L'arcane sans nom

L'ouvrage:
Sahil est Afghan. Il a déserté son pays pour fuir la guerre. Il est en France, et rêve d'obtenir un permis de séjour ou de passer en Angleterre. Il vit avec une bande de squatters satanistes.
Un jour, on lui propose beaucoup d'argent et un passeport. En échange, il devra tuer une femme. Sahil accepte. C'est alors que ses ennuis commencent.

Critique:
Pierre Bordage parvient à écrire une histoire assez ordinaire, et à faire en sorte que le lecteur ne s'ennuie pas, et ne trouve aucune longueur, ni aucune grosse ficelle. Il part de quelque chose de simple: une mission confiée à Sahil. À partir de là, il complique les choses. Les événements s'enchaînent à une vitesse vertigineuse. Le lecteur n'a pas le temps de réfléchir: il est emporté, et vit au rythme de l'intrigue et des personnages. Rien n'est laissé au hasard, tout est cohérent.
Si on se doute de certaines choses, ce n'est pas gênant, car elles arrivent naturellement.

Pierre Bordage n'a pas bâclé son roman. Il a pris le temps de planter un décor, de dépeindre des personnages auxquels on s'attachera. Chacun a sa particularité. D'abord, ils ne sont pas manichéens. Sahil est sympathique au lecteur, mais il a fait des choses dont il n'est pas fier. Par ailleurs, il évolue au cours du roman. Il se rend compte que certains de ses principes ne sont peut-être plus de mise.
Ten m'a d'abord paru plate, sans intérêt. Mais à mesure que l'histoire avance, l'auteur lui donne davantage d'épaisseur. Elle n'est pas seulement une fille paumée qui s'adonne à des rites satanistes par ennui.
C'est forcément Djidjo que le lecteur remarquera le plus. Drôle à force d'être sérieuse, petit ange gardien à l'esprit aiguisé, oracle à la sagesse précoce, c'est elle qui m'a le plus touchée. Charismatique, elle gardera une part de mystère, et il semble qu'elle n'ait de l'enfance que l'apparence.
On me dira que les «méchants», eux, sont manichéens. Peut-être, mais ils sont réalistes, et cela me suffit.

Moi qui trouve souvent que les histoires d'amour sont très téléphonées et ridicules, la façon dont Pierre Bordage s'y est pris ne m'a pas gênée. Rien n'est sûr au départ, et on ne devine pas ce qui va se passer au bout de deux pages.

Ce livre est une commande de l'éditeur. Les éditions La Branche ont eu l'idée de faire écrire certains auteurs (dont Pierre Bordage) autour du thème du vendredi 13. J'ai trouvé que l'auteur s'était bien acquitté de sa tâche. D'abord, il a inventé un roman qui m'a fait passer un bon moment. Ensuite, il a su exploiter le thème sans trop en faire.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari. Ce livre m'a été offert par les éditions La Branche par l'intermédiaire de l'agence de communication Gilles Paris.

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