Editeur : Librairie des Champs-Élysées

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vendredi, 4 janvier 2013

La maison du pendu, d'Elisabeth Ferrars.

La maison du pendu

L'ouvrage:
Cette nuit-là, les chiens de Charles n'ont cessé d'aboyer. Inquiets, ses voisins (Valérie et son frère, Edmond), vont voir de quoi il retourne. Ils trouvent Charles pendu dans le salon. La thèse du meurtre n'est pas écartée.

Critique:
Voilà un petit roman parfait pour se détendre. Il est du genre classique, mais a tout de même certaines qualités. Par exemple, il ne traîne pas. Les romans courts peuvent traîner. Ici, l'auteur a le bon sens de ne pas trop faire attendre son lecteur. Elle campe personnages et situations de chacun, procède à quelques interrogatoires, et commence à dévoiler certaines choses.

Il est également intéressant que la révélation ne soit pas uniquement en fin d'ouvrage. Certes, la dernière pièce se met en place au dernier chapitre, mais avant cela, il y a quelques rebondissements qui créeront de petites surprises. À l'instar du policier, le lecteur se doute de certains faits. J'ai ri, car j'ai suivi exactement le même raisonnement que la police...
Je n'avais pas deviné la solution de l'énigme. Je m'étais cantonnée à quelque chose de simpliste: une ficelle très utilisée. De ce fait, l'auteur a su me surprendre. En outre, cette fin n'est pas bâclée et s'accorde au reste de l'histoire.

J'ai été reconnaissante à la romancière de ne pas utiliser certains topoi du genre: par exemple, l'héroïne et un protagoniste quelconque ayant un coup de foudre aussi soudain que non-crédible. Elisabeth Ferrars se contente d'une ébauche qui va bien à l'histoire et au caractère des personnages.

Les protagonistes ne sont pas très détaillés, mais on parviendra facilement à les comprendre et à imaginer leurs motivations. Je suppose que je ne serai pas la seule à être exaspérée par Isabelle. ;-) Elle a certaines circonstances atténuantes, mais je ne les lui ai pas accordées.

Éditeur: Librairie des Champs-Élysées.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Arlette Bratschi pour la Bibliothèque Braille Romande.

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jeudi, 1 novembre 2012

Touche pas à mon système, de Simon Brett.

Touche pas à mon système

L'ouvrage:
Graham Marshall est marié à Mary-Lee depuis quinze ans. Ils ont deux enfants. Le couple n'est pas vraiment fortuné. Mais Graham espère bien obtenir une promotion. Or, un autre est nommé chef du personnel à sa place. Graham se sent floué. De rage, il tue un clochard. C'est après ce meurtre qu'il se dit que ce n'est pas si difficile. Peut-être pourrait-il se débarrasser facilement de ceux qui le gênent...

Critique:
C'est un roman policier classique. L'auteur parvient à le démarquer par plusieurs procédés. D'abord, Simon Brett use d'une plume alerte. Il décrit son héros de telle sorte que le lecteur ne pourra que rire de ce raté. Il garde cette causticité dans la planification de certains meurtres. Il y a, par exemple, une scène cocasse où Graham agite une bouteille pleine de cherry auquel il a mélangé du désherbant en chantant et en riant.
Ensuite, la fin est une réussite. Un peu avant, je me suis demandé comment l'auteur ferait pour qu'elle soit acceptable. En effet, son récit use de ficelles classiques, j'avais peur que la fin soit banale. Elle est bonne. Après en avoir pris connaissance, le lecteur se remémorera la manière dont elle est préparée dans le roman, ce qui fait qu'elle n'est pas incongrue. Certes, je l'avais devinée un peu avant qu'elle ne se dessine, mais je l'ai appréciée, parce qu'elle n'est pas incohérente, ce qui n'était pas forcément aisé.

Le roman est tout de même inégal. Si la fin est cohérente, il y a des choses assez grosses, notamment concernant l'avant-dernier meurtre. Par ailleurs, une fois la découverte de la personnalité de Graham passée, les choses s'essoufflent quelque peu. l'auteur perd de sa verve, faisant, du même coup, perdre de son originalité à son livre qui devient uniquement une série de meurtres suivis d'enquêtes.

Les personnages finissent par s'émousser. Au départ, Graham fait rire tant il est pathétique. Sa femme et sa belle-mère (Liliane) aussi. Mais au bout d'un moment, Graham acquiert de l'assurance, devient suffisant, et profondément exaspérant. Quant à Liliane, ses jérémiades finissent par être lassantes.

Un livre sympathique mais inégal. À lire pour se détendre et ne pas trop réfléchir.

Éditeur: Librairie des Champs-Élysées.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Arlette Bratschi pour la Bibliothèque Braille Romande.

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jeudi, 8 septembre 2011

Quand le diable ricane, de Pierre Salva.

