Editeur : La Sarine

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lundi, 26 août 2013

Michel Lachat, le juge et les mineurs, de Micheline Repond.

Michel Lachat, le juge et les mineurs

L'ouvrage:
Michel Lachat est «juge des mineurs». Dans ce livre, il expose certains cas auxquels il a été confronté.

Critique:
Ce livre est intéressant pour plusieurs raisons. D'abord, parce que le juge n'est jamais blasé, il ne range pas les personnes dans des catégories, n'en fait pas des «cas». Il prend toujours le contexte en compte. Il le fait de manière intelligente: il ne va pas se montrer indulgent à mauvais escient (comme c'est trop souvent le cas dans certaines professions). Bien sûr, il appliquera la loi, mais n'oubliera jamais le facteur humain.

D'autre part, il explique certains pans des lois afin de familiariser le lecteur avec ces lois. Il explique pourquoi, parfois, il n'est pas d'accord avec des lois trop répressives, donne des chiffres qui prouvent que la répression n'est pas toujours bonne.

J'approuve Michel Lachat qui parle d'expérience et n'oublie jamais de faire preuve d'empathie. Bien sûr, certaines choses m'ont un peu dérangée. par exemple, il explique que les enseignants sont là, eux aussi, pour éduquer les enfants. Je partage son point de vue jusqu'à un certain point. Il est en effet du devoir de l'enseignant d'inculquer certaines valeurs (le savoir-vivre, le respect, etc) aux enfants. Cependant, lorsque l'autorité de l'enseignant est sapée par certains parents (et cela arrive), il lui est impossible de construire une relation de confiance et d'échange avec l'enfant.
D'autre part, le juge présente ici des jeunes dont le parcours est chaotique, et donc nous comprenons bien qu'ils aient pu en arriver à certaines extrémités. À l'instar de Michel Lachat, le lecteur se demandera comment il aurait tourné s'il avait eu le parcours de Simone, de Danielle, etc. Cependant, il existe aussi ceux à qui les parents ont tout passé, et qui dérapent parce qu'on a été trop coulant avec eux.
Il présente bien sûr Alexander dont la mère était «une vraie mère», et qui a mal tourné, mais il semblerait qu'Alexander ait souffert de troubles qui ne sont pas liés à son éducation.

D'autres problèmes sont évoqués comme le choc des cultures qui nécessite une adaptation, une acclimatation difficile pour l'enfant.

Bien sûr, les exemples choisis sont là pour montrer qu'il faut toujours voir le contexte et combattre les préjugés, mais au-delà de cela, les histoires racontées sont souvent bouleversantes. Certaines sont optimistes.

La structure du livre m'a un peu gênée. Outre la préface et l'avant-propos (qui expliquent très bien la démarche entreprise), le premier chapitre expose une séance de tribunal. Les chapitres suivants expliquent certaines lois, puis nous revenons à la pratique, et retrouvons, entre autres, la jeune fille évoquée au chapitre 1. Je trouve cela dommage car outre que cela donne une impression de décousu, le premier chapitre est là pour appâter le lecteur, un peu comme dans certains romans où le prologue joue ce rôle. j'ai de plus en plus de mal à supporter ces structures artificielles.
Idem pour les citations en début de chaque chapitre: cette façon de faire m'agace, même si ici, les citations sont bien choisies.

Éditeur: la Sarine.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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lundi, 7 janvier 2008

C'était au milieu du siècle, d'Armand Maillard.

C'était au milieu du siècle

L'ouvrage:
Armand Maillard rassemble ici certains souvenirs de son enfance et de son adolescence, dans un petit village de Suisse Romande où il a vécu de 1936 à 1951.

Critique:
Ces souvenirs montrent la vie quotidienne d'un petit village. Armand Maillard a tenu à mettre l'accent sur certaines personnes, par exemple, Gustave, de qui il raconte l'histoire. Ce récit montre à quel point les mentalités étaient rétrogrades: Gustave était méprisé parce qu'il était un enfant illégitime. Mais ce récit nous montre également un personnage intelligent, courageux, admirable.
Armand s'attarde également sur Petit Jean, la mémoire des villages alentours. Il fait cela pour ne pas qu'on oublie que ce genre de personnes a existé.
La démarche est la même lorsqu'il évoque les colporteurs.

Certains souvenirs sont à la fois drôles et attendrissants: l'achat de la vache, ce qui se passa lorsqu'Armand ramena la jument Fanny, Armand fumant un cigare, les enfants au catéchisme, etc.
L'un de ces souvenirs est un peu triste: celui du lard blanc.
D'autres sont vraiment amusants: "La Lucie", "La capitulation", etc.
L'auteur rappelle aussi certains mots, certaines expressions employés dans son village, et sûrement ceux des alentours.

Un livre qui fait souvent sourire, parfois rire, qui émeut. Des souvenirs qui font passer par tout un tas de sentiments. Des récits frais dont l'auteur nous demande de ne pas oublier ce qui a été.

Éditeur: la Sarine.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Arlette Bratschi pour la Bibliothèque Braille Romande.

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