Editeur : Le Passage

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vendredi, 27 février 2015

Ne meurs pas sans moi, de Suzanne Stock.

Ne meurs pas sans moi

L'ouvrage:
Sandra est la maîtresse de Marc, mais celui-ci est marié. Ce soir-là, elle souhaite fêter sa promotion avec lui, mais il ne peut pas. Alors, elle fait la fête avec son amie, l'avocate Claire Jenkins. À la fin de la soirée, Claire oublie son portable chez Sandra. C'est le commencement d'une descente aux enfers.

Critique:
Au début, la structure du roman m'a un peu déroutée: le présent de Sandra est entrecoupé de retours en arrière, des chapitres racontant son passé. J'avais peur qu'un pan de l'histoire soit moins intéressant que l'autre, mais les deux époques m'ont captivée.

Très vite, le lecteur se rend compte que Suzanne Stock s'engage sur une pente glissante. Comment va-t-elle se sortir d'éléments qui ne peuvent être que le résultat d'un délire? Après avoir été un peu déboussolée, je me suis dit qu'il fallait chercher une explication. Celle que j'avais trouvée se tenait, mais n'était pas la bonne, même si elle s'en approchait.

Ensuite, l'auteur finit par tout expliquer. J'ai trouvé étrange qu'elle donne la solution de l'énigme alors qu'il restait plusieurs chapitres. En fait, elle prend le temps, dans les derniers chapitres, d'expliquer tous les éléments. C'est comme une histoire à deux points de vue. Tout se tient, tout est à sa place, mais je n'arrive toujours pas à savoir si cette solution me plaît. Quelques auteurs ont fait comme Suzanne Stock. La différence, à mon avis, c'est qu'elle l'a fait à plus grande échelle, qu'elle a créé davantage de «connexions», et donc a dû prendre davantage de pages pour tout expliquer.

Si la solution qu'a choisie l'auteur pourra en agacer certains, il faut reconnaître certains points positifs à ce roman. D'abord, on y entre très facilement. Ensuite, il n'y a pas de temps morts. En outre, les personnages sont bien analysés. Enfin, à travers les événements qu'elle décrit, Suzanne Stock soulève certaines questions intéressantes. Peut-on se relever lorsqu'on est écrasé de culpabilité et de chagrin? Au final, l'un des personnages ne commencera-t-il pas à revivre alors que l'événement contre lequel il se battait est arrivé?

Le personnage de Martha est peut-être un peu léger: en effet, on comprend pourquoi elle est aigrie, mais on ne comprend pas trop ce qu'elle trouve à un personnage...

Éditeur: Le passage.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Aline Sauter-Caillet pour la Bibliothèque Braille Romande.
J'apprécie cette lectrice qui a une diction soignée et qui met l'intonation appropriée sans en faire trop. Au tout début, j'ai été gênée par sa voix un peu grave (je préfère les voix moins graves que la sienne chez les femmes), mais sa lecture fluide et naturelle m'ont convaincue. Je la réentendrai avec plaisir.

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vendredi, 13 juillet 2012

La ligne de tir, de Thierry Brun.

La ligne de tir

L'ouvrage:
Loriane Ornec a d'abord été femme policier. Elle a infiltré un gang, puis est devenue l'une d'entre eux. C'est d'elle et de son amant (Patrick Jade, truand et tueur sans pitié), que le commissaire Fratier veut la peau. Il veut les empêcher de témoigner contre lui. En effet, à force de frayer avec la pègre, il a fini par être démasqué, et va être mis en examen.

Critique:
L'ambiance de ce roman m'a rappelé la série «The shield». Ce n'est pas une mauvaise chose en soi, car les deux intrigues évoluent dans le même monde. Mais une ambiance ne fait pas tout. Ce roman n'a pas su m'émouvoir. Les personnages semblent interchangeables, car exempts de personnalité. L'action n'est pas très crédible: on s'aime, la seconde d'après, on se torture. Tout le monde est corrompu.
Loriane explique son attirance pour le mal par le fait qu'elle a eu une enfance malheureuse, et parce que Patrick a su l'envoûter. Cela ne m'a pas convaincue. D'abord parce que c'est très cliché, ensuite parce que c'est peu approfondi. La soeur de la jeune femme représente un lien vers son passé, mais Loriane ne l'aime pas comme il le faudrait, et ne se remet pas vraiment en question vis-à-vis d'elle.

