Editeur : Le Livre de Poche

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jeudi, 15 juillet 2021

Soudain seuls, d'Isabelle Autissier.

Soudain seuls

L'ouvrage:
Louise et Ludovic, un couple de trentenaires, ont pris une année sabbatique pour faire le tour du monde à bord de leur bateau. À présent, ils se trouvent entre la Patagonie et le cap Horn. Ce jour-là, ils décident d'aller voir le «lac sec» dont leur a parlé un de leurs amis. Voyant le temps se gâter, Louise est d'avis de rentrer à l'hôtel. Ludovic argumente qu'au pire, ils seront mouillés. Seulement, le vent se lève, les vagues sont grosses... Le couple décide d'attendre que le temps s'améliore dans la station de l'ancienne base baleinière.

Critique:
Isabelle Autissier place ses personnages dans une situation extrême, ce qui fait que le lecteur se demandera forcément ce qu'il ferait à leur place. Quant à moi qui me trouve, la plupart du temps, pas très futée, je sais que j'aurais tout de suite pensé au fait que, ne pouvant être conservée comme il le faudrait, la viande des animaux chassés par nos héros pourrirait. J'ai été étonnée que des baroudeurs comme eux aient dû être mis devant le fait accompli. Certaines péripéties de ce roman m'ont rappelé «I'm still alive», de Kate Alice Marshall. Je ne me souviens pas exactement de ce livre, mais il me semble que l'héroïne (une adolescente arrivée depuis peu dans le grand nord canadien) était plus futée que Louise et Ludovic.

L'autrice soulève d'intéressantes questions, dont certaines sont décortiquées par Pierre-Yves. Louise et Ludovic se retrouvent parachutés dans une situation où ils perdent leurs repères, dans laquelle ils trouvent rapidement leurs limites...
À un moment, l'un des personnages choisit de survivre, et de s'occuper de l'autre plus tard. Qu'aurais-je fait à sa place? Qu'auraient fait des personnes qui me sont chères? Par la suite, le personnage se blâme, et ses «amis» lui disent de ne pas faire cela, car il a bien agi. Sans aller jusqu'à dire que le protagoniste a bien agi, je pense qu'il n'appartient à personne de juger ce genre de décisions. Les bien-pensants (ceux qui trouvent toujours un mot de compassion pour ceux qui souffrent, mais n'iront jamais faire quelque chose de concret pour eux) diront que ce personnage a très mal agi, qu'un tel égoïsme est terrible. Certes, mai il est des situations où on n'agit ni bien ni mal en choisissant de penser d'abord à soi, alors que les conditions sont extrêmement difficiles. Nous aimerions tous agir autrement au cas où nous serions confrontés à cela, mais souhaiter quelque chose ne veut pa dire que cette chose est certaine.

À un moment, un inspecteur de police fait remarquer que Louise et Ludovic, en se nourrissant de manchots et d'otaries, se sont attaqués à des espèces protégées. Là encore, les bien-pensants se récrieront: comment oser penser à cela alors que Louise et Ludovic ont vécu l'enfer? Quant à moi, j'ai pensé qu'au départ, le couple avait agi aussi bêtement que ceux que je fustige lorsque j'en entends parler aux informations: ils n'ont pas été prudents, sont allés où il aurait mieux valu qu'ils n'allassent point dans des conditions météorologiques peu propices. À ce compte-là, ils sont davantage à blâmer qu'à plaindre, même si on comprend pourquoi ils ont sacrifié ces animaux.

Je ne sais pas trop quoi penser de Pierre-Yves et d'Alice. Ils semblent sincères, pourtant, ils profitent de la situation, surtout Pierre-Yves. Ses actes et ses pensées illustrent parfaitement ce qu'on imagine du journaliste charognard, prêt à n'importe quelle bassesse pour se rendre maître d'une bonne histoire. Au fond, malgré son apparente gentillesse, je n'ai pas réussi à l'apprécier. Alice trouve davantage grâce à mes yeux.

L'autrice termine par une petite note d'espoir. Je pense que la réalité est plus complexe, mais après tout, pourquoi pas?

Service presse des éditions Audiolib par l'intermédiaire de la plateforme de lecture NetGalley.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Élisabeth Ventura.