Quand le diable ricane

L'ouvrage:
Sabine et Adrien sont mariés. Ils ne s'entendent plus. Adrien se montre tyrannique et irascible. Par désœuvrement, Sabine se met à le tromper avec Patrice, son jeune secrétaire. Voilà qu'elle finit par se prendre de passion pour son amant. Elle se met à penser que si son mari n'était pas là, elle pourrait vivre avec Patrice. Elle décide de tuer Adrien. Mais au dernier moment, elle renonce. C'est alors qu'on retrouve Adrien mort, là où Sabine projetait de l'assassiner.

Critique:
Ce livre paraîtra vieillot à certains, pourtant, il est terriblement actuel. La femme, le mari, l'amant, le meurtre, tous ces ingrédients sont de ceux dont sont faites les intrigues policières, et malheureusement, tout cela est très vraisemblable. L'auteur a choisi des thèmes qui feront que le lecteur y croira d'autant mieux.
On pourrait dire que ces thèmes sont éculés, mais leur réalisme les réactualise.

L'intrigue est parfois un peu lente, mais la machine est bien ficelée. Le moment vraiment lent est celui où Sabine puis le policier font des suppositions pour savoir qui est le coupable. C'est tout de même intéressant.
Ce roman me rappelle un peu «Sardines à la sauce diable», du même auteur. En effet, dans les deux cas, l'un des personnages est précipité dans une machination où la manipulation psychologique est reine. «Quand le diable ricane» est moins lent, et la machination se double d'un autre élément qui la rend plus complexe et plus intéressante.
La fin est une bonne trouvaille, même si on peut la deviner. En outre, ce genre de fins n'est pas nouveau: d'autres auteur ont déjà exploité cette ficelle. On pourrait dire que c'est une faiblesse du roman, mais cela ne m'a pas trop gênée, car c'était logique.

Les personnages ne sont pas très creusés, mais ils ne paraissent pas trop plats. Sabine est un peu gourde quant à son amour pour Patrice, mais ses réactions et ses espoirs sont compréhensibles: c'est une femme esseulée, dédaignée, tyrannisée... le lecteur comprendra qu'elle se laisse facilement aveugler, et ne voie pas plus loin.
Au cours du roman, Pierre Salva parvient à donner un peu d'épaisseur à certains personnages, comme Marcelle, Bruno, et Patrice.
Il y a un personnage que je n'appréciais pas vraiment depuis le début: mon impression s'est confirmée par la suite.

Éditeur: Librairie des Champs-Élysées.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Arlette Bratschi pour la Bibliothèque Braille Romande.

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lundi, 20 juin 2011

Le talion, de Catherine Arley.

Le talion

L'ouvrage:
Jean est marié à Agathe depuis sept ans. Il l'aime tendrement.
Ce soir-là, Jean reçoit Marcel Blancard et sa soeur, Marthe. Ses affaires vont mal, et il souhaite charmer Marcel Blancard afin que celui-ci l'aide quelque peu. C'est alors que Marcel tombe amoureux d'Agathe qui s'en rend parfaitement compte.

Critique:
Voici un petit polar qui n'est pas très récent, mais dont les thèmes sont et seront toujours d'actualité. Ce drame familial, orchestré par une personne poussée par la cupidité: quoi de plus actuel?
Le livre n'est pas très long, et ne traîne pas, à l'inverse de «Le pique-feu», qui n'est pas très long, mais est trop lent. Ici, même si on devine assez vite ce qui va se passer, l'auteur ne fait pas mariner son lecteur.
Quant à la fin, on pourrait s'en douter, mais je l'ai quand même trouvée bonne, principalement parce qu'elle est arrangée de telle façon qu'Agathe ne saura jamais pourquoi il a été si facile pour Marthe d'agir comme elle l'a fait.
J'ai aimé le côté polyphonique du roman. J'aime toujours avoir plusieurs points de vue. Je trouve cela plus enrichissant, et quand c'est bien fait, cela peut donner quelque chose de très réussi. Ici, ce n'est pas mal. Ça permet aussi de maintenir un certain rythme.

Les personnages sont peut-être brossés à trop grands traits. Agathe est intéressée, et se sert de ses charmes. Jean et Marcel bavent, langue pendante devant Agathe, et voient en elle un ange qui leur fait la grâce de les regarder. À ce propos, Marcel exaspère un peu le lecteur, car s'il n'est pas très futé, son amour pour Agathe le rend carrément idiot et ridicule.
Il n'y a que Marthe qui soit un peu creusée parce que c'est la seule qui semble vraiment réfléchir.

Certains me trouveront bien indulgente avec ce roman. On me dira que les personnages sons caricaturaux, et l'histoire prévisible. Peut-être, mais le livre ne dure pas assez longtemps pour que tout cela devienne gênant. L'auteur sait s'arrêter au moment où ça pourrait devenir exaspérant.
Et puis, avec ce livre, on n'a pas besoin de réfléchir, on n'a qu'à se laisser porter.

