Editeur : L'École des loisirs

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jeudi, 5 octobre 2017

Broken soup, de Jenny Valentine.

Broken soup

L'ouvrage:
Rowan Clark, quinze ans, est en train de faire ses courses quand un garçon l'aborde pour lui donner quelque chose qu'elle vient de faire tomber. La jeune fille commence par refuser de prendre ce qu'on lui tend, car elle s'aperçoit rapidement que cela ne lui appartient pas. Le garçon insiste. Ne voulant pas faire d'histoires, Rowan prend le négatif de photo, comptant bien l'oublier. Mais elle ne le pourra pas...

Critique:
Ce livre m'a plu. Bien sûr, certaines choses paraissent un peu grosses. Par exemple, ce que je dis dans mon résumé. Le lecteur se demandera comment l'auteur expliquera ce quiproquo. Elle le fait relativement bien. Je pense que ce genre de choses est possible. Il est par contre assez improbable que la personne pensant ne pas être concernée le soit justement... mais les coïncidences existent. Parfois, il arrive des choses dans la vie à propos desquelles je pense: «Je trouverais ça dans un livre, je crierais à l'invraisemblance.»
Il est également un peu gros que Rowan rencontre justement Harper à l'hôpital... Mais j'ai pardonné ces petites aspérités à Jenny Valentine.

Je me suis très vite attachée aux personnages. Rowan fait de son mieux pour faire ce qu'elle croit être juste. Quant à Stroma, elle semble inépuisable lorsqu'il s'agit de rire, de vivre de bons moments. Elle se rend très bien compte, malgré son jeune âge, que sa grande soeur porte la famille, et essaie de l'aider comme elle peut. J'ai beaucoup aimé la scène du «petit-déjeuner au lit»...

J'ai aussi apprécié Bee, Carl, sonny, Harper... Chacun a quelque chose à dire. Ils sont tous épais et travaillés.

À travers ses personnages, l'auteur montre différentes façons de réagir à la mort d'un proche. On peut être en colère contre la mère de Rowan, mais comment réagirions-nous à sa place? Parfois, les choses sont trop difficiles à gérer après une perte. Il faut continuer, mais on peut comprendre que pour certains, cela semble impossible.

Un livre délicat, plein de sensibilité, de jolies rencontres.

Éditeur: l'École des loisirs.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Yves Vanmeenen pour la Ligue Braille.

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lundi, 1 septembre 2014

Calpurnia, de Jacqueline Kelly.

Calpurnia

L'ouvrage:
1899.
Calpurnia, onze ans, est la seule fille d'une fratrie de six enfants. Aux côtés de son grand-père naturaliste, elle apprend à connaître la faune et la flore qui l'environnent.

Critique:
Voilà un livre très sympathique. S'il défend certaines idées qui peuvent paraître banales, l'auteur y apporte beaucoup d'originalité. Au départ, Calpurnia est seulement une enfant avide de comprendre comment fonctionne le monde. Elle est attentive et fait même des expériences, dont certaines la rendront perplexe. Il est intéressant de découvrir le comportement des espèces par ses yeux. Il est également amusant de voir comment elle met en regard le comportement humain et celui des animaux. L'auteur a une façon pertinente d'amener certaines choses. Le chapitre 10 m'a beaucoup amusée. D'abord parce que les frères de la fillette sont drôles, mais aussi à cause du regard qu'elle pose sur eux et leur façon de faire.

Cette manière d'aborder les choses peut aussi être déroutante. Arrivée au chapitre 3, j'ai eu peur que ce livre soit une sorte de documentaire animalier déguisé en roman. À partir du chapitre 4, le récit de ce qu'observe notre héroïne est entrecoupé de tranches de vie où nous découvrons sa famille.
Chacun de ses frères est attachant, même si parfois, ils sont agaçants. Travis est celui qui attendrira le plus le lecteur. Il est un peu comme sa soeur: il n'entre pas dans le moule dans lequel la plupart des membres de cette famille voudrait le voir entrer. Hypersensible, très attaché aux animaux, il ne s'intéresse pas forcément aux mêmes choses que ses frères. Quant à Calpurnia, elle ne souhaite pas être une parfaite maîtresse de maison.
Les parents ne m'ont pas vraiment plu. La mère (Margaret) est confinée dans ses certitudes. Elle fait passer les conventions avant son amour maternel. Elle est persuadée de bien agir, mais ne se demande pas ce qui serait le mieux pour ses enfants, elle veut seulement qu'ils se conforment à ce que la société attend d'eux. Outre son attitude envers sa fille, il y a cette résolution ridicule qu'elle prend au début du vingtième siècle. Bien sûr, elle n'est pas méchante, elle est seulement bête. Elle ne réfléchit pas, ne se pose pas les questions qui importent, elle est aveuglée par ce que lui dicte son époque.

J'aurais aimé une fin moins ouverte, mais en y réfléchissant, il était impossible que tout se décide aussi rapidement. En outre, la jeune narratrice laisse quelques indices quant à la tournure qu'elle donnera à son destin.

Un roman agréable, qui fait réfléchir, qui fait sourire, qui émeut.

Éditeur: L'École des Loisirs.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Nadine Wergifosse pour la Ligue Braille.
J'ai retrouvé cette lectrice avec plaisir. Outre une voix très douce et agréable, elle a toujours le ton approprié. De plus, elle fait partie des rares lecteurs qui ne cherchent pas à tout prix à prononcer les noms anglophones avec un accent. Il est dommage qu'elle dise «Dji Bi» pour «JB», (Elle pouvait dire «Jibé» ou bien, si elle voulait le dire à l'anglaise, «Djay Bi»), mais à part cela, elle ne prononce pas les noms propres de manière affectée.

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