Editeur : Librairie des Champs-Élysées

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jeudi, 17 juin 2010

L'assassin ne peut plus dormir, de Claude Orval.

L'assassin ne peut plus dormir

L'ouvrage:
Au coeur de la nuit, un homme affolé interpelle les agents de police, et les implorent de venir chez lui. Il explique qu'un cambrioleur s'est introduit dans sa maison, et est enfermé dans la chambre avec sa femme. La police s'y rend, somme le criminel de se rendre. Un coup de feu lui répond. En entrant dans l'appartement, les policiers constatent la mort du cambrioleur. Ils en déduisent qu'acculé, il s'est fait justice, après avoir assassiné la maîtresse de maison.
L'inspecteur Douarel trouve néanmoins cela étrange. D'abord, l'individu aurait pu s'échapper: il y avait une issue; ensuite, pourquoi s'est-il suicidé en serrant dans sa main la photo d'une femme? L'affaire est classée, mais Douarel décide de poursuivre l'enquête.

Critique:
Le livre est court, donc il ne souffre pas de longueurs. À l'époque des romans policiers de plus de 500 pages, il est reposant de lire un petit livre sans prétention, qui n'a pas besoin de s'étendre sur des tonnes de pages pour être agréable et palpitant.
Le lecteur tique un peu lorsqu'au départ, Douarel est le seul qui trouve l'histoire étrange, mais après tout, c'est un topos du genre.

Bien sûr, on éprouve une grande pitié pour le personnage de François Claudier, et en même temps, on admire sa droiture. On aurait aisément compris qu'un homme ayant connu tant de malchance devînt criminel ou fou. C'est donc un personnage admirable, même si on me rétorquera qu'il est trop parfait. D'habitude, la perfection m'agace, dans les romans, mais ici, il y a un tel contraste entre François et les aspirations malheureusement banales de Raoul, qu'à tout prendre, on préfèrera louer la perfection.
En outre, il est agréable, de nos jours, de lire (même dans un roman) que des gens se portent garants de l'honnêteté de quelqu'un. Ici, malgré les apparences, les gens qui connaissaient François n'ont pas pensé un seul instant qu'il fût réellement coupable.

L'auteur sait ménager le suspense en utilisant la ficelle un peu éculée du policier qui, après quelques fouilles, finit par découvrir les grandes lignes de l'affaire, mais qui, n'ayant pas encore toutes les cartes en main, ne dévoile pas ce qu'il sait.

J'ai bien aimé le dernier sursaut de la fin... cela fait un peu justice naturelle. C'est reposant de lire des romans où le méchant est puni. Ça fait plaisir. ;-)

C'est un livre repose-tête. Ce n'est pas l'énigme du siècle, mais c'est un roman bien ficelé, qui se tient, et qui est agréable à lire.

Éditeur: Librairie des Champs-Élysées.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Arlette Bratschi pour la Bibliothèque Braille Romande.

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lundi, 14 juin 2010

Sardines à la sauce diable, de Pierre Salva.

Sardines a la sauce diable

L'ouvrage:
Henri a parfois des pulsions. Il rencontre une femme, et la tue. Il en a besoin, il ne peut se contrôler.
Ce jour-là, il rencontre Stéphanie. Il sent tout de suite qu'avec elle, ce sera différent. Au bout d'une journée, il est amoureux. En outre, à travers certains propos et actes de la jeune femme, il lui semble déceler une félure en elle. Il est sûr que cela les rapproche.

Critique:
Voilà un roman très bien tourné, une histoire de manipulation très réussie. Le lecteur se doute bien que certaines ne vont pas, mais il ne se doute pas que ce roman à l'allure banale est une machine infernale bien huilée. Le lecteur est d'autant plus perdu que l'histoire ne commence pas par la rencontre avec Stéphanie. Il y a le présent d'Henri, puis des retours en arrière où on assiste à sa rencontre, puis à ce qu'il vit avec Stéphanie.

Autre chose est intéressant: les faits sont interprétés de plusieurs façons. Nous les vivons d'abord avec Henri, à travers ses yeux, puis la police lui en donne une autre interprétation. Et tout se tient. C'était justement le but, mais dans ce genre de romans, il y a des incohérences. Or, là, on comprend mieux certaines choses lorsqu'on en connaît la réelle finalité. Bon, il est un peu gros qu'un chat accepte de prendre de la drogue, même s'il est affamé, mais on va dire que l'auteur ne s'en sort pas trop mal avec cette théorie, en la détaillant, en l'expliquant longuement.