Je connaissais Élisabeth Ventura en tant que comédienne de doublage, mais aussi pour quelques lectures d'audiodescriptions. Je me doutais que sa prestation serait bonne. Je ne me suis pas trompée. Il ne devait pas être simple d'interpréter sans surjouer. Beaucoup de tension parcourt ce livre, avec, parfois, des éclairs de tendresse. Élisabeth Ventura sen tire très bien. Son intonation est toujours adéquate, et elle ne ternit rien en ne modifiant pas sa voix pour certains personnages. J'espère qu'elle enregistrera d'autres livres.

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jeudi, 8 juillet 2021

Le journal de ma disparition, de Camilla Grebe.

Le journal de ma disparition

L'ouvrage:
Hornberg, 2009. Ce soir-là, Malin et deux de ses amis se rendent là où, prétend-on, sévit un enfant fantôme. Malin n'y croit pas, mais les trois adolescents aiment jouer à se faire peur. Alors qu'elle s'écarte de ses camarades pour satisfaire une envie pressante, Malin remarque une forme ressemblant à un champignon. Curieuse, elle s'en approche... C'est un crâne.

2017. Malin est devenue policière. Aujourd'hui, elle retourne à Hornberg où l'affaire concernant la fillette dont elle a trouvé le crâne en 2009 est rouverte. Manfred, Andreas, et elle se sont adjoint Peter et Hanne. Voilà une semaine que l'équipe enquête. C'est alors qu'Hanne est trouvée errant dans les bois. Elle est contusionnée, et ne se souvient pas des raisons qui ont fait qu'elle est ici. Nulle trace de Peter.

Critique:
Une fois encore, Camilla Grebe a su me captiver. Son énigme est bien ficelée, et les surprises qu'elle réserve sont finement amenées. Tout en étant sûre, par exemple, que tel personnage n'était coupable de rien, je ne n'imaginais pas qui était le suspect idéal. Certains auteurs tentent de faire suspecter tout le monde; Camilla Grebe, elle, ne cessait de montrer que cela ne pouvait être ni A, ni B, ni C... Bien sûr, le personnage soupçonné par la police faisait un bon candidat, mais à part la police, personne (en tout cas pas moi) ne le croyait coupable. D'ailleurs, ce personnage n'est pas longtemps suspecté.
La résolution de l'énigme met très mal à l'aise. L'autrice n'a créé aucune incohérence, n'a rien bâclé, et le résultat fait très froid dans le dos. Je ne peux malheureusement pas en dire davantage à ce sujet. Pour ne pas le quitter tout à fait, je rappelle qu'il vaut mieux lire les romans mettant en scène Peter, Hanne, Malin, et Manfret dans l'ordre de parution. En effet, ayant déjà lu «L'ombre de la baleine», je me souvenais (pas très bien, heureusement) de quel côté il fallait chercher. Bien sûr, je ne m'en suis pas tout de suite souvenue, et je me rappelais seulement que tel personnage était impliqué de telle manière, mais j'avais oublié certains détails.
D'autre part, la romancière sait parfaitement faire monter la tension. Certaines scènes en sont une bonne illustration, comme par exemple celle où Hanne, désorientée, doit tenter de savoir qui, de l'adolescent ou de la vieille femme, elle doit croire.

Outre l'énigme palpitante, les personnages sont aussi sympathiques et attachants que dans les autres romans. C'est surtout Hanne et Malin qui sont au premier plan. Chacune est à un tournant de sa vie, chacune fait face à de rudes épreuves...

Par divers biais, l'autrice évoque l'acceptation de l'autre et de soi-même. Le premier exemple qu'elle utilise est celui de Jake, personnage qu'on découvre dans ce roman. Jake craint d'être une anomalie. N'osant se confier à personne, il se voit comme un dépravé. Être le souffre-douleur de certains de ses camarades de lycée ne l'aide pas. Ces maltraitances lui montrent que s'il révélait son secret, il serait encore plus mal vu et par davantage de monde. Son interaction fortuite avec Hanne va le pousser à remettre plusieurs choses en question. Si, à la fin, le lecteur sait ce que pense Melinda, j'aurais aimé savoir comment réagissent Saga et le père de Jake.

Le deuxième exemple utilisé est plus général: c'est celui des réfugiés. Camilla Grebe creuse cette idée dans sa note finale.

