Editeur : Hauteville

Fil des billets - Fil des commentaires

lundi, 5 octobre 2020

Entre les lignes, de Michelle Adams.

Entre les lignes

L'ouvrage:
Chloé a eu un accident de voiture. Sa famille a craint pour sa vie, mais après un temps dans le coma, elle a fini par se réveiller... amnésique.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Le scénario de la personne amnésique qui va forcément chercher à se souvenir de son passé est assez classique, mais il me passionne toujours. En plus, j'ai déjà lu un roman de Michelle Adams, et je l'ai aimé, donc je souhaitais lire «Entre les lignes».

Malgré certains éléments assez faciles à deviner, l'autrice parvient à faire en sorte que suspense et tension soient au rendez-vous. De plus, elle se débrouille (bien) pour que cela coure sur tout le roman, et pas uniquement vers la fin. Cela s'intensifie vers la fin, mais c'est toujours présent. Pour cela, la romancière emploie différentes ficelles. D'abord, il y a celle du personnage manipulateur dont on découvre assez vite la duplicité. Et bien sûr, on apprend dans la foulée que ce personnage a toujours manipulé les autres. Ce genre de choses est toujours effrayant. La narratrice nous donne un aperçu de ces manipulations, mais on en voit également le résultat sur au moins un autre personnage. On s'imagine toutes ces années où le protagoniste a dominé, assujetti, et donc a blessé, a effrité la confiance d'autres en eux-mêmes... surtout d'un autre personnage...

Une ficelle est peut-être un peu grosse (celle concernant celui qui a tué quelqu'un dont je tairai le nom), mais pour moi, elle est très bien utilisée. Certes, elle révèle un élément qui paraît convenu, mais elle est bien employée, et ne donne lieu à aucun faux indice, à aucune incohérence. J'avais deviné ce que cachait cette ficelle avant la narratrice, mais pas dès le départ.

J'ai apprécié que Chloé souhaite savoir la vérité, même si elle devait découvrir des choses peu reluisantes à propos d'elle-même. Bien sûr, quand elle s'aperçoit qu'elle a mal agi sur certains points, je lui en ai voulu, mais elle s'en voulait également, donc j'ai plutôt fini par me mettre à sa place.

La toute fin révèle un élément quelque peu dérangeant. Cet élément ne m'a pas plu, mais objectivement, il est bon que Chloé n'y réagisse pas comme moi. D'autre part, les personnages sympathiques semblent souhaiter avancer. Chloé n'est pas la seule à avoir eu le courage de se débarrasser des mauvaises influences, alors qu'il est évident que cela n'est pas simple.

Je me demande jusqu'à quel point l'autrice s'est documentée concernant la thérapie reconstructive. En effet, j'aimerais savoir si ce qu'elle en dit est vrai. J'espère que non, car cela voudrait dire que n'importe qui pourrait subir cela...

Une intrigue bien menée, des personnages crédibles conduisant à se poser des questions sur ce que nous ferions dans leur situation...

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Manon Jomain pour les éditions Hardigan.

Comme d'habitude, j'ai été ravie d'entendre le jeu toujours naturel de cette comédienne. Elle n'a pas démérité, elle ne surjoue pas.

Au long du roman, de courts passages sont narrés par quelqu'un d'autre que Chloé. J'imagine qu'ils sont signalés par une police de caractère différente du reste, à l'écrit. L'éditeur audio a choisi une solution que j'ai trouvée bonne: pour ces passages, la voix de la comédienne résonne très légèrement.

Acheter « Entre les lignes » sur Amazon
Acheter « Entre les lignes » en téléchargement audio sur Amazon (Audible.fr)

lundi, 28 septembre 2020

Rien qu'à moi, d'Elisabeth Norebäck.