Le personnage d'Henri est complexe. Le lecteur ne peut s'empêcher de le plaindre, à cause de ce qui lui arrive, et aussi parce qu'à partir du moment où les choses se précisent, il continue d'espérer... mais à cause du passé qu'il nous raconte, il inspire le dégoût. Stéphanie aurait-elle pu être son remède, comme il le prétend? On peut en douter.
Il est également exaspérant, car jusqu'au dernier moment, il espère. Et puis, je n'ai pas aimé sa décision finale. La preuve qu'il venait d'avoir aurait dû le persuader d'essayer encore de sauver sa peau. Il aurait pu montrer cette dernière chose, et arguer que c'était une preuve, indirecte, certes, mais tout de même, de son innocence. Surtout que puisqu'il a raconté son histoire en long, en large, et en travers au juge, la chose, l'endroit d'où elle vient, et le mot auraient dû corroborer ses dires. C'est l'une des faiblesses du roman, à mon avis.

Une autre faiblesse de ce roman est qu'il souffre de longueurs. Il est court, mais n'est pas dense. J'aurais préféré qu'il fût plus court, mais traînât moins. Ça m'a vraiment agacée. C'est dommage, car on savoure moins le roman, alors que l'auteur a eu une très bonne idée.

Éditeur: Librairie des Champs-Élysées.
La version audio que j'ai entendu a été enregistrée par Arlette Bratschi pour la Bibliothèque Braille Romande.

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lundi, 2 mars 2009

Les mains de feu, de Gilbert Tanugi.

Les mains de feu

Note: Je n'ai pas trouvé l'orthographe des noms propres. N'hésitez pas à me signaler mes erreurs sur ces noms.)

L'ouvrage:
Le narrateur dont nous ignorons le nom est écrivain. Il est également devenu expert en art, et sait différencier un vrai d'un faux tableau.
Un jour, il se retrouve invité à un cocktail dans les bureaux de la police. Là, il fait la connaissance du commissaire Raymond Blansel. Après une autre rencontre, celui-ci finit par lui avouer qu'il est rongé par une vieille enquête. Il se sent coupable de la mort du saxophoniste Stanislas Borrots. En effet, il l'avait traqué dans une affaire de meurtre, et à présent, il craint que son acharnement ait précipité la fin du malheureux. Il demande donc au narrateur d'enquêter sur cette mort, sur ce personnage, en utilisant ses talents de journaliste.

Critique:
C'est un polar sympathique. On le lit pour se détendre. Il n'est pas très long et est donc vite lu. On se laisse emporter dans l'enquête du narrateur, on finit par penser bien connaître Stanislas Borrots.

Ce livre semble être un polar sans trop de surprises. Les "découvertes" du narrateur nous semblent intéressantes, mais l'histoire qu'il nous dévoile est assez banale. On se prend à soupirer d'agacement devant le personnage superficiel de Georgette. On imagine l'histoire d'amour complexe de Stanislas et d'Héléna...
On se laisse donc prendre au jeu de l'auteur qui finit par sortir une autre carte de sa manche: le nom du véritable meurtrier du saxophoniste. L'auteur parsème son livre d'indices qui, bien sûr, nous paraissent être d'énormes indications une fois qu'on connaît la fin. Bien sûr que telle chose explique telle autre, que telle façon de faire de la part de l'auteur n'est pas anodine... Mais ces indices sont insérés de manière fine et intelligente, ce qui fait que l'idée ne vient pas à l'esprit.
On pourra me rétorquer que cette dernière carte est une ficelle éculée. Peut-être. Mais ici, elle est employée à bon escient, et je n'ai pas deviné où l'auteur voulait en venir avant qu'il ne le dévoile.

Ne vous attendez pas au thriller avec sueurs froides, mais à un polar sympathique et divertissant.

Éditeur: Librairie des Champs-Élysées.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Arlette Bratschi pour la Bibliothèque Braille Romande.

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lundi, 18 août 2008

Qui est le diable?, de Pierre Salva.

Qui est le diable?

L'ouvrage:
Laurence Champion est employée de banque. Elle vit avec sa mère et sa petite soeur, Séverine. Elle a un petit-ami, Claude. Elle a une vie sans histoires.

Ce jour-là, tout va changer, car la banque où travaille la jeune fille est victime d'un hold-up au cours duquel le patron est abattu. Il est retrouvé, un pistolet près de lui. On en déduit donc qu'il est sorti de son bureau, arme au poing, et a été tué par les malfrats.
Laurence écoute son instinct, et déclenche le système d'alarme.

Le hold-up est bien sûr suivi d'une enquête. Tout se complique lorsque les cadavres viennent s'amonceler autour de Laurence, à commencer par celui de l'un de ses collègues, juste après qu'il lui a dit qu'il avait découvert quelque chose d'important. Bientôt, la vie de Laurence est également menacée.

Critique:
On passe un bon moment avec ce roman policier. Il est trop court pour traîner. Lorsqu'il menace de s'enliser, un événement arrive, et relance l'intrigue.

Les personnages de Laurence, Séverine, Claude, et Corinne sont sympathiques et attachants. Malgré un roman court, qui, de plus, se focalise sur l'intrigue policière, l'auteur sait donner une certaine épaisseur à ses personnages: par exemple, Séverine est malicieuse et intelligente. D'ailleurs, la ruse qu'elle utilise pour éloigner le tueur ravit le lecteur, même si elle dit que c'est à la portée de n'importe qui.