Voici maintenant la remarque qui sert à rien de La Livrophile:
Les personnages principaux de cette série (à part Manfred) ont chacun un prénom de cinq lettres: Peter, Hanne, Malin. ;-)

Service presse des éditions Audiolib par l'intermédiaire de la plateforme de lecture NetGalley.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Audrey Sourdive.

Encore une fois, Audrey Sourdive est parvenue à se surpasser. En effet, en plus de parfaitement jouer les divers sentiments des personnages, et de modifier sa voix sans exagération pour chacun, elle sait également pleurer sans cabotiner. Cela doit être souligné, à mon avis, car certains comédiens m'ont donné envie de leur coller du papier adhésif sur la bouche lorsque je les ai entendus jouer des personnages qui pleuraient.
Autre exemple, j'ai adoré qu'Audrey Sourdive passe en un instant, et sans efforts apparents, d'une réplique dite sur un ton de commérage (en substance: «Imaginez qu'on le retrouve congelé comme un bâtonnet de poisson!») au choc que cette réplique produit sur Malin.
Enfin, après avoir noté, dans une autre chronique, que cette comédienne prononçait correctement des mots que beaucoup écorchent, je remarque qu'ici, elle prononce correctement «gageur».
Seul bémol: je regrette qu'elle ait prononcé Aneuh pour Hanne, alors qu'elle disait Anne dans «L'archipel des larmes» (ce qui me convenait), mais j'imagine qu'on lui a demandé de le prononcer davantage à la suédoise. Comme elle n'exagère pas, et que c'est une excellente comédienne, c'est passé.
Malgré ce petit bémol, j'espère qu'Audrey Sourdive n'est pas près d'arrêter d'enregistrer des livres!

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jeudi, 17 juin 2021

The expanse, tome 1: L'éveil du Léviathan, de James S. A. Corey.

The expanse, tome 1: L'éveil du Léviathan

L'ouvrage:
Futur. Voilà longtemps que les humains ont colonisé certaines planètes du système solaire: Mars, la Lune, et la «Ceinture», constituée d'astéroïdes.
Un jour, le Canterburry, un vaisseau spatial transportant de la glace, est atomisé. Cinq membres de l'équipage (dont le second, Holden) en réchappent, car ils étaient allés prêter main forte aux voyageurs d'une autre navette qui émettait des signaux de détresse. Furieux de l'anéantissement des vies de ses amis, Holden passe une annonce à toutes les planètes où on peut l'entendre disant qu'il fera tout pour retrouver ceux qui ont fait cela. Il sous-entend que cela pourrait être l'oeuvre de l'équipage d'un vaisseau martien. Cela ouvre les hostilités entre la Terre et Mars...

L'inspecteur Miller a été chargé par sa hiérarchie de retrouver une jeune femme dont les parents n'acceptent pas le départ. Lorsqu'il entend l'annonce d'Holden, il pense que ce dernier n'aurait pas pu mieux s'y prendre pour semer le chaos.
Quand on lui retire l'enquête, il décide de faire cavalier seul...

Critique:
Commençons par le seul (mais énorme) reproche que j'ai à formuler: je n'ai pas accès à la suite du roman! C'est terrible! ;-) Vivement qu'elle sorte en audio!

Vous aurez donc compris que ce premier tome m'a beaucoup plu. Avec justesse et finesse, l'auteur aborde certains thèmes comme le racisme, les personnes avides de pouvoir, l'intégrité, les dégâts que peut causer une «arme» mise entre de mauvaises mains... À travers Holden et Miller, sont évoquées les frontières, parfois ténues, entre le bien et le mal. Qu'aurions-nous fait à la place de Miller? Puis à celle d'Holden? Quant à moi, je pense savoir ce que j'aurais fait à la place de Miller, mais pas à celle d'Holden...

Je ne me suis pas ennuyée un seul instant. Entre les éléments sur lesquels nos héros enquêtent, les rebondissements, l'analyse de la psychologie des personnages, et le dépaysement occasionné par les particularités de l'univers créé par James S. A. Corey, je n'ai pas vu le temps passer. Je ne m'attendais pas du tout à ce que finit par comprendre Miller, et donc à ce qu'il fait ensuite.
En début de chronique, je me désolais que la suite ne soit pas encore sortie, mais ce n'est pas pour une question de suspense. Ce tome 1 a une vraie fin. Je regrette de ne pouvoir lire la suite parce que j'ai beaucoup aimé cette histoire. Je me demande d'ailleurs ce que sera la trame du livre suivant. Ce qui ne fait que renforcer ma hâte. ;-)

Je souhaite que dans la suite, quelque chose se produise. Or, c'est impossible. Donc si l'auteur fait cette chose, je serai contente, mais je crierai à l'invraisemblance, et s'il ne la fait pas, je serai déçue, mais tout restera parfaitement crédible. À moins qu'il puisse faire advenir cet événement tout en restant crédible... Vivement le tome 2!!! (Oups, je me répète...)