Rien qu'à moi

L'ouvrage:
Stella Widstrand est psychothérapeute, est mariée, a un enfant, mène une vie qui la satisfait. Cependant, une nouvelle patiente va raviver une douleur qui a causé, vingt-et-un ans plus tôt, une blessure qui n'a jamais cicatrisé. Dès qu'elle voit cette patiente, Stella est convaincue que c'est sa fille, Alice, disparue à l'âge d'un an...

Critique:
Ce roman m'a plu. Très vite, il m'en a rappelé un autre (dont je ne donnerai pas le titre, car ceux qui l'auraient lu devineraient tout de suite où va «Rien qu'à moi»), et j'ai très vite appliqué ce qui est arrivé dans ce livre à celui d'Elisabeth Norebäck. De ce fait, il y a un personnage dont je me suis rapidement méfiée, et contre qui je relevais tout ce que je pouvais, même les indices que l'autrice souhaitait flous. J'ai été contente de découvrir que je ne me trompais pas, mais un peu déçue d'avoir trouvé si vite. À un moment, la romancière est parvenue à me faire quelque peu douter, mais alors, il m'aurait fallu envisager une vérité qui ne me tentait pas du tout. Donc malgré ma déception d'avoir tout deviné très vite, je suis contente que l'autre hypothèse ne soit pas celle choisie par l'écrivain. De plus, il m'a plu que certains indices donnés pour disculper ce personnage n'aient pas été des incohérences.
Plus tard, d'autres indices m'ont poussée à envisager autre chose, et je suis contente qu'Elisabeth Norebäck ne l'ait pas fait. Cela ne m'aurait pas plu, mais en plus, cela aurait été gros.

Ma déception a été atténuée par le fait que l'intrigue est bien menée. Pour moi, il n'y a pas vraiment de rebondissements, mais tension et suspense sont au rendez-vous. Le schéma peut paraître un peu classique: le protagoniste que personne ne croit, sur qui tout s'abat, qui finit par avoir l'air fou parce qu'il a connu un épisode dépressif par le passé... Cela ne m'a pas gênée, parce que ça n'a pas tant duré: peu à peu, des personnages ont accepté de se pencher sur les faits...

Il n'y a pas de véritables rebondissements, mais l'autrice a su me surprendre. Il y a des choses auxquelles j'aurais dû penser concernant le personnage dont je me méfiais, et cela ne m'a même pas effleurée.

À la fin, tout est dit, mais j'aurais souhaité des chapitres supplémentaires se passant quelques mois plus tard, et expliquant comment sont les relations entre deux personnages. Le lecteur peut les imaginer, certes...

Remarque annexe:
En bonne maniaque, j'en ai assez que les personnages des romans gaspillent leur nourriture. Ici, par exemple, Stella commande des gâteaux dans un café, et ne les mange pas. De plus en plus souvent, dans les romans, les personnages commandent quelque chose ou se font à manger, puis finissent par gaspiller leur repas parce qu'ils sont anxieux ou autre. Quand je lis cela, je m'imagine toujours que beaucoup de gens doivent faire des choses de ce genre dans la vraie vie, et je trouve cela honteux.

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Manon Jomain pour les éditions Hardigan.

Je retrouve Manon Jomain avec plaisir, car j'apprécie son jeu naturel. Ici, j'ai commencé par me demander pourquoi elle prenait une voix plus basse et plus assourdie lorsqu'elle contait les retours en arrière. Au bout d'un moment, je me suis dit que c'était justement pour montrer que c'étaient des retours en arrière. Certains sont signalés par des dates, mais un ou deux ne sont pas signalés. J'imagine que sur la version écrite du roman, ils sont en italique. Même si j'ai d'abord été surprise par ce petit changement de ton, j'ai trouvé que c'était un bon choix éditorial afin de faire comprendre à l'auditeur que ces passages narraient des éléments passés.

Acheter « Rien qu'à moi » sur Amazon
Acheter « Rien qu'à moi » en téléchargement audio sur Amazon (Audible.fr)