Là encore, l'auteur arrive très bien à instiller la peur en nous. On s'attend à certaines choses: par exemple, on sait que quelque chose va se passer pendant la course de motos, mais on ne sait pas quoi. Par ailleurs, on est loin de se douter de la façon dont Laurence échappera au tueur.
J'ai été un peu déçue par la fin. Certes, le lecteur connaît la vérité, et vraisemblablement, les questions que posera l'inspecteur la feront apparaître au grand jour. En outre, Séverine pourra témoigner. Tout cela devrait réduire à néant la seconde théorie de l'inspecteur. J'aurais tout de même aimé lire une fin moins abrupte, avec des explications, bien que je me doute de ce qu'elles seraient.

Éditeur: Librairie des Champs-Élysées.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Arlette Bratschi pour la Bibliothèque Braille Romande.

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lundi, 11 février 2008

Morts croisées, de Ruth Rendell.

Morts croisées

L'ouvrage:
Véra est mariée avec Stanley.
Depuis quelque temps, Maud, la mère de Véra, habite chez le couple. En effet, depuis son infarctus,il est préférable qu'elle ne vive pas seule. Maud est très riche. Elle promet à Véra que tout son argent lui reviendra. seulement, Maud souhaite que ce faignant de Stanley ne puisse pas en profiter. Elle pousse Véra à le quitter. Elle explique, par ailleurs, que son testament contient une clause spéciale: si elle meurt d'autre chose que d'une crise cardiaque, son argent ira à sa meilleure amie, Ethel Carpenter. Elle est sûre que Stanley voudrait la tuer pour hériter: cette clause la prémunit donc contre ce genre d'«accidents«.

Véra travaille d'arrache-pied pour gagner sa vie. Stanley vit sur ce que gagne sa femme, et travaille par ci par là. Tout ce que pense Maud à son sujet est vrai. Véra sait que son mari ne pense qu'à l'argent, mais espère encore. En outre, elle pense que son mari, même s'il est pressé d'hériter, n'irait pas jusqu'à tuer sa mère.

Critique:
Comme je l'ai dit dans une autre critique, certains livres de Ruth Rendell sont très bien ficelés, et d'autres sont plutôt faciles. Celui-là fait partie des faciles, à mon avis. Les personnages sont assez caricaturaux: Maud est une vieille dame cancanière, Stanley ne pense qu'à l'argent, Véra s'accroche à lui pour sauver ce qui pourrait l'être. A un moment, on pense que Véra n'est pas ce dont elle a l'air. C'est au moment où elle sermonne son mari et sa mère, et jure de partir si une dispute de plus a lieu. Ici, le lecteur se dit: haha! Véra n'est pas aussi bétasse qu'elle en a l'air. Plus tard, lorsque l'histoire avance, on se dit que c'est Véra qui va tout élucider, Véra qui, sous ses airs de dinde, va à nouveau montrer sa perspicacité. Malheureusement, les espoirs du lecteur sont déçus. Véra met très longtemps à comprendre ce que sont devenues les 400 livres, par exemple. Il lui faut également énormément de temps pour comprendre le mystère des comprimés. C'est un peu dommage, car son coup d'éclat du début laissait présager autre chose.

Il y a quelques rebondissements: l'accident fortuit d'Ethel Carpenter, l'apparition de Caroline... Mais certains autres éléments de l'histoire traînent et sont un peu gros: l'attente de Stanley après qu'il a arrangé la vérité, les scènes entre Stanley et Véra.
La fin aussi traîne un peu. En outre, je n'ai pas bien compris si Stanley délire vraiment, à la fin, ou s'il nous révèle quelque chose d'assez terrifiant (je parle du nom qu'il donne, alors qu'il se parle à lui-même). S'il ne délire pas, cela rehausse un peu la fin à mes yeux. On découvre un autre mobile à Stanley. On se demande si Maud n'était pas au courant, et si cela n'était pas pour beaucoup dans sa haine pour Stanley. Mais Maud ne devait pas savoir, sinon, elle n'aurait pas été si pressée de voir débarquer une personne dont je tairai le nom.
Je ne m'explique pas bien le geste final de Stanley. Enfin, on peut le comprendre, étant donnée sa situation, mais tout de même...

Le titre français est très bien choisi, à mon avis: entre la passion de Stanley et les événements qui se passent, le jeu de mots est bien trouvé. Je me demande si le titre original est aussi bon. Il a sûrement à voir avec la passion de Stanley, car le titre de chaque partie s'y réfère.

J'ai passé un bon moment avec ce livre, mais je ne vous le recommande pas absolument. Si vous ne savez pas quoi lire, et souhaitez un polar gentillet, vous pouvez choisir ce livre. On ne réfléchit pas, on se laisse porter. Moi, ça m'allait bien, car j'étais enrhumée (et donc très fatiguée) quand je l'ai lu. Il tombait à pic.

Éditeur: Librairie des Champs-Élysées.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Arlette Bratschi pour la Bibliothèque Braille Romande.

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