Je me suis fait une réflexion amusante: les deux personnages qui «devaient se rencontrer» (si j'ose le tourner ainsi) ont les mêmes initiales... ;-)

Je lis peu de science-fiction, parce que peu de roman de ce genre m'attirent. Cela fait que j'ai fait une association d'idées que les lecteurs chevronnés ne feront pas. Dans ce roman, il y a parfois des scènes où la navette spatiale des héros est prise en chasse, et où les passagers doivent se battre pour neutraliser l'ennemi. Ils lancent des missiles, se protègent des tirs adversaires... Or, cela m'a rappelé le seul autre roman (une autre série) que j'ai lu où ce genre de scènes arrive: «The voyage home saga», de D. J. Holmes. Les deux intrigues n'ont rien à voir, mais peut-être que si vous appréciez «L'éveil du léviathan», et que vous lisez en anglais (les D. J. Holmes ne me semblent pas traduits) vous aimerez cette autre série.

Service presse des éditions Audiolib par l'intermédiaire de la plateforme de lecture NetGalley.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Thierry Blanc.

Thierry Blanc est un comédien que je retrouve avec plaisir parce que j'apprécie beaucoup son jeu. Ici, il n'a pas démérité. Son jeu est vivant sans être exagéré, et sobre sans être monotone. Il parvient à entrer dans la peau d'une galerie de personnages sans modifier sa voix à outrance, signe (pour moi) que c'est un bon comédien.
Comme je pinaille, je regrette qu'il ait prononcé McBride avec, parfois, un «r» anglophone, mais ce personnage intervient peu, alors... ;-)

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jeudi, 25 mars 2021

Tout le bleu du ciel, de Mélissa da Costa.

Tout le bleu du ciel

L'ouvrage:
Émile a vingt-six ans. Il souffre d'un Alzheimer précoce. Il lui reste, au mieux, deux ans à vivre. Il ne veut pas que sa famille et ses amis souffrent en le voyant s'étioler. Il ne veut pas finir sa vie dans un hôpital. Alors, il passe une petite annonce: il souhaite voyager, et être accompagné. Une jeune femme, Joanne, lui répond, et part avec lui en camping-car sans lui poser de questions sur sa maladie. Elle lui laisse choisir l'itinéraire, est taciturne...

Critique:
Si je n'avais pas déjà lu «Les lendemains», j'aurais certainement ignoré «Tout le bleu du ciel», car je déteste les romans où on sait dès le départ que le personnage principal est condamné par une maladie. Ayant aimé «Les lendemains» malgré les thèmes délicats qu'il aborde, je me devais de tenter «Tout le bleu du ciel». Ce roman m'a plu, même si je déteste toujours les livres où on sait dès le départ que le personnage principal est en sursis.

Le lecteur se doute très vite que Joanne est une cabossée de la vie, et que ce départ est comme une fuite pour elle. On apprend son histoire petit à petit, au gré des souvenirs qu'elle partage. Quant à Émile, son présent est teinté de retours en arrière qui font qu'il réfléchit à son passé. Comme dans tout roman, il y a des personnages que le lecteur apprécie davantage que d'autres. Quant à moi, je n'ai trouvé aucun côté positif à Laura. Quant à Léon, j'ai l'impression qu'il n'a pas compris tous les torts qu'il a eus.
Émile et Joanne sont, à l'instar de l'héroïne de «Les lendemains», obligés de composer avec une terrible situation. L'autrice jalonne la route de ses personnages d'agréables rencontres. Cela est réconfortant, surtout pour quelqu'un comme moi qui pense que beaucoup d'êtres humains ne valent pas la peine. Je dois reconnaître que des personnes comme celles dépeintes par Mélissa da Costa existent également. D'ailleurs, elle ne montre pas uniquement de gentilles gens. Il n'y a qu'à voir le passé de nos héros.

