabots avec lesquels l'auteur la rattache à la vierge (je ne parle pas seulement de la toute fin), il y a plusieurs façons d'interpréter le fait qu'elle communique avec la chatte, Émilie (qui a, d'ailleurs, un prénom humain, signe qu'inconsciemment ou pas, Marie reporte sur elle la tendresse qu'elle aurait voulu donner à une fille). J'aime bien ce flottement. C'est au lecteur de décider.

Il y a une scène qui m'a particulièrement marquée parce qu'elle est l'essence de la relation entre Marie et sa famille: celle de la fête des mères. Faite d'une ironie cinglante, d'un désespoir presque palpable, elle fera osciller le lecteur entre hilarité, stupéfaction, frustration, et dépit. Plus que tout, elle montre l'impossibilité évidente de communication et d'amour sincère entre Marie et sa famille, elle pointe du doigt le fossé qui les séparera toujours.

Le titre peut être lu de deux façons: une phrase mi-moqueuse mi-admirative, ou bien une phrase faisant de l'héroïne quelqu'un d'admirable, qu'il serait interdit de profaner. (Cette deuxième interprétation me vient surtout à l'esprit à cause des analogies entre Marie et la vierge Marie dont Astrid Eliard parsème son roman.

Je ne sais pas trop quoi penser de la découverte que fait le personnage principal à la toute fin. Je trouve que cela gâche un peu ce beau portrait de femme. Je me refuse à envisager la folie de l'héroïne (hypothèse qui pourrait être renforcée par d'autres choses), car cela détruirait l'évolution de la jeune femme, le chemin qu'elle a parcouru, et dans ce cas, le roman serait terriblement négatif.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été offert par les éditions Mercure de France.

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