Les autres sont du même acabit. Ils ne savent qu'être violents, et pleurnicher quand ils sont pris à leurs propres pièges. Tout le monde tente de doubler tout le monde, et chacun en semble surpris...! Ils n'ont pas l'air très épais. Je ne voudrais pas que chacun soit «gentil», non! Mais là, j'ai l'impression que rien ne démarquait personne. À un moment, Alice m'a semblé un peu plus creusée, elle paraissait avoir des émotions, vouloir s'en sortir... Mais elle est vite devenue comme les autres.
Quant à Patrick, on le dit charismatique, mais il n'y a que les personnages du roman qui pensent ainsi.

Quant à l'intrigue, je l'ai trouvée très mince. Une fois que le roman a démarré, on a l'impression que l'histoire piétine. Il m'a semblé qu'il y avait beaucoup de remplissage, notamment à grand renfort de cadavres et de sang. Les thèmes abordés pourraient être intéressants, mais l'auteur ne les renouvelle pas vraiment, car il semble ne pas y apporter sa griffe.

Remarque annexe:
J'ai bien ri lors de l'accident de voiture de Fratier, complètement drogué à un mélange illicite. Cette scène est la seule qui m'ait distraite, car elle m'a amusée alors qu'elle décrivait un événement qui aurait pu être terrible pour le personnage.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été offert par Thierry Brun et les éditions le Passage

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lundi, 6 septembre 2010

La chambre des morts, de Franck Thilliez.

La chambre des morts

L'ouvrage:
Sylvain et Vigo reviennent d'une expédition punitive: ils viennent de taguer l'entreprise qui les a licenciés. C'est alors qu'ils renversent un homme qui meurt sur le coup. En le fouillant, les deux hommes découvrent qu'il transportait deux millions d'euros. Sur l'insistance de Vigo, ils gardent l'argent, et font disparaître corps et indices. Ils ne savent pas que cette décision va lancer la bête à leurs trousses.

Critique:
Le livre est bien écrit (malgré quelques maladresses de syntaxe), l'intrigue est bien menée (malgré quelques longueurs), et certains personnages sont attachants. Je crois que c'est un bon thriller. J'ai dit «je crois», car il me semble que j'ai trop lu ce genre de livres, et que j'en fais une overdose. Ici, certaines choses m'ont agacée.
Il y a beaucoup trop de passages répugnants, à mon goût. Trop de spectaculaire, de sanglant, de folie étalée, de pessimisme, tout est trop sombre. C'est étrange qu'une inconditionnelle de Serge Brussolo se plaigne de ce genre de choses, j'en conviens. Je n'aime pas non plus le côté trop sombre de Brussolo. Seulement, son talent et ses idées savent compenser ces défauts. Dans «La chambre des morts», les ficelles sont trop classiques pour qu'une aguerrie de thrillers en oublie les côtés sombres et spectaculaires.
En effet, j'ai deviné certaines choses, ayant compris comment l'histoire était construite. J'ai même deviné où Lucie avait vu la bête sans savoir que c'était elle. Bien sûr, je n'ai pas décodé tous les éléments du puzzle, mais je n'ai pas eu de vraies surprises.
En outre, l'auteur utilise une ficelle éculée, qui maintient un suspense artificiel: on change de personnage à chaque chapitre, et bien sûr, chaque fin de chapitre laisse le personnage dans une situation délicate, ou venant de faire une découverte cruciale.

Si certains personnages sont sympathiques (Lucie, Pierre, et la famille de Sylvain), les autres sont si détestables qu'on s'attache moyennement au roman, si, comme moi, on a besoin d'apprécier au moins un personnage principal pour apprécier le roman.
Le personnage de Vigo est une horreur absolue. Il me fait rire, avec sa simili-conscience qui le taraude, mais qui ne l'empêche pas d'aller de plus en plus loin au nom de son égoïsme.
Le personnage de la bête n'est pas si fouillé que ça, car on comprend vite sa psychologie et pourquoi elle agit ainsi.

À la fin, Franck Thilliez pose certaines questions: y a-t-il un hasard? Tout est-il écrit? Existe-t-il une espèce de justice divine? Ces questions sont intéressantes.

Les fans de Jean-Christophe Grangé (d'ailleurs cité dans ce roman), seront moins déçus que moi par «La chambre des morts». Je lirai d'autres livres de Franck Thilliez, si j'en ai l'occasion, car j'ai aimé «L'anneau de Moebius», et également parce que Lady Livres (une lectrice de ce blog) m'avait prévenue que «La chambre des morts» était un peu... dur.

Éditeur: le Passage.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Philippe Baroni pour l'association Valentin Haüy.
Le lecteur met le ton approprié sans trop en faire. J'ai apprécié sa façon de lire. Je le retrouverai avec plaisir sur d'autres ouvrages.

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