Au fil des expériences qu'elle décrit, et des citations recueillies par Joanne et son père, la romancière s'efforce de montrer à son lecteur qu'il faut prendre la vie du bon côté, ou tout au moins, qu'il ne faut pas se laisser submerger par les coups durs qu'on subit. Être triste et ressasser ses pertes, c'est gaspiller son temps et son énergie, je le sais, et je suis d'accord avec Mélissa da Costa, même si ce sage précepte n'est pas toujours simple à appliquer. Je lui adresserai quand même une petite critique. Par l'intermédiaire de Joanne, elle fait très souvent référence à «L'alchimiste», de Paulo Coelho. C'est le livre préféré de notre héroïne. Je peux comprendre pourquoi, seulement, j'en veux à Paulo Coelho concernant ce roman, et j'ai la rancune extrêmement tenace. Quand «L'alchimiste» est sorti, tout le monde en a parlé, tout le monde l'a encensé. Je l'ai donc lu. Quelle ne fut pas ma rage lorsque j'ai découvert que l'auteur bénéficiait d'un triomphe qu'il ne méritait pas! En effet, cette histoire, il ne l'a absolument pas inventée. Elle vient d'une légende. Certes, il y a ajouté des choses pour en faire un petit roman, mais je n'ai lu nulle part qu'il disait qu'il s'était inspiré d'une légende qu'il avait rallongée. Il l'aurait dit, je lui en aurais peut-être moins voulu. C'est du propre de prôner la sagesse et la bonté, et de piller une légende sans citer sa source. Les sources sont citées sur Wikipédia, mais ce n'est pas écrit en début ou en fin de roman (en tout cas pas dans les versions que j'ai eues entre les mains) ce qui fait que je l'ai découvert en lisant le roman, parce que je connaissais la légende.

Le livre est long, mais l'intrigue ne souffre d'aucun temps mort. Quand j'ai vu que la fin approchait, j'ai pensé que finalement, le roman n'était pas assez long. J'aurais bien passé davantage de temps avec les personnages.

Je ne sais pas du tout ce que j'aurais fait à la place de Joanne, mais je pense qu'elle a agi au mieux, car elle est parvenue à respecter à la fois la volonté d'Émile et sa famille, alors que cela semblait être impossible.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Bruno Meyère.

Je ne connaissais pas du tout ce comédien. J'ai apprécié sa lecture. Il ne tombe jamais dans le larmoyant, ce qui aurait gâché le roman. Il adopte toujours le ton adéquat. Pour les rôles féminins, il modifie un peu sa voix, mais il n'exagère pas, ce qui fait que son jeu reste naturel. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

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jeudi, 25 février 2021

Neuf parfaits étrangers, de Liane Moriarty.

Neuf parfaits étrangers

L'ouvrage:
Ils sont neuf à avoir souscrit à une cure de dix jours dans un centre de bien-être. Chacun souhaite aller mieux. Chacun a vécu de mauvaises expériences. Certains sont choqués, traumatisés. Ils souhaitent sortir de leur mal-être.

Critique:
Ce roman m'a plu. Les reproches que je formulerai ne sont en aucun cas adressés à l'autrice, mais à notre société, ou disons plutôt à certains représentants. Par exemple, je déteste le personnage de Masha. Pourquoi? Parce que Liane Moriarty a dépeint un protagoniste terriblement réaliste. Ce qu'est Masha est détestable, certes, mais de telles ignominies, de telles erreurs de la nature existent dans notre société. La romancière n'a fait que nous en montrer une avec brio.
Pour détailler un peu sans trop en dévoiler, Masha s'autorise à faire quelque chose, et ne l'avoue que lorsqu'elle est mise au pied du mur. Ce qui est détestable, ce n'est pas tant qu'elle ait eu l'idée de faire cela, mais le fait qu'elle l'ait fait à l'insu des clients. Chacun est responsable de soi-même, et certains auraient peut-être accepté l'expérience si elle leur avait été proposée. Mais Masha ne proposait pas, elle imposait. Si un jour, je m'offre un séjour dans un centre de bien-être, avant de signer quoi que ce soit, je demanderai à l'administrateur s'il peut me promettre (par écrit) qu'il n'est pas aussi malade que Masha. ;-)