Éditeur: Librairie des Champs-Élysées.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Arlette Bratschi pour la Bibliothèque Braille Romande.

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jeudi, 9 décembre 2010

La corde au cou, d'Émile Gaboriau.

La corde au cou, d'Émile Gaboriau.

L'ouvrage:
Cette nuit de 1871, l'existence tranquille de la petite ville de Sauveterre, en Saintonge, est bouleversée: un incendie fait rage au Valpinson, la demeure du comte de Claudieuse. Celui-ci est d'ailleurs bien mal en point, car l'incendiaire lui a tiré dessus. Il ne l'a pas reconnu, il faisait trop sombre.
Interrogée, la comtesse, Geneviève de Claudieuse, explique que la panique aidant, elle avait oublié de sauver ses enfants. Heureusement, Cocoleu (l'innocent du village), s'en était chargé.
Interrogé, Cocoleu dit qu'il a vu l'incendiaire: c'est Jacques de Boiscoran. On s'étonne, puis on finit par penser qu'après tout, Jacques de Boiscoran n'était pas en si bons termes avec le comte de Claudieuse.

Jacques crie son innocence. Cependant, tout l'accuse: outre des preuves matérielles, il s'obstine à ne pas vouloir dire ce qu'il faisait le fameux soir.

Critique:
J'ai préféré ce roman à «L'argent des autres», qui, pour moi, est plus lent, plus dispersé.
Si «La corde au cou» est empreint de cette ambiance de romans larmoyants, il l'est beaucoup moins que «L'argent des autres». Certes, l'intrigue policière est un peu lente, mais cette lenteur est compensée par les rebondissements qui sont placés où il faut. Je n'avais pas deviné ce que Jacques voulait taire. Je soupçonnais un peu le coupable, mais j'ai quand même était trompée par celui que l'auteur nous présentait. Cette ficelle du faux coupable est vieillotte, mais on la pardonnera à Émile Gaboriau, qui, rappelons-le, est un des pionniers en matière de romans policiers, et qui, donc, est l'un des premiers à s'en être servi. En outre, elle est habilement utilisée, de manière bien plus savante, bien moins grossière que ce que font certains auteurs contemporains.

À l'instar d'autres auteurs, Émile Gaboriau pose ici la question des apparences, et insiste bien sur le fait qu'il ne faut pas s'y fier. On me dira que c'est un thème rebattu. Outre qu'Émile Gaboriau est un précurseur de la littérature policière, je trouve qu'il a très bien exploité ce thème, avec finesse et justesse. À son époque, le poids des conventions était encore plus lourd que maintenant.
Sous des dehors gentillets, sous ses airs de roman facile, ce roman est plus profond que certains pourraient le croire.

Les personnages ne sont pas très creusés, mais certains sont sympathiques, comme le greffier Méchinet, le docteur Seignebos, le procureur Daubigeon, maître Folgat, Frumence Cheminot, et bien sûr, Jacques.
J'ai une préférence pour maître Folgat qui a su réfléchir différemment, et chercher des indices là où tout le monde baissait les bras.
Le personnage du docteur m'a fait rire, car, tout en ne se fiant pas aux apparences, il a une belle repartie, et même ses emportements sont «amusants».

Quant aux personnages déplaisants, il y a, bien sûr, les «méchants», mais aussi, Denise de Chandoré. Je l'ai trouvée particulièrement agaçante. D'abord, elle est très mièvre. Ensuite, elle fait tourner tout le monde autour de son petit doigt. Certes, elle n'en abuse pas... jusqu'au moment de l'histoire qui nous est contée ici. On me dira que tout ces actes sont guidés par l'amour, et qu'elle est remarquable pour une jeune fille de son époque... Peut-être, mais elle m'a profondément exaspérée.

J'ai apprécié le style de l'auteur: un peu vieillot pour notre époque, mais aux tournures et au vocabulaire soutenus. J'aimerais lire plus de livres écrits ainsi!

J'ai bien ri aux petits clins d'oeil qu'Émile Gaboriau fait à des personnages de ses autres romans, comme le père Tabaret ou monsieur Lecoq.

Éditeur: Lirairie des Champs-Élysées.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Muriel Mérat pour la Bibliothèque Braille Romande.
Muriel Mérat a bien interprété ce roman, évitant sans mal l'écueil d'un ton affecté et mièvre, mais ne tombant pas non plus dans l'excès inverse, celui de la monotonie. En effet, un livre de ce style, à notre époque, ne doit pas être très facile à lire à voix haute. On doit être tenté de trop en faire, ou de pécher par excès de sobriété. Je tire donc mon chapeau à la lectrice qui a su trouver le ton juste.

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