J'ai apprécié tous les personnages venus faire la cure. Certains m'ont moins plu que d'autres, mais je les ai tous compris. Par exemple, je n'ai pas aimé l'engouement de Jessica pour les réseaux sociaux (elle en a l'utilisation la plus superficielle qui soit) ni son besoin de faire refaire chaque partie de son corps. Bien sûr, cela montre qu'elle n'est pas bien dans sa peau, et quand on creuse un peu, on se rend compte qu'elle est sympathique. Seulement, je ne sais pas du tout ce qui pourrait l'aider, puisque être aimée pour elle-même n'a pas fonctionné... Peut-être qu'elle n'a pas mûri... De toute façon, elle aussi représente beaucoup de personnes de notre société actuelle.

Concernant Ben et Jessica, j'ai un peu râlé à cause de clichés qui se mettent en place après l'événement qui a bouleversé leur vie, mais ces clichés ne sont pas imputables à l'autrice. Elle ne fait que dire comment la plupart des gens réagissent et réagiraient dans leur situation. La pauvre ne peut pas savoir que chez moi, elle touche un point particulièrement sensible.

J'ai très bien compris la douleur de la famille Marconi. Il est logique que deux d'entre eux se reprochent de n'avoir pas su empêcher le drame. Lorsqu'une personne se sent coupable d'un événement grave, ses proches assurent que non, elle ne l'est pas. À ce sujet, Heather a soulevé une question intéressante. Lorsque son mari refuse de la blâmer, elle lui dit qu'elle a peut-être envie qu'il le fasse. Je n'avais pas imaginé cela, mais une personne qui se fait des reproches a peut-être besoin d'entendre, juste une fois, qu'elle n'a effectivement pas agi comme il l'aurait fallu, mais qu'on est conscient qu'elle n'a rien fait exprès, qu'elle souffre aussi, et que chacun va devoir vivre avec cela.

Pour moi, l'intrigue est bien menée, et ne souffre d'aucun temps mort: suspense (je n'ai vu venir aucun rebondissement), psychologie des personnages bien pensée, le tout saupoudré de brins d'humour et d'un peu de romance.

J'ai beaucoup apprécié que Liane Moriarty prenne le temps de dire ce qu'il advient de ses personnages après. Il est logique que tout ne se termine pas parfaitement pour chacun, mais l'autrice n'en a pas trop fait, que ce soit dans les éléments heureux ou dans les tristes. J'aime que certains aient gardé des liens, que Carmel s'entende bien avec un personnage qu'elle imaginait ne pouvoir apprécier... J'ai moins aimé qu'un personnage n'ait pas tant souffert que cela...

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Colette Sodoyez.

C'est le deuxième livre enregistré par Colette Sodoyez que je lis. Au tout début, il m'a semblé qu'elle avait un peu de mal à ne pas trop en faire, mais c'est peut-être un effet de mes craintes passées (à cause d'une audiodescription qu'elle a dite de manière grandiloquente à mon goût, j'ai un petit mouvement de recul quand je lis son nom sur les livres audio, alors que son interprétation d'«Après l'incendie» m'a plu). Le tout début passé, j'ai apprécié son jeu. Elle ne fait pas d'horribles effets de voix pour les rôles masculins, ne tente pas de faire un accent russe à Masha (certains l'auraient fait sous prétexte que Masha était russe). La comédienne joue les émotions des personnages sans les surjouer. Je regrette seulement qu'elle ait absolument tenu à faire un affreux (parce que pas naturel) «r» anglophone lorsque Frances évoque «Jane Eyre» (heureusement, cela n'arrive que deux fois) et à prononcer Izeur pour Heather. Concernant ce dernier point, si en anglais «ea» se dit «i», ce n'est pas toujours le cas. Dans le prénom «Heather», le «ea» se prononce «è». Il aurait donc été plus naturel et plus proche de l'original (donc plus logique) que Colette Sodoyez prononçât Èzeur. Je trouve assez gros que ni la comédienne ni la personne qui supervisait l'enregistrement n'aient creusé la question. J'écris donc ici ce que je pense depuis que l'erreur de prononciation a été commise sur le nom de famille des personnages principaux dans «Les apparences»: je veux bien être consultante en prononciation anglophone pour les éditeurs audio. Si cela arrivait (je peux toujours espérer), je pourrais dire que je fais un peu partie du milieu, même si ce n'est qu'à 0,001%. ;-)

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